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Le gouvernement fascisant de Kiev que nous soutenons… – Site les-crises.fr

Dans la mesure où l’article est illustré, je ne peux le reproduire ici mais il est accessible en suivant ce lien :

http://www.les-crises.fr/le-gouvernement-fasciste-de-kiev-que-nous-soutenons/

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Lutter contre le FN… Comment faire ? Commencer par ne pas nous tromper de chemin

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Face à ce que le Front national est en train de réussir…

Gilles Alfonsi le 30 mai 2014

Lien : http://www.cerisesenligne.fr/article/?id=4513

Démasquer le FN en dénonçant son idéologie raciste ne suffit pas. Il faut mieux comprendre sa stratégie et en avancer une autre.

Le FN réussit à s’adresser à toutes les classes sociales. Il agrège de fait une diversité de motivations qui, au lieu de s’opposer, se nourrissent et convergent. On trouve dans son électorat aussi bien des petits commerçants, habitués à exprimer par leur vote leur haine de l’impôt, que des ouvriers et des employés désireux de sanctionner l’austérité – telle ou telle motivation n’excluant pas les autres. Tous veulent penser mettre ainsi en cause le système, croyant que le FN serait hors système alors même qu’il est de longue date une des pièces d’un système politique qui l’a utilisé comme repoussoir de la République.

On peut comprendre le travail idéologique réalisé par le FN en lisant les professions de foi lepénistes. On y trouve des idées de gauche, et même des idées du Front de gauche : « s’opposer à la politique d’austérité généralisée », « défendre nos services publics » ou encore « réindustrialiser notre pays »… et la mise en cause des traités européens et le rappel de la victoire du Non au référendum de 2005, jusqu’à la dénonciation du traité transatlantique. On y trouve des idées prises à l’écologie politique : « assurer la sécurité sanitaire et alimentaire », « respecter l’environnement » et même la référence au « bien être animal ». On y trouve des idées travaillées par une partie de la droite souverainiste : « protectionnisme intelligent », « patriotisme économique ». On y trouve les dimensions sociales et souverainistes associées : « relance de la croissance et de l’emploi en retrouvant une monnaie nationale au service de notre économie et non des banques ». Et on y trouve bien sûr le fond de commerce de l’extrême-droite, appauvri des expressions les plus ouvertement racistes et des aspects les plus scandaleux. Il prend cette forme : « maîtriser nos frontières afin de stopper une immigration anarchique », « défendre nos modes de vie » face au « magma européiste et multiculturel ». Bien sûr, la logique reste la même : existerait le risque d’une vague d’immigration dite de substitution au bon peuple de France, menaçant la sécurité et l’identité. Mais chaque formule, chaque mot est pesé, et l’ensemble est au total plus difficile à combattre car, comme l’écrit Roger Martelli, cela « développe un récit sur la France ».

Combattre autrement l’orientation nationale-raciste

Il est certes assez cocasse de constater ainsi que bien des idées précédemment citées ne sont que des copiés-collés des programmes des partis « du système » : n’y a-t-il pas là une contradiction, et une faiblesse potentielle du néo-lepénisme ? On peut pour le moment penser plutôt l’inverse : qu’il y a dans cette stratégie attrape-tout une force. De fait, le FN s’adresse directement à tous les électorats en même temps, c’est-à-dire qu’il ne se situe pas seulement, ni même principalement, dans une logique de récupération de l’électorat de droite radicalisé. Il radicalise d’ailleurs l’ensemble des idées qu’il affiche, car il tisse des liens entre la xénophobie et le social, contre toute visée d’émancipation.

Voilà donc un gros problème pour la gauche d’alternative : le FN siphonne une partie de ses thèmes de prédilection… et que l’on y voit une supercherie ne change rien à l’affaire. De fait, un raisonnement tient et tiendra de moins en moins : celui qui consiste à assimiler l’avancée du FN seulement a une victoire de l’approche national-raciste sur l’approche sociale qu’incarnerait le Front de gauche. On peut faire l’hypothèse que le FN version Marine Le Pen tente une synthèse (détestable), et qu’il ne s’agit pas seulement d’une stratégie de communication.

