Archives du mot-clé militant-e-s

Du débat… La contradiction et la critique sont légitimes ; les agressions ne le sont pas !

Je m’adresse aux deux parties… D’abord à celles et ceux qui sont toujours des acteurs du PG, ensuite à celles et ceux qui, comme moi, l’ont récemment quitté. Halte au feu !

Message de service aux acteurs du PG :

Il est assez malvenu de n’avoir pour seule réponse aux départs massifs enregistrés depuis des mois qu’un discours de fermeture du genre :

« Fermez-la ! Tout va bien au PG ! »

« Vous n’êtes que des aigris ou des orgueilleux déçus de ne pas avoir été distingués. »

« Vous êtes devenus des ennemi-e-s puisque vous donnez des armes à ceux contre qui nous luttons ».

Non, camarades du PG, que vous soyez des « ordinaires » ou des « importants », vous devez vous mettre dans la tête que les militant-e-s qui ont démissionné depuis des mois ne sont pas des salauds. Ils ne « crachent » pas sur le PG ou sur ses acteurs. Ils ne jouissent pas de « brûler aujourd’hui ce qu’ils ont adoré hier ». Et ils ne pensent pas qu’il soit judicieux non plus de « laver le linge sale en famille ».

Parce que nous n’avons pas de « linge sale », juste des divergences politiques et des critiques à opposer à ce que nous jugeons être des erreurs stratégiques plus ou moins graves. Et cela, c’est du débat, c’est digne. Ça ne devrait pas être reçu comme des preuves de je ne sais quelle maligne ambition ou de je ne sais quelle attitude puérile, irresponsable, ou égotique. On doit nous respecter et nous répondre sur le fond, avec des arguments politiques, pas avec des anathèmes ! En tout cas, à nous qui vous respectons au-delà des désaccords stratégiques, tactiques et idéologiques qui peuvent exister.

Il faudra traiter autrement le problème qu’en usant d’anathèmes à notre encontre si vous ne souhaitez pas que la tumeur emporte définitivement le malade… Ce n’est pas en affichant à notre encontre la morgue qu’arborent habituellement nos ennemis, pas plus qu’en nous désignant à la vindicte des militant-e-s encore au PG, que vous réussirez à sauver le parti.

Message de service aux démissionnaires du PG

Il se trouve que j’en suis un mais que je ne me considère pas comme concerné par la mise en garde que je vais faire…

Vous avez le droit (même si on vous le conteste parfois) de vous exprimer sur les raisons qui vous ont fait quitter le parti. Je dirais même que vous en avez le devoir.

Par contre, camarades, ne vous perdez pas dans la haine, dans les attaques ad hominem, dans les insultes, dans le mépris et dans les mots qui sont prononcés ou écrits pour blesser.

Cette histoire de vidéo « Nous sommes le PG » devient complètement dingue. Assiste-t-on à un phénomène de folie collective ou doit-on y voir la politique de la terre brûlée ?

Oui, cette vidéo mérite des critiques (j’en ai fait quelques-unes hier) mais en termes politiques, pas sur un registre personnel, pas avec l’insulte et le discrédit comme seuls arguments… qui d’ailleurs n’en sont pas ! J’ai vu du fiel beaucoup plus que des critiques rationnelles opposées à cette vidéo. Et je suis comme d’autres écoeuré de voir cette haine. Ce genre d’incident sera lourd de conséquences. Alors stop !

J’ai beau être un démissionnaire du PG, j’ai beau être très critique à l’encontre de ce parti, de sa direction (aux deux sens du terme), de certains de ses représentants nationaux ou locaux, je ne peux accepter le déferlement de fiel que je lis ici ou là.

Une de mes plus proche camarades, très récente démissionnaire elle aussi, a eu l’occasion d’écrire qu’il ne fallait pas insulter l’avenir. Elle a raison. Entre nous, actuels et ex militant-e-s du PG nous ne devrions pas lire certaines de ces choses abjectes qui s’écrivent.

