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Debout les Forces de la France insoumise !

France insoumise Législatives
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Certain-e-s d’entre vous voyez tout en noir depuis hier, ou depuis le 23 avril au soir.

Et c’est vrai qu’objectivement, il y a matière. Pourtant, il y a aussi matière à espérer. La bataille n’est pas finie. En fait, elle vient de commencer.

Nous savions que la route serait parsemée de grosses embûches que nous devrions affronter. On y est ! N’abandonnez pas maintenant ! Nous avons tous besoin d’être présents, déterminés, combatifs, responsables !

On a « perdu » le 1er tour et donc on a perdu l’élection présidentielle qui est la « clé de voûte » du système de la 5e République.

Enfin, je devrais plutôt dire que l’on nous a « volé » cette élection, à la fois par la propagande éhontée en faveur d’un candidat fabriqué de toutes pièces par l’oligarchie mais aussi par la puissante promotion médiatique de Marine Le Pen durant des mois, des années même, pour que survienne un second tour confiscatoire du type de celui que nous avons connu en 2017.

Et puis on nous l’a volée, cette élection puisque le nombre et la gravité des irrégularités constatées lors du 1er tour sont telles que si elles n’avaient pas existé, on aurait eu un tout autre second tour.

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Avenir insoumis
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Mais malgré cela, regardez l’immense progression de Mélenchon depuis 2012, non seulement en global, mais surtout en « local »… Cela a de quoi nous inspirer un peu de confiance et de motivation, même si ce sera bien sûr difficile. Cela a de quoi booster notre combativité plutôt que de nous conduire à la neurasthénie ou à la déprime.

Reprenez espoir ami-e-s, camarades, concitoyens, concitoyennes.

« Nous sommes le matin neuf qui se lève » a dit poétiquement Jean-Luc Mélenchon au soir du 23 avril.

La France insoumise a largement dépassé l’assise qu’avait la gauche du PS depuis des décennies. Précisément parce qu’elle a parlé très au-delà de ce périmètre étroit. Parce que beaucoup de Français qui ne se pensent pas comme étant de gauche nous ont fait confiance et ont appuyé Jean-Luc Mélenchon.

Nous avons commencé à organiser un rassemblement du peuple, ce que Mélenchon voulait précisément faire quand il nous disait qu’il ne s’agissait pas de rassembler « la gauche » mais de « fédérer le peuple ».

Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui l’élection présidentielle est derrière nous et que s’annoncent les élections législatives que l’on doit abandonner ce principe fondamental de notre stratégie de conquête du pouvoir. Cette stratégie n’était pas seulement celle de Mélenchon, c’est celle de la France insoumise qui va survivre à l’échec de Mélenchon à la présidentielle.

Si nous revenons dans l’étroit périmètre de la « gauche », si nous faisons l’erreur d’interprétation majeure en considérant que 100% des voix de Mélenchon au 1er tour sont des voix de « gauche », si nous recommençons à traiter avec les partis de « gauche », si nous organisons de nouveau un accord d’appareils entre la France insoumise et les partis de « gauche », si nous nous remettons à ne parler qu’à la « gauche » ou qu’au peuple de « gauche », alors beaucoup nous quitteront et l’on s’étonnera de ne pas retrouver en juin les voix que nous avions eues en avril.

Pas plus aujourd’hui qu’hier, pas plus pour ces législatives que pour la présidentielle, nous ne renions qui nous sommes, d’où nous venons et ce que nous voulons. Nous ne tolèrerons donc aucun procès d’intention venu de gens de gauche et qui veulent nous donner des leçons de maintien…

Ce qui compte, dans ce moment historique, n’est pas de convaincre et de satisfaire la gauche ou ce qu’il en reste mais de convaincre et de satisfaire – donc de rassembler – le peuple, par delà sa diversité. C’est ce que nous avons entrepris avec la candidature de Mélenchon à la présidentielle et jusqu’à présent, nous avons plutôt réussi. Nous avons augmenté le nombre de voix obtenues en 2012 de 77,171%. C’est considérable comme progression. Et la dynamique observée dans les derniers jours de la campagne du 1er tour a été poursuivie si l’on en juge par les nouveaux signataires sur la plateforme (anciennement jlm2017.fr rebaptisée lafranceinsoumise.fr). Nous gagnons plusieurs centaines de nouveaux signataires chaque jour. Ce 08 mai 2017 à 14h13, on a dépassé les 528 000.

On pouvait craindre qu’après l’élection, le compteur s’arrête, a fortiori après l’échec du 1er tour. Pas du tout ! Il continue de grimper. Et certains retours des territoires locaux montrent que ce ne sont pas seulement des signataires qui nous rejoignent mais aussi de nouveaux militant-e-s !

Nous avons une partie des classes moyennes avec nous mais une partie seulement. L’autre se répartit entre Le Pen (ceux qui constatent leur déclassement) et Macron (ceux qui croient pouvoir rejoindre le haut du panier).

Et puis, il nous manque aussi une grosse partie du peuple d’en bas soit parce qu’ils votent Le Pen, soit parce qu’ils sont abstentionnistes de longue durée.

On a réussi à en récupérer quelques-uns parmi ces deux catégories mais on a encore du pain sur la planche… 10 millions d’abstentionnistes au 1er tour et 7 millions qui ont choisi Le Pen. C’est bien là que tout se joue.

Mon avis est que d’ici juin, plutôt que faire campagne sur les belles places de nos villes, plutôt que de faire des meetings entre nous, nous devons refaire le tour des « quartiers » comme cela a été fait avec les « caravanes ».  Cela nous a fait connaître de beaucoup de gens qui ne nous donnaient aucune crédibilité et qui ont changé d’état d’esprit en nous côtoyant.

Mais nous devons aussi nous rendre dans les territoires ruraux abandonnés de tous où le FN a fait de gros scores.

Avec de nouveaux soutiens venant de cette France d’en bas dont nous sommes nous-mêmes, alors oui, on peut alors créer la surprise en juin. Et imposer au Président Macron une cohabitation avec un gouvernement dirigé par Mélenchon !

Hardi les gars ! Nous allons aller la chercher cette victoire, cette majorité France insoumise et cette cohabitation qui permettra d’abord de mettre en oeuvre une politique progressiste et de souveraineté du peuple et qui ne tardera pas à provoquer une crise de régime faisant chuter la 5e République.

Il n’y a que les combats qu’on ne mène pas qui sont perdus d’avance…

Salutations insoumises.

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Le PS est En Marche. Objectif Fusion – Objectif Tune – Par Baloo Kâa le 28/04/2017

Objectif Tune

Il m’arrive très souvent de me dire que les hommes politiques se foutent vraiment de nous et pensent que, comme nous n’avons aucun pouvoir d’analyse et de discernement, ils peuvent se permettre les plus gros enfumages en toute tranquillité. C’est un peu le cas, une nouvelle fois avec Cambadélis qui a été nettement plus prompt à prendre la décision de tout mettre en œuvre pour soutenir Macron qu’à mettre en place une procédure d’exclusion de certains élus socialistes qui ne respectaient pas la charte de la Belle Alliance Populaire et même les statuts du parti. En effet, deux jours après la qualification de Macron pour le second tour de la présidentielle, le PS annonce qu’il va éditer quatre millions de tracts, plus des milliers d’affiches, payés par le PS, pour faire barrage au FN . En réalité, les tracts estampillés PS-Social Ecologie appellent à voter Macron pour se la jouer défenseur de la République en danger face au péril FN. Ca sent vraiment le réchauffé cette histoire. Le PS nous sert la même soupe depuis Mitterrand et le pire, c’est que ça marche pratiquement à tous les coups.

Ne doit-on pas considérer, dès lors, que le laxisme de Cambadélis envers les déserteurs et sa promptitude à soutenir la nouvelle sociale- démocratie libérale incarnée par Macron ne sont, en fin de compte, que la deuxième phase d’une habile manœuvre préparée de longue date par un fin stratège ?

La manœuvre n’avait-elle pas pour but premier d’empêcher le PS de se faire déborder sur sa gauche par la France Insoumise et comme but second de mettre en orbite le jeune Macron censé incarner le renouveau en politique, et tant pis si le PS devait pour cela être sacrifié ?

Si c’était le cas, et cela semble l’être, la manœuvre a réussi ; le PS est grillé. Que dis-je grillé ? Il est carbonisé.

La suite de cette stratégie consistait donc à trouver une parade pour que les sociaux-démocrates et les sociaux-libéraux qui avaient réussi à gangrener le parti puissent partir en toute sérénité une fois qu’ils auraient réussi leur mission de créer un PS bis de droite mais qui ne s’appellerait surtout pas PS puisque la vocation première des gens comme Valls et Hollande était de tuer le Parti qui les nourrit depuis toujours. Nous assistons donc clairement à la mise à feu du troisième étage de la fusée qui devrait permettre au mouvement En Marche, de devenir le grand mouvement de centre droit où les anciens socialos et les anciens chiraquiens pourront se refaire une santé tout en continuant à mener une vie paisible en espérant obtenir de nouveaux mandats.

Voilà, ces gens là, qui se prétendent de gauche pour tromper les citoyens n’ont aucune reconnaissance, aucune moralité non plus. C’est la loi du marché qui prime depuis longtemps sur l’idéologie au sein de ce parti qui n’a plus rien de socialiste. Seuls quelques milliers de militants, voire quelques milliers de sympathisants veulent encore croire que leur parti aspire à défendre le peuple, comme tout bon parti de gauche doit normalement le faire. Ils refusent obstinément de voir la réalité en face et se rangent docilement derrière la ligne du parti en n’ayant pas la lucidité pour comprendre que les dirigeants qui tiennent la baraque socialiste les amènent vers l’abime électoral et idéologique qui scellera la mort de leur parti.

