Archives du mot-clé ONPC

Benoît Hamon, la « gauche » et nous – Par Simon Férelloc le 09/04/2017

Ce billet est accessible ici sur le blog de Simon Férelloc.

*

BH

Dans ONPC, le candidat socialiste Benoît Hamon explique qu’il appellera à voter Jean-Luc Mélenchon s’il n’est pas au second tour. Cette phrase du vainqueur de la primaire du PS est vraiment un atout de poids pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon car en la prononçant, Hamon vient de reconnaître implicitement 3 choses :

La première est que même lui estime qu’il n’a plus aucune chance de se qualifier pour le second tour. Ce faisant, il porte un rude coup à ses camarades socialistes habitués à miser sur le chantage du « vote utile » pour empêcher l’avènement d’une vraie gauche de rupture. La seconde est qu’il considère lui aussi, la qualification de Mélenchon possible pour le second tour. Ce qui a pour effet de crédibiliser un peu plus cette hypothèse. La troisième est qu’il entérine la primauté de Jean-Luc Mélenchon, et surtout de la France Insoumise « à gauche ». Ce qui nous permet de nous affirmer très clairement comme une force politique bien plus puissante désormais que le PS moribond.

Ce passage de Benoît Hamon dans ONPC est donc une véritable aubaine pour nous les insoumis. Cependant, il faut à tour prix éviter de retomber dans le piège du clivage gauche-droite dans lequel ce genre d’interview pourraient nous remettre.

Il faut continuer à clamer haut et fort que nous sommes bien au dessus de ça et que nous n’aspirons non pas à rassembler une pseudo-gauche dans laquelle il faudrait trier qui a voté quoi lors du quinquennat. Bien au contraire, nous voulons fédérer le peuple français, y compris ceux qui ne s’identifient pas spontanément à la « gauche » autour d’un programme basé sur la transition globale vers une société où la première règle serait celle de l’intérêt général humain !

Nous voulons rassembler les français avec la mise en place d’une 6ème République dans laquelle les citoyens auront davantage de contrôle sur leurs représentants et pourront vraiment participer à la vie politique !

Nous voulons rassembler les français autour de la planification écologique, pour dire qu’enfin nous ne prendrons plus jamais davantage à la nature que ce qu’elle peut produire !

Nous voulons rassembler les français avec le partage des richesses pour répartir celles-ci entre tous ceux qui les produisent !

Nous voulons rassembler les français pour retrouver notre souveraineté populaire en sortant des traités européens avec les plans A (négociation) et B (retrait progressif de l’UE) !

Nous voulons rassembler les français autour d’un objectif planétaire commun : la paix dans le monde et la souveraineté des peuples, en sortant de l’OTAN et en renforçant le rôle de l’ONU !

Nous voulons rassembler les français pour engager le progrès social et réaliser de grands projets innovants créateurs d’emplois et aux frontières de l’humanité !

Et si Jean-Luc Mélenchon est élu le 7 mai prochain, alors j’espère vraiment que toutes les bonnes volontés seront les bienvenues pour construire l’Avenir en Commun ! #JLM2017 👊👊

 

Publicités

Quelques propos de Jean-Luc Mélenchon à « On n’est pas couchés » du 20 février 2016

Propos retranscrits par Vincent Christophe Le Roux

Jean-Luc Mélenchon : Tout ça, c’est un nid de serpents. On n’est pas de braves camarades qui nous tapons dans le dos. C’est pas vrai !

Cette histoire a commencé sans crier gare par le fait que « mes alliés », après qu’on se soit traînés et effondrés dans le ridicule pendant trois élections, avec nos stratégies à la noix auxquelles personne ne comprenait rien pour savoir avec qui on était alliés, vous vous souvenez de cet épisode, on ne savait même plus comment on s’appelait… On se vautre trois fois de suite et arrive à la présidentielle, par quoi on commence ? La carabistouille ! » [La primaire avec Hollande et Cohn-Bendit]

Jean-Luc Mélenchon : Faut que je me taise sur l’Europe, faut que je me taise sur la planification écologique, faut que je me taise sur la 5e République, bref, si je voulais bien cesser d’être Mélenchon, je serais un Mélenchon acceptable. Eh ben non !

Léa Salamé accuse Jean-Luc Mélenchon d’être « égoïste » pour « ne pas avoir fait monter de successeur. Y’a pas de successeur à Mélenchon affirme-t-elle !

