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Bientôt les « boys » de retour sur le sol français ?

Le Président de la République, François Hollande, s’apprête à autoriser les légions de l’Empire états-unien à revenir s’installer dans des bases militaires sur le sol de la République française alors que le général De Gaulle les en avait éjectées en 1966, dans une décision courageuse et géniale qui était en quelque sorte une déclaration d’indépendance.

De l’extrême gauche à la droite “gaulliste” en passant par presque toutes les nuances de la gauche et de la droite, nous savons à quel point les États-Unis sont un empire malfaisant, fauteur de guerres ouvertes et larvées au seul bénéfice de leur caste oligarchique et ce depuis plus de 200 ans qu’ils existent.

L’opinion du peuple français est très largement hostile à cette puissance belliciste. C’est pourquoi la décision de 1966 ne provoqua d’émoi que dans les sphères atlantistes, c’est-à-dire dans ces allées du pouvoir qui n’avaient pas été entièrement épurées après l’épisode de Vichy.

Cette puissance souvent ouvertement malfaisante est aussi, en coulisse, via sa CIA et la galaxie de l’État profond, l’organisateur, le facilitateur et le logisticien de centaines, voire de milliers, de coups d’État et d’assassinats de dirigeants dans le monde entier depuis au moins 70 ans !

Les guerres menées par les États-Unis, depuis les génocidaires “guerres indiennes”, ont causé la mort de dizaines, voire de centaines de millions de personnes depuis que cet État voyou et terroriste existe sur la scène mondiale.

En outre, l’alliance de poids et de longue date entre les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite pour ne citer que ces deux alliés-là, font que ces trois puissances menacent en permanence la paix du monde. Mais ces menaces ne sont pas que des menaces puisque depuis des décennies, la guerre est permanente avec des conflits ouverts en tel ou tel endroit du monde.

De Gaulle savait pourquoi il avait exigé le départ des forces armées américaines de notre sol et le retrait simultané de la France du commandement intégré de l’OTAN. En faisant cela et en ayant doté notre pays d’une force de dissuasion nucléaire autonome, il nous a protégés de toute agression venue de l’Empire, comme il nous a protégés de toute vassalisation. Mais après son départ, dès Pompidou, la politique diplomatique française a recommencé à s’assouplir vis-à-vis des États-Unis et à être beaucoup plus accommodante avec les caprices et les folies guerrières et impériales des État-Unis.

Chirac sut maintenir, pendant sa présidence de 12 ans, une certaine flamme française autonome comme en témoignent deux décisions très mal vécues par les dirigeants états-uniens:

1/ d’une part le refus que Chirac (alors Premier ministre de la première cohabitation) a opposé au Président Reagan en 1986 quand le Président des États-Unis a demandé à la France de pouvoir survoler notre territoire à l’occasion de l’expédition punitive contre la Libye de Kadhafi.

2/ d’autre part, bien sûr, le refus de soutenir la guerre en Irak de Bush fils et le combat diplomatique que la France mena alors pour convaincre nombre de pays, notamment d’Afrique, de refuser de voter à l’ONU la résolution présentée par les États-Unis. On se souvient de la grandeur de notre pays incarné alors par le ministre des Affaires étrangères du moment, Dominique de Villepin.

Pendant ces années où la France disait “Non” aux États-Unis, toute une série de leaders défilaient à l’ambassade des États-Unis à Paris pour dire tout leur mépris de “l’arrogance française” et leur soutien aux positions des États-Unis. Parmi ces gens, il y en avait qui étaient dans des fonctions de pouvoir et cela fait que leurs actes sont donc constitutifs du crime de haute trahison (certes opportunément supprimé de la constitution française par Sarkozy devenu Président de la République en 2007). Lui, justement, fut de ces traîtres à la “patrie républicaine des Français” pour reprendre une expression chère à Jean-Luc Mélenchon. Mais il était un parmi beaucoup, beaucoup d’autres. Ces Atlantistes et ces traîtres pullulaient par exemple au P.S. Un certain Pierre Moscovici en fut avec pas mal d’autres “socialistes”…

Cette flamme française qui brûlait indépendamment des volontés impériales et guerrières états-uniennes, c’est Sarkozy devenu Président qui l’a éteinte.

Et c’est Hollande qui, après avoir fait, à son tour, acte de subordination dès le lendemain de son élection à la Présidence de la République française (on se souvient avec rage et dégoût de son voyage à Washington pour le sommet de l’OTAN), est sur le point d’effacer totalement l’indépendance française, déjà largement entamée tant sont nombreuses et béantes les entailles à notre souveraineté.

Quand on examine aujourd’hui la situation globale, avec ce que nous fait déjà subir l’Union européenne, et avec la menace de plus en plus proche de vivre l’immense régression qu’engendreront le TAFTA et les autres traités du même ordre en cours de discussion, si en plus les forces armées de l’Empire malfaisant reviennent durablement sur le sol français, cette fois, nous serons devenus pour de bon un simple dominion qui n’aura même plus les pouvoirs d’un État fédéré des États-Unis.

Là franchement je commence à avoir la trouille !

C’est le peuple français tout entier – et pas seulement une fraction, un parti ou un clan politique – qui va devoir se lever pour de bon ! L’heure est gravissime !

Il va vraiment falloir refonder un nouveau CONSEIL DE LA RÉSISTANCE ET DE LA RECONQUÊTE !

Post-scriptum: Nous sommes le peuple souverain et seul ce que nous avons adopté par référendum peut être valable. Tout ce que l’on nous impose depuis des années, fusse par des voies “légales”, sera, en son temps, déclaré comme “nul et non avenu” car ce que le peuple a décidé, seul le peuple peut décider de le défaire. Par exemple, bien que la constitution ait été expurgée du crime de “haute trahison”, comme le peuple français n’a pas eu à se prononcer sur ce point, il n’a pas autorisé cette suppression alors qu’en 1958 il avait très largement approuvé la constitution qui le prévoyait. Donc, nous considérons que cette disposition constitutionnelle d’ordre pénal vaut toujours. Je suis juriste et je n’ignore pas le principe fondamental de la légalité des délits et des peines selon lequel une personne ne peut être jugée et condamnée que pour un acte qui, au moment où il a été commis, était puni par la loi. Ce principe s’oppose donc, a priori, à la possibilité qu’aurait le peuple français de juger et de punir un dirigeant pour crime de haute trahison pour des faits commis depuis que cette incrimination a disparu de la constitution. Sauf qu’aucun principe, fut-il fondamental, ne saurait contraindre le peuple. Lui seul est souverain et si le principe en question s’oppose à sa volonté, c’est le principe qui sera écarté ou à tout le moins refondé.

Que les dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain (jusqu’à ce que nous ayons repris entièrement notre pouvoir souverain) sachent que rien ne les mettra à l’abri de notre courroux et du fait qu’ils auront à rendre compte, indépendamment de tous les artifices juridiques qu’ils peuvent mettre en oeuvre pour se protéger.

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Sources documentaires

Article dans RT

Article dans Causeur

Article dans le Figaro

Article dans L’Humanité

Article du PRCF* sur Agoravox (PRCF : Pôle de Renaissance Communiste en France ; leur site ; leur page Facebook)

Article d’Hélène Nouaille sur le blog de Lucien Pons

Article du parti UPR (Union Populaire Républicaine)

Faire taire les armes israéliennes et gagner la paix

La Palestine est sous le feu d’Israël depuis deux semaines. Plus de mille morts et je ne sais combien de blessés sont déjà enregistrés au macabre décompte.

