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Le Grand jeu : dégénérescence – Vu sur le blog « Chroniques du grand jeu » – Le 16/03/2017

Vu sur le blog de mon camarade Pierrick Tillet qui relaie lui-même cet article du blog « Chroniques du Grand jeu« .

Lien vers cet article sur le blog de Pierrick Tillet.

Lien vers cet article sur le blog « Chroniques du Grand jeu ».

image illustrant le billet de blog le grand jeu, la dégénrescence

Si le détricotage du système impérial suit son cours, l’implosion de son bras médiatique passe la vitesse exponentielle. Un vrai pur-sang au galop dans la dernière ligne droite de Longchamp… mais en moins élégant.

Désinformation, mensonge par omission, délires paranoïaques, transformation de la réalité ou des textes, erreurs conscientes de traduction, tout y passe. Les élections de cette année en Europe pousse la journaloperie dans ses derniers retranchements : le “danger populiste” est partout. Rappelons en passant que l’oligarchie sénatoriale romaine qualifiait de même le courant populaire il y a 22 siècles. Plus ça change…

Les “gamineries” du Fig à rot

Il faut absolument sauver le soldat Ryan Euro et tout est bon, y compris les manipulations les plus infantiles. Le Fig à rot ne dira pas le contraire, qui s’est vautré dans le grotesque il y a quelques jours. Il avait en effet proposé un sondage à ses lecteurs : « Êtes-vous favorable à la sortie de l’euro ? » Il faut certes toujours prendre ce genre de sondage en ligne avec des pincettes mais là n’est pas la question. Sans doute déçu par le fait que 59% des gens aient répondu par l’affirmative, le journal a tout simplement retourné la question tout en gardant les résultats ! « Craignez-vous les conséquences de l’euro ? » Oui : 59%. Gaminerie hallucinante. Les lecteurs sont évidemment furieux comme on peut le voir dans les commentaires sur la page dont l’adresse, comble d’amateurisme, a gardé l’intitulé de la question précédente.

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Typique d’une presstituée qui ne sait plus où donner de la tête, appartenant à une oligarchie déboussolée. Rappelons que ce sont les mêmes qui, ayant perdu tout soupçon de scrupule, s’érigent en gardien moral de la vérité et vilipendent les fake news. Ce n’est plus l’hôpital qui se fout de la charité, c’est le ministère de la santé tout entier !

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Moqueries de l’un, sadomasochisme des autres

Les théories du complot de ceux qui, il y a encore quelques années s’élevaient avec force coups de menton contre le conspirationnisme, font en tout cas bien rire le président tchèque, le toujours excellent Milos Zeman. Moquant ouvertement les médias, sa saillie est délicieuse :

« Oui, je suis un agent de la Russie, en particulier de Vladimir Vladimirovitch Poutine. Je dois ajouter que je suis également un agent du président chinois. Et dernièrement, du président américain aussi. Ainsi bien sûr que d’Israël. »

Une qui doit moins rire est l’inénarrable Mogherini. La cheffesse de la diplomatique euronouillique a eu tout le mal du monde à mener son discours à terme au parlement serbe début mars, accueillie par des chants pro-russes et anti-européens (vidéo en bas de page). Si elle voulait convaincre Belgrade des bienfaits de l’OTAN, ses arguments n’ont pas dû être tout à fait entendus…

Le système impérial ayant perdu la partie en Ukraine ou en Syrie, la MSN préfère regarder ailleurs et ne plus s’y frotter. Ici, le mensonge se fait désormais surtout par omission. Ne vous attendez pas à lire une ligne à propos du soutien des rebelles “modérés” de l’Armée syrienne libre — ces grands démocrates devant l’éternel — aux délires rhétoriques d’Erdogan contre les Pays-Bas. Indécrottables eurocrates masochistes qui supportent tout ce et tous ceux qui finissent invariablement par se retourner contre eux…

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« Je suis un masochiste normal »

 

MH17 : le gouvernement australien refuse d’indemniser les victimes car il n’y a pas suffisamment de preuves pour accuser la Russie !