Dès lors, comment la gauche d’alternative peut-elle réagir ? Elle devrait bien sûr exclure de s’aligner sur le FN, comme le fait ouvertement l’ancien député André Gérin, dénonçant « l’establishement UMPS », soulignant « la perte de l’identité de la France » et la « dépossession culturelle et morale de la Nation française »… et affirmant que le FN « a obtenu le quasi monopole de la défense de la Nation française ». Reprendre ainsi les mots du FN (qui, au passage, emploie maintenant plus souvent le mot nation que le mot patrie), c’est assurément contribuer à renforcer son emprise idéologique.

Certes, on devrait tout à fait continuer à dénoncer les contradictions du FN, dont les élus n’hésitent pas à voter contre des mesures sociales, et qui se placent généralement du côté des nantis ; mais sans sous-estimer la plasticité idéologique de sa stratégie. Surtout, on ne peut plus en rester à la manière de s’opposer au FN des années 80 (« F comme fasciste, N comme nazis »). Il s’agit de s’opposer autrement, et à la fois, à son racisme explicite ou latent et à la véritable imposture que constitue sa négation des intérêts et de la lutte des classes. Cela appelle à assumer pleinement une autre conception de la société, faisant droit à la diversité des cultures, associant analyse de classes et reconnaissance des communautés, portant la solidarité entre Français et étrangers, combattant toutes les discriminations…

Trois axes de combat

Si l’on se situe dans l’idée de déconstruire le jeu mortel – mortel pour la démocratie et pour l’égalité – du FN, trois axes au moins peuvent être mobilisés. Le premier consiste à assumer beaucoup plus clairement la rupture avec le système politique et institutionnel en crise. De fait, jusqu’à présent, le Front de gauche en est largement considéré comme partie prenante. Et l’histoire du PCF et celle du PG vont dans le même sens de ce point de vue car les deux ont (eu) partie liée avec le système politique qui périclite. Cet axe là va dans le sens et prolonge l’idée de désobéissance aux traités européens, à peine esquissée lors de la campagne des Européennes. Il pourrait se concrétiser par des évènements qui expriment clairement la rupture, ce qui va au-delà de la simple reprise des textes fondateurs du Front de gauche sur la VIe République (proposition importante mais qui ne fait pas le compte par rapport aux enjeux précédemment évoqués, ni par rapport aux actions concrètes nécessaires immédiatement pour signifier la rupture avec le système actuel).

Le second axe est justement la formulation de propositions manifestant non plus seulement un refus des politiques en oeuvre mais l’émergence d’une nouvelle conception, alternative à la fuite en avant libérale et antidémocratique, et à la régression nationale-raciste. Il pourrait s’agir de concevoir une série de campagnes citoyennes et de « mots obus », susceptibles d’être déclinés et implantés dans le débat public. Il s’agirait que ces mots soient irrécupérables et par les partis de gouvernement, et par l’extrême-droite : gratuité, diminution du temps de travail, biens communs, appropriation des entreprises, droits des migrants, lutte contre les discriminations et pour l’égalité… tous éléments qui participent d’un choix de société et qui peuvent se raccorder à un projet d’émancipation (émancipation : mot et projet qui n’intéresse ni le PS, ni l’UMP, ni le FN).

Le troisième axe concerne le raccordement entre mouvement social et politique. Sur ce champ, un scénario s’écrit aujourd’hui devant nous : le FN est en mesure de récupérer les mécontentements et les luttes qu’animeraient des syndicats qui continueraient de ne pas de soucier de l’enjeu que s’affirme une alternative politique. En résumé : aux syndicats la résistance aux politiques libérales ; et au FN l’alternative sociale-raciste. Soulignons, au passage, que les directions syndicales se tromperaient lourdement si elles pensaient que leurs sympathisants sont imperméables aux idées racistes. La polémique consécutive à la publication par L’Humanité (1) d’une étude sur le vote FN parmi les sympathisants des syndicats de salariés ne doit pas conduire au déni à ce sujet : alors que le FN risque désormais de devenir le débouché politique de tous les mécontentements sociaux, les directions syndicales peuvent-elles continuer à refuser d’investir la question de l’alternative politique ?