A cet égard, L’image des trois singes se cachant les yeux, les oreilles et la bouche pour ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire leur correspond parfaitement. Par naïveté, par bêtise, par manque de courage ou tout simplement par militantisme aveugle et jusqu’au-boutiste, ils sont les complices passifs de tout ce qui se passe de moche au PS et se dirigent comme leur animal totem, le mouton, vers le précipice.

Sur la forme et sur le fond, demandez-vous aussi, pourquoi la CFDT, (syndicat collabo par excellence, toujours prêt à se coucher devant le Medef) est toujours si proche du PS, toujours si proche de ceux qui, au gouvernement, se sont proclamés réformistes socialistes ou socialistes progressistes. Qui se ressemble s’assemble, la formule est bien connue et ils en apportent la meilleure preuve. Leurs réformes n’ont de cesse d’aider, par tous les moyens possibles et imaginables, le grand patronat sans jamais rien exiger de lui en retour et d’ailleurs, le patronat ne donne rien en retour, bien au contraire. Voyant que le chantage à l’emploi et à la compétitivité a fonctionné plus qu’il ne l’aurait espéré, le Medef en demande toujours plus.

Son discours est simple et totalement décomplexé, il exige de l’état que ce dernier libéralise à outrance le marché du travail à base de Loi Macron, de loi El Khomri et de toutes les autres qui sont déjà dans les tiroirs, pour leur permettre de prospérer tranquillement avec comme effet directement lié, de faire porter aux contribuables, toutes ces aides que les patrons perçoivent et aux salariés, tous les efforts et les sacrifices à consentir. En gros, c’est tout bénef pour le grand patronat mais pas pour les petits patrons et encore moins pour les salariés.

Pour être le plus synthétique possible, voilà comment on peut présenter ce que sont réellement les réformistes, progressistes socialistes. Ils prétendaient apporter le progrès et le mieux vivre à la population avec leurs réformes mais après cinq années de gestion de la France, ils affichent un bilan tellement désastreux que Hollande, leur chef emblématique, n’a même pas eu le courage de venir le défendre, de peur de se retrouver laminé par le peuple. C’est donc Hamon qui est venu endossé l’habit du «socialiste de gauche» pour promettre un futur désirable et un revenu universel à tous ceux qui ne comprennent pas que ces formules ne sont que des éléments de langage destinés à séduire quelques brebis égarées ou à rassurer des socialistes désemparés.

Ces gens là ont en réalité, une façon très spéciale de considérer le progrès social. Neuf millions de pauvres et de précaires dont des millions de chômeurs, des riches encore plus riches, des classes moyennes qui peuvent du jour au lendemain venir grossir le rang des classes modestes, c’est donc ça le revers de ce qu’ils osent appeler, avec d’autres dans le camp des «Républicains (je parle ici du parti de droite), le progrès social.

A ce niveau là, on devrait plutôt parler de désespoir social. Quelle réussite cette société ! L’injustice sociale rime avec progrès social pour les ultra-libéraux et pour les sociaux-démocrates mais ça ne les gêne pas vraiment puisque les électeurs continuent malgré tout à réclamer ce rapport sado masochiste qu’ils doivent apprécier au final.

Pendant des années, sournoisement, discrètement, ils ont donc avancé leurs pions en jouant de postures et de déclarations quand ils étaient dans l’opposition sous Chirac et sous Sarkozy. Ils se présentaient comme le solide rempart qui empêcherait les dérives et les excès du libéralisme et du capitalisme mondialisé, allant même jusqu’à tenir des discours enflammés où la finance était désignée comme l’ennemi invisible. Cet ennemi contre lequel il faudrait lutter sans relâche, eux, les valeureux socialos, ils étaient prêts à le combattre. Cet ennemi, c’était l’Hydre, pas le monstre à neuf têtes de la mythologie grecque, mais le monstre à neuf têtes des plus puissants milliardaires qui tiennent la France sous leur coupe au niveau médiatique, économique et financier. Rien ne peut se faire sans eux, ils sont le pouvoir réel. Ils sont le pouvoir qui décide et choisit quel candidat sera chargé de défendre au mieux leurs intérêts et de les servir sans aucun scrupule. Ils avaient déjà soutenu Hollande en 2012 car ils avaient bien compris qu’avec lui président, ils n’auraient qu’à claquer des doigts pour obtenir tout ce qu’ils demanderaient. Et quand on regarde le bilan, ils ont beaucoup demandé et ont tout obtenu. Tellement obtenu qu’ils en ont grillé leur fusible serviteur.

Il fallait donc en trouver un autre. Pouvaient-ils espérer meilleur prétendant que ce jeune loup aux dents longues qui pilotait à l’Elysée le programme économique de Hollande comme conseiller puis au ministère de l’Economie ensuite? Assurément, c’était le meilleur choix pour eux et en plus il était adoubé par tonton Rotschild. Un tonton comme ça dans sa manche, c’est toujours utile sur un CV et ça ouvre bien des portes surtout quand on vise l’Elysée.

L’ambitieux Macron a-t-il donc délibérément trahi celui qui lui a ouvert les portes du palais pour devenir Calife à la place du Calife ou bien est-ce une stratégie machiavélique organisée par un cabinet noir, des éminences grises élyséennes ou un Hollande grand amateur de coups tordus ? Nous ne le saurons sûrement jamais.

Ce que l’on a par contre pu constater avec le grand manitou de Solférino, pendant la campagne électorale, c’est que toutes les désertions des élus socialistes vers le mouvement de Macron n’ont été suivies d’aucune sanction. Pendant que les rats et les éléphants, quittaient le navire, Cambadélis jouait tranquillement avec sa marionnette, le petit Benoit, qui était bien content d’avoir enfin un rôle important au sein du Parti Socialiste. Le rôle de l’idiot utile un peu écolo et gauchiste sur les bords lui allait comme un gant. Il faut quand même lui reconnaître ce talent. Ce talent qui était apparu lors du casting réussi d’une Belle Alliance Populaire et qui lui avait en effet donné au final le premier rôle d’une farce à laquelle il allait se prêter à merveille. Il était tellement investi dans son rôle qu’il en est presque arrivé à nous faire oublier que ce n’était qu’une farce.

Cette triste farce, à laquelle la France Insoumise est aujourd’hui sommée de venir participer sous peine d’être frappée du sceau de l’infamie par les organisateurs de cette manipulation grossière.

Qui sont-ils pour exiger quoi que ce soit sur ce sujet quand ils ne sont même pas capables de réclamer une action en justice pour faire condamner Marine LePen suite à ces propos révisionnistes sur le Vel D’Hiv ? Qui sont-ils pour exiger de Jean Luc Mélenchon qu’il se positionne contre le Front National alors que depuis 2002, les médias laissent pratiquement libre antenne à ce parti qui est un jour démocratique et un autre jour, un danger pour la république ? Quelle crédibilité et quelle légitimité ont-ils tous pour exiger quoi que ce soit alors que ce sont eux qui depuis des années jouent aux apprentis sorciers avec le FN ? Ils n’en ont aucune, que ce soit dit. Que tous ces donneurs de leçons du PS et alliés du PS qui ont, par leurs stratégies ridicules, permis ce second tour entre Macron et LePen ne viennent pas essayer, en plus, de se donner le beau rôle de la responsabilité et de l’honneur en accusant les leaders et les militants de la France Insoumise, qui combattent partout et tout le temps le FN, d’être des irresponsables qui seraient les coupables tout désignés d’une éventuelle victoire du FN s’ils ne votent pas pour Macron le 7 mai. Dans sa déclaration du 23 avril au soir, Benoit Hamon endossait la responsabilité de la défaite de son parti, c’était bien la moindre des choses au vu du résultat sanction que venait de lui infliger le peuple. Par contre, il ne s’est pas attribué, même en partie, la responsabilité d’une stratégie qui impose à tout le monde ce second tour qui apparemment leur fait si peur aujourd’hui. Pourtant sa responsabilité et celle de son parti sont entières. Ils savaient tous au PS, que le combat était perdu et qu’il fallait absolument sauver le candidat qui était le plus proche de leurs idées. Ce candidat, c’était Macron et devant la «menace» Mélenchon, ils ont décidé, en conscience, de se maintenir pour faire barrage à celui que Hollande osait même dépeindre comme un dictateur. Qu’ils assument donc seuls, leurs choix, leurs erreurs ou leurs stratégies.

La survie du PS passant maintenant par une alliance ou une fusion avec le mouvement de Macron, tout le monde s’active pour que cette alliance soit une alliance de gouvernement, d’où l’importance pour eux de cette victoire contre LePen. Tous ces politiciens malfaisants et ces serviteurs médiatiques de l’oligarchie doivent donc comprendre que leurs menaces et leurs pressions ne servent à rien et n’impressionnent pas ceux qui, au sein du mouvement insoumis ne veulent pas participer à cette mascarade. En conscience, Benoit Hamon et le PS ont décidé de se maintenir et ont de fait éliminé la France Insoumise. En conscience, les insoumis voteront comme bon leur semblent puisque c’est l’esprit même de cette démocratie participative pratiquée dans ce mouvement.

Contrairement à beaucoup de femmes et d’hommes, qui, dans d’autres partis, parlent un peu partout de démocratie participative sans jamais la mettre en pratique dans leurs actes politiques quotidiens, dans cette France Insoumise, elle est de mise et le leader porte parole de ce mouvement laisse libre choix à tous les militants de décider de leur vote.

C’est vraiment un drôle de dictateur ce Mélenchon !

Le mouvement France Insoumise et ses militants pour une très grande majorité ne se soumettront jamais à un quelconque diktat d’une pensée portée par des gens qui se vendent au plus offrant pour un mandat ou une bonne place.

Il faudra dorénavant, que tous ces dominants qui dirigent le pays, comprennent qu’ils ne pourront plus faire abstraction de cette nouvelle donne politique car leur logiciel est aujourd’hui obsolète. Des millions de français se sont regroupés dans un mouvement populaire de grande ampleur qui veut proposer un autre modèle de société. Et cette alternative crédible à l’ultra libéralisme mondialisé qui accroit chaque jour un peu plus des inégalités, ils sont bien décidés à batailler ferme pour y arriver.