Et puisque la caricature évoque les sanctions et contre-sanctions européo-russes, rappelons que toute cette affaire a été déclenchée, sous l’intense et intéressée pression américaine, en surfant sur l’émotion causée par le crash du Boeing de la Malaysian Airlines au-dessus de l’Ukraine. Rappelons les faits :

17 juillet 2014 : l’avion de la Malaysian Airlines est abattu

Rarement la basse-cour médiatique occidentale sera tombée aussi bas. Un barrage d’articles délirants, d’accusations hystériques, allant toutes dans un sens et un seul. Le prévenu est condamné avant même l’enquête ! Qu’en 2014, l’Europe soit le théâtre d’un climat digne des pires époques de l’Inquisition laisse songeur… Mais après tout, quand on voit des dirigeants occidentaux soutenir un gouvernement composé pour un tiers de néo-nazis ou que ces mêmes dirigeants, pour ne pas indisposer leur allié ukrainien, s’opposent à l’ONU à un vote condamnant la glorification du nazisme, il faut s’attendre à tout.

Les journaux européens sont depuis longtemps noyautés par la CIA, comme l’a montré le scandale Udo Ulfkotte en Allemagne l’année dernière. L’un des plus grands éditorialistes allemands de l’un des plus “sérieux” journaux (Frankfurter Allegemeine Zeitung) bossait en fait depuis des années… pour la CIA ! Et c’est loin d’être un cas isolé en Europe.

Mais revenons à notre avion… Ainsi donc, pour la volaille journalistique noyautée, c’est un coup des séparatistes pro-russes, donc des Russes ! Et le grand méchant Poutine est montré d’un doigt accusateur par les journaux dans un déferlement de rage collective qui fait fortement penser aux deux minutes de la haine contre Emmanuel Goldstein dans 1984, le fameux roman d’anticipation de George Orwell. Nous y sommes, avec 30 ans de retard.

Sur quoi se basent nos féroces procureurs ? Sur… et là, ne rigolez pas, je suis sérieux… sur :

  1. les accusations verbales des Ètats-Unis [les mêmes que pour les bébés-couveuse de 1990 ou la fiole de Colin Powell à l’ONU ?], Washington se gardant bien d’apporter le moindre début de preuve alors que leurs satellites tournent 24h/24 au-dessus de l’Ukraine.
  2. la vidéo amateur d’un lanceur de missiles Buk, en réalité filmé dans une ville tenue par l’armée ukrainienne comme le montre un panneau publicitaire dans le fond.
  3. un commentaire Facebook effacé depuis [un énorme LOL. Est-il vraiment utile de préciser que n’importe qui peut pirater un compte sur un réseau social…]
  4. une conversation téléphonique enregistrée entre « deux chefs séparatistes », dont il a été prouvé depuis qu’elle a été trafiquée, Kiev l’ayant même retiré de sa liste de “preuves”.

Voilà, Mesdames et Messieurs, c’est tout… Et c’est sur ça que se base l’accusation.

Peu importe que le principal journal malaisien (la Malaisie est quand même concernée au premier chef dans cette affaire) titre, lui, sur la responsabilité de Kiev. Peu importe que le plus grand journaliste d’investigation américain — Robert Parry, celui qui a mis au jour le scandale des contraspointe Kiev du doigt. Peu importe que des spécialistes de la question s’interrogent ouvertement (iciici ou ici par exemple).

Peu importe que même les vétérans du renseignement américain doutent ouvertement des accusations de leur gouvernement. Peu importe que les services secrets ukrainiens (les mêmes qui ont annoncé 72 “invasions russes” de l’Ukraine depuis un an) aient étrangement confisqué les conversations entre les contrôleurs du ciel et l’équipage du Boeing.