Comme l’écrit le Parti de gauche, l’enjeu de la période actuelle est « de mettre en mouvement la société elle-même ». Cela appelle, comme l’évoquent depuis quelques années les Communistes unitaires et d’autres, désormais réunis dans Ensemble !, à déplacer le curseur de la vie politique vers l’implication citoyenne, en rompant avec les formes politiques dépassées des partis-guides. Cela veut dire faire enfin le pari de soutenir l’émergence d’une nouvelle conception de la politique, aujourd’hui brimée par le Front de gauche. Pierre Laurent (PCF) est aussi allé dans ce sens en affirmant la nécessité de « mettre le Front de gauche à disposition des citoyens ». Chiche, cette fois, vraiment ?

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1/ Terminer ce riche billet par une citation de Pierre Laurent est une quasi imposture… Il peut dire ce qu’il veut aujourd’hui, il a conduits tout le monde au désaveu. Et ce n’était pas il y a plusieurs années mais il y a deux mois ! Qu’on ne compte pas sur moi pour passer un drap sur cette histoire et faire comme si elle n’existait pas.

2/ Je désapprouve l’idée ambiguë qui se dégage de ce paragraphe : « Dès lors, comment la gauche d’alternative peut-elle réagir ? Elle devrait bien sûr exclure de s’aligner sur le FN, comme le fait ouvertement l’ancien député André Gérin, dénonçant « l’establishement UMPS », soulignant « la perte de l’identité de la France » et la « dépossession culturelle et morale de la Nation française »… et affirmant que le FN « a obtenu le quasi monopole de la défense de la Nation française ». Reprendre ainsi les mots du FN (qui, au passage, emploie maintenant plus souvent le mot nation que le mot patrie), c’est assurément contribuer à renforcer son emprise idéologique. »

En effet, il est évident qu’il ne s’agit pas de reprendre le discours du FN pour plaire aux électeurs qui manifestent leur soutien à ce parti.  Mais comme l’auteur le dit lui-même, au paragraphe précédant celui-là, « le FN siphonne une partie de ses thèmes de prédilection » [ceux du Front de Gauche]. Donc il ne me paraît pas opportun de les leur abandonner. C’est ce que nous faisons si souvent depuis vingt à trente ans et ça n’a pour effet que de nous conduire peu à peu vers des scores groupusculaires. Quand un thème est naturellement de gauche, nous devons en parler, mais en parler avec notre propre vocabulaire et avec nos propres propositions. ET c’est là que la différence se fera, toute la différence.

S’agissant de la nation dont il est question dans le paragraphe que j’incrimine, justement c’est une folie que de laisser cela au FN. La nation est un thème la gauche. C’est la nation française qui s’est libérée du roi et des rois. C’est la nation française qui a donné l’exemple de la révolution au monde, et ce, plusieurs fois. Pas seulement en 1789. Mais aussi en 1830 et en 1848. En mai 1968 également. La nation française n’est pas « nationaliste »; elle n’est pas impérialiste mais universaliste, internationaliste. Elle ne veut de guerre avec et contre personne; elle défend la paix et des relations internationales pacifiques et harmonieuses.  La nation est notre seul cadre démocratique viable pour le moment. Lutter contre la souveraineté de la nation, c’est lutter contre la souveraineté du peuple. Ceux qui, à gauche, n’ont pas compris cela, sont aussi dangereux que ceux qui, de l’autre côté, ou dans tous les partis, estiment que la France doit être gouvernée par d’autres qu’elle, que le peuple français doit être tenu en laisse par des pouvoirs suffisamment puissants pour lui imposer chaque jour sa ligne de conduite, fut-elle destructrice de notre contrat social et de notre vouloir-vivre ensemble.