On manifeste mais cela, évidemment, ne change rien à la situation. Israël mène une guerre à outrance sachant qu’il ne risque rien, sinon quelques roquettes, lesquelles ne sont pas en situation de le menacer mais juste de lui donner une nouvelle raison de justifier sa guerre injustifiable. Vis-à-vis de ses voisins arabes, la puissance nucléaire d’Israël lui garantit l’inviolabilité. Et le soutien direct de la puissance américaine ajoute à son bénéfice la garantie d’impunité.

Israël est donc comme un serial killer en liberté, soutenu par les forces de l’ordre.

Les manifs ne stopperont pas Israël. Les sanctions économiques non plus. Israël ne s’arrêtera que le jour où il l’aura décidé. La Palestine est donc entre ses mains. Et aussi longtemps que les pays du monde détourneront le regard ou regarderont de loin, à peine gênés, aussi longtemps qu’ils se plaindront peut-être mais ne feront rien, Israël poursuivra sa politique de dévastation meurtrière.

Si le Parlement israélien renversait le gouvernement, les choses pourraient évoluer dans le bon sens mais rien ne semble indiquer pour l’instant que le gouvernement soit menacé.

Si le peuple d’Israël se levait en masse, sans doute que le gouvernement serait contraint de réévaluer sa politique belliqueuse mais le peuple d’Israël se fait attendre. Si quelques milliers osent manifester et défier ainsi courageusement leur gouvernement, on n’en est pas, loin de là, à la contestation massive.

Si l’ONU décidait d’agir vigoureusement, pas seulement en adoptant des résolutions puisqu’Israël les a toujours ignorées, mais en décidant de donner un ultimatum à Israël sous peine d’une mise en œuvre du chapitre 7 de la charte de l’ONU qui prévoit un droit de légitime défense pouvant passer par des moyens militaires, alors Israël n’aurait pas d’autre alternative que d’entendre la communauté internationale et d’obéir à ses ordres. Mais pour que cela existe, il faudrait, pour commencer, que le conseil de sécurité adopte une telle résolution et les États-Unis l’empêcheront.

Que peut-on donc faire ?

« Discuter » disent les pacifistes. Même avec un agresseur ? Et quand l’agresseur refuse de discuter ?

La situation étant ce qu’elle est, peut-être que les combats touchent à leur fin, faute de cibles à atteindre et de gens à tuer. Mais alors, quoi ? On pleure les morts, on se désole des destructions, on grogne un peu, on rappelle éventuellement son ambassadeur et on passe à autre chose ?

Non, désolé mais je ne peux accepter une telle ignominie, une telle incapacité à agir. Je suis adepte de paix et de concorde mais je n’accepte pas – je ne peux accepter – la loi du plus fort, la loi de l’oppresseur, la loi de l’assassin.

Je suis d’ordinaire épris de tolérance et de pardon mais on ne peut pas tolérer qu’un gouvernement cherche à annihiler un peuple, ni escompter que puissent être pardonnés ceux qui ne regrettent rien. Et évoquer cela, c’est dire aux victimes d’hier qu’on ne se soucie pas d’elles, à celles à venir qu’on ne fera rien pour elles, et à toutes même qu’on envisage, dès aujourd’hui, de ne demander aucun compte aux bourreaux.

Le gouvernement d’Israël – pas son peuple – est coupable aux yeux de l’humanité et doit être l’objet d’une vigoureuse action internationale. Dans un premier temps, l’urgence est de faire cesser l’agression militaire et seule une puissante menace du même ordre pourra dissuader Israël de poursuivre ses actes criminels de masse.

La France de Hollande ne fera rien et la plupart des pays occidentaux non plus. Mais parmi les pays non alignés sur Israël, il y a des puissances qui ont des moyens civils et militaires conséquents, capables de déployer bien des forces et de peser lourdement sur les choix d’Israël en lui faisant comprendre que s’il n’arrête pas immédiatement son agression, il expose son armée à des représailles foudroyantes.

L’ONU est l’organisation compétente pour régler les différends et son principe est le règlement pacifique des différends. Mais la charte de l’ONU reconnaît aussi à chaque État le droit souverain à la légitime défense. Le hic, c’est que la Palestine n’est pas un État souverain membre de l’ONU et ne peut donc, juridiquement parlant, bénéficier de ce droit. En fait, elle n’a que le droit de se taire, de souffrir, d’endurer, de mourir, de disparaître…

Mais les États membres de l’ONU, eux, ont le pouvoir souverain d’agir. Donc si, parmi les États qui ne tolèrent pas les actes du gouvernement d’Israël, plusieurs d’entre eux décidaient d’agir conjointement, Israël serait inéluctablement conduit à remettre en cause sa politique de guerre.

Une coalition constituée notamment par la Russie, la Chine, Cuba, le Brésil, le Chili, le Pérou, la Suède (pays dont j’ai vu qu’ils avaient fait part, à un degré ou à un autre de leur réprobation) mais aussi de beaucoup d’autres, serait de nature à changer les choses.

En 1956, la crise de Suez avait conduit les dirigeants soviétiques à menacer directement les agresseurs de l’Égypte (France, Royaume-Uni et Israël) d’envoyer des fusées atomiques sur leurs capitales et cela avait conduit à la fin immédiate (dans les heures suivantes) de l’expédition militaire anglo-franco-israélienne. Et les Américains n’étaient pas intervenus à leur rescousse car le président Eisenhower n’avait pas été tenu informé par ses alliés et avait très mal vécu d’avoir été ainsi tenu à l’écart, d’autant plus qu’il désapprouvait cette expédition militaire colonialiste et que les trois agresseurs le savaient.

Israël est puissant. On nous dit que c’est la 4ème armée du monde. Mais une coalition de plusieurs pays parmi lesquels ceux que j’ai cités ci-dessus le serait bien davantage encore. Et cette coalition aurait en outre pour elle le soutien d’une très large majorité des peuples du monde. Il ne s’agit pas d’entamer une guerre mondiale mais d’exercer une pression suffisamment crédible sur Israël pour qu’il cède.

Certains, je le sais par avance, vont désapprouver ce que je dis. Ils vont me faire passer pour un va-t-en guerre mais ceux qui me connaissent sauront que cela est très éloigné de ma philosophie.

La guerre est une saloperie absolue, indicible. Mais quand un peuple est ainsi massacré et qu’on laisse l’agresseur agir librement alors même que l’on a les moyens de le stopper, on soutient de fait cet agresseur.

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons » disait Martin LUTHER-KING qui disait aussi « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. »

« Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » disait pour sa part Albert EINSTEIN.

Et Desmond TUTU considérait lui que « Si tu es neutre en situation d’injustice, alors tu as choisi le côté de l’oppresseur ».

Je ne suis don pas neutre. Je désigne un agresseur et une victime et j’assume de recommander la manière forte pour désarmer l’agresseur.

Certains pourraient s’inquiéter qu’une telle action internationale, pouvant devenir une action de coercition militaire, soit de nature à déclencher une guerre mondiale opposant la dite coalition à une autre qui se formerait entre Israël et ses alliés occidentaux, parmi lesquels les États-Unis.