La contestation nationaliste faisait déjà trembler une partie de la classe politique mais maintenant qu’un peuple insoumis se dresse et vient lui aussi contester la légitimité des sociaux-démocrates et du parti des républicains de droite à gouverner, tout le monde craint LE tsunami qui pourrait bouleverser complètement la vie des français et redessiner le paysage politique.

Alors, fusion, alliance de circonstances, désintégration du PS ? Encore quelques jours de patience, le dénouement est imminent.

 

Jean-Luc Mélenchon, nous avons encore besoin de toi et nous te voulons à la première place du combat !

Couv soutien JLM

APPEL SOLENNEL À JEAN-LUC MÉLENCHON POUR QU’IL SE PORTE CANDIDAT AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES

APPEL À TOUS LES INSOUMIS ET À TOUTES LES INSOUMISES POUR QUE CET APPEL SOIT SIGNÉ EN MASSE ET QUE JEAN-LUC MÉLENCHON SACHE QUE NOUS VOULONS QU’IL SOIT ENCORE NOTRE PREMIER REPRÉSENTANT

Nous remercions du fond du coeur notre candidat Jean-Luc Mélenchon qui a porté si haut notre parole et défendu si bien notre projet.

Jean-Luc Mélenchon ne sera pas notre nouveau Président de la République le 7 mai. Mais l’Histoire ne s’arrête pas à cette apparente défaite.

Ce qui semble, aux yeux de certains, être une « contre-performance » inaugure en fait une victoire prochaine.

Si vous étudiez les résultats locaux du 1er tour, vous constaterez que Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans 67 circonscriptions et qu’il est 2ème dans 167 autres, ce qui signifie déjà que nous avons 234 chances sérieuses d’emporter un siège le 18 juin.

Il est en tête dans de nombreuses grandes villes, et dans beaucoup de villes symboliques comme Marseille, Lille, Toulouse, Grenoble mais aussi dans bien des villes « populaires » de la région Ile de France. Ce qui signifie que nous pourrions transformer le paysage municipal aux prochaines élections municipales en 2020…

Et il a obtenu plus de 12,5% des inscrits dans plus de 400 circonscriptions, ce qui signifie qu’avec un score identique au 1er tour des Législatives, nous pourrions nous maintenir dans plus de 400 circonscriptions au 2nd tour.

Entre celles que nous gagnerions presque à coup sûr, celles que nous pouvons gagner, et celles où sans gagner on est sûr de peser très lourdement sur le résultat final, on a toutes les raisons d’espérer que ces élections législatives soient un calvaire, un chemin de croix pour celui ou celle qui sortira des urnes le 7 mai. Qui pourrait bien se trouver crucifié-e le 18 juin… Désolé d’employer ces métaphores mais elles sont bien parlantes je trouve !

La France insoumise a désormais une base très solide. Sur ces fondations, nous devons construire la suite. Nous devons rester mobilisé-e-s pour la séquence électorale suivante qui décidera de notre destin. Soit nous abandonnons la scène au vainqueur du 7 mai et alors nous subirons de nouvelles souffrances, de nouvelles régressions en plus de risquer la guerre externe et peut-être civile.

Soit nous comprenons la situation dans laquelle nous sommes entrés, qui, d’une certaine façon, correspond à ce délitement que nous avions perçu et décrit depuis longtemps.

La 5e République agonise. Elle ne correspond plus du tout au contexte politique, social, démographique, culturel de notre pays.

Depuis l’origine, chaque fois, le second tour de l’élection présidentielle faisait s’affronter les deux candidats en tête mais ceux-ci étaient toujours largement en tête, si bien que les reports de voix pouvaient se faire assez facilement et que les vaincus acceptaient leur défaite.

Cette fois, les écarts sont si faibles que le système apparaît sous sa noire réalité, illégitime. Mais nous devons faire avec. Nous aurions pu espérer peut-être faire annuler les opérations électorales sur la base des nombreuses irrégularités constatées mais manifestement les preuves ont manqué ou bien tout avait été bien mis sous contrôle, sur ce point aussi, par la caste oligarchique.

Quoi qu’il en soit, le Conseil Constitutionnel a proclamé les résultats définitifs et il ne sert donc plus à rien de ressasser ces irrégularités. Cela nous maintient dans la colère et l’aigreur et nous empêche de nous engager dès maintenant dans le travail à accomplir aujourd’hui : mener une campagne législative qui s’avère victorieuse.

Nous devons surgir en tête. Nous le pouvons. Cette « croyance » n’est pas une illumination mais une analyse rationnelle des résultats électoraux de dimanche. Nous n’aurons sans doute pas nous-même une majorité absolue de 289 sièges nous laissant entièrement libres mais nous pouvons déjà gagner une majorité relative, c’est-à-dire être en tête.

Et cela nous mettrait en situation de former le gouvernement et ainsi nous contraindrions, en respectant les règles constitutionnelles, le ou la Président-e sorti-e des urnes le 7 mai à une cohabitation.

Vous saisissez ? Le chef de l’État se verrait donc désavoué d’entrée de jeu, au tout début de son mandat. Car un Président sans majorité ne peut former de gouvernement « à lui », et ne peut donc rien faire. C’est toute la subtilité de cette constitution qui est d’essence monarchique mais à une condition : qu’il y ait adéquation entre le Président et la majorité, sans quoi le Président n’est qu’une potiche car même le « domaine réservé » est une création coutumière qui peut très bien être dénoncée et contestée par un gouvernement qui ne serait pas décidé à jouer le jeu.

Je n’ai pas besoin de vous dire que si cette hypothèse se vérifiait, si le 18 juin prochain, date du 2ème tour des élections législatives, c’est la France insoumise qui obtenait le plus grand nombre de député-e-s, et que c’est donc elle qui serait appelée à former le gouvernement, nous entrerions dans une période inédite car le chef de l’État serait de fait démonétisé comme disent certains, c’est-à-dire totalement délégitimé d’office.

Et d’un autre côté, une majorité et donc un gouvernement France insoumise devant traiter avec un Président Macron ou une Présidente Le Pen, avouez que ce serait une situation cocasse.

Et l’on peut penser que pareille situation ne serait pas viable. La crise de régime ouverte éclaterait bien vite car les « mandants » du Président Macron ne tolèreraient pas de se faire ainsi dévitaliser d’office.

Quant à nous, nous aurions tout intérêt à ne rien concéder pour que rapidement la crise surgisse et que le peuple soit amené à la trancher. Il y aurait donc probablement dissolution de l’Assemblée Nationale. Le Président ne démissionnerait sans doute pas, espérant que les nouvelles élections législatives lui donnent cette fois une majorité. Mais je crois que si nous gérons bien la situation au gouvernement, nous serions, NOUS, en situation de les emporter de nouveau, mais cette fois avec une majorité bien plus claire. Ce second désaveu du Président conduirait sans doute à sa démission forcée ou à sa « potichisation » définitive… emportant de fait le régime !

Cette campagne électorale a montré que certaines personnalités autour de Jean-Luc Mélenchon ont pris de l’envergure et sont aujourd’hui en situation de tenir la dragée haute à nos adversaires. Si en 2012, on ne voyait que Jean-Luc Mélenchon, c’est parce que les medias refusaient de discuter avec d’autres que lui. En 2017, Jean-Luc Mélenchon a imposé une diversité de paroles et ainsi, le peuple français a pu découvrir Alexis Corbière, Raquel Garrido, Charlotte Girard, Gabriel Amard, Djordje Vuk Kuzmanovic et d’autres encore.

Contrairement à ce que disent certains, fort heureusement de moins en moins nombreux depuis quelques temps, la France Insoumise, ce n’est pas QUE Jean-Luc Mélenchon. Nous avons bien des talents pour animer ce mouvement aujourd’hui et demain. Et il n’y a pas non plus que ceux que j’ai cités plus haut. Partout dans nos territoires, il y a des gens compétents, engagés, déterminés. Et je ne doute pas que les élections législatives à venir mettront cette réalité méconnue en évidence.

Cela étant dit, je pense que nous avons encore besoin de Jean-Luc Mélenchon. Je ne me projette pas en 2022, date du terme du prochain mandat présidentiel si le calendrier n’est pas bousculé ou chamboulé d’ici là.

C’est ICI ET MAINTENANT que nous avons besoin de lui. Bien sûr, il prendra sa décision en toute liberté. C’est le premier des Insoumis et personne ne le blâmera de vouloir passer la main, remettre le flambeau.

Mais puisqu’il n’a pas encore exprimé une telle décision, je pense que nous pouvons tenter de lui faire passer un message. Nous avons bien le droit, nous aussi, d’exprimer notre préférence. Et cette préférence consiste en ce que nous voudrions qu’il mène avec nous ce combat législatif. Pas seulement d’une position en retrait mais en étant lui-même, une fois de plus, le « général en chef ».

Au vu des résultats électoraux de ce premier tour, il y a de nombreuses circonscriptions où Jean-Luc Mélenchon est assuré d’être élu le 18 juin s’il se portait candidat.

Certains pourraient dire que lorsqu’on est candidat à une élection présidentielle, on ne peut ensuite l’être à une législative. En droit, rien ne l’empêche. Et si l’on considère la chose d’un point de vue politique, il n’y a pas davantage d’obstacle. Notre projet est de changer la France et de contribuer à changer l’Europe et le monde. Nous pensions pouvoir le faire via l’élection présidentielle. Les résultats nous privent de cette possibilité. Mais la suite peut changer la donne. Avec une majorité et un gouvernement, c’est bien nous qui déterminerions et conduirions la politique de la nation. Nous devons donc tout faire pour parvenir à nous propulser à cette responsabilité.