Je me permets d’inciter chacun à faire preuve de responsabilité et d’humanité. Celles et ceux qui jugent nécessaire d’émettre des critiques doivent faire en sorte que ces critiques demeurent d’essence politique et reposent sur des éléments rationnels.
Parce que, d’une part, il est détestable, au plan humain, que ces critiques dérivent vers des éléments personnels et irrationnels car c’est l’esprit guerrier, primaire, bestial, qui prend alors le dessus, chaque mot blessant venu d’une des parties en amenant un autre de la part de l’autre partie.

Parce que, d’autre part, cela est suicidaire. On ne peut plus s’entendre dans de telles circonstances. On ne peut éduquer les gens qui nous lisent avec de tels arguments.

Quand on exprime des critiques politiques, on permet aux gens qui nous lisent de prendre connaissance d’arguments différents, voire opposés et cela aide à la réflexion et au jugement de tous. C’est pourquoi, je considère que la critique est indispensable. Ne serait-ce que parce que l’idée ou la proposition qui est ainsi critiquée se trouve des défenseurs qui viendront apporter des arguments en défense et chacun ensuite pourra se forger son opinion qui reposera sur un jugement éclairé. Comme aime à le dire Jean-Luc Mélenchon, le clivage, en participant du débat, aide le jugement et fait vivre la démocratie. Le consensus et la mise à l’écart des dissidents, c’est tout autre chose que la démocratie.

Quand nous disons « Place au peuple » ou « Prenez le pouvoir », nous nous affichons comme démocrates. Assumons-en les conséquences pratiques dans nos comportements quotidiens… Pas de censure devant la critique !

Mais quand nous disons « L’Humain d’abord ! » ou « camarade-s », nous disons que nous nous respectons les un-e-s les autres, par delà nos désaccords politiques… Donc, ici aussi, tirons-en les conséquences pratiques dans nos échanges !

Une belle histoire s’achève pour moi. Rideau !

Image du Blog mots-pour-maux.centerblog.net

Je redoutais cette prise de conscience…

Je craignais de connaître ce jour empreint de tristesse…

Je me faisais violence depuis des mois pour accepter l’inacceptable…

Mais…

Quand un parti exclue à tour de bras des militant-e-s…

Quand un parti dissout des comités partout en France depuis des années…

Quand un parti adopte des décisions en toute illégalité…

Quand un parti foule aux pieds ses statuts…

Quand un parti prétend sans cesse vouloir instaurer une démocratie avancée et appelle le peuple à prendre le pouvoir mais prive de tout droit ses propres militant-e-s…

Quand un parti tolère que ses cadres dirigeants se comportent comme une bande de petits apparatchiks cooptés imposant leur loi à une soldatesque docile ou rendue impuissante…

Quand un parti exécute sommairement et sans jugement des militant-e-s qui dérangent, y compris des représentants élus à diverses fonctions importantes à la veille d’un congrès, en ne tenant aucun compte du principe constitutionnel des droits à la défense…

Quand la commission de résolution des conflits de ce parti, qui est présidée par une personne qui est magistrat de profession, laisse faire cela au point qu’on se demande si cette instance n’est pas dissoute de fait…

Quand un parti fait croire que l’on va rendre le pouvoir au peuple, notamment pour qu’il écrive une constitution, mais que c’est un petit groupe coopté qui décide seul de ce qui mérite d’être débattu et de ce qui doit être considéré à jamais comme tabou…

Quand un parti prétend vouloir permettre la révolution citoyenne mais dénie le droit à l’altérité et au débat dans ses propres instances…

Quand des membres en exercice du BN de ce parti réclament la dissolution pure et simple de l’organe dont ils sont membres, tandis que d’autres veulent le transformer radicalement, les uns comme les autres basant leurs critiques et leurs projets sur la démocratie bafouée…

Quand des milliers de militants se battent ardemment, depuis des années, pour que nous soyons réellement ce que nous prétendons être en termes de démocratie, mais que c’est toujours en vain…

Quand des milliers de militant-e-s nous ont quittés pour cette raison-là mais que nous ignorons cette réalité et que nous refusons d’en tirer les conséquences…