Je tiens à les rassurer. Certes, je ne peux préjuger des choix des États-Unis, dont les gouvernants sont souvent des princes jouant aux échecs avec la paix et la guerre, tandis qu’en coulisses s’agitent des monstres pour qui la vie des ennemis ou mêmes des alliés, quand ce n’est pas la vie de ses propres concitoyens, ne vaut rien. Mais les États-Unis ne sont, aux yeux de certains analystes, qu’un tigre de papier qui n’a jamais eu à se battre que contre bien plus faible que lui, et toujours au sein d’une coalition dans laquelle bien des alliés prenaient leur part importante du combat. Les États-Unis qui auraient à affronter une coalition mondiale s’étant constituée contre Israël ne se risqueraient sans doute pas à la guerre ouverte car ils savent que malgré leur apparente suprématie militaire, ils ne dominent que parce que aucune puissance de premier plan ne cherche vraiment à leur opposer une résistance. Or, nous avons appris de La Boétie – et, à mes yeux, cela s’applique aussi pour les États-Unis – que « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Par ailleurs le même La Boétie relevait, dans le Discours de la servitude volontaire,  qu’« un tyran n’a de pouvoir de nuire qu’autant que les hommes veulent bien l’endurer. »

Cette coalition mondiale en faveur de la Palestine pourrait donc stopper net Israël et nous devrions être des milliers, des millions même, à défendre une telle option. Vouloir la paix est un dessein des plus nobles mais la politique de conciliation entre un agresseur fou et une victime impuissante renforce l’agresseur. Il faut donc stopper cet agresseur. C’est la première urgence absolue.

Ensuite, évidemment, mais ensuite seulement, il faudra agir profondément et durablement pour gagner la paix. Et pour cela, il y a bien des choses à faire.

Gaza et la Cisjordanie ayant été partiellement réduites en cendres, son peuple manquant de tout, le monde devrait « adopter » les Palestiniens et leur apporter toute l’assistance nécessaire pour que la Palestine se relève, reconstruise ses villes, ses habitations, ses places, ses écoles, ses hôpitaux…

Il y a quelques dizaines d’années, des milliers de citoyens, souvent jeunes, venus du monde entier, étaient accourus en Israël pour aider ce pays et son peuple à créer une terre vivable et un pays développé alors que tout était à construire et ce, au milieu d’un désert. Ce fut l’épopée des kibboutz. Nous pourrions très bien, lancer au plan mondial une opération identique, cette fois au profit de la Palestine.

Les jeunes sont souvent très courageux et très dévoués aux causes humanitaires. Des milliers répondraient sans aucun doute à l’appel si une organisation était mise en place pour cela. Je ne doute pas que même des Juifs et des Israéliens y participeraient.

Dans les années 60, le président Kennedy avait lancé l’ « Alliance pour le progrès » qui avait l’objet de permettre à des jeunes Américains de consacrer quelques années de leur vie à une noble cause qui n’était pas d’ordre militaire mais civil et humanitaire.

L’Assemblée Générale de l’ONU pourrait lancer un tel appel mais il faudrait, bien évidemment, que de nombreux pays du monde s’engagent et mettent à disposition un certain nombre de moyens.

En conclusion, je mettrais donc en balance les deux exigences qu’impose la situation à mes yeux : d’une part, stopper immédiatement la guerre, par quelque moyen que ce soit ; d’autre part, gagner la paix, grâce à une combinaison d’actions d’ampleur internationale, initiées par les États ou par les citoyen-ne-s et les associations, en lien et avec le soutien des États et de l’ONU.

J’assume de dire que le gouvernement israélien doit être l’objet de menaces directes et vigoureuses destinées à faire taire ses armes sans délai et si les menaces ne suffisaient pas, j’assume de dire qu’il faudrait user des moyens de la contrainte militaire dans le cadre du chapitre 7 de la charte des Nations-Unies.

Mais cela n’est que l’indispensable réaction immédiate à l’agression perpétrée par Israël. Une fois les armes redevenues silencieuses, une fois les soldats d’Israël rentrés dans leurs bases, il faudra gagner la paix. Et cela passera par des actions à divers niveaux :

  • les chefs d’État et de gouvernement devront organiser les pourparlers nécessaires afin que la diplomatie reprenne vie entre les représentants des deux peuples.
  • Les ministres des différents États du monde devront faciliter – et le cas échéant coordonner – les actions innombrables qui seront entreprises pour reconstruire la Palestine et aider son peuple à développer tout ce qui sera de nature à lui offrir une vie normale : agriculture, économie, services…
  • Les associations qui agissent, d’une façon ou d’une autre, en soutien de la Palestine et de son peuple, pourraient être l’objet, de la part des gouvernements nationaux ou, à défaut, de la part de l’ONU elle-même, d’un soutien matériel, financier, juridique etc. Il est possible d’imaginer bien des innovations afin d’encourager les citoyen-ne-s à s’engager dans l’action humanitaire, au plan financier et fiscal mais pas seulement. Aujourd’hui, quand on travaille, on ne peut s’engager dans une association que pendant son temps libre, ce qui s’avère souvent très insuffisant. Un salarié ou un fonctionnaire qui voudrait s’engager à plein temps au service d’une association ne trouve aucune solution sinon celle, extrêmement rare, de devenir salarié de l’association. Les associations ne vivent que sur de rares subsides et leurs moyens sont très réduits. C’est le bénévolat qui leur permet d’exister et de survivre. Le dévouement des bénévoles est immense mais si l’État ou l’ONU apportait un soutien supplémentaire et massif aux associations oeuvrant au bénéfice de la Palestine, de la paix, du développement, la capacité d’action serait sans commune mesure avec celle qui caractérise les associations à l’heure actuelle. Et il n’y a pas que la question financière. Il y a aussi des questions juridiques mais souvent la question financière prédomine. Ne serait-ce que parce que, pour la plupart des gens, pouvoir vivre implique de disposer d’un salaire ou d’une rémunération. Quand on n’a pas une rente qui nous a été laissée par nos parents, on doit travailler pour vivre. Vous parlez d’une évidence ! Mais un salarié ou un fonctionnaire qui désirerait donner sa force de travail ou consacrer l’essentiel de son temps au bénéfice des autres dans une association, ne peut le faire que quelques heures par semaine ou doit attendre d’être à la retraite car sans rémunération, il ne peut plus vivre. Attribuer de nouveaux moyens conséquents aux associations leur permettrait de recruter des personnels à temps plein et d’engager les actions utiles.

Ces suggestions-là, il va sans dire que je ne suis pas le seul, ni le premier, à les exposer. Et j’ignore par quels moyens nous pouvons agir dans le sens souhaité car en l’état actuel des réalités politiques françaises et mondiales, les bonnes volontés et les souhaits de voir ces objectifs poursuivis se heurtent aux intérêts divergents de nos gouvernants et à cette raison d’État appréciée au seul prisme des intérêts oligarchiques.

C’est aussi pour dynamiter cela que la 6e République en France est indispensable et que nous devons faire place au peuple.

 

Nous voulons prendre le pouvoir pour le rendre au peuple. Il nous faut donc faire les bons choix stratégiques pour renaître et essaimer

logo place au peuple

Dans certaines circonstances, il faut choisir !