Et il n’y aurait bien sûr aucune honte à n’être « que » la force gouvernementale et parlementaire puisque nous sommes partisans de faire disparaître la Présidence de la République.

Pour mener l’action gouvernementale, je pense que Jean-Luc Mélenchon serait le mieux placé. Personne ne saurait le contester vu que jusqu’à dimanche c’est bien lui qui était de fait en première place. Je ne vois pas pourquoi nous contesterions aujourd’hui cette primauté.

Pour que Jean-Luc Mélenchon puisse être nommé Premier ministre, il faut que nous emportions la majorité, fut-elle relative, le 18 juin. Et il faut que lui-même soit un de ces député-e-s élu-e-s le 18 juin.

Et si nous ne parvenions pas à avoir la majorité relative, si nous n’étions que 2ème ou 3ème, rien ne nous serait plus utile que d’avoir Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée, comme président du groupe de la France insoumise.

On m’a objecté que cela était impossible puisqu’il est député européen et qu’il existe un non-cumul de ces deux mandats. Je le sais bien mais rien n’empêche Jean-Luc Mélenchon de démissionner de son mandat de député européen pour être député à l’Assemblée Nationale où, dans le contexte actuel, il serait bien plus utile selon moi.

Voilà, ami-e-s et camarades insoumis-e-s ce que je voulais vous dire. Ce billet a pour objet d’une part de demander solennellement à Jean-Luc Mélenchon de se porter candidat aux élections législatives dans la circonscription de son choix, et de vous demander, à vous tous, à vous toutes, d’appuyer cette demande, par tout moyen à votre convenance.

Jean-Luc Mélenchon et toute la France insoumise doivent savoir que nous tenons à ce qu’il soit encore notre principal leader.

Merci de votre attention. Salutations insoumises.

Nous sommes plus de 7 millions à avoir voté JLM

 

Les sanglots longs des violons de l’automne…

“Le passé n’est qu’un prologue” disait Shakespeare…

Ami-e-s, camarades, vous savez que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Nous ne sommes pas morts. Bien au contraire. Nous n’avons pas encore réussi à accomplir notre rêve ce dimanche. Jean-Luc Mélenchon ne sera pas notre Président de la République le 7 mai. Et, du coup, je vois déjà pas mal d’insoumis-e-s se projeter déjà en 2022, au terme régulier du prochain mandat présidentiel que la séquence électorale 2017 va ouvrir.

Personnellement, je trouve cela à la fois puéril, ridicule et désespérant. Nous ne pouvons attendre cinq ans de plus. Et je n’imagine pas que le peuple attendra cinq ans de plus pour prendre son destin en mains.

Que ce soit sous une présidence de Marine Le Pen, ou sous une présidence d’Emmanuel Macron, lequel n’agira que « par délégation » de qui on sait (en gros, il fera le spectacle sur le devant de la scène et signera les parapheurs), la crise de régime ne tardera pas. Car ce qu’ils promettent, l’une comme l’autre, ne peut que jeter dans la colère des millions de Français.

Et puis, gardons bien à l’esprit qu’en juin, il y aura des élections législatives. Elles seront fondamentales. Plus qu’elles ne l’ont jamais été !

Car en 5e République, pour que le Président de la République soit le monarque républicain que nous dénonçons, encore faut-il qu’il ait une majorité qui lui soit favorable, ce qui lui permet d’avoir un gouvernement à sa botte. Sans majorité absolue, pas de gouvernement viable. Ils seront contraints de s’entendre avec d’autres qui risquent de ne pas leur faciliter la tâche.

Et lorsqu’on étudie les résultats de ce premier tour, on constate qu’en divers endroits, c’est Mélenchon qui est en tête, parfois avec une grosse avance sur le suivant, et que Macron est relégué à la 3ème place. La France est divisée en quatre forces de poids à peu près équivalent autour de 20%.

JAMAIS une élection présidentielle n’a donné de tels résultats. Les écarts ont toujours été bien plus conséquents entre les deux premiers et les suivants. Et si, par exemple en 1995, le 3ème (Balladur) n’était qu’à moins de 2 points du 2ème (Chirac), ces deux-là se réunirent au second tour pour ne former qu’une seule force. Donc rien de comparable à ce qui se passe aujourd’hui.

J’ai écrit, dans un billet publié hier, que j’étais convaincu qu’une grande coalition allait naître aux Législatives autour de Macron. Parce que le PS d’une part, les centristes de l’autre, mais aussi quelques-uns du parti de droite « Les Républicains » allaient se jeter à corps perdu dans cette arche de Noe. C’est évident et a priori cela représente un poids certain. Sur le papier en tout cas !

Mais d’un autre côté, la campagne de Mélenchon a connu une dynamique exceptionnelle et rien ne dit que l’échec du 1er tour l’interrompe. C’est à nous de maintenir la pression. C’est à nous de rester mobilisés. C’est à nous de tenir la rue et les places. C’est à nous de continuer encore et encore à présenter notre projet, à l’expliquer, à donner envie aux 10 millions d’abstentionnistes que nous n’avons pas su convaincre. Oui, il y a eu plus de 10 millions d’abstentionnistes à ce 1er tour. C’est donc un réservoir considérable de nouveaux soutiens.

Je n’ignore pas que lors des élections législatives, il y a toujours eu une démobilisation de celles et ceux dont le candidat n’avait pas gagné la présidentielle. Mais ceci s’explique par le fait que jusqu’ici les écarts étaient tels que personne ne pouvait rationnellement imaginer inverser ou même seulement contrarier aux Législatives le résultat de la présidentielle. Cette fois-ci, tout est différent.

Et rappelons-nous aussi que bien souvent les projections en termes de sièges imaginées au soir du 2nd tour de la présidentielle, ou au soir du 1er tour des élections législatives, ne se sont pas vérifiées. Notamment parce qu’il est arrivé assez souvent que le second tour des Législatives atténue, module, corrige les résultats du 1er tour. Il y a donc bien des cartes à jouer. Et ce que nous ne devons surtout pas faire, c’est nous disperser et « rentrer à la maison » pour « cultiver notre jardin » ! Bien que cette activité soit très profitable soit-dit en passant…

Nous sommes insoumi-e-s, nous sommes donc des combattants et un premier échec, très partiel, ne doit pas nous faire entrer en hibernation en attendant des jours meilleurs. C’est à nous de les faire advenir. Et c’est donc à nous de mener le combat dans cette nouvelle séquence.

Macron est à 24%, Le Pen à 21%, Fillon (qui se met en retrait) et Mélenchon à plus ou moins 20%.

Le scénario de ces Législatives n’est donc pas écrit, quoi que puissent en dire les relais médiatiques de Macron. Les circonstances électorales du moment que nous vivons sont tout à fait inédites. Donc, oui, tout est encore possible.

Un Président sans majorité ne peut rien. C’est une potiche. Même en 5e République ! Il n’est surpuissant, je le répète, que s’il peut s’appuyer sur une majorité et sur un gouvernement en découlant.

NOUS, à la France insoumise, nous devons tout faire pour priver le prochain Président de cette majorité. Le Pen, si c’est elle, ne pourra jamais avoir une majorité. Et si c’est Macron, malgré la grande coalition probable, il n’est pas certain du tout qu’il obtienne une majorité. Car la grande coalition rassemblera largement des gens que le peuple ne veut plus voir !

Macron lui-même peut faire illusion et sembler paraître neuf, innocent, différent, comme Hollande, en 2012, donna à beaucoup d’ignorants et de naïfs l’illusion qu’il était de gauche… Macron peut sembler un homme “neuf” à celles et ceux qui ne s’intéressent pas à la politique, mais tous ceux qui l’appuieront et qui constitueront les piliers de sa campagne législative, ne pourront bénéficier de cette image fraîche de l’innocence. On retrouvera le pire de ce qu’on a connu avec Hollande. Et je prévois de nouveaux coups de balai en juin. Le dégagisme qui a déjà éjecté Hollande, puis Sarkozy, puis Juppé, puis Valls, puis Fillon et Hamon, ne vas pas s’arrêter…

Une grosse partie de la droite ne se ralliera pas à Macron et cherchera à obtenir le plus grand nombre possible de députés sous son propre nom.

Donc, de fait, eux et nous serons des « alliés objectifs » comme on dit pour barrer la route à une majorité Le Pen ou Macron.

On a bien vu que la campagne Fillon a stagné et le résultat du 1er tour le confirme.

On a bien vu que la campagne Le Pen n’a pas eu le succès escompté, même si Marine Le Pen a réussi l’essentiel : accéder au 2nd tour.

Donc, le paysage politique qui sera celui de la France au soir du 2nd tour des Législatives est totalement impossible à décrire aujourd’hui.

Mélenchon a été notre brillant candidat. Il nous a mis en situation de peser de manière décisive sur la suite. Il nous a fait gagner 3 millions de suffrages supplémentaires par rapport à 2012. On a presque doublé notre score !

On a des milliers de groupes d’appui et des dizaines de milliers de militant-e-s bien moins formatés et disciplinés que ceux des partis. Mais pas moins éveillés qu’eux !

Plutôt que de nous projeter aujourd’hui en 2022, voyons ce qu’il est possible de faire dès maintenant.

Je suis de ceux qui pensent que MÉLENCHON DOIT ABSOLUMENT ÊTRE CANDIDAT LUI-MÊME AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES.

Il l’avait été en 2012, à Hénin Beaumont, et avait échoué tant certains de nos prétendus camarades et alliés lui avaient savonné la planche.

Il y a de nombreux territoires, et donc incontestablement de nombreuses circonscriptions, où Mélenchon a obtenu dimanche des scores inattendus, bien plus haut qu’on ne l’aurait imaginé. Il a donc toutes ses chances d’être élu député. Surtout si on s’y met tous. Notre force sera irrépressible.

