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Du discours du Prado de Jean-Luc Mélenchon et de la question européenne…

J’ai lu, sur un fil, un de mes contacts faire des remarques (tout à fait respectueuses et s’inscrivant dans un débat serein) à propos du discours du Prado de Jean-Luc Mélenchon (axé sur les liens à développer entre les peuples du Maghreb  et le peuple français) et d’autres sur la question européenne. Elles m’ont inspiré.

1/ D’abord, voici les remarques de cette personne

Je pense aux excès du discours de Marseille qui ont fait fuir de nombreux électeurs (j’en connais quelques uns autour de moi). Ces électeurs n’ont pas oublié et tant que JLM ne mettra pas de l’eau dans son vin, voudra bien admettre que la France ne peut accueillir toute la misère du monde, ils ne reviendront pas.

JLM va devoir « effacer » – non « atténuer »  plutôt qu’ »effacer » – de la mémoire collective son discours de Marseille, et ça ne pourra pas se faire sur une seule publication : il faudra qu’il enfonce le clou.

De plus je crois que sa position concernant la France dans l’UE a besoin d’être éclaircie publiquement.

2/ Voici maintenant mes réflexions et les réponses que je peux apporter

2.1/ Sur la question du discours du Prado

L’auteur a raison quant à l’effet qu’il a décrit du discours du Prado. Nous sommes nombreux, j’en suis sûr, à avoir, comme lui, croisé des gens déterminés à voter pour JLM et à avoir changé d’avis après ce discours. Le peuple français n’était pas prêt à entendre cela et les medias, le FN, mais aussi la droite « républicaine » (je pense à DLR et à NDA) et le PS, se sont employés à se servir de ce discours pour discréditer JLM. On se souvient de l’affaire des faux tracts…entre autres avanies ! C’est sans doute ce discours-là qui a le plus nui à la solidité de sa candidature.

Et pourtant, si je le rejoins inévitablement sur ce diagnostic, je ne saurais approuver la conclusion qu’il en tire. Il dit qu’il faut « effacer » ce discours, avant de corriger le tir en disant « atténuer ».

 « Effacer » est en effet impossible car ce discours a été prononcé et parce que c’est sans aucun doute la pensée profonde de JLM. En ayant dit ce qu’il a dit ce jour-là, il a joué le rôle d’un passeur d’idées qui feront leur chemin. Demain, dans quelques années, ce que JLM a dit au Prado sera devenu réalité et évidence pour la plupart des gens. Il a juste, sur ce point, plusieurs longueurs d’avance sur les masses et sur bien des élites. Pour quelqu’un qui a affirmé ne pas vouloir courir trop loin devant ses troupes et le peuple, pour le coup – et pour filer la métaphore cycliste, c’est la période idéale pour cela – il est comme un échappé ayant semé presque tous ses poursuivants. Je dis « presque » puisque nous sommes quelques-un-e-s au PG et au-delà du PG, à le suivre sans difficulté sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres.

Il n’est donc pas question d’ « effacer » ce discours, si noble, si profond, car revenir dessus serait un signe très négatif à tous égards. Je pourrais développer mais je ne veux pas disserter. Juste dire qu’à mes yeux, et je suis loin d’être le seul à le penser et à le dire, ce discours est de portée historique. Je suis convaincu que dans les générations futures appréhenderont ce discours-là comme nous avons reçu certains discours de Robespierre, de Jaurès ou du général de Gaulle. Trop en avance sur son temps sans doute mais visionnaire.

Pas d’effacement donc et d’ailleurs, l’auteur s’est vite ravisé en préconisant plutôt d’ « atténuer » seulement ce discours. Le terme me paraît encore malvenu car il ne me semble pas opportun de donner le sentiment de rétropédaler. Certes, beaucoup de citoyen-ne-s ont refusé de voter pour nous à cause de ce discours mais ce n’est pas une bonne conduite politique à mes yeux que derevenir un jour sur ce qu’on a dit la veille pour de simples raisons électoralistes. Certes, quand on s’égare, quand on se trompe, il est judicieux de corriger ses erreurs et d’adopter un nouveau discours plus pertinent. Par exemple, JLM a choisi en 1992 de voter le traité de Maastricht alors que c’était une énorme erreur. Il n’est pas le seul à s’être fourvoyé et à s’être laissé illusionner, mystifier pourrais-je dire. Mais il a compris depuis et a changé de discours. Dont acte ! Sur la question de l’immigration, objet du discours du Prado, le problème n’est pas qu’il a eu tort mais que le peuple ne l’a pas compris et n’est pas encore décidé à adopter des vues aussi progressistes. Ce qu’il faut donc faire, c’est expliquer, faire œuvre pédagogique, et montrer pourquoi l’immigration n’est pas une plaie mais une chance.

