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Le Grand jeu : dégénérescence – Vu sur le blog « Chroniques du grand jeu » – Le 16/03/2017

Vu sur le blog de mon camarade Pierrick Tillet qui relaie lui-même cet article du blog « Chroniques du Grand jeu« .

Lien vers cet article sur le blog de Pierrick Tillet.

Lien vers cet article sur le blog « Chroniques du Grand jeu ».

image illustrant le billet de blog le grand jeu, la dégénrescence

Si le détricotage du système impérial suit son cours, l’implosion de son bras médiatique passe la vitesse exponentielle. Un vrai pur-sang au galop dans la dernière ligne droite de Longchamp… mais en moins élégant.

Désinformation, mensonge par omission, délires paranoïaques, transformation de la réalité ou des textes, erreurs conscientes de traduction, tout y passe. Les élections de cette année en Europe pousse la journaloperie dans ses derniers retranchements : le “danger populiste” est partout. Rappelons en passant que l’oligarchie sénatoriale romaine qualifiait de même le courant populaire il y a 22 siècles. Plus ça change…

Les “gamineries” du Fig à rot

Il faut absolument sauver le soldat Ryan Euro et tout est bon, y compris les manipulations les plus infantiles. Le Fig à rot ne dira pas le contraire, qui s’est vautré dans le grotesque il y a quelques jours. Il avait en effet proposé un sondage à ses lecteurs : « Êtes-vous favorable à la sortie de l’euro ? » Il faut certes toujours prendre ce genre de sondage en ligne avec des pincettes mais là n’est pas la question. Sans doute déçu par le fait que 59% des gens aient répondu par l’affirmative, le journal a tout simplement retourné la question tout en gardant les résultats ! « Craignez-vous les conséquences de l’euro ? » Oui : 59%. Gaminerie hallucinante. Les lecteurs sont évidemment furieux comme on peut le voir dans les commentaires sur la page dont l’adresse, comble d’amateurisme, a gardé l’intitulé de la question précédente.

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Typique d’une presstituée qui ne sait plus où donner de la tête, appartenant à une oligarchie déboussolée. Rappelons que ce sont les mêmes qui, ayant perdu tout soupçon de scrupule, s’érigent en gardien moral de la vérité et vilipendent les fake news. Ce n’est plus l’hôpital qui se fout de la charité, c’est le ministère de la santé tout entier !

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Moqueries de l’un, sadomasochisme des autres

Les théories du complot de ceux qui, il y a encore quelques années s’élevaient avec force coups de menton contre le conspirationnisme, font en tout cas bien rire le président tchèque, le toujours excellent Milos Zeman. Moquant ouvertement les médias, sa saillie est délicieuse :

« Oui, je suis un agent de la Russie, en particulier de Vladimir Vladimirovitch Poutine. Je dois ajouter que je suis également un agent du président chinois. Et dernièrement, du président américain aussi. Ainsi bien sûr que d’Israël. »

Une qui doit moins rire est l’inénarrable Mogherini. La cheffesse de la diplomatique euronouillique a eu tout le mal du monde à mener son discours à terme au parlement serbe début mars, accueillie par des chants pro-russes et anti-européens (vidéo en bas de page). Si elle voulait convaincre Belgrade des bienfaits de l’OTAN, ses arguments n’ont pas dû être tout à fait entendus…

Le système impérial ayant perdu la partie en Ukraine ou en Syrie, la MSN préfère regarder ailleurs et ne plus s’y frotter. Ici, le mensonge se fait désormais surtout par omission. Ne vous attendez pas à lire une ligne à propos du soutien des rebelles “modérés” de l’Armée syrienne libre — ces grands démocrates devant l’éternel — aux délires rhétoriques d’Erdogan contre les Pays-Bas. Indécrottables eurocrates masochistes qui supportent tout ce et tous ceux qui finissent invariablement par se retourner contre eux…

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« Je suis un masochiste normal »

 

MH17 : le gouvernement australien refuse d’indemniser les victimes car il n’y a pas suffisamment de preuves pour accuser la Russie !

Et puisque la caricature évoque les sanctions et contre-sanctions européo-russes, rappelons que toute cette affaire a été déclenchée, sous l’intense et intéressée pression américaine, en surfant sur l’émotion causée par le crash du Boeing de la Malaysian Airlines au-dessus de l’Ukraine. Rappelons les faits :

17 juillet 2014 : l’avion de la Malaysian Airlines est abattu

Rarement la basse-cour médiatique occidentale sera tombée aussi bas. Un barrage d’articles délirants, d’accusations hystériques, allant toutes dans un sens et un seul. Le prévenu est condamné avant même l’enquête ! Qu’en 2014, l’Europe soit le théâtre d’un climat digne des pires époques de l’Inquisition laisse songeur… Mais après tout, quand on voit des dirigeants occidentaux soutenir un gouvernement composé pour un tiers de néo-nazis ou que ces mêmes dirigeants, pour ne pas indisposer leur allié ukrainien, s’opposent à l’ONU à un vote condamnant la glorification du nazisme, il faut s’attendre à tout.

Les journaux européens sont depuis longtemps noyautés par la CIA, comme l’a montré le scandale Udo Ulfkotte en Allemagne l’année dernière. L’un des plus grands éditorialistes allemands de l’un des plus “sérieux” journaux (Frankfurter Allegemeine Zeitung) bossait en fait depuis des années… pour la CIA ! Et c’est loin d’être un cas isolé en Europe.

Mais revenons à notre avion… Ainsi donc, pour la volaille journalistique noyautée, c’est un coup des séparatistes pro-russes, donc des Russes ! Et le grand méchant Poutine est montré d’un doigt accusateur par les journaux dans un déferlement de rage collective qui fait fortement penser aux deux minutes de la haine contre Emmanuel Goldstein dans 1984, le fameux roman d’anticipation de George Orwell. Nous y sommes, avec 30 ans de retard.

Sur quoi se basent nos féroces procureurs ? Sur… et là, ne rigolez pas, je suis sérieux… sur :

  1. les accusations verbales des Ètats-Unis [les mêmes que pour les bébés-couveuse de 1990 ou la fiole de Colin Powell à l’ONU ?], Washington se gardant bien d’apporter le moindre début de preuve alors que leurs satellites tournent 24h/24 au-dessus de l’Ukraine.
  2. la vidéo amateur d’un lanceur de missiles Buk, en réalité filmé dans une ville tenue par l’armée ukrainienne comme le montre un panneau publicitaire dans le fond.
  3. un commentaire Facebook effacé depuis [un énorme LOL. Est-il vraiment utile de préciser que n’importe qui peut pirater un compte sur un réseau social…]
  4. une conversation téléphonique enregistrée entre « deux chefs séparatistes », dont il a été prouvé depuis qu’elle a été trafiquée, Kiev l’ayant même retiré de sa liste de “preuves”.

Voilà, Mesdames et Messieurs, c’est tout… Et c’est sur ça que se base l’accusation.

Peu importe que le principal journal malaisien (la Malaisie est quand même concernée au premier chef dans cette affaire) titre, lui, sur la responsabilité de Kiev. Peu importe que le plus grand journaliste d’investigation américain — Robert Parry, celui qui a mis au jour le scandale des contraspointe Kiev du doigt. Peu importe que des spécialistes de la question s’interrogent ouvertement (iciici ou ici par exemple).

Peu importe que même les vétérans du renseignement américain doutent ouvertement des accusations de leur gouvernement. Peu importe que les services secrets ukrainiens (les mêmes qui ont annoncé 72 “invasions russes” de l’Ukraine depuis un an) aient étrangement confisqué les conversations entre les contrôleurs du ciel et l’équipage du Boeing.

Peu importe que les quatre pays qui enquêtent sur le crash — Hollande, Belgique, Australie et Ukraine (tous dans le même camp d’ailleurs) — aient curieusement signé un « accord de non-divulgation » qui interdit à ces pays de divulguer les résultats de l’enquête concernant le MH17 et leur donne un droit de veto les uns sur les autres.

Peu importe tout cela… c’est Poutine, on vous dit !

Faire la lumière sur ce qui s’est vraiment passé est le cadet des soucis pour les accusateurs auto-proclamés. Nous sommes dans le rapport de force géopolitique, dont la guerre de l’information est une composante de plus en plus importante.

Quelques jours avant, Poutine était au Brésil où il signait l’accord sur la création de la Banque des BRICS qui risque de mettre à mal le système dollar permettant aux Ètats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens et de faire financer leurs guerres par les autres pays. Pour nombre de pays émergents, il représentait, et représente toujours d’ailleurs, une forme d’anti-système (…)

Après la tragédie du MH17, les pays européens, fortement pressés par Washington, décident de mettre en place des sanctions économiques contre la Russie. À défaut de preuves (et pour cause !) de l’implication russe dans le crash du Boeing, l’émotion suscitée par la campagne de diabolisation médiatique fera l’affaire… Le vice-président US, Joe Biden, l’avouera : l’Amérique a forcé la main des pays européens qui rechignaient à cette escalade suicidaire.

Depuis, Ô divine coïncidence, à chaque fois qu’arrive l’échéance des sanctions européennes et la question de savoir si elles doivent être prolongées de six mois, une poussée de violence éclate en Ukraine. Les forces de Kiev bombardent quelques quartiers de Donetsk, entraînant évidemment la réaction des pro-russes, le tout pour le plus grand bonheur de Washington.

L’Europe a été fortement frappée par le régime des sanctions et contre-sanctions russes et risque de perdre deux millions d’emplois.

On le voit, toujours le même masochisme européen… Or qu’apprend-on ? Le gouvernement australien refuse d’indemniser les familles des victimes car il ne sait toujours pas ce qui s’est passé : « L’enquête est en cours… Les preuves sont pour l’instant insuffisantes pour déterminer qui ou quoi a causé le crash… »

Ne vous attendez évidemment pas à en lire une seule ligne dans la presstituée qui, il y a 30 mois, avait déjà désigné le coupable avant le début de l’enquête.

Le soufflé retombé de “l’ingérence russe”

Une autre accusation est en train de tomber à l’eau : le piratage des élections par le grand méchant ours russe. Le ministre allemand des Affaires étrangères avait déjà mis une claque à Merkel il y a deux jours en réfutant, « au nom du gouvernement, les allégations des médias sur l’ingérence russe dans le processus électoral ». Pauvre Angela, une nouvelle fois prise dans la toile de ses mensonges…

Le même jour, l’homologue britannique de Sigmar Gabriel, l’amusant Boris Johnson admettait lui aussi qu’il n’y avait aucune preuve d’ingérence russe. Auparavant, James Clapper, le directeur du renseignement national nommé par Obama, avouait ne détenir aucune preuve d’une collusion entre Trump et la Russie, au grand dam du plumitif :

Après Poutine qui militarise des pieuvres géantes ou qui envoie ses hooligans à l’Euro 2016 pour déstabiliser l’Europe (!), l’accusation du piratage russe des élections et même carrément, soyons fous, de la démocratie occidentale tombe elle aussi à l’eau… On parie que l’imMonde ne rapporte pas l’info ?