Avec Jean-Luc Mélenchon député à l’Assemblée nationale, quelle que soit la majorité qui sortira des urnes en juin, tout serait différent par rapport à une situation où il n’y serait pas. En disant cela, je ne fais injure à aucun leader de la France insoumise. Nous avons pu constater, au cours de cette campagne, que bien des proches de Jean-Luc Mélenchon ont donné le meilleur d’eux-mêmes, se sont dévoués, se sont « épaissis ». Il y en a qui aujourd’hui ont gagné leurs galons d’officiers supérieurs et ils seront ceux qui nous conduiront vers les prochaines victoires qui ne manqueront pas d’arriver, bien plus vite que ne le craignent les oligarques qui croient avoir gagné…

Nous ne pouvons nous résoudre ni à considérer que Mélenchon a fait son temps et que cette élection présidentielle était son dernier combat, ni à renvoyer son avènement en tant que Président de la République à la prochaine élection présidentielle que le calendrier fixe aujourd’hui à 2022. NOUS AVONS ENCORE BESOIN DE LUI, ICI ET MAINTENANT !

Et je pense que nous devons le convaincre qu’il doit prendre sa part du combat législatif en étant une fois encore celui qui marchera devant, celui qui nous représentera tous, celui qui pourra ensuite faire entendre notre voix à l’Assemblée, celui qui sera prêt à toute éventualité, puisque la crise de régime ne manquera pas de survenir très vite. Bien avant que le mandat 2017-2022 n’arrive à son terme régulier.

Je pense que nous devons tous, toutes, faire passer ce message à Jean-Luc Mélenchon et à tous ses proches: Raquel Garrido, Alexis Corbière, Gabriel Amard, Charlotte Girard, Djordje Vuk Kuzmanovic et celles et ceux qui ont animé la campagne.

On ne lâche rien, les insoumi-e-s !

On a perdu la première bataille, mais on n’a pas perdu la guerre comme dirait l’autre…

« Nous sommes le matin neuf qui se lève » disait poétiquement Jean-Luc Mélenchon dimanche soir.

Et notre défaite de dimanche a bien des allures de victoire prochaine. À l’inverse, l’apparente victoire de Macron ressemble fortement à celle de ce roi grec antique du nom de Pyrrhus…

 

Le jour d’après… La victoire à la Pyrrhus du candidat de la caste oligarchique et du « kapo » du système

Mes ami-e-s, mes camarades,

La crise de régime ne saurait tarder. Nous devons être prêts. Et donc ne surtout pas nous démobiliser. Et encore moins nous disputer.

Je me permets de mettre en garde contre les « bilans » qui voudraient tenter d’expliquer notre échec en pointant certaines insuffisances de notre candidat, de notre projet, ou de notre stratégie. Je ne dis pas que nous devons taire ce qui nous semble devoir être dit et analysé, mais je nous appelle collectivement à faire preuve de la plus grande responsabilité. Toute défaite nécessite d’être étudiée sérieusement. Nous devons collectivement tâcher de comprendre ce qui nous a manqué. Il ne s’agit pas de cacher sous le tapis ce qui peut nous sembler être la cause de notre échec. Mais si ce bilan raisonné doit être fait, qu’il le soit avec le plus grand esprit de responsabilité. Attention à ce que nous dirons. Nous ne devons surtout pas faire quoi que ce soit qui puisse conduire à entamer notre nouvelle force ou à nous diviser.

Parce que je suis de ceux qui pensent qu’un jour prochain, bien avant que ne se termine le prochain quinquennat, NOUS, la France insoumise, pourrions être appelés, comme un recours ultime, à la tête du gouvernement de la France. Je ne sais pas dans quelles conditions cela pourrait se produire mais je suis certain que ça se produira. Nous le sommes tous d’ailleurs. Mélenchon a plusieurs fois dit, et beaucoup d’autres avec lui, que la question n’est pas de savoir « si » nous gouvernerons un jour ce pays mais « quand » ! Les résultats d’hier le confirment on ne peut plus clairement. Nous ne gouvernerons pas ce pays dès le mois de mai 2017 mais nous pourrions être dans cette situation dans quelques semaines, dans quelques mois.

Pour le moment, la crise de régime n’est pas encore confirmée. Certes, nous percevons bien déjà les multiples indices de sa présence, mais pour l’instant cette crise politique demeure larvée. On la sent poindre mais elle n’est pas encore ouverte. Les élections se sont tenues, deux candidats ont été sélectionnés, l’un d’eux sera élu dans deux semaines, puis investi. Un Premier ministre sera nommé puis un gouvernement pour aller jusqu’à la séquence électorale suivante, celle des élections législatives. Tout semble fonctionner normalement. Business as usual dirait l’autre… Et pourtant ! Qui ne voit pas que nous nous rapprochons du terme de ce régime ?

En 5e République, lorsque le Président a une majorité « à lui », fût-elle remuante ou « frondeuse », l’Exécutif a, contre les députés à l’Assemblée Nationale, tous les pouvoirs de contrainte puisqu’il dispose, via la constitution, de ce que les juristes désignent sous le vocabulaire de « mécanismes de rationalisation du parlementarisme ». Parmi ces mécanismes constitutionnels : le vote bloqué (le gouvernement impose un vote unique sur plusieurs articles d’un projet de loi, ce qui contraint à choisir en bloc sans pouvoir valider l’un et refuser l’autre), le vote en urgence (qui réduit fortement le temps du débat parlementaire), et in fine la possibilité de faire adopter un texte sans vote (le fameux mécanisme de l’article 49-3). Lorsque la majorité est favorable au Président de la République, le Premier ministre est toujours, sinon en droit du moins en pratique, un « assistant » du Président, un « chef d’orchestre » qui ne fait que faire jouer la partition écrite par le seul Président.

Or ce que dit la constitution (en son article 21), c’est que c’est le Premier ministre – et non le Président de la République – qui « détermine et conduit la politique de la nation ». Donc, si le Premier ministre se soumet au Président et n’assume pas son rôle constitutionnel, c’est pour des raisons politiques. C’est parce que le Premier ministre est nommé et révoqué par le Président. Donc si un Premier ministre ne se soumettait pas, le Président pourrait le révoquer. Et cela fut fait plusieurs fois depuis 1958. Le Premier ministre tire sa légitimité de l’investiture que reçoit le gouvernement à l’Assemblée Nationale lors du vote suivant la déclaration de politique générale, mais il la tire aussi et surtout du Président de la République. Ainsi, un Président ne peut maintenir en fonction un Premier Ministre contre la volonté de l’Assemblée Nationale mais il faut comprendre que l’Assemblée Nationale ne peut désavouer directement le Premier ministre. C’est le gouvernement en tant qu’organisme collégial qui peut être soumis à une motion de censure, pas le seul Premier ministre. Et ceci ne s’est produit qu’une seule fois depuis 1958 [1]. En revanche, même un Premier ministre qui a la faveur de l’Assemblée peut être démis de ses fonctions par le Président de la République.

Il n’y a qu’en période de cohabitation que le Premier ministre retrouve la faculté d’exercer vraiment tous les pouvoirs constitutionnels de sa fonction. Parce que, en période de cohabitation, la majorité à l’Assemblée Nationale n’est pas favorable au Président de la République et ce dernier se retrouve donc dépourvu de la plupart de ses pouvoirs.

La constitution fait du Président de la République un arbitre. C’est le texte même de la constitution qui le dit en son article 5. Certes le Président de la République dispose de certains pouvoirs propres mais la plupart de ceux-ci ne trouvent réellement à s’appliquer que si le Premier ministre et les membres du gouvernement lui sont favorables.

Je ne peux ici entrer dans les détails qu’il serait pourtant utile de décrire, mais il faut savoir que si le Président de la République est surpuissant en 5e République dans un contexte « normal » où il y a adéquation entre lui et la majorité à l’Assemblée Nationale (ce qui nous conduit à juste titre à dénoncer le caractère monarchique du régime), sa capacité d’action devient en revanche tout à fait secondaire en période de cohabitation. Traditionnellement, on considère qu’il ne conserve que ce que l’on appelle le « domaine réservé » qui recoupe la diplomatie et la défense. Mais si lors des trois périodes précédentes de cohabitation (1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002), les premiers ministres (respectivement Chirac, Balladur et Jospin) acceptèrent ce principe, c’est bien parce qu’ils refusaient d’ouvrir une crise de régime et qu’ils ont donc accepté plus ou moins de bonne volonté ledit principe. Ils auraient pu rendre la vie impossible au Président et déclencher de fait une crise ouverte. Ils s’y sont tous refusé.

Pourquoi dis-je cela ? Eh bien parce que la constitution fait du Président de la République le « chef des armées » (article 15) mais fait du Premier ministre le « responsable de la défense nationale » (article 21) et que c’est le gouvernement, on l’a déjà dit plus haut, qui « détermine et conduit la politique de la nation » mais qu’en outre c’est encore « le gouvernement » qui « dispose de l’administration et de la force armée » (article 20). Ces éléments textuels de la constitution sont donc tout à fait antagonistes et susceptibles de voir les deux têtes de l’Exécutif s’opposer frontalement. Relisez ces dispositions constitutionnelles : le Président est le chef des armées et préside les conseils et comités supérieurs de la défense nationale mais le Gouvernement dispose de l’administration (donc de l’appareil diplomatique) et de la force armée (donc de l’armée). Et c’est le Gouvernement qui détermine et conduit la politique de la nation or la défense et la diplomatie relèvent bien, évidemment, de la politique de la nation. Donc si le Président est le chef des armées et préside les organes délibératifs de la défense nationale, on peut aussi considérer qu’il est quelque peu lié à la politique de la nation définie en matière de diplomatie et de défense par le gouvernement…

Par ailleurs, le Président est l’autorité constitutionnelle qui « accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères » tandis que « les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui » (article 14). Pour autant, il ne s’agit que d’autoriser des personnes à exercer une fonction, pas de décider du fond qui relève du gouvernement.