Il faut choisir entre deux options qui s’opposent :

  • Soit on estime qu’il faut se contenter de postes subalternes tout de suite, au coeur du système, pour soi-disant le « pervertir de l’intérieur », pour soi-disant avoir des « positions de combat contre les mauvais coups », pour soi-disant faire avancer – fut-ce à la marge – notre cause etc. etc. Vous connaissez bien les arguments en ce sens puisqu’ils sont exposés presque tout le temps.
  • Soit on considère que la prise du pouvoir, de tout le pouvoir de l’État, impose l’absence de TOUTE transaction avec ceux que l’on veut renvoyer. Et quand je dis « pouvoir », je veux parler du pouvoir de l’État et des collectivités publiques. Je ne parle pas ici seulement de quelques strapontins, d’où on ne peut que s’agiter, « faire du bruit avec sa bouche », sans rien changer fondamentalement – cf le cas des ministres EELV au gouvernement, cf le cas des ministres HAMON et MONTEBOURG entre autres. Le peuple nous fera confiance demain si nous tenons bon sur notre résolution irréductible, si nous exposons un projet révolutionnaire mais en adoptant une cohérence absolue avec lui dans les choix stratégiques que nous faisons, en ayant à l’esprit une pleine conscience de la gravité de l’heure…

Lorsque nous avons choisi, collectivement, la seconde voie, nous avons été entendus. Depuis que nous avons préféré la première, nous avons été décrédibilisés et le peuple nous a désavoués.

Il nous faut donc revenir à la première option.

Jean-Luc Mélenchon doit reparler au peuple et pas seulement au PG ou au FdG. C’est ce qu’il a fait en 2012 et c’est ce qui lui a donné 4 millions de suffrages. Il doit y revenir d’urgence. Il doit mépriser les questions d’organisation politique et laisser cela à ses troupes militantes. Il ne doit pas se soucier de la cuisine politicienne. Lui doit se situer au-dessus de nous, au-dessus des partis.

Il doit s’émanciper, se libérer du boulet du PC et ne plus suivre la ligne de son « ami » Pierre Laurent. Il lui est loyal alors même qu’il reçoit de sa part des coups de poing répétés. Il doit cesser de « jouer de la mandoline » comme il le dit lui-même !

Il doit incarner l’avenir, comme il le fit si brillamment au printemps 2012.

Il doit parler à la France. Il a, en lui, ce potentiel de rassemblement du peuple français s’il se dépasse, s’il ne parle plus seulement au peuple de gauche mais au peuple de France.

Je le dis depuis longtemps. Mélenchon mixe, de manière originale et talentueuse, deux géants de notre Histoire, Jaurès et De Gaulle. Il doit reprendre et poursuivre ce qu’il avait entrepris en 2012, et ne plus se soucier du « régime des partis » sans quoi ils le phagocyteront et le tueront comme ils ont tué De Gaulle avant que ce dernier ne s’émancipe d’eux et ne suive sa propre voie. Et comme disait de Gaulle « l’intendance suivra ».

Certes c’est un risque à courir mais comme disait Bernanos «L’espérance est un risque à courir ». Il vaut mieux prendre le risque de tout perdre mais aussi se mettre en situation de gagner beaucoup, plutôt que de végéter dans l’étiage où les partis du FdG nous ont placés, par leurs fautes respectives. Car à ce rythme, c’est dans un siècle ou deux que nous atteindrons la majorité. Encore faudrait-il que la route soit droite or l’histoire n’est jamais rectiligne. Elle est faite de soubresauts, de vicissitudes, de régressions. Jean-Luc le reconnaît d’ailleurs dans son dernier billet.

Alors, ma conviction est que, aussi longtemps que Jean-Luc Mélenchon ne parlera qu’à la gauche, il sera minoritaire en France. Et comme, à gauche, beaucoup de gens, aussi bien les « institutionnels » que des militant-e-s de la base ou des étages intermédiaires, ne l’aiment pas parce que, par sa seule densité personnelle, il met en évidence la médiocrité de tant d’autres, il sera toujours empêché de progresser vraiment. Sa force, il ne la tient pas des partis, ni même des militant-e-s, mais du peuple, de ce peuple qui lui a fait confiance en 2012.

Jean-Luc Mélenchon doit donc repartir au charbon mais plus comme le leader d’un petit parti, ni même comme le porte-parole principal d’un Front très mal en point, mais comme l’éclaireur de la révolution citoyenne et des bifurcations qu’il préconise.

Qu’il se remette dans ce personnage et, de nouveau, sa voix portera, et les citoyen-ne-s le suivront. Car notre projet est sans doute le meilleur, même s’il mérite des éclaircissement, des compléments, voire quelques remises en cause.

Jean-Luc Mélenchon doit redevenir l’homme qui a dit « Non ! »

« Non » à tous les tripatouillages, « non » à tous les accords scélérats, « non » à toutes les combinaisons politiciennes, « non » à la « petite popote » de chaque groupuscule qui ne voit que ses propres intérêts personnels.

Jean-Luc Mélenchon est écouté sur tout le spectre politique de notre pays et il est connu dans le monde. Lui seul a cette caractéristique. Même une partie de ce qu’on appelle « la droite » s’intéresse à lui et serait capable de le suivre, comme une partie de la gauche a suivi De Gaulle dans le passé.

Certes tout n’est pas comparable, inutile de me faire la leçon sur ce point. Mais il y a bien des analogies entre 1940 et 2014.

Nous sommes, en 2014, sous la tutelle d’un pouvoir extérieur qui nous impose, depuis des années, des politiques que nous refusons, que la République a toujours refusées et certains diraient même qu’avant la République, certains rois de France refusaient déjà la vassalisation de la France dans un empire qu’on tentait de nous imposer.

Nous subissons les diktats d’un pouvoir illégitime qui salit notre République, qui dévitalise nos valeurs phares Liberté-Égalité-Fraternité, qui nous vassalise auprès de forces maléfiques, lesquelles alimentent des conflits partout dans le monde en plus de nous déshumaniser et de nous uniformiser à la seule mode américaine…

Nous sommes, en 2014, en proie à un fascisme non reconnu mais qui a tous les caractères de celui-ci puisque ceux qui gouvernent ne sont pas élus, que les seuls intérêts promus et défendus dans les politiques menées sont ceux des plus puissants, des financiers, des rentiers à milliards, et que le maintien de ce système injuste repose sur la force inhumaine des armées. La France est devenue une colonie de l’Empire américain via l’Union européenne. Mais ce que vit la France, tous les pays de l’Union européenne le vivent aussi ! Cette déchéance n’est pas due, contrairement à ce que pérorent tous les déclinistes, à l’incapacité de la France ou des autres pays de l’Union européenne à se gouverner comme il le faudrait, selon la pensée unique, selon la vision des ultra-libéraux. Cette déchéance ne résulte que de l’abandon par nos dirigeants de leurs responsabilités. Incompétence ? Non, je crois que la raison ne tient pas à cela. C’est beaucoup plus grave. C’est une raison beaucoup plus sombre. J’appelle cela de la TRAHISON.  De la HAUTE TRAHISON. Or, pas de bol, la dernière réforme constitutionnelle a précisément retiré de notre loi fondamentale le terme de « haute trahison »… Curieux non ? Pas tant que ça en fait !