Il semble d’ailleurs plus généralement que l’ambiance soit un peu moins à la russophobie primaire sur les bords du Potomac. Les révélations Wikileaks sur les false flags cybernétiques de la CIA y sont sans doute pour quelque chose. Ainsi The Hill, le journal du panier de crabes de Washington, a publié un étonnant article il y a quatre jours, intitulé Des diplomates mettent en garde contre l’hystérie anti-russe. Diantre, ce journal ayant lui-même plus souvent qu’à son tour succombé à cette paranoïa, faut-il y voir un début de retour à la raison ?

Accessoirement, on apprend que Sberbank, la plus grande banque russe, a engagé en 2016 un groupe de lobbying américain, et pas n’importe lequel, afin de mettre fin aux sanctions touchant le secteur bancaire. Il s’agit de… Podesta Group, dirigé par Tony, le grand frère de John, directeur de campagne d’Hillary ! Vous savez, celui dont les mails avaient été piratés par… ah oui, par les méchants Russes. « La vida es un carnaval », comme dirait Celia Cruz.

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Vidéo des malheurs de Mogherini à Belgrade :

=> Source : Le Grand jeu

Désintox – Opération Macron – Par Yannis YOULOUNTAS le 23/02/2017

Ce billet de mon ami Yannis Youlountas est absolument admirable. Je suis très fier de le relayer sur mon blog. Il a été publié par son auteur sur son propre blog, à cette adresse.

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Jamais les mass-médias français n’ont à ce point matraqué nos petites cervelles. À côté de ça, la campagne pour l’adoption du Traité Constitutionnel Européen en 2005, c’était peanuts — d’ailleurs, ça n’a pas marché. La propagande pour aller envahir l’Irak et je ne sais quelle autre région lointaine, c’était vintage, mou du genou, téléphoné. On en aurait même rigolé si des milliers de gosses n’étaient pas morts dans les ruines sous les frappes chirurgicales libératrices. Mais tout ça, c’était avant.

Nous voilà maintenant de plein-pied dans l’ère du message au millimètre, de la mise en scène huilée, du calendrier méticuleusement préparé, de l’orchestre symphonique des éditocrates et des chroniqueurs à l’unisson — excepté quelques dissonances tolérées pour donner l’apparence du pluralisme. Ce n’est plus un matraquage médiatique, c’est un bombardement publicitaire au napalm. Et cette opération a un nom : Macron.

Qui aurait cru, il y a quelques années, que ces médias à la botte, avec leurs grosses ficelles minables et leurs répétitions abrutissantes, parviendraient à nous vendre un nouveau venu en quelques mois, à peine sorti du chapeau, avec ses dents longues, ses amphétamines ras-la-gueule et sa coke ras-les-narines ? Qui aurait pu imaginer que le capital parviendrait à nous servir sur un plateau la caricature même de ce que les Français prétendent le plus détester : un énarque doublé d’un banquier d’affaire triplé d’un communicant politique ?

Macron, c’est tout ça à la fois : le fils prodigue du pouvoir, le petit Jésus de la finance descendu sur Terre pour expier nos pêchés, la petite voix à l’oreille des dirigeants politiques et économiques qui sort finalement de l’ombre pour venir nous parler directement en pleine lumière. Plus besoin d’intermédiaires. Le capitalisme décomplexé, libéral jusqu’à l’os, euphorique et sûr de lui, a choisi, cette fois, de nous la jouer brut de décoffrage : après la langue de bois, l’heure est à la langue de fer, et cette heure, c’est l’heure Macron.

Parachutés de chaque côté, par des primaires du PS et de la droite sous forte influence médiatique, Hamon et Fillon sont les parfaits contrefeux de sa campagne, positionnés aussi près que possible de ses principaux concurrents : Mélenchon et Le Pen.

Adoubé par Cambadélis et Valls en personne, le preux chevalier Hamon a carrément repris les armoiries du Mélenchon de 2012 : même couleurs du logo, cravate et veste à l’identique, copié-collé de phrases entières, racolage idéologique à grands renforts de mots valises et d’un vrai-faux rapprochement qui a fait pschitt.

Même chose de l’autre côté, avec un Fillon carrément positionné dans le jardin de Le Pen. Plus réac que moi, tu meurs ! Des sorties médiatiques à séduire les pires dévots de la Manif pour tous. Des petites phrases à susciter l’orgasme onaniste des plus chastes gardiennes de l’intégrisme catholique. Travail Famille Patrie versus 2017. Pétain, le retour.

Oui, mais cette petite musique de nuit (et brouillard) étant particulièrement à la mode dans la France de la seconde génération Le Pen, Fillon a dépassé les espérances des stratèges sans vraiment affaiblir sa cible. La copie Fillon n’a fait que renforcer l’original Le Pen, lui donnant, au contraire, une légitimité de plus.

Qu’à cela ne tienne, quelques jours après ce constat, la baudruche Fillon a été dégonflée illico presto par quelques petites affaires sous le coude. Et hop ! Quelques points de moins pour Fillon, dont une bonne partie reportée sur Jésus Macron. Du coup, en position de force, à nouveau favori dans les sondages fabriqués par ses soutiens, le petit chéri du capital commence déjà à distribuer les portefeuilles et à rallier les politicards en mal de gamelle.
— Et pour Monsieur Bayrou, qu’est-ce que ce sera ? L’éducation ou l’agriculture ? L’aile ou la cuisse ?
— Ce que vous voulez, mon cher Emmanuel, puissiez-vous me permettre de savourer à nouveau les joies du protocole, les délices du pouvoir et le salaire de la fonction.

Tout est prêt. La messe est dite. There is no alternative.
— Ce sera Macron et personne d’autre, nous répètent les éditocrates.
— A moins que Le Pen continue à monter, menacent certains.
— Pour éviter l’extrême-droite, il n’y a qu’un moyen : rassembler au centre, concluent-ils à l’unisson.

Bingo ! Revoilà la vieille rengaine du vote utile, dès le premier tour, pour faire barrage au sempiternel danger du parfait épouvantail. Si le FN n’existait pas, il faudrait l’inventer.

Les autres candidats n’existent plus. Poutou fait campagne devant son usine. Mélenchon crée son propre média sur youtube. Qu’importent la légitimité ouvrière du premier et le succès populaire du second qui a hissé son mouvement politique, France Insoumise, loin devant tous les partis traditionnels avec plus de 250 000 adhérents. Qu’importent également tous les autres, ici ou là. La télé et la presse ont déjà choisi : ce sera Jésus Macron contre Juda Le Pen. Un partage des rôles bien connu entre capitalisme et fascisme, les frères siamois du pouvoir, tellement utiles l’un pour l’autre.

Pendant ce temps, dans le silence médiatique, les mouvements de protestation se multiplient partout dans l’hexagone. Celles et ceux qui considèrent que la lutte est d’abord et avant tout dans la rue essaient de mettre le feu aux poudres et tentent de faire redescendre le débat dans la vraie vie : actions contre l’impunité policière, marche pour la justice et la dignité, blocus contre les violences d’État, journées de soutien aux inculpés, concerts pour les prisonniers, Perturbe ta Ville, Génération Ingouvernable, manifs, entartages, farine-party, émeutes, occupations, assemblées spontanées… Rien n’y fait ! Les mass-médias n’ont rien vu, rien entendu et ne diront rien. Malgré des centaines d’actions par semaine d’un bout à l’autre du pays, rien ne filtre à la télé, exceptés une poignée de vitres cassées et quelques gros plans sur des blessés triés sur le volet : policiers victimes de bavures révolutionnaires.

Quelles que soient les formes de résistances choisies par les uns ou les autres, au moyen d’une alternative électorale ou d’une abstention active, on entend la même petite voix qui nous répète que l’avenir est déjà tracé et que nous ferions mieux de retourner à de saines occupations plutôt que de perdre inutilement notre temps à lutter.

Février 2017 se termine. L’opération Macron bat son plein, avec ses ralliements, ses contrefeux et son épouvantail. Jusqu’à quand ?

Sommes-nous vraiment si stupides pour tomber par millions dans cet énorme panneau, ou bien le pouvoir, trop sûr de lui, va-t-il faire face à une grosse, très grosse surprise ?

Aucun texte alternatif disponible.

« Benoît Hamon le rêveur » : un cauchemar pour les éditorialistes – Par Julien SALINGUE – le 07/02/2017

Page de Julien Salingue sur ACRIMED.

Article publié sur ACRIMED, à consulter ici.

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Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux, auteur de ce blog :