3/ Dans le paragraphe « Cela appelle à assumer pleinement une autre conception de la société, faisant droit à la diversité des cultures, associant analyse de classes et reconnaissance des communautés, portant la solidarité entre Français et étrangers, combattant toutes les discriminations…« , un mot me dérange extrêmement, celui de « reconnaissance des communautés ». Si tout le reste de ce paragraphe correspond à ma philosophie humaniste, je ne me résous pas à l’idée que nous devions « reconnaître les communautés » car cela est contraire au principe même de la nation française. Nous ne sommes pas comme le sont les Américains, un peuple fait de communautés qui s’opposent, plus ou moins ouvertement, les unes aux autres. Nous sommes, nous voulons être, et donc nous agissons dans notre discours national, comme un peuple unitaire, malgré ses différences. Il ne s’agit pas de les nier, encore moins de les mépriser. Elles doivent être respectées mais on ne doit pas évoluer vers un pays constitué de communautés. Ce serait, à coup sûr, la fin définitive de notre « unité » nationale et républicaine. Une République est un régime qui assure à tous les mêmes droits et impose les mêmes devoirs tandis qu’un pays régi par le principes des communautés est tout autre chose. Et nous n’en voulons pas. Jamais, nous n’en avons voulu.

Ces trois points du texte sont sinon fondamentaux du moins très importants et ils ne sauraient être passés sous pertes et profits sous prétexte que le reste du texte me convient tout à fait. De la même manière que je refuse toujours d’avaler  une loi nouvelle apportant des améliorations alors même qu’elle contient aussi des régressions. Ceci est une pratique détestable et on sait pourquoi elle existe. Moi, je ne me ferai pas prendre.

Cette façon de tromper les gens, et d’imposer d’avaler un cafard au milieu d’un beau gâteau, est une pratique habituelle de tous nos gouvernants, et pas qu’en France. Ainsi, le sénateur Edward Kennedy, le troisième frère survivant de Jack et Bobby, décédé en 2008 peu après l’élection d’Obama, , après 40 années de Sénat, l’a expliqué dans son livre « America back on track ». Il ne faut donc pas nous laisser avoir. Il ne faut pas accepter un texte contenant des ferments régressifs sous prétexte qu’il serait par ailleurs progressiste.

Ce discours-là, on nous l’a fait à chaque fois qu’il a fallu avaler un des traités européens et on voit où nous en sommes arrivés… Donc méfiance face à ce type de comportement.

Cela dit, je ne pense pas que ce mauvais sentiment que je dénonce fonde la pensée de l’auteur qui a écrit ce billet. Il a d’ailleurs bien le droit de penser autrement que moi sur les questions que j’ai mises en évidence. Je respecte son droit, ça va sans dire. Et je ne lui fais aucun procès d’intention malveillante. Là n’est pas mon propos. Je voulais juste, en rappelant que c’est parfois ainsi que certains agissent, appeler chacun-e à la vigilance.

Ce texte est très largement positif. Il dresse un bon bilan de la situation et avance bien des pistes intéressantes.

Je tenais, malgré tout, à m’élever contre les quelques éléments, quantitativement négligeables, mais qualitativement très importants, que j’ai perçus comme par trop différents de ce que je crois être le discours que nous devons adopter et les choix que nous devons faire.

Évidemment, ces points de divergence font partie du débat à gauche. Et depuis très très longtemps.

C’est à chaque génération de les trancher, la génération suivante pouvant librement décider de ne pas reproduire les choix de la génération passée.

7 techniques de mensonge du FN – Par Thomas Guénolé (politologue) – Copyright Le Huffington Post

Technique de mensonge n°1: manipuler les chiffres

C’est en particulier sur l’immigration que le FN argumente en présentant des chiffres faux, des constats que les chiffres avérés contredisent, ou des chiffres objectivement manipulés. Par exemple, Marine Le Pen a dit en mars 2013 sur France 3 que « l’immigration coûte 70 milliards d’euros par an ». Elle a omis de mentionner que l’immigration rapporte également de l’argent à la France. Or, en faisant le solde entre ce que l’immigration coûte et rapporte à la France, il est positif de près de 4 milliards d’euros pour la France.