Nos dirigeants s’étant volontairement dessaisis de tous les pouvoirs de l’État, ayant même confié à un tribunal européen le pouvoir de nous sanctionner si l’on ne respectait pas les « lois » de l’Union dans l’élaboration desquelles les peuples ne peuvent rien, nous nous trouvons dans un étau. Et il faut donc en sortir !

Ce sont les lobbys qui inspirent très largement les textes que la Commission européenne prépare et que le Conseil adopte, parfois en co-décision avec le Parlement mais celui-ci n’a rien d’une instance démocratique alors il ne faut pas s’illusionner sur son utilité.

C’est Wall Street qui dirige la politique économique et sociale de l’Union européenne et donc de chaque pays membre. D’ailleurs, il n’aura échappé à personne que désormais, si un gouvernement et son chef ne sont pas des exécutants dociles de la feuille de route de la Commission, il est débarqué en 48 heures. Et alors on ne fait même plus semblant de jouer le jeu démocratique, fut-il largement biaisé. On n’organise plus des élections, on nomme des proconsuls ! De la même manière que sous tous les empires de notre histoire, l’empereur désignait ses missi dominici ! On remplace donc illico le chef de gouvernement qui a désobéi au syndicat des « firmes » par un agent docile aux ordres. Les cas de la Grèce et de l’Italie sont révélateurs. On pourrait aussi parler du cas de Chypre… Et de celui, moins connu, où les principaux ministres français, avant d’être nommés, doivent recevoir l’onction, l’investiture, officieuse, de la Commission. On l’a vu dans le cas du remplacement de Pierre Moscovici. Oh, certes, peu de gens en ont parlé… Mais il faut aussi faire désormais avec ce jeu-là !

C’est la galaxie Hollywood qui dirige la politique culturelle et qui nous américanise à vive allure.

C’est l’OTAN qui dirige la politique étrangère.

Quand on aura compris tout cela, quand on aura ouvert les yeux sur les raisons qui expliquent pourquoi, depuis trente ans, malgré la valse des gouvernements, rien ne change vraiment, on s’éveillera et on s’émancipera de cette Union européenne. Donc on en sortira.

Non pour nous renfermer sur nous-mêmes, non pour fermer nos frontières, non pour agir en nationalistes, mais pour reprendre notre souveraineté et ensuite, avec le peuple français, changer de régime politique : passer à la Sixième République qui sera radicalement différente de la 5ème , puis tisser, immédiatement, avec nos voisins, de nouveaux liens, non plus basés sur la compétition et la concurrence mais sur la coopération et l’harmonie. Comme nous ne sommes pas au royaume des bisounours, ce sera difficile mais nous devons commencer au plus vite. Plus nous attendons et plus ce sera difficile, long et source de malheurs et de souffrances.

John Fitzgerald Kennedy, dans son discours inaugural, le 20 janvier 1961, disait : « Tout ne sera pas achevé dans les cent premiers jours. Pas plus que ce ne sera achevé dans les mille premiers jours, pas plus que dans le temps où ce gouvernement sera en fonction. Peut-être pas non plus dans le temps où nous vivrons. Mais commençons ! »

Le Parti de Gauche, le Parti Communiste Français, Ensemble, même le Front de Gauche, chacune de ces organisations, est un monde « un peu court des pattes de devant » comme on dit dans mon Béarn d’origine. Ce qui veut dire que ces organisations-là ne sont pas à la hauteur des enjeux. Elles sont insuffisantes pour mener le combat politique, civilisationnel, que nous avons à assumer. Oui j’assume ce terme grandiloquent car l’heure est gravissime.

Non seulement le peuple souffre, non seulement la misère se répand massivement, et avec elle les haines et les jalousies, non seulement la paix est de plus en plus fragile, mais le pouvoir d’agir pour remédier à ces maux et changer la vie dans le sens d’un progrès partagé nous est retiré et, avec lui, c’est notre capacité d’espérance qui disparaît aussi. Or, quand il n’y a plus d’espoir, alors on risque la catastrophe. Elle arrive sous nos yeux et comme disait Chirac, « la maison brûle et nous regardons ailleurs ». Je dirais même que la maison brûle et que nous ajoutons du comburant et du combustible. La maison brûle mais nous coupons l’eau et nous renvoyons les pompiers. Nous introduisons même de nouveaux pyromanes sur le lieu de l’incendie.

C’est pure folie !

Il nous faut reprendre nos esprits.

Il nous faut rassembler le peuple français pour nous libérer de nos maîtres. Et pour cela, il faut revenir à l’essentiel de ce qui fait la République, de ce qui unit le peuple dans le fameux « contrat social » qui est de plus en plus contesté.

Il faut inventer un nouveau conseil de la Résistance qui rassemblera le peuple français au-delà de certaines divergences secondaires.

La droite s’étant ultra-libéralisée depuis Giscard, et s’étant extrémisée avec Sarkozy, et la Gauche s’étant droitisée à outrance, nous avons perdu de vue que le peuple français n’est pas de droite, pas plus qu’il n’est de gauche. Il choisit l’une ou l’autre selon les époques, selon les projets, selon les personnalités, mais surtout il rejette violemment, et de plus en plus violemment, et l’une et l’autre.

Est-ce à dire que le peuple français est devenu extrémiste, fasciste, ou centriste ?

Bien sûr que non ! Le peuple français, à mon avis, ne se soucie pas de ces questions de positionnement politique. Le peuple français cherche à vivre heureux, décemment. Il cherche donc celles et ceux qui peuvent le conduire vers cet avenir. Mais depuis la fin des années 60, il ne trouve que désolation, trahison, duplicité, mensonges, corruption…

Alors il rage. Alors il hurle. Alors il tape violemment dans le tas en refusant de prendre part au vote à près de 60%, le reste s’éparpillant entre les partis existants et il continue à donner ses suffrages au FN, chien de garde du capitalisme.

Il faut entendre ce cri, cet appel au secours. Il faut revenir à la défense d’un intérêt général et il faut ne plus céder un pouce à nos ennemis, quels qu’ils soient, si l’on veut que le peuple nous fasse confiance de nouveau. La ligne du PCF pour les Municipales est donc en cause. Il faut oser le dire et s’en affranchir ! Il ne faut pas la cautionner par nos silences.

Par ailleurs, il nous faut changer de paradigme européen.

Si dans le carcan actuel résultant des traités et de l’ordonnancement juridique européens, nous ne pouvons plus rien faire qui soit étranger aux principes ultra-libéraux, nous avons, comme peuple, le droit naturel de disposer de nous-mêmes. C’est un principe fondamental du droit naturel mais aussi du droit des Nations-Unies que le droit d’autodétermination des peuples. Et nous avons aussi, le droit, aussi bien naturel que positif (c’est-à-dire applicable) de résistance à l’oppression (article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789). Par ailleurs, nous savons aussi que la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1793 prévoit, en son article 35, un droit d’insurrection contre le gouvernement : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Alors ce droit n’est certes pas reconnu par les pouvoirs publics et nous prendrions de gros risques pour nous-mêmes si nous le mettions en œuvre. Les syndicalistes et certains militants en savent quelque chose. Mais quand bien même ce droit-là n’existe pas en droit positif, il demeure en droit naturel.