Jean-Luc Mélenchon :  Vous avez tort ! Des successeurs, y’en a ! Mais vous m’obligez à dire quelque chose qui relève de l’intime. Autour de moi, il y a une équipe nombreuse (…) et il y avait, parmi eux, un être spécialement brillant (JLM s’étrangle) qui était mon complice dans l’action politique pendant dix ans. Il était plus jeune que moi et il est mort l’année dernière. Cet homme-là, à mes yeux, représentait la suite. C’était une espèce d’incarnation. Il y a toujours une difficulté à citer un nom parce que ça peut être blessant pour les autres camarades. Voilà, c’était ça mon idée Madame Salamé. J’ai eu cette illusion mégalomaniaque de croire qu’on peut tout maîtriser, y compris le temps ! Et je m’apprêtais à consacrer mon énergie, à écrire et à penser, sur un thème qui est celui de la révolution citoyenne, la rénovation du matérialise historique, c’est ça qui me passionnait. Et il a fallu tout d’un coup regarder autour de soi et… Ça va vous paraître prétentieux ce que je vais vous dire mais alors je me suis dit : Mais QUI va continuer ça ? Qui ne soit pas un combinard… Qui ne soit pas quelqu’un qui va tenter de s’arranger… Qui, à la fin, termine comme tous ces misérables, à se traîner pour un siège, à vendre père et mère pour ça !

Jean-Luc Mélenchon : J’ai toujours tout pris en ouvrant les portes à coup de pied !

Léa Salamé : Pourquoi il n’y en a pas un [parmi vos proches] que vous présentez à la présidentielle ? [au lieu d’y aller vous-même]

Jean-Luc Mélenchon : Parce qu’aucun ne s’est senti en état de le faire !

Je vous l’avais déjà dit dans je ne sais plus quelle émission et je vous le redis ce soir : je ne serai jamais un obstacle ! Moi ma personne ! Mais à une condition : il faut tenir bon ! Et tenir bon sur les choses sur lesquelles on s’est engagés ! »

Nos intérêts [à nous les Français] c’est que la guerre [en Syrie] s’arrête. Vite ! Vite ! Vite !

Léa Salamé : « Pourquoi vous dîtes pas qu’il faut laisser Poutine régler le problème [de DAECH], on se retire et on donne la Syrie à Poutine ? »

Jean-Luc Mélenchon : Mais non ! Non ! Non ! Il ne peut pas être question de laisser Poutine régler le problème ! Parce que je ne suis pas non plus d’accord pour que Poutine règle [seul] le problème ! Je suis pour que l’ONU règle le problème ! (…) Je ne soutiens qu’une seule chose : le retour rapide à la paix.

Sur la monnaie :

Jean-Luc Mélenchon : L’euro est une monnaie unique, la monnaie qu’ont proposé les Chinois – mais pas qu’eux d’ailleurs car il y a aussi bien des économistes français – serait une monnaie commune de référence. Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui, la monnaie commune de référence, c’est le dollar. Et les États-Unis d’Amérique impriment des dollars tant qu’ils veulent et personne n’a rien à dire. Et ils ont inondé la planète d’une masse de papelards qui crée des bulles financières qui explosent à intervalles réguliers sur des incidents comme les subprimes. Demain, ça peut être sur la dette étudiante ou je ne sais quoi. Donc les Chinois disent : vous êtes bien gentils mais on a déjà rempli nos coffres avec des titres de dette américains, on a des dollars partout, on voudrait quand même, pas tous les jours, que ça nous explose sous les fesses. Donc ils proposent une monnaie commune* et à nous, les Français, c’est notre intérêt que ce ne soit plus le dollar la monnaie de réserve !

Alors là, vous m’avez dit : Les Américains ne sont pas d’accord. Eh bien justement, c’est un problème qu’on ne puisse faire dans ce monde que ce avec quoi les Américains sont d’accord ! Surtout qu’ils s’attribuent le privilège de battre monnaie pour la terre entière et de ficher la pagaille partout ! Et de défendre leur position qui est intenable économiquement par le fait que c’est la première puissance militaire du monde.

Si vous voulez que cet ordre absurde du monde cesse, il faut y aller doucement. Il y a une méthode qui est violente : vous faîtes sauter le système de l’intérieur ! Nous avons tous les moyens de faire sauter le système. Vous savez ? Il y a cinq banques systémiques en France. Ça veut dire que si une saute, c’est tout le système qui saute ! On a les moyens de faire sauter le système, ça c’est la méthode brutale.

Vous avez la méthode sauvage : la bulle éclate et tout le monde court partout comme des poulets effarouchés pour essayer de rattraper le truc !

Et puis, vous avez la méthode civilisée : on y va mollo, on crée une monnaie commune, on change chaque monnaie dans la valeur de la monnaie commune et petit à petit on a un étalon commun raisonnable. Moi, je préfère les solutions raisonnables à la destruction généralisée. Je n’aime pas le chaos ! Je crois que je ne suis pas le seul sur terre à pas aimer le chaos !

* une nouvelle monnaie commune mondiale qui servirait de référence en lieu et place du dollar qui ne vaut rien en-dehors de la fiction monétaire