Si le Président dispose de pouvoirs propres (nomination du Premier ministre, droit de dissolution de l’Assemblée Nationale, droit d’organiser un référendum sur certains sujets), ceux-ci n’ont pas non plus d’effet direct quant au fond de ce qui est décidé. En effet, si le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation et que le Premier ministre « dirige » l’action du gouvernement, le Président lui « assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et assure la continuité de l’État » ce qui donne forcément lieu à interprétation quant aux modalités concrètes de mise en œuvre de ce principe. Rien n’est dit par le texte. Il en est de même lorsque la constitution dispose que le Président « est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. »

Tous ces éléments constitutionnels disent bien que le Président n’est pas du tout le chef. D’ailleurs, de 1958, date de la mise en œuvre de la constitution, à 1962, date à laquelle fut adopté le nouveau mode d’élection du Président de la République, seule la personnalité exceptionnelle de De Gaulle lui donnait le pouvoir suprême qui était le sien. Sa légitimité politique, juridique, était faible comparé à celle des députés élus au suffrage universel. C’est bien l’élection du Président de la République au suffrage universel qui a changé fondamentalement la donne puisque le Président était désormais soutenu par des millions de Français tandis que les députés l’étaient au mieux par quelques dizaines de milliers de Français. Ce mode d’élection du Président conduisit à ce que les candidats défendent un projet politique qui ensuite constituait en quelque sorte la trame, le cadre de la politique qui allait être mise en œuvre par les gouvernements du Président élu. L’élection législative perdait son rôle majeur pour n’être plus qu’une occasion de confirmer le choix fait lors de la présidentielle.

Le passage au quinquennat et l’inversion du calendrier électoral en 2002 (la présidentielle étant organisée avant les législatives) accentuèrent encore la présidentialisation du régime.

Donc, arrivés à ce point de ce billet, vous avez compris qu’un Premier ministre de cohabitation pourrait fort bien s’opposer frontalement au Président de la République jusqu’à déclencher une crise ouverte.

Le Président de la République, parmi ses pouvoirs propres, détient celui de promulguer les lois. Les interprétations varient à ce sujet. Certains considèrent que la disposition constitutionnelle impose au Président de la République de promulguer les lois votées par le Parlement (dans les 15 jours dit le texte de l’article 10) ne laissant au Président que la possibilité prévue par l’alinéa 2 de l’article 10, à savoir demander une seconde délibération de la loi (c’est-à-dire de remettre le texte en discussion au Parlement). D’autres considèrent que le Président ayant le pouvoir de promulguer les lois, il a aussi celui de refuser cette promulgation. Mais il faut avouer que cette interprétation-là est très contestée. En tout cas, si ce cas se présentait un jour, il ouvrirait de fait une confrontation majeure entre d’un côté le Président et de l’autre le gouvernement et la majorité à l’Assemblée.

Rappelons que ce refus de promulgation ne s’est presque jamais produit. Seul le président Mitterrand usa de ce « droit » lors du 1er gouvernement de cohabitation avec Chirac (1986-1988) à propos de certaines ordonnances.

Pour résumer, si, au terme des élections législatives à venir, le Président de la République élu le 7 mai n’obtient pas une majorité à l’Assemblée Nationale, il ne pourra que désigner un Premier ministre issu de la majorité sortie des urnes. Il y aura donc, d’entrée de jeu, un gouvernement de cohabitation. Ceci ne s’est jamais produit à ce jour. Chaque fois qu’il y eut cohabitation, c’est après l’exercice d’un mandat présidentiel : en 1986, ce fut après 5 ans de présidence Mitterrand ; de même en 1993 après 5 ans d’exercice de présidence Mitterrand ; et en 1997 ce fut après deux ans d’exercice de présidence Chirac. S’il n’y eut pas 5 ans cette fois-là, c’est que Chirac élu en 1995 conserva l’Assemblée qui avait été élue en 1993, et qu’il anticipa d’un an, via la dissolution de 1997, le terme du mandat de cette Assemblée. Jamais une assemblée élue directement après l’élection présidentielle ne conduisit à une cohabitation. En revanche, en 1988, après la réélection de Mitterrand, celui-ci dissout l’Assemblée élue en 1986 puisqu’elle ne lui était pas favorable et il obtint une majorité… toute relative, ce qui conduisit le Premier ministre d’alors, Michel Rocard, à faire un usage répété de l’article 49-3. Car déjà, la majorité comprenait bien des « frondeurs » que l’Exécutif dut contraindre à rentrer dans le rang.

Mais en 2017, au regard des circonstances politiques du moment, ce type d’hypothèse – que le Président élu n’obtienne pas de majorité à l’Assemblée Nationale – est tout à fait envisageable car la France est désormais non pas coupée en deux mais divisée entre quatre forces politiques à peu près égales, autour de 20%.

La « force » politique représentée par Macron, outre son assise populaire constatée lors de ce premier tour, ne repose que sur les soutiens qui lui sont venus de personnalités du PS, du centre ou de la droite. Et il est évident que ces personnalités-là ne vont toujours être en phase les unes avec les autres. Le PS va tenter sans aucun doute de « tenir » Macron mais qu’ils y parviennent n’est pas certain, pour user d’un euphémisme…

En outre, il y a fort à parier que le PS en tant que parti va disparaître. Parce que les 6% de Hamon ne peuvent constituer un socle de résistance à la volonté évidente des « macroniens » de faire table rase de ce parti et de construire autre chose. Et je perçois que ce que ces gens ont en tête, c’est une « grande coalition » à la française. On y est presque !

Du côté de la droite, il va y avoir de violents règlements de comptes et le « nouveau » parti « Les Républicains » n’y survivra sans doute pas. Entre ceux qui voudront à tout prix jouer le jeu de Macron, et ceux qui s’y refuseront absolument, sans compter les explications de gravure suite aux affaires qui ont handicapé le candidat de la droite, je crois bien que le parti de la droite va exploser lui aussi.

Une des conséquences de ce premier tour de l’élection présidentielle 2017 sera donc la fin des deux forces politiques qui ont occupé le devant de la scène depuis des décennies. D’une certaine façon, les électeurs ont pratiqué le dégagisme ! Après Sarkozy et Hollande, Juppé et Valls, c’est au tour du PS et de Fillon de voir leur tête rouler dans le panier…

Du côté de Le Pen, vu qu’elle était donnée bien plus haut qu’elle n’est aujourd’hui, on peut dire qu’elle s’est effritée. Mais elle est néanmoins toujours là et tellement présente qu’elle a, de nouveau, dépassé dans les urnes, notre propre mouvement. Il faut donc considérer, me semble-t-il, que c’est une force bien établie en France, certes qui fluctue mais reste toujours à un point très haut. On doit traiter ce problème autrement qu’en répétant en boucle des anathèmes sur le fascisme de Marine Le Pen et de son parti. Cela fait bien longtemps que ça ne porte plus.

Je suis de ceux qui pensent que ce n’est pas par racisme que plus de sept millions de Français ont, une nouvelle fois, soutenu Le Pen. Mais parce qu’ils ont le sentiment qu’elle porte une volonté de défense de la France, de la nation française, de son indépendance. Tout cela est le résultat de l’abandon par la « gauche » depuis longtemps de certains combats. Mélenchon, depuis sa déclaration de candidature, a fait un énorme travail de reconquête idéologique et le résultat qu’il a obtenu atteste qu’il a été largement entendu. Ce sont trois millions de voix supplémentaires que nous avons obtenues par rapport à 2012. On n’est pas loin d’avoir doublé notre score antérieur. Nous sommes mortifiés d’avoir échoué à arriver en 2ème place mais la base est là et elle est solide. Après 2012, on nous avait promis que jamais on ne retrouverait nos quatre millions d’électeurs. Et de fait, nous les avons non seulement retrouvés mais on en a gagné des millions d’autres. Sans doute que quelques jours de campagne de plus nous auraient fait passer la barrière. Alors ne nous morfondons pas. Oui nous avons perdu une bataille comme dirait l’autre mais nous n’avons pas encore perdu la guerre. Et nous sommes mêmes dans une position bien plus enviable aujourd’hui que nous l’étions en avril 2012. Nous devons donc rester engagés, mobilisés, rassemblés et continuer le combat sans rien lâcher.

Je reviens à la question des Législatives. Les résultats d’hier prouvent que nous sommes en situation de gagner beaucoup de député-e-s en juin. Parce que les élections législatives ne sont pas soumises aux mêmes règles qu’une élection présidentielle. Contrairement à une présidentielle où seuls les deux candidats arrivés en tête au 1er tour sont admis au 2nd, à une législative, ce sont tous les candidats ayant obtenu 12,5% des inscrits qui le sont. Et il y a donc une garantie, au regard des scores obtenus par Mélenchon dans des dizaines de circonscriptions, que nous ayons des candidats en lice au second tour des législatives et pas mal d’entre eux en situation d’être élus.

Nous devons tout faire pour que le nombre des Insoumis élus en juin soit le plus important possible. Il ne s’agit pas de « prendre des places », mais de représenter notre peuple dans l’Assemblée Nationale. Il s’agit d’être dans la place si j’ose dire pour connaître de l’intérieur ce qui sera débattu et pour pouvoir chaque fois prendre le peuple à témoin et organiser non seulement la résistance bien sûr, mais bien plus que cela, la contre-offensive !

Comme je le rappelais plus haut, la France est désormais divisée en quatre forces. En moyenne, cela nous met à 20% mais dans le détail, nous sommes parfois bien plus haut que cela. Donc il y a beaucoup de territoires où nous sommes en situation de peser très lourdement, voire de l’emporter dès juin. Et puis il y aura d’autres élections dans les prochaines années où nous pourrons être élus à la tête de villes, de départements ou de régions, non pas via des alliances pourries avec des partis, mais par nous-mêmes !