Peu importe que les quatre pays qui enquêtent sur le crash — Hollande, Belgique, Australie et Ukraine (tous dans le même camp d’ailleurs) — aient curieusement signé un « accord de non-divulgation » qui interdit à ces pays de divulguer les résultats de l’enquête concernant le MH17 et leur donne un droit de veto les uns sur les autres.

Peu importe tout cela… c’est Poutine, on vous dit !

Faire la lumière sur ce qui s’est vraiment passé est le cadet des soucis pour les accusateurs auto-proclamés. Nous sommes dans le rapport de force géopolitique, dont la guerre de l’information est une composante de plus en plus importante.

Quelques jours avant, Poutine était au Brésil où il signait l’accord sur la création de la Banque des BRICS qui risque de mettre à mal le système dollar permettant aux Ètats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens et de faire financer leurs guerres par les autres pays. Pour nombre de pays émergents, il représentait, et représente toujours d’ailleurs, une forme d’anti-système (…)

Après la tragédie du MH17, les pays européens, fortement pressés par Washington, décident de mettre en place des sanctions économiques contre la Russie. À défaut de preuves (et pour cause !) de l’implication russe dans le crash du Boeing, l’émotion suscitée par la campagne de diabolisation médiatique fera l’affaire… Le vice-président US, Joe Biden, l’avouera : l’Amérique a forcé la main des pays européens qui rechignaient à cette escalade suicidaire.

Depuis, Ô divine coïncidence, à chaque fois qu’arrive l’échéance des sanctions européennes et la question de savoir si elles doivent être prolongées de six mois, une poussée de violence éclate en Ukraine. Les forces de Kiev bombardent quelques quartiers de Donetsk, entraînant évidemment la réaction des pro-russes, le tout pour le plus grand bonheur de Washington.

L’Europe a été fortement frappée par le régime des sanctions et contre-sanctions russes et risque de perdre deux millions d’emplois.

On le voit, toujours le même masochisme européen… Or qu’apprend-on ? Le gouvernement australien refuse d’indemniser les familles des victimes car il ne sait toujours pas ce qui s’est passé : « L’enquête est en cours… Les preuves sont pour l’instant insuffisantes pour déterminer qui ou quoi a causé le crash… »

Ne vous attendez évidemment pas à en lire une seule ligne dans la presstituée qui, il y a 30 mois, avait déjà désigné le coupable avant le début de l’enquête.

Le soufflé retombé de “l’ingérence russe”

Une autre accusation est en train de tomber à l’eau : le piratage des élections par le grand méchant ours russe. Le ministre allemand des Affaires étrangères avait déjà mis une claque à Merkel il y a deux jours en réfutant, « au nom du gouvernement, les allégations des médias sur l’ingérence russe dans le processus électoral ». Pauvre Angela, une nouvelle fois prise dans la toile de ses mensonges…

Le même jour, l’homologue britannique de Sigmar Gabriel, l’amusant Boris Johnson admettait lui aussi qu’il n’y avait aucune preuve d’ingérence russe. Auparavant, James Clapper, le directeur du renseignement national nommé par Obama, avouait ne détenir aucune preuve d’une collusion entre Trump et la Russie, au grand dam du plumitif :

Après Poutine qui militarise des pieuvres géantes ou qui envoie ses hooligans à l’Euro 2016 pour déstabiliser l’Europe (!), l’accusation du piratage russe des élections et même carrément, soyons fous, de la démocratie occidentale tombe elle aussi à l’eau… On parie que l’imMonde ne rapporte pas l’info ?

Il semble d’ailleurs plus généralement que l’ambiance soit un peu moins à la russophobie primaire sur les bords du Potomac. Les révélations Wikileaks sur les false flags cybernétiques de la CIA y sont sans doute pour quelque chose. Ainsi The Hill, le journal du panier de crabes de Washington, a publié un étonnant article il y a quatre jours, intitulé Des diplomates mettent en garde contre l’hystérie anti-russe. Diantre, ce journal ayant lui-même plus souvent qu’à son tour succombé à cette paranoïa, faut-il y voir un début de retour à la raison ?