Quand nous n’assumons pas les nécessaires ruptures avec des partis moribonds qui nous entraînent dans le néant…

Quand nous ne savons rien faire d’autre que nous perdre d’une alliance nuisible à une autre ou pérorer entre nous dans des assises bidon ou des « chantiers » dits « de l’espoir » alors qu’il ne s’agit que de culs de sac…

Quand pour éduquer le peuple et le convaincre des indispensables changements radicaux de modes de vie que nous devons rendre possible à bref délai, nous ne savons que prêcher des concepts intellectualistes fumeux imaginés par des esprits souvent coupés des réalités de la vie quotidienne des gens ordinaires dont la priorité est de survivre…

Quand nous refusons de briser nos chaînes et d’écarter (j’ai failli dire « exécuter ») nos matons…

Quand nous en sommes là…

Alors il est plus que temps de tailler la zone !

Je ne serai qu’un anonyme de plus parmi tous ces innombrables militant-e-s anonymes du PG qui ont donné du temps, de l’énergie, du dévouement depuis six ans et qui ont fini par jeter l’éponge, trop écoeurés, trop désappointés, trop exaspérés, trop désabusés, trop découragés, trop révoltés.

Nous, les militant-e-s, ne sommes que des pantins à qui l’on fait croire que nous détenons une parcelle du pouvoir, alors même que nos principes sont foulés aux pieds, les dés pipés, les jeux biaisés, les règles détournées, nos droits méprisés, nos votes ignorés ou « réformés »…

Celles et ceux qui tiennent le parti se servent de nous mais ne tiennent aucun compte de nos attentes et de nos exigences. Ils imposent leurs vues parce que eux savent, parce que eux sont « responsables », parce que eux « ne sont pas des gauchistes, des immatures ou des enragés », parce que eux « veulent être crédibles et gouverner », parce que eux « ne sont pas dans des logiques de bunkerisation »…

Je me marre !

Et quand « eux » sont battus ou en situation de l’être, ils trouvent des moyens détournés de l’emporter malgré tout ou de reprendre le contrôle, et ce par divers procédés tout à fait contraires aux règles et aux principes. Des gens qui ont été démocratiquement mis en minorité reviennent par le truchement et les manigances de quelques responsables qu’ils ont su amadouer ou rallier à leur cause. Les fortes têtes sont salies et discréditées quand on ne les accuse pas des pires avanies pour justifier leur exclusion en urgence, sans leur accorder le droit de se défendre préalablement à l’effectivité de la décision d’exclusion.

De minables petits apparatchiks se comportent comme des sous-Fouquier-Tinville, forts de leurs liens avec les princes et les duchesses du parti s’ils n’ont pas déjà les faveurs du Roi ou du Régent.

Au final, c’est le peuple de la base du PG qui est méprisé, violenté, insulté, trahi et puis finalement exécuté par décision prétorienne de quelques hauts responsables sans que l’instance compétente n’ait à se prononcer.

En fait de débats, on assiste le plus souvent à des situations ubuesques ou l’on a le sentiment d’entendre des maîtres faire la leçon à leurs élèves ignares. Le mépris règne dans certains cercles ou dans certaines assemblées. Le PG reproduit en son sein ce qu’il y a de détestable ailleurs, à droite et à gauche…

Les leaders d’envergure nationale les plus talentueux se taisent, se font discrets et laissent faire ou bien laissent la base dans l’ignorance de leurs actions. Beaucoup se sont déjà éloignés des sphères influentes du PG si bien que celles et ceux qui y restent actifs sont loin d’être les plus estimables.

La coupe était pleine depuis des mois et menaçait à tout instant de déborder. Une seule goutte aurait suffi mais là, depuis quelques semaines, ce n’est pas une petite goutte qui s’est ajoutée au contenu du vase qui était plein à ras-bord, ce sont des centaines et elles pourraient remplir un tonneau tout entier.

Des mois de déception, de colère, d’écœurement face à ce que je vois et ce que j’entends de la part des représentants-e-s de mon parti ne pouvaient qu’aboutir à cette décision que je prends de baisser le rideau.