Et si l’immigration clandestine pose des problèmes, c’est en raison du fait que les clandestins sont employés à des conditions bien plus « compétitives » que les citoyen-ne-s français-e-s ou les étrangers en situation régulière. C’est donc sur ce point qu’il faut lutter en imposant un cadre légal qui dissuade les employeurs de faire appel à une main d’œuvre bon marché et clandestine. Et bien sûr, il faut agir au niveau diplomatique et économique international pour tarir les sources de cette immigration que sont, d’une part, la misère des pays d’émigration et, d’autre part, la corruption ou le caractère oppresseur et tyrannique des régimes en place dans ces pays qui ne résultent et ne survivent bien souvent que grâce au soutien plus ou moins direct de la France. Le slogan selon lequel « l’ennemi est le banquier pas l’immigré » résume bien notre philosophie. Il faut l’expliquer encore et encore. Et quand je dis que le peuple n’a pas compris, je ne dis pas qu’il est inapte à comprendre, je dis juste que ces idées progressistes sont encore trop ambitieuses pour qu’il les accepte. Mais ça viendra. Le nombre est immense de ces questions initialement jugées impossibles à faire évoluer et qui ont pourtant fini, avec le temps, et l’évolution des mœurs et de la civilisation, à prendre un aspect plus humaniste : le droit pénal, la procédure pénale, le droit de la famille et tant d’autres…

L’auteur pourrait répondre que si l’on veut absolument que JLM soit élu à la Présidence de la République, l’état d’esprit du peuple français étant aujourd’hui ce qu’il est, il faudrait que nous « mettions de l’eau dans notre vin » (expression qu’il a d’ailleurs employée) et que nous en rabattions un peu sur ce sujet. Oui, en effet, ce serait une façon de faire. Mais je ne crois pas qu’elle nous ferait gagner des voix. Les racistes indécrottables ne seront jamais gagnés par ce genre de rétropédalage et je doute que l’on puisse les ramener à la raison et à l’humanité. Mais à l’inverse des gens qui croyaient en nous seraient choqués, à juste titre, qu’on change ainsi notre vision pour seulement gagner des voix, alors même que nous croyons résolument à la grandeur et à la noblesse de ce combat philosophique et politique. Au risque de paraître grandiloquent, je dirais que ce combat-là est digne des Lumières du XVIIIe siècle et que JLM s’inscrit, en le menant, dans la droite ligne des grands progressistes de cette époque. Et puis abandonner ce combat pour la dignité et le progrès humain, ce serait, à coup sûr, perdre bien plus qu’on ne gagnerait. Il ne nous reste donc qu’à expliquer, expliquer, expliquer.

On pourrait être cyniques et faire comme de Gaulle vis-à-vis des pieds-noirs d’Algérie, je veux dire abandonner ce discours ou « l’atténuer » fortement comme il le préconise pour peut-être nous faire élire et, une fois en place, y revenir et imposer notre vision ou, compter sur le progrès des consciences qui aura peut-être d’ici là gagné du terrain. Oui, ce serait peut-être une option stratégique mais nous ne sommes pas des cyniques et nous disons ce que nous voulons faire. Alors je reviens à ce que je disais plus haut.

2.2/ La question européenne et mondiale…

Là où en revanche je rejoins l’auteur, c’est sur la nécessaire – que dis-je, indispensable – clarification du discours de JLM et du PG sur la question européenne. Et pour moi, cette clarification implique mutation.

Je crois que c’est en bonne voie même si c’est très lent à advenir. Trop lent pour moi qui souhaiterais entendre de la part de JLM et du PG, un discours beaucoup plus radical. Mais on ne peut ignorer que nous avons été longtemps contraints par le PCF qui n’était pas sur cette ligne de rupture franche avec l’UE. Et JLM et le PG ont été tenus, en tout cas ce fut leur choix stratégique, de ne pas dépasser une ligne rouge pour que le FdG perdure et que la question européenne ne vienne pas s’ajouter aux lignes de fracture existant par ailleurs sur l’écosocialisme ou la stratégie.

Mais il est évident à mes yeux que nous n’aurions pas dû obtempérer. Nous n’aurions pas dû en rabattre sur notre radicalité. Nous n’aurions pas dû suivre le PCF. Nous aurions dû assumer depuis longtemps la rupture nette avec l’UE et dire haut et fort que nous étions déterminé-e-s à quitter l’UE car le discours toujours actuel de la désobéissance, discours auquel j’ai adhéré jusqu’à il y a quelques mois, ne peut plus suffire. Les choses sont beaucoup trop cadrées et solidement définies au sein du système actuel de l’UE pour que la désobéissance ait une quelconque influence. Croire cela c’est la même chose que de croire que l’on peut encore changer le PS de l’intérieur ou depuis ses marges. C’est une escroquerie intellectuelle pure et simple.