Quatre forces à plus ou moins 20% en moyenne, cela signifie que l’on ne peut prévoir aujourd’hui qui obtiendra une majorité en juin. On peut même penser, très sérieusement, qu’aucune force n’obtiendra de majorité absolue (289 sièges sur 577). La force qui arrivera en tête n’aura donc qu’une majorité relative, c’est-à-dire qu’elle sera la première mais qu’à elle seule, elle n’aura pas le nombre requis de députés pour faire adopter les lois. Il faudra donc qu’elle s’entende avec d’autres. C’est la raison pour laquelle les « Républicains » se mettent déjà en ordre de marche pour les législatives. Certains vont faire la grande coalition, d’autres se placer en situation de défier Macron (Cf les propos de Laurent Wauquiez et de Nathalie Kosciusko-Morizet).

Le Pen aura un groupe de députés plus important qu’aujourd’hui mais sans doute bien plus faible que ce que les 21% obtenus par Marine Le Pen hier laissent présager. S’il y avait un scrutin proportionnel, le FN pourrait espérer peu ou prou une centaine de députés mais avec un scrutin majoritaire à deux tours, il ne peut en espérer que bien peu sur son seul nom. Si le FN s’allie avec une partie de la droite, en revanche, les choses seront très différentes, sauf qu’une telle alliance très à droite renforcerait le camp Macron qui se verrait rejoint en masse par les centristes et une partie de la droite (la tendance Juppé en quelque sorte).

On ne peut imaginer un groupe important de députés FN parce que les candidats du FN n’ont pas grand chose à voir avec leur leader. Le plus souvent, ce sont des caricatures, pour rester gentil… Et la garantie de voir des triangulaires (3 candidats en lice au second tour des Législatives de juin), voire des quadrangulaires (4 candidats en lice) empêchera une marée FN à l’Assemblée.

Quant à « En Marche », je suis impatient de voir comment ce mouvement va pouvoir confirmer aux Législatives ce qu’il a obtenu avec le personnage de Macron à ce premier tour. Je suis certain que personne n’ignore chez eux les faiblesses qui sont les leurs, l’absence de notoriété de leurs candidats et le rôle dominant des caciques du PS.

Macron Président n’aura pas de majorité sauf à organiser aux Législatives cette grande coalition à laquelle tant aspirent. Mais s’il fait cela, il montrera à tous qu’il n’est que l’arme du système. Cette évidence semble ne pas encore avoir été détectée par des millions de Français. Vu qu’à ce premier tour, il y avait en concurrence contre Macron, trois candidat sérieux (Fillon, Le Pen, Mélenchon) certains ont été mystifiés. Mais si, comme je le pense, aux Législatives, Macron organise cette grande coalition, cela nous donnera, à nous la France insoumise, beaucoup de grain à moudre.

Il ne faut donc pas sourire tant que ça à l’hypothèse a priori saugrenue de voir la France insoumise progresser encore aux Législatives et surgir en tête de ces prochaines élections. Et si cela advenait, cela signifierait que le Président Macron devrait désigner un Premier ministre de chez nous ou dissoudre l’Assemblée venant d’être élue… Dans les deux cas, la crise de régime serait alors ouverte pour de bon.

Parce que de toute façon, même si la France insoumise était en tête des Législatives, elle n’aurait pas de majorité absolue à elle seule. Et elle serait donc obligée de compter sur le soutien de députés concurrents pour faire adopter son projet, éventualité totalement fantaisiste. En revanche, notre majorité relative se verrait inévitablement confrontée à une majorité absolue d’hostilité. Car tous les autres, bien qu’adversaires les uns par rapport aux autres, seraient évidemment d’accord entre eux pour s’opposer à nous et donc bloquer notre action.

Dans tous les cas, la France va devenir ingouvernable. Elle vient donc d’entrer dans une période où la crise de régime ne peut qu’éclater à bref délai. Et je fais le lien avec ce que je disais au tout début de ce billet, nous devons donc être prêts. Mélenchon, son équipe et nous-mêmes étions prêts hier. Nous le sommes donc aujourd’hui. Nous devons l’être demain. Cela suppose à mon sens une condition absolue : ne pas nous démobiliser, ne pas nous disperser. Chacun de nous fera ce qu’il veut le 7 mai. Ce n’est pas de cela dont je parle. Ce que j’évoque ici, c’est la survie de notre mouvement la France insoumise. Les presque 450 000 signataires sur jlm2017.fr et les plus de sept millions d’électeurs doivent rester rassemblés et mobilisés pour la nouvelle phase qui s’ouvre.

Comme l’a dit Mélenchon hier soir, nous sommes le matin neuf qui se lève !

On a tous pris un sérieux coup sur la tronche. Mais on est là ! Nous sommes vivants. Nous sommes lucides. Nous ne sommes ni couchés, ni vaincus. Le système médiatique et constitutionnel nous a empêchés cette fois de l’emporter mais ledit système, au-delà de la jubilation qui doit être la sienne d’avoir réussi son pari, n’ignore pas quelle est notre force collective depuis hier. Et pour filer la métaphore sismologique, la caste oligarchique n’ignore pas que la terre a fortement tremblé sous ses pieds, et que les répliques du séisme ressenti hier ne vont pas cesser, et que leur intensité ne va pas décroître. Le magma est remonté très haut dans la cheminée. L’explosion n’a pas encore eu lieu. La roche a résisté malgré la chaleur intense à laquelle elle est confrontée. Elle n’a pas cédé. Elle s’est seulement ramollie mais précisément, cela signifie que les nouveaux degrés qui seront atteints dans les prochaines semaines auront inéluctablement l’effet escompté.

Aujourd’hui n’est pas encore à nous mais demain ne peut manquer de l’être !

Note

[1] En octobre 1962, l’Assemblée Nationale a renversé le gouvernement Pompidou qui avait proposé la révision de la constitution pour que le Président de la République soit désormais élu au suffrage universel direct et non plus par un collège électoral de grands élus, disposition choisie en 1958. Cette réforme fut adoptée in fine par référendum organisé par le Président De Gaulle via l’article 11 de la constitution

 

Benoît Hamon, la « gauche » et nous – Par Simon Férelloc le 09/04/2017

Ce billet est accessible ici sur le blog de Simon Férelloc.

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BH

Dans ONPC, le candidat socialiste Benoît Hamon explique qu’il appellera à voter Jean-Luc Mélenchon s’il n’est pas au second tour. Cette phrase du vainqueur de la primaire du PS est vraiment un atout de poids pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon car en la prononçant, Hamon vient de reconnaître implicitement 3 choses :

La première est que même lui estime qu’il n’a plus aucune chance de se qualifier pour le second tour. Ce faisant, il porte un rude coup à ses camarades socialistes habitués à miser sur le chantage du « vote utile » pour empêcher l’avènement d’une vraie gauche de rupture. La seconde est qu’il considère lui aussi, la qualification de Mélenchon possible pour le second tour. Ce qui a pour effet de crédibiliser un peu plus cette hypothèse. La troisième est qu’il entérine la primauté de Jean-Luc Mélenchon, et surtout de la France Insoumise « à gauche ». Ce qui nous permet de nous affirmer très clairement comme une force politique bien plus puissante désormais que le PS moribond.

Ce passage de Benoît Hamon dans ONPC est donc une véritable aubaine pour nous les insoumis. Cependant, il faut à tour prix éviter de retomber dans le piège du clivage gauche-droite dans lequel ce genre d’interview pourraient nous remettre.

Il faut continuer à clamer haut et fort que nous sommes bien au dessus de ça et que nous n’aspirons non pas à rassembler une pseudo-gauche dans laquelle il faudrait trier qui a voté quoi lors du quinquennat. Bien au contraire, nous voulons fédérer le peuple français, y compris ceux qui ne s’identifient pas spontanément à la « gauche » autour d’un programme basé sur la transition globale vers une société où la première règle serait celle de l’intérêt général humain !

Nous voulons rassembler les français avec la mise en place d’une 6ème République dans laquelle les citoyens auront davantage de contrôle sur leurs représentants et pourront vraiment participer à la vie politique !

Nous voulons rassembler les français autour de la planification écologique, pour dire qu’enfin nous ne prendrons plus jamais davantage à la nature que ce qu’elle peut produire !

Nous voulons rassembler les français avec le partage des richesses pour répartir celles-ci entre tous ceux qui les produisent !

Nous voulons rassembler les français pour retrouver notre souveraineté populaire en sortant des traités européens avec les plans A (négociation) et B (retrait progressif de l’UE) !

Nous voulons rassembler les français autour d’un objectif planétaire commun : la paix dans le monde et la souveraineté des peuples, en sortant de l’OTAN et en renforçant le rôle de l’ONU !

Nous voulons rassembler les français pour engager le progrès social et réaliser de grands projets innovants créateurs d’emplois et aux frontières de l’humanité !

Et si Jean-Luc Mélenchon est élu le 7 mai prochain, alors j’espère vraiment que toutes les bonnes volontés seront les bienvenues pour construire l’Avenir en Commun ! #JLM2017 👊👊

 

Pourquoi Mélenchon a toutes ses chances de gagner l’élection présidentielle ? Par Filip Mediapart le 21/03/2017

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On entend régulièrement des voix, peu importe leur camp politique, s’exclamer de l’impossibilité du candidat de la France Insoumise de remporter l’élection présidentielle. La tendance est au défaitisme, au déclinisme. Pourtant, bon nombre de camarades, citoyens et moi-même sommes dans une logique victorieuse car nous croyons cette campagne unique en son genre, oui, victorieuse.

La « sondocratie » a prouvé qu’elle perdait de son influence sur le choix de vote des électeurs, en témoigne le vote américain aussi bien pour Trump que pour Bernie Sanders, ou encore la primaire de la droite ou du PS dans notre pays. Des résultats totalement contraires aux « prévisions » des instituts de sondages bienveillants montrent enfin les limites d’un système qui ne sait plus comment se préserver de la colère populaire qui semble se déchaîner crescendo contre lui.