Accessoirement, on apprend que Sberbank, la plus grande banque russe, a engagé en 2016 un groupe de lobbying américain, et pas n’importe lequel, afin de mettre fin aux sanctions touchant le secteur bancaire. Il s’agit de… Podesta Group, dirigé par Tony, le grand frère de John, directeur de campagne d’Hillary ! Vous savez, celui dont les mails avaient été piratés par… ah oui, par les méchants Russes. « La vida es un carnaval », comme dirait Celia Cruz.

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Vidéo des malheurs de Mogherini à Belgrade :

=> Source : Le Grand jeu

« L’horrible campagne présidentielle française » vue par Diana Johnstone* le 17/02/2017

Je vous propose de lire un long billet de Diana Johnstone.

Source originale (en anglais) : Counterpunch

Source de la version française : Arrêt sur info (site suisse)

Je remercie mon ami Patrick Tillet, alias le Yéti, grâce à qui j’ai découvert ce billet dense et riche puisqu’il l’a relayé sur son blog que je suis (voir ici).

Diana Johnstone s’est fait connaître ces derniers mois pour avoir publié un libre biographique à charge contre Hillary Clinton. Ce livre était intitulé « La Reine du chaos ». C’est une intellectuelle engagée très à gauche aux États-Unis.

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Le Grand Soir avait publié, le 14 mars 2016, un entretien avec Diana Johnstone. Il est à lire ici.

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France : encore une horrible campagne présidentielle ; l’État profond monte à la surface

Comme si la campagne présidentielle américaine n’avait pas été assez pénible, en voici une autre : en France.

Le système en France est très différent du système américain, avec de nombreux candidats en concurrence sur deux tours, la plupart capable de s’exprimer fort bien, même parfois en abordant de vraies questions politiques. Leur temps de passage gratuit à la télévision réduit l’influence de l’argent. Le premier tour le 23 avril désignera les deux finalistes pour l’élection du 7 mai, ce qui permet un plus grand choix qu’aux États-Unis.

Et malgré la supériorité de leur système, les chefs de file de la classe politique veulent singer les mœurs de l’Empire, jusqu’à se faire l’écho du thème qui a dominé le show 2016 outre-Atlantique : les Russes diaboliques s’en prennent à notre merveilleuse démocratie.

L’imitation du système américain a commencé avec les “primaires” tenues par les deux principaux partis de gouvernement qui aspirent manifestement à devenir les équivalents des Démocrates et des Républicains dans un système à deux partis. Le parti de droite de l’ancien président Nicolas Sarkozy s’est déjà rebaptisé Les Républicains et les dirigeants du soi-disant parti socialiste n’attendent qu’une occasion de se proclamer Les Démocrates. Mais au train où vont les choses, ni l’un ni l’autre ne semblent sûrs de l’emporter cette fois-ci.

Étant donné l’impopularité du gouvernement socialiste du président sortant François Hollande, les Républicains ont longtemps été considérés comme les favoris naturels pour battre Marine Le Pen, que tous les sondages donnent en tête au premier tour. Dans une perspective aussi prometteuse, la primaire des Républicains a suscité plus du double de votants volontaires (tenus de verser une menue obole et de faire allégeance aux “valeurs” du parti afin de pouvoir voter) que celle des socialistes. Sarkozy fut éliminé, mais plus surprenant, le favori le fut aussi, le fiable maire de Bordeaux Alain Juppé, qui caracolait en tête des sondages et des éditoriaux de la presse.