Julien Salingue d’ACRIMED se livre, dans l’article reproduit ci-dessous, à une analyse critique sans concession du discours unanime de la meute des éditocrates.
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En s’appuyant sur les interventions de très nombreux éditorialistes de la presse écrite et audiovisuelle enregistrés depuis quelques semaines (liens vers les articles ou interventions et photos copies d’écran à l’appui), il démontre à quel point ces gens-là sont nuisibles au pluralisme, ce que personne, parmi nous, n’ignorait mais qu’il est utile malgré tout de rappeler en montrant une nouvelle fois comment cela se passe.
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Et Julien Salingue précise bien qu’il s’agit NON PAS de défendre ici Benoît Hamon qui se trouve être la victime de ces éditocrates, mais de défendre une certaine idée du journalisme qui implique le pluralisme et l’honnêteté intellectuelle, deux principes qu’ils ignorent ou plutôt qu’ils méprisent.
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Nous, qui soutenons Mélenchon, nous nous positionnons en adversaires résolus de Benoît Hamon. Et moi-même, je ne me prive pas de lui décocher de violentes flèches.
Mais ce n’est pas du tout pour les mêmes raisons. Nous ne sommes pas journalistes ou éditorialistes. Nous sommes des militants politiques et ça change tout ! Nous défendons des idées politiques, nous ne prétendons pas dire la vérité absolue ni imposer notre vision dans la tête des gens. Nous ne voulons pas les subjuguer mais les convaincre. Nous ne voulons pas qu’ils nous choisissent par contrainte mais par enthousiasme, en étant conscients, éveillés et acteurs. Une telle position n’a rien à avoir avec celle du sage, de l’intelligent, du sachant, de celui qui est forcément « objectif », « neutre », «impartial », position d’autorité que prennent ces éditorialistes pour décréter ce qu’il faut penser et ce qu’il faut faire. Ces gens-là sont comme les gardes d’un camp de concentration de la pensée. Ou comme les intégristes de certaines religions, Taliban-Ayatollahs ou anciens Inquisiteurs.
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Et bien que les coups, dont il est question ici, aient été donnés à Benoît Hamon, nous aurions tort de nous en réjouir pour la seule raison qu’il est notre adversaire.
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Parce que ce sont aussi ceux que Mélenchon reçoit de la part des mêmes depuis si longtemps ; lesquels ne manqueront pas de redoubler de violence envers notre candidat au fur et à mesure que se rapprochera la date du 1er tour, surtout si Mélenchon continue de percer comme il le fait !
Enfin, sur le plan des principes, ce travail de sape-là, que ce soit contre Hamon, contre Mélenchon, ou contre d’autres encore, fussent-ils extérieur à nos amis, est intolérable dans une démocratie accomplie. Mais nous savons bien que nous sommes encore loin d’un tel régime. Enfin, nous nous en rapprocherions sans doute assez rapidement si nous élisions Mélenchon, puisqu’il prône une 6e République profondément renouvelée dans ses principes comme dans ses modalités de fonctionnement, un régime nouveau qui ferait «place au peuple » pour de bon. Mais ce n’est pas le sujet de cet article.
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Il faudra donc traiter ce problème qu’est l’idiosyncrasie* des éditorialistes à gages*.
* Je m’amuse à reprendre ici un terme savant cher à Frédéric Lordon (j’espère que je l’utilise à bon escient…)
** Je fais référence à ce pamphlet intitulé « Les économistes à gages » auquel participèrent Frédéric Lordon et Serge Halimi.
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Le journalisme est une chose, l’éditorialisme en est une autre. Et quand l’éditorialisme confine à la pire des propagandes, réduisant celle en vigueur dans les pires tyrannies de l’histoire à des oeuvres de débutants, il y a matière à s’en préoccuper de toute urgence.
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Pourtant, d’un autre côté, leur travail de sape est-il si efficace ? Parviennent-ils encore à nous nuire vraiment et à guider ou orienter notre pensée et nos décisions ? On peut en douter…
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Il semble de plus en plus acquis, en effet, au regard des résultats électoraux enregistrés depuis 2005 en général, et depuis quelques mois en particulier, que cet unanimisme des «chiens de garde » du système capitaliste n’a plus aucune espèce d’influence sur l’esprit des citoyens qui ne décident plus en fonction d’eux. Ou bien, ne les prennent comme référence QUE pour aller à l’exact encontre de leurs diktats.
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Du coup, je m’interroge. Faut-il mener la guerre contre eux et défendre nos idéaux ou les laisser barrir en cadence, en rythme et en procession, et s’amuser de voir, in fine, que leur prêt-à-penser est tout simplement totalement inopérant ?
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Je vous laisse méditer sur cette question mais avant, poursuivez cette lecture en découvrant enfin le passionnant billet de Julien Salingue…

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Le dimanche 4 février, Benoît Hamon était « officiellement » investi candidat à l’élection présidentielle lors d’une initiative organisée à la salle de la Mutualité, à Paris, après avoir déjoué tous les pronostics des turfistes des grands médias qui traitent les campagnes électorales comme des courses de chevaux.

Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant : Acrimed ne soutient aucun candidat à l’élection présidentielle. En revanche, nous défendons une exigence de pluralisme éditorial : celui-là même qui est bafoué quand l’unanimisme éditocratique tient lieu de débat démocratique.

L’investiture de Benoît Hamon est, à ce titre, l’occasion pour nous de revenir sur des semaines de commentaires avisés, glanés au cours du mois de janvier à l’occasion des débats et du scrutin de la « primaire de gauche » : ils donnent un aperçu non seulement de l’indigence, mais surtout de la convergence strictement propagandiste des commentaires d’un journalisme de caste, mobilisé au service de son prétendu « réalisme ». En un mot : Benoît Hamon le « rêveur », un cauchemar pour les éditorialistes associés [1].

Que Manuel Valls et ses partisans, ainsi que d’autres candidats à la présidentielle (et leurs partisans), aient opposé le « réalisme » de leurs propositions à « l’utopisme » de celles de Benoît Hamon relève d’un débat public et de confrontations partisanes sur lesquels la critique des médias telles que nous la concevons n’a rien à dire. Mais que cette opposition (dont le simplisme frappe par son indigence) soit reprise et validée, voire amplifiée, par une cohorte quasi-unanime de journalistes et d’éditorialistes, mérite que l’on s’y attarde : parce que, en reprenant l’argumentaire des adversaires d’un candidat, le procès médiatique en « utopisme » contribue à tenter de le disqualifier. Et peu nous importe, en l’occurrence, de savoir quel est le « bon » candidat, doté du « bon » programme : quand l’éditocratie est, à quelques nuances près, frappée d’unanimité, sa mobilisation met à nu la place qu’elle occupe et le rôle qu’elle joue : délimiter soigneusement le périmètre du « cercle de la raison », du dicible et du pensable.

Avant le premier tour de la « primaire de gauche »

Focalisés sur l’affrontement programmé – par les sondages – entre Arnaud Montebourg et Manuel Valls, les éditorialistes et les « grands » journalistes politiques n’ont guère jugé nécessaire de concéder un peu de leur temps à Benoît Hamon avant le premier tour (le 22 janvier). À noter tout de même, ce commentaire (précurseur) de Jean-Michel Aphatie dans un billet de blog publié le 11 janvier :

Dans cet océan de faiblesses, Benoît Hamon apparaît comme un homme fort. D’abord, il respire la sincérité, et il est un peu le seul, en développant les positions dont il a peu varié au fil des ans. Ensuite, il témoigne d’une certaine originalité, ce qui est toujours bien vu dans un électorat socialiste qui développe depuis ses origines une aptitude particulière aux rêves et aux chimères. Pour autant, ceci ne suffit pas à transformer Benoît Hamon en candidat crédible. Ni ses expériences politiques passées, ni même ce qu’il a montré de sa psychologie, ne permettent de le regarder comme un chef, un patron, c’est à dire un futur président de la République. Sa cote de sympathie actuelle, qui semble réelle, résulte plus de l’hypocrisie et de l’insignifiance de ses concurrents que d’une adhésion nette et franche à ses idées ou à sa personnalité.

Quelques jours plus tard, à l’occasion du débat organisé le 19 janvier entre les candidats à la primaire, le même Jean-Michel Aphatie, mais sur Twitter cette fois, analysait finement les propositions économiques de Benoît Hamon :

Une « analyse » reprise et complétée par Bruno Jeudy, de Paris Match et BFM-TV :

Deux éditocrates, une même idée : Benoît Hamon est le candidat du « rêve » et des « chimères » ; son programme est irréaliste car non-finançable. Ce que n’avait pas manqué de relever Christophe Barbier, de L’Express et BFM-TV, quelques jours plus tôt :

Et que ne manquera pas de relever, dans un style à peine différent, David Doukhan, le 20 janvier sur Europe 1, qui titre « Débat : la gauche réaliste contre la gauche utopiste » et commente : « Avec ce troisième débat, les concurrents ont enfin eu leur grande explication, car c’est bien de la fracture entre une gauche réaliste et visionnaire d’un côté, et une vision idéaliste et égalitaire de l’autre, dont il a été question. »

Quatre commentateurs seulement : cela pourrait laisser la place, que ceux-ci aient raison ou tort, à des commentaires divergents. Mais non : le décor est planté dès la fin de ce prologue.

Le soir du premier tour

Le dimanche 22 janvier, lorsque les premiers résultats sont annoncés (Benoît Hamon est en tête devant Manuel Valls), c’est à un véritable festival que l’on assiste sur les différents plateaux de télévision. Les experts, dont les bavardages font office d’arguments, sont unanimes à déplorer une éventuelle victoire de Benoît Hamon et s’improvisent docteurs ès Parti socialiste. Comme s’ils étaient des consultants, voire des membres, de ce parti.

Sur BFM-TV, Christophe Barbier s’improvise ainsi conseiller politique de Manuel Valls :

Valls a une seule chance, c’est de mobiliser tous ceux qui ne sont pas allés voter dimanche. […] Cette gauche-là elle peut être mobilisée par Manuel Valls s’il montre qu’avec Benoît Hamon, s’il démontre qu’avec Benoît Hamon, la gauche va vers un désastre électoral et que surtout le programme de Benoît Hamon ne tient pas la route. Ils ont été dépassés par la gauche plus jeune, plus radicale, plus utopiste aussi de Benoît Hamon. [2]

Toujours sur BFM-TV, Anna Cabana, qui officie également au Journal du Dimanche, est tout aussi catégorique :

Alors c’est pas la gauche dont on pense qu’elle va gouverner, c’est pas la gauche qu’on veut porter à la présidentielle. Ils ont choisi une gauche qui ne va pas gagner, c’est comme ça qu’on peut lire ce scrutin. [3].

Ruth Elkrief complète l’analyse de ses collègues de plateau, en inventant des citations de Benoît Hamon :

Moi, ce qui me frappe, c’est qu’il dit : « Je mets en avant la question sociale, la question écologique. Et qu’est-ce que je refuse ? Je refuse la question régalienne, la question de l’identité, la question de la religion et la question du terrorisme. » […] Et c’est ce qu’il dit, alors même que sort un livre dont on va beaucoup parler, qui s’appelle La France soumise et qui démontre qu’il y a un problème d’un islam politique qui veut miner les fondements de notre république laïque et égalitaire notamment entre les femmes et les hommes. [4]

Trois déplorations : un « désastre électoral » annoncé, « une gauche qui ne va pas gagner » et un candidat qui refuse(rait) de parler de « la question du terrorisme ». Trois déplorations d’experts en réalisme, spécialistes réputés du Parti socialiste, qui s’inquiètent d’un éventuel « irréalisme » et d’une éventuelle défaite du PS à la présidentielle. Au nom et au bénéfice de qui ?