Je citerais aussi cet autre droit naturel, inscrit, lui, dans la déclaration d’indépendance des États-Unis : « Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructrice de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. »

Donc, parce que nous sommes un peuple, nous disposons des possibilités d’agir. Il nous faut juste en avoir conscience et en user. Il nous faut reprendre le pouvoir. Cela implique NÉCÉSSAIREMENT de sortir de l’Union européenne et de décider, SOUVERAINEMENT, de mettre en œuvre la politique que notre peuple exige, s’il le faut en bonnes relations avec nos voisins mais pas sous la schlague, pas sous la conduite de gens qui n’ont pour dessein que de nous tuer.

Pour arriver à cela, sauf à imaginer une révolution, nous devons CONVAINCRE le peuple français. Nous n’y parviendrons pas seulement avec de nouvelles alliances « politiciennes », même si les militant-e-s des partis doivent réfléchir à ce qui s’est passé et en tirer des conséquences autres que : « désormais, c’est tout pareil qu’avant ». Jean-Luc Mélenchon nous en a fait la leçon dans son dernier billet, mais plus que la leçon qu’il nous a donnée, je crois qu’il amorce une évolution fondamentale. J’espère avoir une bonne intuition.

Je termine par là où j’ai commencé. Jean-Luc Mélenchon peut jouer le rôle du général de Gaulle en 1940. Il peut lancer un appel retentissant au peuple français et lui dire comme le général du 18 juin 1940 :

« Des gouvernements de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, cédant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu ! Rien n’est perdu parce que cette « guerre » est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but ! Voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi, dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre patrie est en péril de mort. Luttons pour la sauver ! »

La « guerre » de 1940 était ouverte et militaire. C’était une guerre au sens propre. Aujourd’hui, c’est une guerre larvée, sans armes, sans tranchées, sans champ de bataille. Mais c’est bel et bien une guerre dans la mesure où certains imposent leur ordre à d’autres.

Et c’est une guerre mondiale car ce que nous vivons, d’autres le vivent, partout dans le monde.

Les « forces immenses » évoquées par de Gaulle étaient bien sûr les forces armées américaines, anglaises et celles des forces libres. Mais aujourd’hui, ces forces sont les peuples.

Jean-Luc Mélenchon pourrait aussi appeler à la résistance. Certes, il l’a déjà fait plusieurs fois. Mais il doit le refaire encore, de manière solennelle, tel encore le général de Gaulle, le 22 juin 1940 cette fois :

« Beaucoup de Français n’acceptent pas la capitulation ni la servitude, pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bons sens, l’intérêt supérieur de la Patrie.

 Il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l’esprit d’abandon du Gouvernement nous ont fait perdre la bataille. Mais il nous reste des alliés, dont les ressources sont immenses.

 Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres aujourd’hui le resteront demain. Si les forces de la liberté triomphaient finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ?

 L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront.

 J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre.  

Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance ! »

Certains de mes ami-e-s seront gêné-e-s par le fait que je cite ainsi de Gaulle et que j’appelle Jean-Luc Mélenchon à s’en inspirer, ce qu’il fait déjà, incontestablement.

Je tiens à dire que la République française en 2014 a besoin des Républicains pour être sauvée. Et il ne s’agit pas de ce « front républicain » tel qu’on l’a connu des décennies durant pour liguer droite et gauche contre le FN. Ces combinaisons contre nature, qui plus est entre gens parfois détestables, ont, j’en suis convaincu, bien plus sapé l’idée républicaine qu’elles ne l’ont protégée de la subversion FN.

Il ne s’agit pas de céder sur nos exigences les plus fondamentales car celles-ci sont partagées par le peuple, mais de ne pas donner le sentiment sectaire que nous ne concevons la libération de notre peuple qu’avec les nôtres. Il faut savoir s’imprégner profondément de l’esprit du Conseil national de la Résistance. C’est en tout cas ainsi que je vois les choses.

Et je n’oublie pas d’où je viens, ni qui je suis, pas plus que là où je veux aller.

Camarades de gauche, nous avons la chance, l’honneur, le privilège, d’être de gauche, c’est-à-dire, selon la jolie formule de Gilles Deleuse, de « penser d’abord le monde, puis notre pays, puis nos proches, puis nous, quand à droite c’est l’inverse ! »

Cela nous donne des titres à parler au nom de l’intérêt général humain et donc de parler, pour commencer, à tous les Français, pas seulement à ceux qui nous sont les plus proches !

Parce que nous sommes de gauche, nous avons une vision internationaliste, universaliste, non impérialiste. Nous concevons donc la politique que nous appelons de nos vœux, non dans une vision franco-française, hexagonalement auto-centrée, mais dans une vision mondiale puisque nous voulons le progrès et le bonheur, de tous, pas seulement de quelques-uns.

Nous pouvons, nous devons, parler à tous. Faisons-le !

Notre meilleur atout pour parler à tous en France, et pour nous donner une voix dans le monde, c’est, au jour d’aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon !

Quant à nous, militant-e-s de base, assumons notre rôle. Ne soyons pas de dociles petits soldats mais des militant-e-s éveillés, ouverts et souples ou, à l’inverse, résolus et intransigeants, selon qu’il est plus judicieux, au vu des circonstances, de mettre en avant l’un ou l’autre de ces types de comportement.

Le partisan que je suis de la 6e République ne saurait voir les militant-e-s des partis autrement que comme le peuple souverain de ces organisations. Nous sommes donc le pouvoir constituant de ces partis et devons les faire évoluer, tant au plan organisationnel que s’agissant des messages qu’ils portent. Et pour cela, il faut du débat et des votes, dans l’esprit de la 6e République « Place au peuple ». Il faut donc dépasser le cadre étroit de nos comités locaux pour créer un cadre de rassemblement où tous les militant-e-s de tous les partis du FdG, mais aussi toutes celles et tous ceux qui ne sont pas dans un des partis du FdG mais qui s’en sentent proches ou qui veulent influer positivement sur son cours, pourront délibérer et voter ensemble, non plus selon la logique de l’intérêt de son parti, mais dans celle de l’intérêt collectif.

Jean-Luc Mélenchon appelle souvent la République le régime où l’ « on ne dit pas ce qui est bon pour soi mais ce qui est bon pour tous ». C’est ainsi, en effet, que je vois les choses. Et le groupe institutionnel qui doit le faire, le parti, doit être guidé par le même esprit « républicain ».

Jean-Luc Mélenchon, les cadres du Parti de Gauche, le Parti de Gauche, les militant-e-s du Parti de Gauche, mais aussi la plupart des militant-e-s du PCF et d’Ensemble, portent le drapeau de la 6e République, une République où le peuple est aux commandes. Je ne sors pas de cette logique dans tout ce que je défends.

On ne saurait opposer la question de l’organisation et celle du projet car si l’une est de la cuisine quand l’autre justifie que nous existions, on ne pourra convaincre le peuple de souscrire à ce projet si l’organisation qui le porte souffre de ce que nous connaissons.

Chacun son rôle.

Nous, militant-e-s de base avons le devoir ET de réfléchir à la mise à jour de notre projet, ET de le porter devant le peuple, ET de prendre à bras le corps la question de l’organisation.

Les cadres des partis ont eux la charge de les faire fonctionner, de coordonner les actions des militant-e-s, de leur permettre de communiquer entre eux au-delà des comités locaux, de se préparer à assumer d’importantes fonctions au gouvernement pour le jour où le peuple nous y appellera. Ils ne devraient pas chercher à court-circuiter les demandes en faveur de plus de démocratie de la part des militant-e-s. Ils devraient comprendre pourquoi elles existent. Le but n’est pas de prendre leur place mais de commencer à faire chez nous ce que nous promettons de faire demain lorsque nous serons au pouvoir de la République.