Technique de mensonge n°2: confondre une corrélation avec une causalité

C’est en particulier sur la criminalité et la délinquance que le FN argumente en confondant une corrélation (« A s’accompagne de B ») avec une causalité (« A est la cause de B »). Par exemple, Marine Le Pen a recommandé à ses sympathisants la lecture de La France orange mécanique de Laurent Obertone. Ce livre recense des actes criminels barbares commis en France par des personnes par ailleurs issues de telle ou telle culture (« A s’accompagne de B »). Il déduit de ces origines culturelles que leur barbarie provient de leur culture (« A est la cause de B »): d’où sa théorie de « l’ensauvagement ». Cette technique permet au FN de soutenir que l’immigration est une source d’insécurité. Or, le raisonnement est absurde : appliqué au fait que 97% des détenus de France sont des hommes, il aboutirait à la conclusion qu’un grand plan national d’opérations massives de changement de sexe réduirait la criminalité.

Technique de mensonge n°3: l’amalgame

C’est probablement la technique la plus couramment employée par le FN pour mentir aux électeurs. Que des élus de gauche ou de droite soient condamnés pour corruption, et le FN parle de « tous pourris ». Qu’un islamiste commette des attentats, et l’islam n’est pas compatible avec la République. Que des immigrés commettent des délits, et l’immigration est une cause d’insécurité. Sur tous ces points, l’amalgame est statistiquement indéfendable: par exemple, sur l’insécurité, même si l’on supposait que la totalité des détenus de France sont des immigrés maghrébins (ce qui est faux), cela représenterait alors un taux minuscule de 0,44% de la population totale d’immigrés maghrébins en France.

Technique de mensonge n°4: le sous-entendu

Encore lors des débats des élections européennes, Marine Le Pen a déclaré que les gens voient bien qu’il y a trop d’immigrés. Affirmer qu’ils le voient, c’est un sous-entendu raciste. En effet, il est évidemment impossible de distinguer à l’œil nu un immigré d’une personne née en France. Donc, en réalité, dire que les gens voient qu’il y a trop d’immigrés, c’est sous-entendre qu’ils voient qu’il y a trop de personnes qui n’ont pas la peau blanche. Cela permet d’envoyer un message raciste à l’électorat, tout en préservant la possibilité de nier ce racisme. Au demeurant, dans son programme de 2012, le FN prend explicitement la défense des « hommes blancs ».

Technique de mensonge n°5: l’usurpation de la rhétorique républicaine

C’est en particulier une méthode très courante de la part de Florian Philippot, soldat perdu du chevènementisme devenu bras droit de Marine Le Pen. La technique consiste à employer la sémantique républicaine pour recouvrir un argumentaire qui, sur le fond, reste d’extrême droite. Par exemple, le FN prétend être grand défenseur de la laïcité, valeur républicaine par excellence. Cependant, sur le fond, lorsqu’il parle de laïcité, c’est généralement pour s’attaquer à l’islam. Autre exemple: le FN revendique d’être opposé au communautarisme, par essence incompatible avec l’individualisme républicain. Cependant, sur le fond, lorsqu’il parle de communautarisme, c’est en réalité pour être lui-même défenseur d’un communautarisme blanc. Corollairement, le FN est sélectif lorsqu’il prétend défendre les « racines » de la France. Typiquement, il met en avant les « racines chrétiennes » mais jamais ses racines gréco-romaines. Or, en se fondant sur les racines gréco-romaines, tous les pays méditerranéens ont les mêmes racines que nous…

Technique de mensonge n°6: prétendre ne plus être d’extrême droite

Le FN alterne sur ce point entre deux lignes contradictoires. Tantôt il prétend n’avoir jamais été d’extrême droite, tantôt il élude mais précise que ses idées ont changé avec le temps. Pourtant, non seulement le FN est toujours d’extrême droite, mais plus précisément, il est pétainiste. De fait, comme le régime pétainiste, il préconise notamment une hiérarchie sociale fondée sur le sang français, un Etat fort protecteur des artisans et petits commerçants, une politique nataliste et anti-IVG, et la liberté de faire de la propagande antisémite. Par ailleurs, comme le régime pétainiste, il s’est choisi Jeanne d’Arc pour icône. En outre, il compte parmi ses fondateurs des anciens collabos: par exemple, son tout premier trésorier, Pierre Bousquet, est un ancien caporal SS, et François Brigneau, ancien vice-président du FN, servit dans la Milice du régime de Vichy.