Dans cette perspective, contrairement à l’idée communément admise par la plupart des médias ou voir même par certains intellectuels progressistes, il est possible d’admettre que le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon est tout à fait capable d’être en mesure de se qualifier pour le second tour et remporter l’élection présidentielle.

Alors avant de développer, je précise ici la prudence avec laquelle j’écris ces lignes puisque nous sommes dans une campagne électorale extrêmement changeante et instable. Je dirais même que comme prévu, rien ne s’est passé et rien ne se passera comme prévu. Qui aurait pu prédire la situation dans laquelle on est il y a de cela un an ? Personne.

Ou alors qu’on me montre celui qui avait fait un pronostic avec Fillon vainqueur de la primaire de la droite (empêtré dans des scandales jusqu’au cou), Macron candidat hors-parti (soutenu par des protagonistes de la droite comme du PS), Hamon vainqueur de la primaire du PS avec Jadot de EELV qui se désiste pour lui en échange de sièges, et Le Pen qui n’a pas une si grande dynamique que ça derrière elle (sauf dans les médias) puisque elle aussi a des problèmes avec la justice et fait une campagne assez molle. (Attention : je sais pertinemment que Le Pen a un potentiel électoral très fort et que son niveau électoral est légitimement inquiétant, je ne le nie pas, mais sa campagne ce n’est pas la folie attendue, je m’en explique plus loin)

I. L’imposture d’une alliance gagnante à gauche qui n’est en vérité qu’une alliance perdante

L’atmosphère qui règne majoritairement dans le paysage mediatico-politique aujourd’hui est celui d’une défaite quasiment certaine de « la gauche » le 23 avril prochain. C’est vrai, pourquoi faire campagne si l’on est assuré de notre défaite ? Je me le demande bien. Après tout, ce ne sont pas les 10 milliardaires possédant 90% des médias dans ce pays qui vont tout faire pour encourager le progressisme afin qu’il arrive au pouvoir.

Alors quelle est la raison de cette défaite selon eux ? La division. Mon dieu, la division ! Si Mélenchon et Hamon ne s’allient pas (même si leur programme ne sont pas compatibles sur la question fondamentale de la construction européenne, et d’autres aspects encore), la gauche va perdre à coup sûr. Et c’est malheureusement un discours que l’on retrouve également chez bon nombre de responsables politiques de gauche allant du PS au PCF. Pourquoi cette théorie de la « division destructrice » n’est-elle en réalité que son contraire, la « cohérence fédératrice »?

Ce que je nomme « cohérence fédératrice » est le moteur de la campagne de la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Ce qui fait de cette campagne, une campagne unique et porteuse d’espoir, c’est sa cohérence.

Le programme de la France Insoumise est un programme qui ne s’adresse pas qu’aux gens « de gauche » mais à l’ensemble de la population de ce pays. Il en appelle à la raison de chacun, par-delà le clivage idéologique classique. Peut-on continuer avec le nucléaire ? avec la 5ème République ? le changement climatique ? etc. etc. Le programme pose des questions rationnelles et y répond de façon rationnelle, c’est ce qui donne cette cohérence à la campagne. Peut-on rester sur le modèle européen actuel pour répondre aux urgences écologiques, sociales et démocratiques ? Non. Que doit-on faire ? Renégocier les traités pour permettre de répondre à ces urgences.

Je ne prends pas cet exemple au hasard puisque justement la question européenne est le sujet FONDAMENTAL de la discorde entre Hamon et Mélenchon. L’un pense pouvoir faire quelque chose avec l’Europe actuelle (comme Hollande et on a vu ce que ça a donné), l’autre pense le contraire et souhaite en changer. Je respecte le point de vue de M. Hamon mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est juste un détail du programme, non ! L’Avenir en Commun n’est pas réalisable sans revenir sur la construction européenne. Point final.

Alors que doit-on faire ? 130 000 personnes étaient réunies pour la 6ème République samedi dernier, presque 300 000 personnes appuient la candidature de Jean-Luc Mélenchon, des millions d’autres sont prêts à voter pour celui-ci, et tous sont convaincus par cette cohérence. Le programme a fédéré et fédère encore énormément de monde autour de problématiques et de solutions rationnelles. Donc voici que M. Hamon a gagné la primaire du PS (dont les réels résultats sont encore attendus à ce jour) et que nous devons absolument nous allier avec lui sous peine…de mourir et de laisser champ libre à l’extrême-droite. S’allier avec M. Hamon fera peut-être plaisir aux quelques électeurs socialistes qui restent dans ce pays, mais enlèvera toute cette cohérence programmatique autour de laquelle des millions de personnes (dont des électeurs socialistes déçus) se sont retrouvés jusqu’à aujourd’hui. Mélenchon, l’insoumis qui veut réellement changer les choses se retrouve allié à Hamon, l’ancien ministre de Hollande qui veut abroger la loi El Kohmri avec…Myriam El Kohmri comme députée ! Non ce n’est pas sérieux. Les gens ne sont plus dupes, quiconque est, ne serait-ce qu’un peu sur le terrain, constatera que le mot d’ordre général c’est : « Plus jamais PS ! »

Enfin bon, tout ça se résume en une phrase. Aucun candidat n’est propriétaire de son électorat et une élection ne marche donc pas en additionnant deux pourcentages du genre « 15%+15%=30%, génial on a gagné les élections ! »

Tout ça n’est pas sérieux et on le sait. Je finis sur cette alliance miraculeuse sans parler de Jadot qui s’est désisté pour Hamon en échange de sièges par-ci par-là. Bizarre que personne ne leur demande quels ont été les accords effectués sur le programme…

II. Un ras-le-bol général de la caste représentée par Fillon et Macron (et Hamon, héritier de Hollande bien sûr)

Bien, maintenant que nous sommes débarrassés de cette question de « l’alliance de gauche » qui est pour moi tranchée catégoriquement, voyons dans quelle ambiance politique se trouvent nos concitoyens.

Nous sommes aujourd’hui dans une ère politique que beaucoup d’entre nous s’accordent à qualifier de « dégagiste », c’est-à-dire qu’il y a un mouvement populaire très fort qui ne se nomme pas lui-même et qui consiste à vouloir faire dégager tous ceux qui sont responsables de la situation actuelle et qui ont tous gouverné pendant des années sans rien changer et même en empirant les choses. De Sarkozy à Hollande, tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la mascarade du « changement » dans ces deux gouvernements respectifs sont disqualifiés aux yeux du plus grand nombre. Il ne faut pas avoir peur de les citer :

– Emmanuel Macron, ministre de l’économie sous Hollande, ex-banquier chez Rothschild qui a sous-évalué son patrimoine, auteur de la Loi Macron et défenseur de la loi El Kohmri

– Benoît Hamon, ministre de Hollande pendant plus d’un an, n’a pas voté contre les budgets d’austérité, a déclaré qu’il « assure à Hollande le flanc gauche [du PS] qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon »

– François Fillon, premier ministre sous l’ère Sarkozy, dont je passe les détails que vous connaissez déjà

Pour ce qui est de Benoît Hamon et François Fillon, je n’ai pas à revenir dessus. En revanche j’y vais peut-être un peu fort en déclarant que Macron est disqualifié c’est vrai. Les sondages n’étant pas fiables, nul ne sait si les gens tomberont dans le panneau du candidat « en marche ». Beaucoup ne seront pas dupes j’en suis persuadé, espérons-le…

III. Une Le Pen qui fait une campagne molle et qui permet à certains de se tourner vers nous plutôt qu’elle

Le troisième et dernier point sur lequel je vais venir va peut-être en étonner certains mais je trouve que l’on n’attire pas assez l’attention sur celle qui est unanimement déclarée qualifiée d’office pour le second tour. Madame Le Pen.

Je le répète encore une fois, le FN n’a jamais été aussi haut électoralement, jamais aussi proche du pouvoir, je veux le préciser et qu’on ne vienne pas dire que je sous-estime la menace, j’en suis conscient. Pourtant je constate que la campagne électorale frontiste n’est pas très dynamique. On le constate d’abord dans les meetings, qui ne font pas très sensation, le dernier ayant réuni 3000 personnes. Mais je ne vais pas accentuer ce point puisque l’on sait que l’électorat frontiste est un électorat qui n’aime pas à se montrer et se cache, j’en suis d’accord. Mais on constate cette faible dynamique sur les réseaux sociaux avant tout, haut lieu de l’anonymat qui permet aux électeurs favorables à Le Pen de se montrer sans gêne.

La campagne de la France Insoumise a incontestablement surclassé celle du FN ce qui est nouveau dans le paysage numérique. Tandis que Philippot et Le Pen se ridiculisent eux-mêmes sur leur chaîne YouTube, Jean-Luc Mélenchon fait un carton incontestable sur Facebook, Twitter et YouTube avec des vidéos pouvant atteindre plusieurs millions de vues. Un bon nombre de jeunes ou moins jeunes considérant jusqu’ici le FN comme le seul parti soi-disant antisystème se rendent compte de la supercherie et découvrent une autre véritable force antisystème qu’est la France Insoumise avec Jean-Luc Mélenchon.

Je vois deux raisons à cette campagne que je qualifie de « molle » du Front National. La première étant le sentiment chez eux qu’ils ont gagné d’avance et que leur victoire est assurée, en témoignent les médias qui relaient leurs sujets et thématiques en quasi-permanence. La seconde étant évidemment le profil bas de certains alors que des affaires judiciaires éclaboussent également le Front National. Alors quoi que l’on puisse penser, force est de constater que le FN ne domine pas partout et cela aussi joue en notre faveur.

En résumé, la cohérence fédératrice, la vague « dégagiste » et la supercherie en partie démasquée du FN me semblent un climat politique plus que favorable à l’élection du dernier président de la Vème République. Quoi que l’on pense de cette analyse, le mot d’ordre de la fin de cet article est clair :

AUX URNES CITOYENS !