Ces inquiétudes indignées ne sont pas particulières à BFM-TV. Un petit tour, le même soir, sur France 2, confirme en effet que l’éventuelle victoire de Benoît Hamon provoque partout les mêmes accès de révolte, bien qu’ils soient d’intensité variable, comme permet de le vérifier un Franz-Olivier Giesbert au meilleur de sa forme :

Hamon c’est quelqu’un qu’on peut qualifier de social-populiste. Vous le voyez, vous, au deuxième tour ? C’est impossible ! Vous le voyez même arriver avec un score raisonnable au 1er tour de l’élection présidentielle ? C’est absolument impossible, en face il y a la montagne Mélenchon qui est pratiquement indestructible. Vous voyez Benoît Hamon pour prendre des voix sur le terrain de Mélenchon ? Mais faut être dingue ! [5]

Et de poursuivre, avec une assimilation du « social-populisme » de Benoît Hamon à « une sorte de trumpisme de gauche » :

On va mettre des murs partout, le souverainisme, un programme économique surréaliste… Hamon c’est exactement la ligne. On met des frontières, on reconstruit des frontières et un programme économique totalement surréaliste sinon dadaïste. [6]

Il faut dire que Laurent Delahousse lui avait tendu la perche, même s’il ne pouvait pas imaginer que Giesbert irait aussi loin :

Franz-Olivier Giesbert, est-ce que le Parti socialiste va réussir à échapper à cette crise annoncée avec cette primaire ? La fracture est réelle, d’un côté il y a une gauche de frondeurs, d’utopistes diront certains… Et, de l’autre côté, on a Manuel Valls, héritier du quinquennat, qui souhaite évoluer vers quoi ? [7]

Voilà qui ouvrait grand la porte au procès en « utopisme », que Franz-Olivier Giesbert ponctuera d’une métaphore… audacieuse :

C’est à un suicide auquel on assiste au PS, une grande partie du PS… partie dans un monde de Bisounours, parle de réformes sans mettre d’argent derrière. [8]

Pour Bruno Jeudy, point de suicide ni de Bisounours, mais plus sobrement une « descente aux enfers » :

Du côté d’Arnaud Leparmentier, du Monde, la première position de Benoît Hamon, symptôme d’une « corbynisation » est rien moins qu’un « drame » :

Marquons une pause. Loin de nous l’idée de priver les commentateurs de leur droit de commenter et donc de critiquer. Mais on est en droit de s’inquiéter quand ils chassent en meute, commentent à sens unique sans informer et multiplient des interventions qui semblent directement inspirées des stratégies de communication et des « éléments de langage » des adversaires du candidat socialiste. Où l’on voit que le journalisme de commentaire est un proche cousin du journalisme de propagande, surtout quand il émane non d’un média ou d’un journaliste de parti-pris particulier, mais d’une cohorte de donneurs de leçons qui ressassent les mêmes « idées ». Des pratiques qui méritent d’être critiquées sans avoir à soutenir Benoît Hamon plus qu’un autre.

Entre les deux tours de la « primaire de gauche »

Entre le 22 et le 29 janvier, les éditorialistes vont ainsi rivaliser de formules-choc pour poursuivre l’entreprise de délégitimation de « l’utopiste » Benoît Hamon, opposé au « réaliste » Manuel Valls. Avec, comme on va le voir, un pluralisme confondant [9] :

- Laurent Joffrin résume l’alternative dans un éditorial de Libération : « D’un côté une social-démocratie avant tout réaliste, de l’autre un socialisme renouvelé et en partie utopique. La gauche qui gère contre la gauche qui rêve ».

- Vincent Giret, du Monde, décrète sur Franceinfo que « la gauche a décidé de se faire un shoot d’utopie et de rêve. Puisque c’est perdu, alors on se fait plaisir ».

- Didier Rose, dans les Dernière Nouvelles d’Alsace, fait dans l’originalité : « Hamon-Valls, c’est l’utopiste contre l’hyperréaliste » [10].

- Sylvain Courage, pour L’Obs, entérine l’opposition qu’il construit lui-même, sous le titre « Primaire à gauche : Hamon contre Valls, la schizophrénie des deux gauches », entre la gauche de la raison et la gauche du cœur : « Benoît Hamon, revenu universel, visa humanitaire et « VIe République » en étendard, flatte l’affect socialiste ».

- Bernard Stéphan, dans La Montagne, oppose – c’est le titre – « Le réel et le rêve » : « Si les électeurs veulent la gauche du réel, capable d’aller au second tour de l’élection présidentielle, ils voteront Manuel Valls. S’ils veulent rêver, avoir une candidature de témoignage, ils voteront Benoît Hamon. »

- Françoise Fressoz, dans Le Monde, entérine l’opposition dans le titre lui-même (« Primaire à gauche : « sérieux » et « utopistes » dans le même bateau ») et distingue finement deux socialismes : « l’un, résolument utopique, qui n’aime rien tant que l’opposition ; l’autre réaliste, qui prétend gouverner et accepte, à des degrés divers, la confrontation avec le réel ».

- Une opposition également mise en scène sur BFM TV le 24 janvier, lorsque Ruth Elkrief a interviewé successivement les deux qualifiés pour le deuxième tour :

– Original parmi les originaux, Christophe Barbier a entonné le même refrain dans un éditorial dont le titre est explicite (« Le revenu universel de Benoît Hamon, boulevard de l’utopie ») :

Il s’agit en fait de parachever la Révolution française : longtemps après la destruction des privilèges de la noblesse, le temps est venu d’une société où chacun est doté de l’attribut suprême des aristocrates, l’oisiveté. Le revenu universel, c’est le lendemain qui chante après la nuit du 4 août.

Et de poursuivre cette opportune analogie historique par cette évocation nuancée :

Épuisée, la social-démocratie enfante donc deux gauches de la modernité. Celle d’Emmanuel Macron, d’abord, qui n’est pas sociale-libérale, mais libérale-sociale, puisqu’il s’agit de créer des richesses pour ensuite les dépenser afin d’améliorer la justice dans la société. Pour que cela fonctionne, il faut travailler plus et plus nombreux. Celle de Benoît Hamon, ensuite, qui donne un peu à tous pour que personne n’ait rien, offre à ceux qui le veulent de travailler moins sans gagner moins et établit la justice sociale en taxant le capital. Ces deux gauches sont bel et bien irréconciliables.

- Pour Nicolas Beytout, de L’Opinion, Benoît Hamon n’est pas seulement un « rêveur » ou un « utopiste », mais un « prestidigitateur » :

Abracadabra : avec Benoît Hamon, les vieilles ficelles démagogiques sont ressorties et les recettes éculées réactivées. La réduction du temps de travail n‘a pas marché, la socialisation progressive par la redistribution des revenus a asphyxié l’économie, la fiscalité a écrasé l’initiative ? Pas grave : grâce à la magie du verbe, ce qui a échoué hier fonctionnera demain et le candidat du passé se transformera en homme neuf.

- Ivan Rioufol, du Figaro, tout en reprenant le raisonnement de ses confrères, ajoute sa petite touche personnelle (« Benoît Hamon, ou la victoire des autruches ») en accusant Benoît Hamon d’être « acquis à l’islam politique » :

Manuel Valls, qui arrive deuxième à l’issue du premier tour poussif (il a obtenu 31% des voix, contre 36% à son adversaire), a raison de prédire la défaite assurée de cette gauche utopique, immature, acquise à l’islam politique. Le gauchisme culturel, majoritairement soutenu par ceux, peu nombreux, qui se sont mobilisés hier (1,6 million de votants), est voué à l’échec. […] Hamon est la caricature du dirigeant hors-sol et démagogique, avec notamment son revenu pour tous à 750 euros par mois, sa politique construite sur l’imposition fiscale alourdie et son électoralisme en direction des minorités.

- Jean-Marc Sylvestre, ancien spécialiste de l’économie sur TF1 et LCI, désormais réfugié sur le site Atlantico, ne s’est pas borné à entériner l’opposition (résumée dans le titre : « Hamon-Valls, Le dialogue impossible entre l‘Utopie et la réalité »). Il a agité la menace du pire et sonné l’alarme :

Benoît Hamon, une fois de plus, propose de s’affranchir de la réalité européenne en passant outre les règles budgétaires et notamment la maîtrise des déficits. Il est d’un laxisme presque supérieur à ce que propose Jean-Luc Mélenchon. Hamon ne veut pas comprendre que l’Union européenne nous sert à mutualiser le coût des dettes. […] S’affranchir des règles budgétaires et du code européen, reviendrait à quitter le club et ses avantages. Projet irréaliste, voire impossible. Dans l’histoire, les utopies ont très souvent tué les démocraties. La responsabilité du politique est donc de respecter la réalité, relever les défis que cette réalité impose. Si on ne respecte pas la réalité, elle se venge à chaque fois et c’est le peuple qui en paie le prix.

- Mais une fois encore, c’est Franz-Olivier Giesbert qui décroche la palme de la « formule choc », dans un éditorial publié sur le site du Point [11] la veille du second tour de la « primaire » :
 

À noter, enfin, quelques tweets bien inspirés pendant le débat opposant Benoît Hamon et Manuel Valls le 25 janvier :

Nous ne savions pas que le très droitier Éric Brunet, fidèle supporter de Nicolas Sarkozy, dont il avait prédit la victoire en 2012, puis lors de la primaire de la droite en décembre 2016, participerait à la « primaire de gauche ». Mais de toute évidence, entre le 22 et le 29 janvier, tout bon éditocrate devait, sinon afficher son soutien à Manuel Valls, du moins critiquer vertement Benoît Hamon jusqu’au second tour du scrutin.

Après le second tour

Et le soir de ce second tour fut l’occasion de rejouer le même spectacle, avec de nouveau des plateaux de télévision peuplés d’éditorialistes et de journalistes politiques visiblement désespérés par la victoire de Benoît Hamon, d’Anna Cabana (« L’inexpérience tient lieu de brevet de modernité ») à Hervé Gattegno (« Hamon a réussi l’exploit de défendre une politique qui n’apparaît pas très sérieuse d’une façon sérieuse ») en passant par Ruth Elkrief (« Il y a une part de revanche, Benoît Hamon, c’est l’un des licenciés, des frondeurs de ce quinquennat ») [12] et Nathalie Saint-Cricq, pour qui le courant politique représenté par Benoît Hamon est une gauche « idéaliste et irréaliste ». « Pédagogie » ou matraquage ?

Ce sont ces commentaires à sens unique que le SNJ-CGT a relevés dans un communiqué :

La soirée électorale de la primaire du Parti socialiste a été un moment inoubliable de télévision sur France 2, BFM ou i-Télé. Comme ce fut le cas lors du premier tour, il était difficile pour les éditocrates de cacher leur dépit, voire leur colère, devant la claire victoire de Benoît Hamon face à Manuel Valls.

Le pluralisme a été une nouvelle fois l’oublié des plateaux de télévision. Quasiment les mêmes têtes, toutes issues du « cercle de la raison » libérale nous sont offertes à chaque fois et les mêmes arguments sont déversés sans grand risque d’être contredits. Dans une expression rageuse ou vulgaire (Franz-Olivier Giesbert, Jean-Luc Mano, Eric Brunet), de droite libérale et/ou souverainiste plus ou moins outrancière (Agnès Verdier-Molinié, Natacha Polony, Nicolas Beytout), les commentateurs invités vont tous dans le même sens : ridiculiser, délégitimer tout projet politique de changement. […]

C’est insupportable pour le téléspectateur qui, lui, tente de comprendre la situation politique du moment, celle où tous les instituts de sondage (une fois de plus) sont désavoués par les électeurs, celle où tous les favoris sont balayés. Comment s’étonner que des commentateurs et des journalistes soient associés aux élites et à un système rejeté ?