Technique de mensonge n°7: la frappe ciblée

C’est une ligne de défense quasiment systématique du FN lorsqu’une de ses idées est identifiée comme étant d’extrême droite. Il riposte en citant une personne qui défend la même idée, ou un gouvernement étranger qui l’a appliquée, et qui n’est pas d’extrême droite. Par exemple, lorsque dans un débat sur France 2, en octobre 2013, Martine Billard a identifié comme pétainiste l’expression « redressement national » employée par Florian Philippot, ce dernier a répliqué qu’Arnaud Montebourg était ministre du « redressement » productif sans être pour autant pétainiste. En réalité, à l’échelle de la planète, presque aucune des propositions du FN n’est une position uniquement défendue par l’extrême droite française. C’est la combinaison spécifique de propositions qui est caractéristique de l’extrême droite française, et plus précisément, du pétainisme.

Le FN est CONTRE le peuple et ses intérêts. Pour preuve…

Article d’après  » Rappel salutaire, publié sur le blog « Pensée Libre. Liberté, Egalité, Fraternité, Solidarité « 

Les députés FN à l’Assemblée Nationale, de 1986 à 1988 : rappel de leurs votes antisociaux

L’héritière Le Pen prétend envoyer à l’Assemblée Nationale des députés FN qui, nous assure-t-elle, se feront les  « avocats des oubliés « . (comprenez  avocats des « français de souche », les vrais français, victimes des faux français et de tous les autres, les étrangers). Le pseudo-virage social du FN, on l’a déjà vu à l’oeuvre.

Les votes des députés du Front National à l’Assemblée Nationale de 1986 à 1988

Le Front National a eu 35 députés aux législatives du 16 mars 1986 ( à la faveur de scrutin proportionnel ) jusqu’à la réélection de Mitterrand qui a dissous l’Assemblée, le vote des 5 et 12 juin 1988 n’en n’ayant réélu aucun. Il est intéressant de savoir comment ces députés ont voté, et pour quelles lois, Marine Le Pen et ses amis disant qu’elle veut le bien des Français, ne précisant jamais de quels Français elle parle. En examinant les votes ont comprend mieux :

    – L’institution d’une cotisation sociale au taux de 12,6 % sur les revenus du capital : CONTRE

    – Prélèvement sur les revenus du capital pour le financement de la Sécurité sociale : CONTRE

    – Rétablissement de l’impôt sur les grandes fortunes : CONTRE

    – Fixation à 50 % du taux de l’impôt sur le bénéfice des sociétés : CONTRE

    – Suppression du forfait hospitalier : CONTRE

    – Privatisations : POUR

Donc, Marine Le Pen veut donner du travail, augmenter les salaires, rendre au peuple sa dignité perdue ? Tout cela en refusant de s’en prendre aux capitalistes qui défendent farouchement les centaines de milliards accumulés. C’est pourquoi le FN soutient et a toujours soutenu les puissances de l’argent comme celles du CAC 40, tout en ayant l’air de les combattre.

En 2009 il proposait une solution à la crise :  « conserver le modèle du capitalisme » en utilisant « de manière équilibrée le capital humain et le capital financier » !

En 2010, en pleine action pour la défense des retraites, le FN préconisait la liberté de choix du départ à la retraite (en clair plus de date limite), la constitution d’une épargne retraite personnelle ( une étape marquante vers la disparition du système collectif de retraite actuel ).

Et, naturellement, pas un seul mot sur la nécessité de faire payer les employeurs ! Il ne s’agit là que d’un aperçu mais combien éloquent de ce qu’est le FN : un parti au service du capitalisme.