Les valeurs familiales de Fillon

En une surprenante manifestation de vaste désenchantement public envers la scène politique, les électeurs Républicains ont accordé la victoire haut la main à l’ancien premier ministre François Fillon, un catholique pratiquant à la politique domestique ultra-néolibérale : réduction de l’impôt sur les revenus des sociétés, coupes drastiques dans les allocations sociales, y compris l’assurance maladie — accélérant ce que les gouvernements précédents ont fait, mais plus franchement. Ce qui est moins conventionnel, Fillon condamne fortement la politique antirusse actuelle. Il dévie aussi de la détermination du gouvernement socialiste à renverser Assad en exprimant sa sympathie pour les chrétiens harcelés en Syrie et pour leur protecteur, qui se trouve être le gouvernement d’Assad.

Fillon a l’allure respectable d’une personne à qui on peut donner le bon Dieu sans confession. Comme thème de campagne, il a mis l’accent sur sa capacité vertueuse à lutter contre la corruption.

Mal lui en a pris ! Voilà que le 25 janvier, l’hebdomadaire semi-satirique Le Canard enchaîné a tiré les premiers coups de feu d’une campagne médiatique en cours conçue pour détruire l’image de Monsieur Propre, en révélant que sa femme, la Britannique Penelope, a reçu un salaire mirobolant pour lui servir d’assistante. Comme Penelope est connue comme femme au foyer qui élève leurs enfants à la campagne, l’existence de cet emploi est sérieusement mis en doute. Fillon a aussi rétribué comme avocat son fils pour des tâches non spécifiées, et sa fille pour prétendument l’aider à écrire un livre. En un sens, ces allégations prouvent la force des valeurs familiales du candidat conservateur. Mais sa cote a chuté et il risque des poursuites pénales pour fraude.

Le scandale est réel, mais le choix du moment est suspect. Les faits datent de plusieurs années, et le moment de leur révélation est bien calculé pour assurer sa défaite. En outre, le lendemain même des révélations du Canard enchaîné, une enquête judiciaire a été ouverte. Vu tous les tripatouillages non divulgués et les crimes de sang non résolus commis par ceux qui contrôlent l’état français au fil des années, surtout durant ses guerres à l’étranger, enrichir sa famille peut sembler relativement mineur. Mais ce n’est pas ainsi que le public le voit.

Cui bono ?

On tient en général pour acquis que, bien que la candidate du Front national, Marine Le Pen, soit constamment en tête des sondages, quiconque arrivera second l’emportera au second tour parce que la classe politique et les organes de presse établis se rallieront au cri de « Sauvons la république ! ». La peur du Front national comme « menace pour la république » est devenue une sorte de racket de protection pour les partis établis, puisqu’il stigmatise comme inacceptable un vaste pan de leur opposition. Dans le passé, les deux principaux partis ont été en connivence sournoise pour renforcer le Front national afin de prendre des votes à leurs adversaires.

De sorte que faire tomber Fillon accroît les chances que le candidat d’un parti socialiste à présent complètement discrédité puisse se retrouver comme par magie en seconde position, comme le chevalier qui pourfendra le dragon Le Pen. Mais qui, au juste, est le candidat socialiste ? Ce n’est pas clair. Il y a le candidat officiel du parti socialiste, Benoît Hamon. Mais le sous-produit indépendant de l’administration Hollande, Emmanuel Macron, « ni de droite ni de gauche », obtient le soutien de la droite du parti socialiste ainsi que de la plupart de l’élite globaliste néolibérale.

Macron est le vainqueur programmé. Mais d’abord, un coup d’œil à son opposition à gauche. Avec moins de dix pour cent de popularité, François Hollande s’est rendu à contrecœur aux objurgations de ses collègues pour éviter l’humiliation d’une cuisante défaite s’il briguait un second mandat. La primaire peu fréquentée du parti socialiste devait choisir le farouchement pro-Israélien premier ministre Manuel Valls. Ou sinon, sur sa gauche, Arnaud Montebourg, une espèce de Warren Beatty de la politique française, notoire pour ses liaisons romantiques et ses plaidoyers en faveur de la ré-industrialisation de la France.