Une pensée particulière pour Arnaud Leparmentier, décidément très chagriné par la « corbynisation » de la gauche française, comme il l’a fait savoir par un tweet quelque temps avant la proclamation des résultats :

Reste à savoir si une « bad news » est pire qu’une « fake news »…

***

Depuis lors, le chœur des éditocrates, qui ont pris acte de la victoire de Benoît Hamon (et de « leur » défaite ?), s’est mis à entonner un refrain à peine différent : il est temps pour Benoît Hamon de devenir « raisonnable » et d’endosser le « costume présidentiel ». Exemple parmi bien d’autres avec cet article de Bruno Roger-Petit, publié sur le site de Challenges, qui relate notamment la visite du candidat socialiste au Premier Ministre Bernard Cazeneuve :

Après son entrevue à Matignon, lundi après-midi, le candidat socialiste a jeté quelques mots aux journalistes présents. Un petit micro avait été posé là. Nu. Dépouillé. Squelettique. Sans majesté. Benoît Hamon s’est placé là, et a bafouillé une déclaration improvisée. On était bien loin de la représentation que l’on peut se faire d’un candidat crédible à la présidence de la République. Quand Bernard Cazeneuve, s’est à son tour adressé aux journalistes, un pupitre a été dressé pour l’occasion. Et le Premier ministre a lu ici une déclaration rédigée à la virgule près. En majesté. En autorité. En responsabilité. Le pouvoir, le vrai, c’était Cazeneuve. Le touriste, c’était Hamon. L’incarnation du pouvoir, c’est un métier. Et pour le moment, ce n’est pas celui de Benoît Hamon, qui a sans doute beaucoup à apprendre du soutien Hollande. Nul n’en doute.

Après avoir fait campagne contre Benoît Hamon en lui faisant un procès en « utopie » et en « irréalisme », la meute aurait-elle décidé de désormais lui donner des conseils pour qu’il progresse dans les sondages ? Décidément, tout est permis en éditocratie…

On l’aura compris : il est hors de question que nous opposions à la propagande médiatique notre propre contre-propagande (et que nous accordions notre soutien tacite ou explicite à Benoît Hamon ou à tel autre candidat). Seul nous importe – ici à travers le « cas » Hamon – le rôle de caste de l’éditocratie quand elle écrase sous le poids de ses partis-pris politiques convergents, grossièrement déguisés en expertises, le débat démocratique qu’elle prétend animer.

Table des matières du journal « Le Fil d’Actu »

J’adresse un salut fraternel – et un immense remerciement – à ces camarades qui ont été à la base de la fondation de ce nouveau media. À Tatiana bien sûr qui présente ce Journal alternatif avec une fraîcheur explosive et une intelligence acérée, mais aussi évidemment à vous qui travaillez en coulisses. Je ne vous connais pas tous et toutes mais je sais au moins qu’il y a Tommy, Johann et Mickaël. A vous quatre et à tous les autres, hélas anonymes pour moi, bravo !

On me dit que parmi celles et ceux que je n’ai pas cité-e-s faute de les connaître, il y a notamment Laélia, un autre Yohann, Gwenda, Vincent…

Le Fil d'Actu - profil

Le Fil d'Actu - tous les jeudis, l'émission qui donne du sens à l'actu

Avril 2016

Épisode 26 du

Épisode 25 du 07/04/2016 : Panama papers – Voile – Logement

 

Mars 2016

Épisode 24 du 31/03/2016 : élections américaines et football

Épisode 23 du 24/03/2016 : Terroristes – Étudiants et privilégiés

Épisode 22 du 17/03/2016 : Mobilisation étudiante – Loi travail – Fashion Week

Épisode 21 du 10/03/216 : Droits des femmes – Michelin – Réfugiés

Épisode 20 du 03/03/2016 : #OnVautMieuxQueCa – agriculture – nucléaire

 

Février 2016

Épisode 19 du 25/02/2016 : Loi travail – Brexit – école

Épisode 18 du 20/02/2016 : Militaires – Crise financière – Guerre en Syrie

Épisode 17 du 11/02/2016 : RSA – Harcèlement – Cahuzac

Épisode 16 du 07/02/2016 : La caissière, l’agriculteur et le migrant

 

Janvier 2016

Épisode 15 du 28/01/2016 : Davos – Biotrial – Uber

Épisode 14 du 21/01/2016 : Goodyear – Keystone XL – Notre Dame des Landes

Épisode 13 du 14/01/2016 : Éducation – Taux de pauvreté – Augmentation des frais bancaires

Épisode 12 du 07/01/2016 : Fraude fiscale organisée – Déchéance de nationalité – Élections espagnoles

Épisode 11 du 09/01/2016 : Grippe aviaire et galaxie lointaine

Décembre 2015

Épisode 10 du 13/12/2015 : Faillite politique aux élections régionales – Jacqueline Sauvage – Victoire pour Corbyn

Épisode 9 du 05/12/2015 : État d’urgence – DAECH – Consumérisme

Novembre 2015

Épisode 8 du 19/11/2015 : Salafisme, sécurité, liberté : garder la tête froide ?

Épisode 7 du 12/11/2015 : Climat – Hexagone – Balard – Taxe tampon

Épisode 6 du 07/11/2015 : Retraites – Poste – Jeux vidéo : le profit avant l’Humain ?

 

Octobre 2015

Épisode 5 du 30/10/2015 : Autocars – Banlieues – Manipulations politiques

Épisode 4 du 23/10/2015 : Le froid tue – L’Amérique se réveille avec Bernie Sanders – On massacre à Alès

Épisode 3 du 15/10/2015 : Air France – Turquie – Pesticides… qui sont les responsables ?

Épisode 2 du 08/10/2015 : Syrie – Police privée – PIB – Faire les bons choix ?

Épisode 1 du 01/10/2015 : Volkswagen – ONU – Pharma Business : ont-ils tous les droits ?

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liens vidéos vers débats, conférences, documentaires et films

Cet article ressource sera régulièrement complété et mis à jour.

Dernière mise à jour : le 26 avril 2015

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Cet article ressource sera régulièrement complété et mis à jour.

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1/ Discours, débats et conférences

« Le capitalisme mérite-t-il une bonne correction ? »

dans Ce soir ou jamais du 17 avril 2015, débat avec Thomas Piketty et Frédéric Lordon

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Discours de la députée allemande Sahra Wagenknecht, vice-présidente de Die Linke, au Bundestag, le 19 mars 2015.

Elle y critique la politique étrangère de Madame Merkel à l’égard de la Russie et son alignement sur les intérêts de l’OTAN et des États-Unis d’Amérique. Sahra Wagenknecht critique également les négociations sur le Grand Marché Transatlantique, contraire à la démocratie, et critique fortement la politique économique de Madame Merkel. Enfin, elle explique que le gouvernement d’Alexis Tsipras ne peut être jugé responsable de la dette grecque. Elle montre enfin que l’oligarchie a profité de la crise grecque pour s’enrichir davantage.

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« De l’économie barbare à l’économie humaine – Penser et agir autrement » avec Jacques Généreux

Conférence a été organisée dans le cadre des Chapiteaux du livre de Béziers le 27 septembre 2014, en partenariat avec la MAIF.

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Conférence »Faut-il faire sauter Bruxelles ? »

Avec François Ruffin, Jacques Généreux et Emmanuel Todd, le 30 avril 2014 à Normale Sup’ (École Normale Supérieure, rue d’Ulm à Paris) : http://www.dailymotion.com/video/x1uf0pk_faut-il-faire-sauter-bruxelles_webcam

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Débat « Faut-il sortir de l’euro ? »

Avec Jean-Luc Mélenchon et Jacques Sapir – Débat animé par Daniel Schneidermann sur Arrêts sur images le 4 juillet 2013

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« Journée Défense » du Parti de Gauche le 1er février 2014 à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques présidé par Pascal Boniface)

Intervention de Jean-Luc Mélenchon (Introduction) :http://www.dailymotion.com/video/x1bjtf0_jean-luc-melenchon-introduction-a-la-journee-defense-du-parti-de-gauche_news

Intervention de Pascal Boniface : http://www.dailymotion.com/video/x1bhpks_pascal-boniface-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Chloé Maurel : http://www.dailymotion.com/video/x1c47fz_chloe-maurel-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Jean-Charles Hourcade : http://www.dailymotion.com/video/x1c48bp_jean-charles-hourcade-objectifs-strategiques-et-moyens_news

Intervention de Benoist Bihan : http://www.dailymotion.com/video/x1bn2fq_benoist-bihan-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention d’Alain Joxe : http://www.dailymotion.com/video/x1c47uh_alain-joxe-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention de Yann Le Pollotoec : http://www.dailymotion.com/video/x1c481l_yann-le-pollotec-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention du général Vincent Desportes :http://www.dailymotion.com/video/x1c4899_general-vincent-desportes-objectifs-strategiques-et-moyens_news

Intervention de l’amiral Jean Dufourcq : http://www.dailymotion.com/video/x1bowuq_amiral-jean-dufourcq-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Djordje Kuzmanovic (Responsable de la commission Défense au PG) :http://www.dailymotion.com/video/x1c486u_djordje-kuzmanovic-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention de Jean-Luc Mélenchon (conclusion) : http://www.dailymotion.com/video/x1ctrir_jean-luc-melenchon-conclusion-a-la-journee-defense-du-parti-de-gauche_news

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« Lutter contre la montée de l’extrême-droite, notamment dans le monde ouvrier » – le 18 mai 2013 au plateau des Glières

Avec Annie LACROIX-RIZ, Alexis CORBIÈRE, Jean-Paul Ravaux et Thierry Leclere

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« Faut-il sortir de l’euro ? » Débat lors du Remue-Méninges du Parti de Gauche de l’été 2011

Intervention de Jacques Généreux (de 19’47 à 1h03) : http://www.dailymotion.com/video/xlm018_rm-faut-il-sortir-de-l-euro_news

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« Gouverner contre les banques » – Conférence du Parti de Gauche le 10 juin 2010

Intervention de Jean-Luc Mélenchon :http://www.dailymotion.com/video/xdq7g0_jean-luc-melenchon-gouverner-face-a_news