On me dit : « Et le congrès ? »

Foutaise. Mascarade. Piège à cons. Que peut-il en sortir ? Tout est verrouillé. Les dissidents dont j’étais ont certes failli battre la direction avec un texte de plateforme alternatif et ont conduit à ce que le PG se sépare en deux parts quasi égales.

Mais chacun sait combien ces résultats de prime abord inattendus sont très ambigus tant les choix qui ont été faits par les uns et par les autres sont le résultat de phénomènes dépassant très largement le simple choix d’une ligne politique. Et les textes alternatifs ont tous été battus, à différents stades. Le dernier à être resté en lice, qui concurrençait le texte de l’état-major du PG, a été soumis au vote des adhérent-e-s, et a été battu avec 46% des suffrages contre 54% pour le texte de l’état-major du PG. Dès lors, les jeux sont faits.

Certain-e-s de mes camarades continuent à espérer peser au congrès, via des amendements aux différents textes (projet, statuts, 100 jours…) mais ils s’illusionnent. La messe est dite ! Les amendements ne pourront pas changer fondamentalement les textes en discussion, sauf à imaginer une jacquerie des délégués lors de ce congrès et je ne la vois pas venir.

Le texte principal ne saurait être rendu acceptable par quelques amendements. Ce texte est mauvais dans sa forme, dans son expression, dans sa structuration, dans son esprit, dans son contenu. Le seul amendement à produire est celui qui supprimerait de ce texte la totalité de son contenu, titre compris (lequel n’est qu’une reprise pure et simple du slogan de Sarkozy en 2007, ce qui, excusez-moi, me dérange profondément) pour en proposer un autre entièrement réécrit…

Quant aux statuts qui sont la loi commune qui régit notre fonctionnement, les actuels en vigueur aussi bien que ceux, réformés, qui seront peut-être adoptés au congrès ne sont pas de nature à restaurer la démocratie dans ce parti qui reste et restera verrouillé.

Pendant plus de 5 ans, j’ai souvent eu matière à faire des reproches à mon parti mais je trouvais plus de raisons d’y œuvrer que de le quitter. Il y a quelques mois, la situation s’est inversée. Je me suis fait violence pour patienter jusqu’au congrès, étape qui devait permettre peut-être de renverser la table, pensions-nous avec une naïveté confondante. J’ai donc avalé des couleuvres aux allures de boas. J’ai rongé mon frein. J’ai parfois exprimé mes sentiments, à l’unisson avec un nombre croissant de camarades. À celles et ceux qui nous disaient au-revoir pour les raisons que j’évoque ce soir ou pour d’autres, je tentais de trouver les arguments pour les convaincre de rester encore avec nous. J’ai réussi parfois. Pas toujours.

Ce soir, c’est moi qui, tel Serge Gainsbourg, viens vous dire que je m’en vais. Certains s’en réjouiront, d’autres le regretteront. Mais ma décision est irrévocable. Il y a un moment où je n’accepte plus de jouer le rôle de ces pantins que quelques minables apparatchiks croient pouvoir manipuler. En restant au PG pour soi-disant mener le combat jusqu’au bout et ne décider qu’au terme du congrès, je cautionnerais ce que je ne veux plus cautionner.

Ma démission du PG n’est pas une fuite. Je n’abandonne pas le combat, bien au contraire. Mais je vais le mener autrement. Avec d’autres combattant-e-s mieux inspiré-e-s, plus bienveillant-e-s, davantage fidèles à nos principes et valeurs, beaucoup plus loyaux…

Je quitte le PG mais je ne renie pas mes ami-e-s et camarades. Les liens tissés ne sont pas rompus par ma démission. Seule l’est ma dépendance à un parti devenu détestable.

Et je ne doute pas que la plupart de mes camarades prendront la même décision sous peu au regard de ce qui s’annonce. Je ne fais que suivre la route de celles et ceux qui m’ont précédé dans ce choix et anticiper sur la décision inéluctable de beaucoup d’autres qui suivront dans les jours et les semaines à venir.

Demain est un autre jour…