Mais de nouveau, surprise ! Le vainqueur fut un terne et peu connu tâcheron du parti, Benoît Hamon, qui chevaucha la vague de mécontentement populaire pour apparaître comme un critique et une alternative “de gauche” à un gouvernement socialiste qui a trahi toutes les promesses faites par Hollande de combattre “la finance” et, au lieu de cela, a attaqué les droits des travailleurs. Hamon a pimenté sa revendication d’homme de gauche en présentant un truc à la mode ailleurs en Europe mais une nouveauté dans le discours politique français : “le revenu de base universel”. L’idée de donner à chaque citoyen une allocation, la même pour tous, peut sembler attrayante pour les jeunes qui ont de la difficulté à trouver un emploi. Mais cette idée, appuyée par Milton Friedman et les autres apôtres du capitalisme financier débridé, est en fait un piège. Le projet tient pour acquis que le non-emploi est permanent, contrairement aux projets visant à créer des emplois ou à partager le travail. Il serait financé en remplaçant toute une panoplie d’allocations sociales, au nom de « l’élimination de la bureaucratie » et de « la liberté de consommation ». Le projet achèverait l’affaiblissement de la classe ouvrière comme force politique, en détruisant le capital social commun représenté par les services publics, et en partageant les classes dépendantes entre travailleurs payés et consommateurs oisifs.

Il y a peu de chance que le revenu universel devienne un point sérieux à l’ordre du jour de la politique française. Pour le moment, la revendication de radicalité de Hamon sert à détourner les électeurs du candidat de gauche indépendant Jean-Luc Mélenchon. L’un et l’autre rivalisent pour le soutien des verts et des militants du parti communiste français, lequel a perdu toute capacité à définir ses propres positions.

La gauche divisée

Orateur impressionnant, Mélenchon s’est fait connaître en 2005 en tant qu’opposant de premier plan à la proposition de constitution européenne, qui fut rejetée clairement par les Français dans un référendum mais fut néanmoins adoptée sous un autre nom par l’Assemblée nationale française. Comme beaucoup de gens de gauche en France, Mélenchon est un ancien trotskiste (tendance posadiste, plus sensible aux révolutions du tiers monde que ses rivales) passé au parti socialiste qu’il a quitté en 2008 pour fonder le Parti de gauche. Il a sporadiquement courtisé le Parti communiste à la dérive pour qu’il le rejoigne dans le Front de gauche, puis s’est proclamé le candidat pour la présidence d’un nouveau mouvement indépendant appelé « La France insoumise ». Mélenchon est combatif envers la presse française docile, alors qu’il défend des positions non orthodoxes, par exemple en faisant les louanges de Chavez ou en rejetant la politique étrangère russophobe actuelle de la France. Contrairement au conventionnel Hamon, qui suit la ligne du parti socialiste, Mélenchon veut que la France quitte l’euro et l’OTAN.

Il y a deux très fortes personnalités dans cette compétition: Mélenchon à gauche et son adversaire de choix, Marine Le Pen, à droite. Dans le passé, leur rivalité dans les élections locales les a empêchés l’un et l’autre de gagner, alors même qu’elle arrivait en tête. Leurs positions en matière de politique étrangère sont difficiles à départager : critique de l’Union européenne, désir de quitter l’OTAN, bonnes relations avec la Russie.

Comme tous deux dévient de la ligne établie, ils sont tous deux dénoncés comme « populistes », un terme qui en est venu à vouloir dire quiconque fait davantage attention à ce que veulent les gens ordinaires qu’à ce que l’establishment édicte.