Intervention de Jacques Généreux : https://www.youtube.com/watch?v=8oBQ3b-1hn8

Intervention de François Morin : https://www.youtube.com/watch?v=2v4YS3z9UL8

Intervention de Raquel Garrido :http://www.dailymotion.com/video/xdq8iz_raquel-garrido-gouverner-face-aux-b_news

Intervention de Dominique Pilhon : https://www.youtube.com/watch?v=doZrKUcETUY

Intervention de Bernard Cassen :http://www.dailymotion.com/video/xdqb35_bernard-cassen-gouverner-face-aux-b_news

Intervention de Laurent Cordonnier : https://www.youtube.com/watch?v=V1jM2pzhw28

Intervention de Christophe Rameaux :http://www.dailymotion.com/video/xdxr7f_christophe-ramaux-gouverner-face-au_news

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« Mélenchon-Todd compatibles ? »

Débat animé par Daniel Schneidermann sur Arrêts sur images le 15 avril 2011

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Conférences de Naomi Klein

« Tout peut changer » – le 30 mars 2015 à Paris

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« La stratégie du choc »

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Conférences de Annie LACROIX-RIZ

« Partages et repartages du monde à l’époque des Première et Deuxième guerres mondiales »

Intervention dans le cadre de la conférence « Marx au 21e siècle » le 14 février 2015 à l’université Paris Sorbonne

« De la crise des années 30 à la crise d’aujourd’hui » – le 11 octobre 2014 à l’université populaire de Saint-Dizier

https://www.youtube.com/watch?v=0Lf7PrN_LUw

« Aux origines de l’Europe » – Grenoble le 20 mai 2014

« Le Conseil National de la Résistance » – Saint-Maximin (60 – Oise) le 15 novembre 2013

« Le fascisme dans l’Entre deux-guerres » – le 14 mai 2013 à l’université Paris X Nanterre

partie 1/2 : https://www.youtube.com/watch?v=nIjbVOlpcIg

partie 2/2 : https://www.youtube.com/watch?v=yQiFSXKsxd0

« Patronat et financiers français sous l’Occupation » – le 6 avril 2013 à Lyon

« L’Histoire contemporaine toujours sous influence » le 6 octobre 2012 sur Radio Libertaire

« La stratégie du choc » – le 29 juin 2012 à Metz (conférence avec Attac)

« Le choix de la défaite » – le 5 juin 2010 à Paris dans le cadre de l’émission de France Inter « Là-bas si j’y suis »

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« Propagande de guerre, propagande de paix » avec Annie LACROIX-RIZ, Jean BRICQMONT, Anne MORELLI, le général FORGET et la journaliste Diana JOHNSTONE

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Conférences de Noam Chomsky

« La fabrication du consentement »

partie 1/2 : https://www.youtube.com/watch?v=waUIPMXuHV0

partie 2/2 : https://www.youtube.com/watch?v=ri3opfLaQpU

« Les principes du pouvoir : l’Empire le film »

« Contours de l’ordre mondial. Continuités, changements et défis »

Conférence organisée par Le Monde Diplomatique avec Serge Halimi et Daniel Mermet, le 29 mai 2010 à la Mutualité, Paris

partie 1/3 : https://www.youtube.com/watch?v=7y_spxHmBZI&list=PLhVH6hJxBHEF4QoxX5_J4K_d71ha3yNv0

partie 2/3 : https://www.youtube.com/watch?v=Ttl4RNDLnfo

partie 3/3 : https://www.youtube.com/watch?v=Uaj7Tg-pLkU

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Conférences de Serge Halimi (Le Monde Diplomatique)

« Les nouveaux chiens de garde »

Dans le cadre de l’émission « Là-bas si j’y suis » diffusée le 15 décembre 2005 sur France Inter.

« Le grand bond en arrière. Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde »

Dans le cadre de l’émission Là-bas si j’y suis le 2 juillet 2004

« L’ère des restaurations »

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Conférences de Michel Étiévent

« Guy Mocquet » – octobre 2012

« Ambroise Croizat et Marcel Paul – chemins croisés de l’innovation sociale » – octobre 2011

« Ambroise Croizat » – octobre 2011

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Conférence de Jean Ziegler le 26 septembre 2013 à Strasbourg

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« La fabrication du consentement »

Conférence de Hugue Le Paige (journaliste, réalisateur et rédacteur de la revue Politique) le 25 février 2014, Bruxelles (organisée par Attac)

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« Corruption, ça suffit » intervention de Roberto Scarpinato

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« Les pirates du vivant » par Marie-Monique ROBIN

Le 15 janvier 2014, dans le cadre de journées normaliennes du développement durable, ENS Rennes

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2°/ Films politiques et sociétaux

2.1- Films de Yannick Bovy

2.1.1- « Marinaleda, les insoumis » – Mars 2015

Émissionde la FGTB* walonne réalisée et produite par le CEPAG*, avec la collaborationdu GSARA* asbl et le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

FGTB :Fédération Générale du Travail de Belgique (selon Wikipedia : c’est le 2è syndicatbelge par le nombre de ses membres, environ 1,5 million de personnes et ilserait de tendance socialiste)

CEPAG :Centre d’éducation populaire André Genot (mouvement d’éducation permanente prochede la FGTB)

GSARA :« Né avec l’apparition de la vidéo en Belgique en 1976, le Gsara seprésente aujourd’hui comme une plate-forme sur tout ce qui touche àl’audiovisuel » (Auto-présentation sur Twiter)

2.1.2- « Des canaris dans la mine » – Octobre 2013

Voici quelques canaris aux cris stridents. Des canaris de Belgique et de Grèce qui sifflent l’alerte depuis le fond de la mine et s’agitent pour nous prévenir : c’est un terrible coup de grisou qui s’annonce sur nos droits, notre santé, nos vies, l’avenir de nos enfants. Un coup de grisou sur les peuples et la démocratie, et des coups de bâton pour ceux qui osent résister. Regardez ce reportage, prêtez l’oreille aux canaris : vous comprendrez qu’il est temps de sortir de la mine. Et vite.

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2.2- Films de Yannis Youlountas

2.2.1- « Je lutte donc je suis » – À paraître bientôt

2.2.2- « Ne vivons plus comme des esclaves » – Septembre 2013

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2.3- Films de Marie-Monique Robin

2.3.1- « Notre poison quotidien »  par Marie-Monique ROBIN

2.3.2- « Le monde selon Monsanto » par Marie-Monique ROBIN

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3.4- Films divers

2.4.1- « Solutions locales pour un désordre global » – Film de Coline Serreau, avril 2010

2.4.2- « L’île aux fleurs » – Court-métrage du Brésilien Jorge Furtado, 1989

2.4.3- « Le grand bond en arrière »

Que reste-t-il du modèle social français après trente ans de néolibéralisme? Cette question oriente le voyage dans leur pays natal de quatre Français installés depuis plusieurs années au Venezuela. Pour y répondre, le documentaire mêle des données statistiques, journalistiques et des interviews de sociologues, intellectuels, militants, réfugiés politiques, artistes, citoyens, travailleurs sociaux des banlieues, sans-papiers

2.4.4- « La révolution ne sera pas télévisée »
Ce film retrace les événements qui amenèrent au coup d’Etat qui renversa le Président Hugo Chavez, le 11 avril 2002, ainsi que sa remise au pouvoir par le peuple deux jours plus tard, le 13 avril 2002.

2.4.5- « Les nouveaux chiens de garde »

2.4.6- « La guerre contre la démocratie »

Documentaire de John Pilger. Sous-titres français. Titre original: « The War on Democracy ». « La Guerre contre la Démocratie » fut le premier documentaire de John Pilger à être diffusé dans les salles de cinéma. Ce documentaire explore la relation actuelle et passée de Washington avec les pays d’Amérique latine tels que le Venezuela, la Bolivie et le Chili.

https://www.youtube.com/watch?v=mPQkaIHDmXk

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2.4.7- « Les jours heureux » du CNR
Documentaire de Gilles Perret sur la Résistance et sur l’oeuvre du CNR

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3°/ Argumentaires militants

3.1- Les topo-citoyens du Parti de Gauche avec Danielle Simonnet du PG

3.1.1- Topo-citoyen n°1 : La dette est un prétexte

3.1.2- Topo-citoyen n°2 : Gouverner face aux banques

3.1.3- Topo-citoyen n°3 : La planification écologique

3.1.4- Topo-citoyen n°4 : Le traité Sarkozy-Merkel

3.2- On va leur faire un dessin du Parti Communiste Français

3.2.1- La vie chère : http://www.dailymotion.com/video/xkkuta_ep-1-la-vie-chere_news

3.2.2- Le Front de Gauche : http://www.dailymotion.com/video/xlgq8k_ep-2-le-front-de-gauche_news

3.2.3- La crise financière : http://www.dailymotion.com/video/xlxapt_ep-3-la-crise-financiere_news

3.2.4- Justice au pays de l’or noir : http://www.dailymotion.com/video/xmilql_ep-4-justice-au-pays-de-l-or-noir_news

3.2.5- Marine Le Pen amène le pire :  http://www.dailymotion.com/video/xngeur_ep-5-marine-le-pen-amene-le-pire_news

3.2.6- L’austérité ou la vie, il faut choisir : http://www.dailymotion.com/video/xonem9_ep-6-l-austerite-ou-la-vie-il-faut-choisir_news

3.2.7- Le mécanisme infernal européen : http://www.dailymotion.com/video/xpscqk_ep-7-le-mecanisme-infernal-europeen_news

3.2.8- La vie sans Sarkozy : http://www.dailymotion.com/video/xq2vkp_ep-8-la-vie-sans-sarkozy_news

3.2.9- Spécial Législatives : http://www.dailymotion.com/video/xr788u_ep-9-special-legislatives-non-censure_news

3.2.10- Compétitivité ? : http://www.dailymotion.com/video/xtom7p_ep-10-competitivite_news

3.2.11- Bienvenue dans l’austérité ! : http://www.dailymotion.com/video/xua5k0_ep-11-bienvenue-dans-l-austerite_news

3.2.12- La bataille de l’emploi : http://www.dailymotion.com/video/xupjwq_ep-12-la-bataille-de-l-emploi_news

3.2.13- La droite décomplexée : http://www.dailymotion.com/video/xvr08m_ep-13-la-droite-decomplexee_news

3.2.14- À ta santé ! : http://www.dailymotion.com/video/xvwezt_ep-14-a-ta-sante_news

3.2.15- ANI : Devenez souples ! : http://www.dailymotion.com/video/xyb8vc_ep-15-ani-devenez-souples_news

3.2.16- École en danger : http://www.dailymotion.com/video/xz8sw1_ep-16-ecole-en-danger_news

3.2.17- Un an de changement ? : http://www.dailymotion.com/video/xzw226_ep-17-un-an-de-changement_news