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 (annexée à la Constitution « montagnarde » du 24 juin 1793)

Préambule

Le peuple français, convaincu que l’oubli et le mépris des droits naturels de l’homme sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens, pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie ; afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur ; le magistrat la règle de ses devoirs ; le législateur l’objet de sa mission. En conséquence, il proclame, en présence de l’Etre suprême, la Déclaration suivante des droits de l’homme et du citoyen.

Article premier (le but de la société)

Le but de la société est le bonheur commun. Le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la jouissance de ses droits naturels et imprescriptibles.

Article 2 (énumération des droits)

Ces droits sont l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété.

Article 3 (égalité)

Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi.

Article 4 (la loi)

La loi est l’expression libre et solennelle de la volonté générale ; elle est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ; elle ne peut ordonner que ce qui est juste et utile à la société ; elle ne peut défendre que ce qui lui est nuisible.

Article 5 (attribution des emplois)

Tous les citoyens sont également admissibles aux emplois publics. Les peuples libres ne connaissent d’autres motifs de préférence, dans leurs élections, que les vertus et les talents.

Article 6 (la liberté)

La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait.

Article 7 (droit d’expression)

Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s’assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits. La nécessité d’énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme.

Article 8 (sûreté)

La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés.

Article 9 (loi)

La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l’oppression de ceux qui gouvernent.

Article 10 (détention)

Nul ne doit être accusé, arrêté ni détenu, que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. Tout citoyen, appelé ou saisi par l’autorité de la loi, doit obéir à l’instant ; il se rend coupable par la résistance.

Article 11 (voies de fait et résistance légitime)

Tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l’exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force.

Article 12 (l’arbitraire)

Ceux qui solliciteraient, expédieraient, exécuteraient ou feraient exécuter des actes arbitraires, sont coupables et doivent être punis.

Article 13 (présomption d’innocence)

Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

Article 14 (non-rétroactivité)

Nul ne doit être jugé et puni qu’après avoir été entendu ou légalement appelé, et qu’en vertu d’une loi promulguée antérieurement au délit. La loi qui punirait des délits commis avant qu’elle existât serait une tyrannie ; l’effet rétroactif donné à la loi serait un crime.

Article 15 (proportion des peines)

La loi ne doit décerner que des peines strictement et évidemment nécessaires ; les peines doivent être proportionnées au délit et utiles à la société.

Article 16 (droit de propriété)

Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie.

Article 17 (pas d’emplois réservés)

Nul genre de travail, de culture, de commerce, ne peut être interdit à l’industrie des citoyens.

Article 18 (achat des services et non des individus)

Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre ni être vendu ; sa personne n’est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu’un engagement de soins et de reconnaissance, entre l’homme qui travaille et celui qui l’emploie.

Article 19 (expropriation)

Nul ne peut être privé de la moindre portion de sa propriété sans son consentement si ce n’est lorsque la nécessité publique légalement constatée l’exige, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

Article 20 (de l’impôt)

Nulle contribution ne peut être établie que pour l’utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l’établissement des contributions, d’en surveiller l’emploi, et de s’en faire rendre compte.

Article 21 (des secours publics)

Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler.

Article 22 (de l’instruction)

L’instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l’instruction à la portée de tous les citoyens.

Article 23 (souveraineté nationale)

La garantie sociale consiste dans l’action de tous pour assurer à chacun la jouissance et la conservation de ses droits ; cette garantie repose sur la souveraineté nationale.

Article 24 (responsabilité des fonctionnaires)

Elle ne peut exister, si les limites des fonctions publiques ne sont pas clairement déterminées par la loi, et si la responsabilité de tous les fonctionnaires n’est pas assurée.

Article 25 (souveraineté du peuple)

La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.

Article 26

Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais chaque section du souverain assemblée doit jouir du droit d’exprimer sa volonté avec une entière liberté.

Article 27

Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres.

Article 28 (chaque génération ne décide que pour elle)

Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.

Article 29

Chaque citoyen a un droit égal de concourir à la formation de la loi et à la nomination de ses mandataires ou de ses agents.

Article 30

Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs.

Article 31

Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

Article 32

Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l’autorité publique ne peut, en aucun cas, être interdit, suspendu ni limité.

Article 33

La résistance à l’oppression est la conséquence des autres droits de l’homme.

Article 34

Il y a oppression contre le corps social, lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

Article 35

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 26 août 1789

DDHC

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous. En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen.

Article premier

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

Article III

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article IV

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Article V

La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

Article VI

La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Article VII

Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance.

Article VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

Article IX

Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi.

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

Article XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

Article XII

La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Article XIII

Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés.

Article XIV

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Article XV

La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

Article XVI

Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Article XVII

La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

Déclaration d’indépendance des États-Unis (traduction du Président des États-Unis Thomas Jefferson disponible sur Wikipedia)

« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.

Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l’expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu’à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit et de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd’hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L’histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l’histoire d’une série d’injustices et d’usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l’établissement d’une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial : Il a refusé sa sanction aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. Il a défendu à ses gouverneurs de consentir à des lois d’une importance immédiate et urgente, à moins que leur mise en vigueur ne fût suspendue jusqu’à l’obtention de sa sanction, et des lois ainsi suspendues, il a absolument négligé d’y donner attention.

Il a refusé de sanctionner d’autres lois pour l’organisation de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n’abandonnât le droit d’être représenté dans la législature, droit inestimable pour un peuple, qui n’est redoutable qu’aux tyrans.

Il a convoqué des Assemblées législatives dans des lieux inusités, incommodes et éloignés des dépôts de leurs registres publics, dans la seule vue d’obtenir d’elles, par la fatigue, leur adhésion à ses mesures. À diverses reprises, il a dissous des Chambres de représentants parce qu’elles s’opposaient avec une mâle fermeté à ses empiètements sur les droits du peuple. Après ces dissolutions, il a refusé pendant longtemps de faire élire d’autres Chambres de représentants, et le pouvoir législatif, qui n’est pas susceptible d’anéantissement, est ainsi retourné au peuple tout entier pour être exercé par lui, l’État restant, dans l’intervalle, exposé à tous les dangers d’invasions du dehors et de convulsions au-dedans.

Il a cherché à mettre obstacle à l’accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l’exécution des lois pour la naturalisation des étrangers ; il a refusé d’en rendre d’autres pour encourager leur émigration dans ces contrées, et il a élevé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres. Il a entravé l’administration de la justice en refusant sa sanction à des lois pour l’établissement de pouvoirs judiciaires. Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.

Il a créé une multitude d’emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance. Il a entretenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l’autorité civile et même supérieur à elle. Il s’est coalisé avec d’autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa sanction à des actes de prétendue législation ayant pour objet : de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ; de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu’ils auraient commis sur la personne des habitants de ces provinces ; de détruire notre commerce avec toutes les parties du monde ; de nous imposer des taxes sans notre consentement ; de nous priver dans plusieurs cas du bénéfice de la procédure par jurés ; de nous transporter au-delà des mers pour être jugés à raison de prétendus délits ; d’abolir dans une province voisine le système libéral des lois anglaises, d’y établir un gouvernement arbitraire et de reculer ses limites, afin de faire à la fois de cette province un exemple et un instrument propre à introduire le même gouvernement absolu dans ces Colonies ; de retirer nos chartes, d’abolir nos lois les plus précieuses et d’altérer dans leur essence les formes de nos gouvernements ; de suspendre nos propres législatures et de se déclarer lui-même investi du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques.

Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens. En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l’œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d’une nation civilisée. Il a excité parmi nous l’insurrection domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d’âge, de sexe ni de condition. Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n’ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.

Nous n’avons pas non plus manqué d’égards envers nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons de temps en temps avertis des tentatives faites par leur législature pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelle, et nous les avons conjurés, au nom des liens d’une commune origine, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre notre liaison et nos bons rapports. Eux aussi ont été sourds à la voix de la raison et de la consanguinité. Nous devons donc nous rendre à la nécessité qui commande notre séparation et les regarder, de même que le reste de l’humanité, comme des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix.

En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d’Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l’univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l’autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d’être des États libres et indépendants ; qu’elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l’État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d’une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l’honneur. »

Déclaration d’indépendance des États-Unis (texte original)

Déclaration d'indépendance US

IN CONGRESS, July 4, 1776.

The unanimous Declaration of the thirteen united States of America,

When in the Course of human events, it becomes necessary for one people to dissolve the political bands which have connected them with another, and to assume among the powers of the earth, the separate and equal station to which the Laws of Nature and of Nature’s God entitle them, a decent respect to the opinions of mankind requires that they should declare the causes which impel them to the separation.

We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness.–That to secure these rights, Governments are instituted among Men, deriving their just powers from the consent of the governed, –That whenever any Form of Government becomes destructive of these ends, it is the Right of the People to alter or to abolish it, and to institute new Government, laying its foundation on such principles and organizing its powers in such form, as to them shall seem most likely to effect their Safety and Happiness. Prudence, indeed, will dictate that Governments long established should not be changed for light and transient causes; and accordingly all experience hath shewn, that mankind are more disposed to suffer, while evils are sufferable, than to right themselves by abolishing the forms to which they are accustomed. But when a long train of abuses and usurpations, pursuing invariably the same Object evinces a design to reduce them under absolute Despotism, it is their right, it is their duty, to throw off such Government, and to provide new Guards for their future security.–Such has been the patient sufferance of these Colonies; and such is now the necessity which constrains them to alter their former Systems of Government. The history of the present King of Great Britain is a history of repeated injuries and usurpations, all having in direct object the establishment of an absolute Tyranny over these States. To prove this, let Facts be submitted to a candid world.

He has refused his Assent to Laws, the most wholesome and necessary for the public good.
He has forbidden his Governors to pass Laws of immediate and pressing importance, unless suspended in their operation till his Assent should be obtained; and when so suspended, he has utterly neglected to attend to them.
He has refused to pass other Laws for the accommodation of large districts of people, unless those people would relinquish the right of Representation in the Legislature, a right inestimable to them and formidable to tyrants only.
He has called together legislative bodies at places unusual, uncomfortable, and distant from the depository of their public Records, for the sole purpose of fatiguing them into compliance with his measures.
He has dissolved Representative Houses repeatedly, for opposing with manly firmness his invasions on the rights of the people.
He has refused for a long time, after such dissolutions, to cause others to be elected; whereby the Legislative powers, incapable of Annihilation, have returned to the People at large for their exercise; the State remaining in the mean time exposed to all the dangers of invasion from without, and convulsions within.
He has endeavoured to prevent the population of these States; for that purpose obstructing the Laws for Naturalization of Foreigners; refusing to pass others to encourage their migrations hither, and raising the conditions of new Appropriations of Lands.
He has obstructed the Administration of Justice, by refusing his Assent to Laws for establishing Judiciary powers.
He has made Judges dependent on his Will alone, for the tenure of their offices, and the amount and payment of their salaries.
He has erected a multitude of New Offices, and sent hither swarms of Officers to harrass our people, and eat out their substance.
He has kept among us, in times of peace, Standing Armies without the Consent of our legislatures.
He has affected to render the Military independent of and superior to the Civil power.
He has combined with others to subject us to a jurisdiction foreign to our constitution, and unacknowledged by our laws; giving his Assent to their Acts of pretended Legislation:
For Quartering large bodies of armed troops among us:
For protecting them, by a mock Trial, from punishment for any Murders which they should commit on the Inhabitants of these States:
For cutting off our Trade with all parts of the world:
For imposing Taxes on us without our Consent:
For depriving us in many cases, of the benefits of Trial by Jury:
For transporting us beyond Seas to be tried for pretended offences
For abolishing the free System of English Laws in a neighbouring Province, establishing therein an Arbitrary government, and enlarging its Boundaries so as to render it at once an example and fit instrument for introducing the same absolute rule into these Colonies:
For taking away our Charters, abolishing our most valuable Laws, and altering fundamentally the Forms of our Governments:
For suspending our own Legislatures, and declaring themselves invested with power to legislate for us in all cases whatsoever.
He has abdicated Government here, by declaring us out of his Protection and waging War against us.
He has plundered our seas, ravaged our Coasts, burnt our towns, and destroyed the lives of our people.
He is at this time transporting large Armies of foreign Mercenaries to compleat the works of death, desolation and tyranny, already begun with circumstances of Cruelty & perfidy scarcely paralleled in the most barbarous ages, and totally unworthy the Head of a civilized nation.
He has constrained our fellow Citizens taken Captive on the high Seas to bear Arms against their Country, to become the executioners of their friends and Brethren, or to fall themselves by their Hands.
He has excited domestic insurrections amongst us, and has endeavoured to bring on the inhabitants of our frontiers, the merciless Indian Savages, whose known rule of warfare, is an undistinguished destruction of all ages, sexes and conditions.

In every stage of these Oppressions We have Petitioned for Redress in the most humble terms: Our repeated Petitions have been answered only by repeated injury. A Prince whose character is thus marked by every act which may define a Tyrant, is unfit to be the ruler of a free people.

Nor have We been wanting in attentions to our Brittish brethren. We have warned them from time to time of attempts by their legislature to extend an unwarrantable jurisdiction over us. We have reminded them of the circumstances of our emigration and settlement here. We have appealed to their native justice and magnanimity, and we have conjured them by the ties of our common kindred to disavow these usurpations, which, would inevitably interrupt our connections and correspondence. They too have been deaf to the voice of justice and of consanguinity. We must, therefore, acquiesce in the necessity, which denounces our Separation, and hold them, as we hold the rest of mankind, Enemies in War, in Peace Friends.

We, therefore, the Representatives of the united States of America, in General Congress, Assembled, appealing to the Supreme Judge of the world for the rectitude of our intentions, do, in the Name, and by Authority of the good People of these Colonies, solemnly publish and declare, That these United Colonies are, and of Right ought to be Free and Independent States; that they are Absolved from all Allegiance to the British Crown, and that all political connection between them and the State of Great Britain, is and ought to be totally dissolved; and that as Free and Independent States, they have full Power to levy War, conclude Peace, contract Alliances, establish Commerce, and to do all other Acts and Things which Independent States may of right do. And for the support of this Declaration, with a firm reliance on the protection of divine Providence, we mutually pledge to each other our Lives, our Fortunes and our sacred Honor.