Je me suis donc émancipé moi-même de cette philosophie pour adhérer désormais à l’idée de la sortie pure et simple de l’UE. Pas pour nous renfermer sur nos frontières nationales mais pour nous libérer du carcan, de la prison à tendance totalitaire qu’est devenue l’UE, et pour immédiatement entrer en pourparlers avec les autres gouvernements des pays membres et les peuples qu’ils représentent (fort mal pour la plupart) et aussi d’ouvrir les horizons. En effet, je suis avec JLM quand il prêche pour que les peuples de la Méditerranée s’unissent et je suis d’accord avec un autre quand il dit que la France a bien plus en commun avec le Sud de l’Europe et le Maghreb qu’avec les pays du Nord et de l’Est et que c’est donc avec eux qu’il faut refonder une union des peuples.

Et puis, je suis de gauche et au PG ce qui signifie que je suis internationaliste et je vois donc pour la France une ambition autrement plus grande et plus noble que celle d’être un vassal de l’Empire. Notre vocation, intemporelle, est de parler au monde et d’être un maillon essentiel de ce monde. La France, hélas, fut, pendant un temps trop long, un empire colonial donc oppresseur et tyrannique mais ce temps est révolu. Certes, des formes subsistent de colonialisme détourné mais nous y sommes radicalement hostiles et donc nous nous y opposerons le jour venu. Nous défendons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à ce titre nous condamnons, par principe, tout empire, quel qu’il soit. Car les empires sont établis sur la puissance et sur la domination, pas sur le consentement. Il n’y a que deux véritables empires aujourd’hui dans le monde et d’ailleurs on pourrait dire qu’il n’y en a qu’un, avec deux faces. Comme Janus en quelque sorte. L’empire occidental avec les États-Unis auxquels on peut attacher le Canada et le Mexique voire quelques pays de l’Amérique Latine qui restent sous sa domination plus ou moins directe, et l’UE qui exerce son autorité, fut-ce indirectement, jusque en Afrique.

Nous avons la ferme intention de tisser des liens d’une autre nature avec les nations, les peuples et les gouvernements du monde. Nous avons l’intention de réformer profondément l’ONU en vue d’en faire une organisation qui puisse prétendre être une authentique organisation internationale où tous les peuples ont un rôle à jouer et une influence sensible. Nous agirons pour que disparaissent ces directoires des grandes puissances, qu’il s’agisse du conseil de sécurité ou des divers G (G20, G8, G2) et qu’ils soient remplacés par des institutions démocratiques.

Bref entre le rétropédalage sur la question de l’immigration et la réformation de notre vision et de notre discours sur la question européenne et plus largement sur celle de la diplomatie que nous mettrions en œuvre, j’opte très clairement pour la seconde option. Certains préconiseront de ne rien changer ni à l’une ni à l’autre. Ce serait une grave erreur indiquant que nous sommes sourds aux messages que nous fait passer le peuple français depuis plusieurs années. D’autres souhaiteront nous voir évoluer sur les deux thématiques mais j’ai expliqué pourquoi je n’étais pas favorable à une inflexion de notre positionnement sur le premier sujet. Par contre, la question européenne est à mes yeux la plus fondamentale de toutes les controverses. C’est notre ambigüité et notre refus d’aller au bout de la logique que nous avions commencé à adopter sur cette question qui nous a porté tort et ce profondément. C’est notre évolution sur la question de l’Europe qui peut nous redonner du crédit dans l’opinion et ôter au FN sa légitimité apparente de parti souverainiste et anticapitaliste alors qu’il n’est que le chien de garde du capitalisme.

Ce n’est pas le sujet ici mais il va sans dire que pour que nous retrouvions du crédit dans l’opinion, JLM et le PG doivent aussi assumer une rupture franche et définitive avec ceux qui nous ont conduits là où nous sommes. Inutile de les citer une nouvelle fois, chacun aura saisi.

Je sais que sur cette dernière rupture, comme sur celle relative à l’UE, le PG n’est pas unanime. Mes positions tranchées, radicales, ne sont pas partagées par tous. J’ignore si, aujourd’hui, la majorité du PG incline pour la sortie de l’UE ou reste attachée à ce système mais au fond de moi, sur la base d’éléments divers, je suis convaincu que si un vote était organisé au sein du PG et que tous les adhérents devaient se prononcer pour ou contre la sortie de la France de l’UE, vote qui devrait évidemment intervenir après un débat sérieux, la majorité serait du coté de la sortie.

C’est vers cette orientation-là que nous devons aller. C’est ce que je crois et c’est ce que je défends en tant que militant du PG.

 

 

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Déclaration universelle des droits de l’homme, 10 décembre 1948

10 déc 1948 la DUDDH

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Article premier

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme.

Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.

Considérant qu’il est essentiel d’encourager le développement de relations amicales entre nations.

Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Considérant qu’une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

L’Assemblée Générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2

1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 4

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Article 6

Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

Article 7

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 8

Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

Article 9

Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

Article 10

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

Article 11

1. Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’acte délictueux a été commis.

Article 12

Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14

1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 15

1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Article 16

1. A partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’Etat.

Article 17

1. Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

Article 20

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association.

Article 21

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Article 22

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

Article 25

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

Article 26

1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Article 27

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.

Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Article 29

1. L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 30

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.