3.2.18- La grande évasion : http://www.dailymotion.com/video/x110kao_ep-18-la-grande-evasion_news

3.2.19- Retraitement de choc : http://www.dailymotion.com/video/x129rw3_ep-19-retraitement-de-choc_news

2.2.20- Travail versus Capital : http://www.dailymotion.com/video/x15q71w_ep-20-travail-vs-capital_news

3.2.21- Le coût du capital : http://www.dailymotion.com/video/x173jv1_ep-21-le-cout-du-capital_news

3.2.22- Révolution fiscale : http://www.dailymotion.com/video/x18l6d5_ep-22-revolution-fiscale_news

3.2.23- Pour l’égalité femmes-hommes : http://www.dailymotion.com/video/x18l6d5_ep-22-revolution-fiscale_news

3.2.24- Aux urnes, citoyens ! : http://www.dailymotion.com/video/x1vb7h5_ep-24-europe-aux-urnes-citoyens_news

3.2.25- Le hold-up démocratique : http://www.dailymotion.com/video/x2a077c_ep-25-le-hold-up-democratique_news

3.2.26- En 2015… : http://www.dailymotion.com/video/x2ej8ls_ep-26-en-2015_news

3.3- Petites vidéos courtes sur la dette

3.3.1- La dette, c’est chouette ! : http://www.dailymotion.com/video/xmv5ob_la-dette-c-est-chouette_creation

3.3.2- La dette, c’est quoi ? : https://www.youtube.com/watch?v=V5NMavzVsOA

3.3.3- Le mécanisme de la dette souveraine : https://www.youtube.com/watch?v=-NcDZQhbIbw

3.3.4- La crise de la dette expliquée en 5 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=mrxUUz3TAdk

Ce que m’inspire l’émission « Des Paroles et des Actes » avec Jean-Luc MÉLENCHON jeudi 25 avril 2013

Ariane WALTER, avec son article, publié sur Agoravox ce vendredi 26 avril 2013 (voir ici : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/des-paroles-et-des-actes-invite-134886), a dit, avec les mots les mieux choisis, tout mon ressenti d’hier soir. Je ne parvenais pas moi-même à l’exprimer autrement que par un langage ordurier tellement ces odieux animateurs de peep show m’ont mis la rage et la nausée. Ces deux heures d’émission ont dû être une épreuve terrible pour Jean-Luc, quand bien même il est habitué à prendre des coups. Elles l’ont été pour nous tous. Car sans rien espérer des médiacrasseux, bien que sachant à quoi nous attendre avec de tels garde-chiourmes du système médiatique qui les fait vivre dans une bulle aseptisée et de laquelle ils ne voient plus rien d’autre qu’eux, au sein de laquelle tous ont en commun d’avoir perdu tout sentiment d’humanité, on peut quand même souffrir de subir les coups qu’ils nous assènent à tous quand ils les infligent à notre leader.

Tout a été fait pour le ridiculiser, caricaturer sa pensée, l’empêcher de présenter, ne serait-ce que quelques secondes, son raisonnement. Tout a été fait pour le provoquer et le faire sortir de ses gonds. Imaginez s’il avait fait un éclat en plein plateau de cette émission, ça aurait été tellement jubilatoire pour eux !

Tout a été fait aussi pour le décrédibiliser, en faire un vulgaire despote, un tyran assoiffé de sang, impatient de couper des têtes, notamment les leurs et un agitateur prêt à instiller le désordre public. On a eu droit à tout. Un vrai festival de l’horreur. Jusqu’au faux « sage » ATTALI, cet escroc de la pensée de gauche, cet arriéré qui vit dans un autre siècle, cette nullité crasse pour un personnage que l’on dit « intellectuel », lequel a déversé sa bile jusqu’à la chute paroxystique. Tellement veule et pleutre ce minable homme du rang qu’il a jeté sa dernière pique puis a détalé comme un lache qu’il est. On l’a connu pourtant plus audacieux et mieux inspiré. Mais si la vieillesse est un naufrage pour certains, le libéralisme dans sa version capitalisme financier pourri par l’esprit de caste dont il est une belle incarnation, l’est encore davantage avec ceci de différent que personne n’y échappe alors même que la vieillesse peut parfois anoblir moralement, intellectuellement, un être humain.

Quant au « salaud », le valet PUJADAS a été le plus nul de tous mais pouvait-il nous surprendre autrement que par son incapacité à s’extraire de la fosse sceptique où il évolue ?

Et les autres ! De « la » SAINT-CRICQ dont je n’ose dire ce que je pense car ce serait indécent et les féministes me sauteraient dessus, au petit nabot de l’UMP, ex-ministre, négrier en devenir, Benoît APPARU, en passant par les deux minables de service François LENGLET et Jeff WITTENBERG, quel défilé ! La soirée aurait été gâchée s’il n’y avait pas eu la cerise sur le gâteau, pardon l’étron sur le tas de fumier, j’ai nommé les trois flatulences de fin de repas venues exprimer le jugement final…

*

J’avoue que j’ai été mal à l’aise hier soir, comme je l’ai été rarement depuis bien longtemps. J’appréhendais cette émission. Je ne pressentais rien de bon sur cette chaîne-là qui, de plus en plus souvent, bat sa rivale, celle au numéro 1, cette « boite à cons » selon les termes des Guignols, dans le vulgaire, le voyeurisme, et plus largement  dans sa nature de média de caniveau. Je n’avais que des angoisses au vu des noms de celles et ceux qui avaient été désignés pour jouer les torreros. Car comme à la corrida, les banderilles d’abord, la cape ensuite, l’estocade finale ensuite, étaient inscits au programme.

En effet, faire venir Jean-Luc MÉLENCHON sur le plateau de cette émission-là, sur l’antenne de la deuxième plus grande chaine de télévision française, à une heure de grande audience, en ce moment, ce n’était pas évidemment pas par bienveillance, ni par souci démocratique de donner un temps à toutes les expressions. Ce n’était que pour l’enfoncer, une fois pour toutes.

Dans ce travail de fossoyeur, ils ont joué leur rôle à merveille. Ils ont été odieux, vils, malhonnêtes, menteurs, puants à souhait.

Mais comme l’a écrit quelqu’un que j’ai lu ce jour, « Jean-Luc était plus grand qu’eux » et ça s’est vu ! Oui ça s’est vu notamment par son courage à aller au feu, sous la mitraille nourrie, sans bouclier autre que son talent. Ca s’est vu aussi par son humanisme qui transparaissait malgré toutes les vilenies qu’on lui faisait subir. Ils avaient sorti la grosse Bertha et la gégène et ont sadiquement pratiqué la torture médiatique. Mais la victime a résisté à cette cruauté.

Certes Jean-Luc MÉLENCHON a été obligé d’en rabattre sur ce qu’il voulait dire, puisque ses interrogateurs n’avaient pas pour mission de lui permettre de développer un discours susceptible de convaincre.

Certes, les organisateurs de cette émission l’ont mis en difficulté lorsqu’ils ont diffusé cette vidéo quasi volée dans laquelle Jean-Luc MÉLENCHON parle avec une personne qui l’interroge. Il a été grand dans sa réponse : j’assume ! Voilà une valeur que ses contradicteurs ignorent.

Et oui, nous savons que mettre le feu entre PCF et PG pour faire voler en éclat le Front de Gauche, cette force incommensurable qui s’est mise en marche, qui avance certes lentement mais inexorablement, qui leur fait faire des cauchemars, voilà le job à faire. Ils s’y essaient et ne se découragent pas malgré leur échec jusqu’à présent à réussir davantage que des piqures d’insectes inoffensifs. Et encore faut-il que certains de nos « camarades » les aident dans ce travail de sape. Les trois députés PCF qui ont été interrogés pour dire tout le bien qu’ils pensaient de MÉLENCHON auraient dû s’éclipser. S’ils avaient été malins, s’ils avaient été loyaux, s’ils avaient pour dessein d’aider le Front de Gauche au lieu de travailler à leur propre destin contre l’intérêt général du Front de Gauche, ils auraient dû refuser de jeter, une fois encore, à ces chiens, des os à ronger avec des accusations non seulement infondées mais indignes de notre mouvement. Cela donne des armes à nos ennemis et ils s’en servent contre nous tous. Les traîtres finissent mal en général. L’ont-ils oublié ? L’ennemi qu’ils servent ne se sert d’eux que le temps nécessaire à leur propre intérêt avant de les faire disparaître…

Je ne peux plus admettre cela de la part de ces communistes. Le droit à la différence qui est de mise est quasi absolu dans mon esprit, à une nuance près ! De la même manière que, selon l’adage bien connu, la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres, je considère comme obligation « sacrée » de ne pas attaquer quiconque de notre Front avec de telles arguties. Dire sa spécificité, défendre une autre vision, parler un autre langage, avoir d’autres options… cela ne peut justifier de telles agressions publiques de l’un d’entre nous et encore moins quand elles sont du petit lait pour nos ennemis communs.

Depuis quelques semaines, je me plais à parler des »Kapos » socialistes mais je me demande si cet doux qualificatif ne serait pas mérité également par quelques autres qui sont sensés être plus proches de nous…

Ces trois-là, et au premier rang leur leader, sont morts dans mon esprit. Car ce leader-là que j’estimais, n’en est pas à sa première incartade, à sa première faute en matière de loyauté… La pitié, la tolérance et le pardon sont des valeurs que je chéris mais ceci étant dit la naïveté et la faiblesse ne me guident pas…

Certes, Jean-Luc MÉLENCHON a pu paraître « clown » à ceux qui ne le voient que comme cela. Mais à quoi bon tenter de ramener à la raison ceux qui ne veulent voir la politique que comme un spectacle et qui, parce que les leurs font les clowns en permanence, sont incapables de voir autre chose ?

Certes, Jean-Luc MÉLENCHON a sans doute confirmé les craintes des uns et le dégoût des autres avec sa geste, son verbe, ses analyses et ses propositions. Il n’a peut-être pas mis les rieurs de son côté hier soir, ni encore tous les Républicains qui se cherchent un avenir.

Mais malgré tout cela – ou plutôt grâce aux conditions dans lesquelles cette émission s’est déroulée – il a non seulement renforcé davantage les liens qui nous unissent, mais peut-être même qu’il a réussi à entamer les certitudes de quelques-uns… Voyant la violence menée tambour battant par les médiacrasseux, réalisant l’intensité de la guerre ouverte qui nous est livrée par les dominants, craignant pour eux-mêmes devant cette armée de tortionnaires de la République et de la démocratie, ils font s’interroger et peut-être entrer eux aussi en résistance. Finalement, comme Ariane WALTER qui a évoqué cela dans l’article qu’elle a écrit ce jour et publié sur Agoravox, article qui a servi de déclencheur à ce billet, je commence à me demander si en mettant aussi durement, aussi odieusement, aussi vulgairement à l’épreuve notre porte-parole, notre ancien candidat et celui entre tous qui porte nos espoirs pour demain, les soudards de la soldatesque de France 2 ne nous servent pas à l’insu de leur plein gré… Ils croient peut-être avoir remporté une bataille mais ils sont loin, très loin, d’avoir gagné la guerre…

Ceux qui connaissent l’Histoire savent et les plus anciens d’entre-nous se souviennent qu’en 1940, c’est tous ceux qui comptaient en France, pas que dans la politique mais aussi dans toutes les sphères de la société, qui se donnèrent gratuitement, avec enthousiasme, envie et plaisir, au maréchal Pétain. Ah « la divine surprise » de la défaite qui allait – enfin ! – faire rentrer la France dans le rang… Peut importât que ce fut via une dictature et un soutien actif des Nazis. Pour eux, la fin justifiait les moyens. Encore une autre différence fondamentale entre eux et nous, que Jean-Luc invité à donner son avis sur cette maxime de MACHIAVEL expliqua à ces pitres à leur plus grand étonnement. Ils en sont restés coi, les bougres ! Car pour eux, pour le « cercle de la raison », aucun doute à cela, la fin justifie les moyens. Ces tyrans qui sommeillent au cœur de chacun des membres de la caste privilégiée, sont prêts à tuer et à soutenir les pires criminels pour ne rien perdre de leurs avantages et même pour en gagner de nouveaux au détriment de tous les autres.

En 1940, heureusement, un général presque inconnu releva le drapeau de la nation et de la République et, aidé par des milliers de héros anonymes, courageux, braves, dévoués, et parmi eux de très nombreux communistes, tous ensemble ils permirent à la France de sauver un peu de son honneur, de laver quelques-unes des tâches dont certains de nos propres concitoyens avaient  sali le drapeau et piétiné les valeurs avec délectation. L’Histoire ensuite sépara ce général et la plupart de ceux qui l’avaient rejoint de l’autre partie du peuple français, le peuple de gauche. Notamment du fait de ce régime qu’il a institué en 1958 dans des conditions a-démocratiques, suite à un coup d’état préparé en sous-main par ses amis… C’est une autre question que je ne traiterai pas ici mais qui est un des éléments déterminants de notre volonté de passer à la VIème République…

Non, la guerre n’est pas encore gagnée par nos ennemis de l’intérieur. Depuis quelques semaines, leurs attaques à notre encontre se multiplient et deviennent plus violentes. Elles sont de mieux en mieux organisées. L’émission d’hier a été « préparée » de longue main. Ce se voit. Ils ont dressé un véritable plan de bataille. Les généraux sur la ligne de front avaient clairement des objectifs d’annihilation de l’ennemi public n°1 de l’oligarchie. Ils ont recruté tous azimuts. Nous devons avoir bien cela en tête. Ce qui m’amène à une interrogation.

Je ne manque pas de m’interroger, en effet, sur l’intérêt d’être présent chez « ces gens-là » ! Au-delà du courage que cela démontre de la part de notre leader, courage que j’admire, je me demande à quoi cela sert. Le peuple qui a assisté, médusé, écoeuré ou réjoui, à cette joute verbale et médiatique, peut-il être touché par les coups que Jean-Luc MLENCHON a reçus ? Peut-il le considérer avec plus de curiosité, d’intérêt ou de bienveillance après cela ? Des voix sont-elles à gagner de ce côté-là et par ce biais-là ? Jean-Luc MÉLENCHON le croit. Il n’est pas le seul d’ailleurs. Il l’a dit plusieurs fois depuis des mois. Il faut – dit-il – aller nous faire entendre jusque dans le territoire de  l’ennemi, sans avoir peur des coups que nous recevrons, et tenter de faire passer quelques messages. Tant pis s’il n’y a que très peu de ces messages qui sont reçus car si quelques-uns ont été entendus, nous sommes sortis plus forts. Sans doute sait-il mieux que moi ce qu’il faut faire. Je lui donne bien volontiers acte de cela. Mais nous ne sommes pas tous armés intellectuellement comme lui. Nous n’avons pas tous sa culture ni son expérience, encore moins son talent oratoire son courage. Si lui sait manier l’épée et le bouclier et rendre coup pour coup avec intelligence et finesse d’esprit le plus souvent, on n’est pas tous égaux et il est parfois très difficile de reproduire ce qu’il fait lui-même.

Il nous donne certes de l’énergie, il peut certes ranimer notre courage, enhardir notre volonté à nous battre, mais, parfois, on sent aussi un trop grand décalage entre le combat des « grands » et celui des anonymes. Il est par exemple tout aussi difficile de ramener des abstentionnistes vers le suffrage, ou des désespérés vers la citoyenneté active, que de chercher à convaincre ceux qu’il a affrontés hier de penser comme nous et de défendre l’intérêt général.

La désespérance est immense. Et chaque manifestation récente l’a fait grandir. Les pays voisins de la France sont en rébellion depuis maintenant des années et rien ne change. Nous avons manifesté en France par centaines de milliers lors de la période de discussion de la loi sur les retraites et la loi est passée sans aucune difficulté. Nous avons voté contre le traité de Lisbonne et sa copie conforme a été adoptée. Plusieurs textes scélérats ont été adoptés par le gouvernement actuel en dépit des oppositions et de l’origine de sa légitimité. Alors à quoi bon aller marcher dans Paris le 5 mai se disent beaucoup de gens ? A quoi cela peut-il servir ? On espère plus de 100 000 personnes mais il en faudrait un million au moins en une seule journée pour que le pouvoir actuel ne lève seulement la tête. Et ce chiffre est inaccessible dans la France de mai 2013. Je ne crois pas que « la rue » puisse faire tomber ce pouvoir. Le peuple n’est pas mûr pour cela. Il attend son heure, la prochaine élection.

Alors ce que j’attends moi-même de cette marche du  5 mai, c’est seulement que l’on puisse faire la plus grosse démonstration de force possible pour que le peuple français se dise que personne n’est seul. Que nous avons une équipe prête à changer de politique et à nous remettre sur la voie du progrès. Que chacun devra prendre sa part et pourra et devra, non seulement s’exprimer, mais être entendu, voire même participer à la révolution citoyenne et influencer sur son cours. Hélas, cela prendra du temps. Et qu’il est pénible de patienter si longtemps sous le feu ennemi ! Qu’il est cruel de devoir survivre parfois dans la misère ou la pauvreté, les privations et les souffrances, la tristesse et le désespoir, dans ce pays si riche dont certains ont perdu toute once d’humanité à l’encontre de ceux qui ont trébuché et sont tombés à terre. Alors que nous prêchons l’humanisme et tendons une main généreuse à ceux-là, d’autres, dans un comportement sadique et malsain, se plaisent à les enfoncer davantage, en agissant entre autres sur leur moral et leur psychisme. Le code pénal ne fait pas encore un crime du harcèlement moral à haute dose mais je suis de ceux qui y sont favorables car dans l’entreprise comme dans la société, ce  comportement déviant de délinquant tend à se multiplier, au plus haut niveau. Une société humaniste, ce n’est pas cela !

Si le peuple français veut prendre son destin en mains, comme il l’a déjà fait plusieurs fois dans le passé, il va falloir qu’il cesse de s’en remettre à ceux qui n’ont pour objectif que de le tenir en laisse. Tous les Français n’ont pas l’âme d’un dirigeant, petit ou grand et tous ne sont pas adeptes de l’auto-gestion. Il est vrai que sans avoir un tempérament d’esclave, on peut préférer que d’autres que nous gouvernent. Il suffit que les institutions rendent possible notre participation active et permanente au lieu de nous offrir le droit, à échéance de quelques années, de changer les gouvernants.

Le 5 mai, l’équipe du Front de Gauche, les leaders syndicaux, les associatifs qui seront présents, montreront au pays que la relève est là. Non pas pour remplacer seulement des maîtres par d’autres mais pour renverser la table et écrire une page nouvelle ou plutôt un livre nouveau. Jean-Luc MÉLENCHON est, à mes yeux, le premier d’entre nous. Ca ne signifie pas qu’il ait tous les droits sur nous. D’ailleurs, il n’en a aucun à part celui d’espérer que nous serons à ses côtés aussi longtemps que lui sera aux nôtres… Ca ne signifie pas que je le perçoive comme un chef, comme un maître, comme une autorité pouvant me donner des ordres. Mais à sa place, de par ce qu’il est, en raison des circonstances actuelles et du type de régime politique que nous devons subir jusqu’à ce qu’on en ait changé, eh bien, j’assume mes propos selon lesquels c’est lui que je veux voir devant. Mais je ne le veux pas seul devant, même s’il accepte courageusement, de prendre les coups qu’impliquent cette place-là. Je veux que tous les « seconds », tous les « troisièmes », tous les suivants, quel que soit leur rang, toutes les équipes du PG, toutes les équipes de chacun des autres partis du Front de Gauche, et très au-delà des forces organisées de ce front, soient à ses côtés car en le soutenant, en le protégeant de certains coups, c’est nous tous que nous défendons. Une fois que MÉLENCHON et celles et ceux qui constitueront son équipe seront en situation de décider pour le pays, je veux croire que se rallumeront tous les soleils chers à Jean JAURÈS. Il nous a promis de nous rendre le pouvoir. Oh certes d’autres l’avaient fait avant lui et n’ont pas donné suite à leurs promesses mais, contrairement à ceux-là qui ne prêchaient la démocratie et la République que pour être élus, lui le promet parce qu’il le fera. Et il est le seul crédible entre tous dans cet engagement. Pourquoi ?

Parce que les autres n’ont jamais été victimes de la mitraille venue des chiens de garde du système qui savent bien qu’ils ne risquent rien de leur part mais qu’au contraire, ils ont tout à redouter de l’action que mènera le Front populaire du XXIème siècle, sous la présidence – très provisoire puisque nous abolirons cette institution-là – de Jean-Luc MÉLENCHON, quand le gouvernement de la France sera composé de véritables représentants du peuple, dévoués à la seule cause de l’intérêt général.

La France a connu des périodes de renaissance dans le passé alors même qu’elle était tombée en enfer. Le peuple français a connu des périodes d’essor et de progrès alors même que de sérieuses difficultés faisaient sa réalité et que l’entravaient des contraintes bien plus handicapantes que celles que nous avons à affronter aujourd’hui. Alors nous devons relever la tête et y croire. NOUS ON PEUT et NOUS ON VEUT !

Place au peuple !