En matière de politique sociale, de préservation des services sociaux et des droits des travailleurs, Le Pen est bien à la gauche de Fillon. Mais le stigmate attaché au Front national comme parti d’extrême-droite demeure, bien que, avec son proche conseiller Florian Philippot, Marine Le Pen ait écarté son père, Jean-Marie, et ajusté la ligne du parti pour attirer les électeurs de la classe ouvrière. La principale relique du vieux Front national est son hostilité envers l’immigration, qui à présent se concentre sur la peur des terroristes islamiques. Les tueries terroristes de Paris et de Nice ont rendu ces positions plus populaires qu’elles ne l’étaient. Dans son effort de surmonter la réputation d’antisémite de son père, Marine Le Pen fait de son mieux pour courtiser la communauté juive, aidée par son rejet de l’islam « ostentatoire », allant jusqu’à réclamer l’interdiction de porter un foulard musulman en public.

Un second tour entre Mélenchon et Le Pen serait une rencontre entre une gauche ravivée et une droite revivifiée, un vrai changement loin de l’orthodoxie politique qui a aliéné une bonne partie de l’électorat. Cela pourrait rendre la politique excitante de nouveau. Alors que le mécontentement populaire envers “le système” grandit, il a été suggéré (par le mensuel non-conformiste Causeur d’Elizabeth Lévy) que l’antisystème Mélenchon pourrait bien avoir la meilleure chance de battre l’antisystème Le Pen en s’attirant les voix de la classe ouvrière.

Comment fabriquer un consensus

Mais l’establishment néolibéral, pro-OTAN et pro-Union européenne, s’active à empêcher que cela n’arrive. Sur toutes les couvertures de magazines comme dans tous les talkshows, les médias ont montré leur allégeance à un candidat modéré « Nouveau ! Amélioré ! » vendu au public comme un produit de consommation. À ses rassemblements, de jeunes volontaires soigneusement entraînés et placés en vue des caméras accueillent la moindre vague déclaration de l’orateur de clameurs délirantes en agitant des drapeaux et en scandant « Ma Ma! Cron ! Président ! » avant d’aller en boîte faire la fête offerte pour les récompenser. Jamais un candidat sérieux à la présidence n’a autant ressemblé à un robot, en ce sens que c’est une création artificielle conçue par des experts pour une tâche spécifique.

Emmanuel Macron était un banquier d’affaires de premier plan qui gagnait des millions au service de la banque Rothschild, quand, en 2007, à l’âge de 29 ans, ce brillant jeune économiste fut invité dans la cour des grands par Jacques Attali, un gourou immensément influent, dont le conseil depuis les années 1980 a joué un rôle central dans la conversion du parti socialiste au globalisme néolibéral procapitaliste. Attali le fit entrer dans son groupe de réflexion privé, la Commission pour la libération de la croissance française, qui avait aidé à la conception des « 300 propositions pour changer la France » présentées au président Sarkozy un an plus tard comme un projet de gouvernement. Sarkozy a échoué à les mettre en œuvre toutes, par crainte de révoltes syndicales, mais les socialistes soi-disant de gauche ont pu se permettre des mesures antisyndicales drastiques grâce à leur discours plus lénifiant.

Lequel discours fut illustré par le candidat présidentiel François Hollande en 2012 quand il suscita l’enthousiasme en déclarant dans une réunion publique : « Mon adversaire réel c’est le monde de la finance ! » La gauche applaudit et vota pour lui. Entretemps, par précaution, il avait dépêché Macron à Londres pour rassurer l’élite financière de la City qu’il ne s’agissait que d’un discours électoral.

Après son élection, Hollande fit entrer Macron dans son équipe. Ensuite, il lui fut confié un poste gouvernemental à consonance super moderne comme ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique en 2014. Avec le charme terne d’un mannequin de grand magasin, Macron a éclipsé son irascible collègue, le premier ministre Manuel Valls, dans leur rivalité silencieuse pour succéder à leur patron, le président Hollande. Macron s’est acquis l’affection des grandes entreprises en donnant à ses réformes antisyndicales un air jeune, propre et “progressiste”. En fait, il a quasiment suivi l’agenda d’Attali.

Le thème, c’est « la compétitivité ». Dans un monde globalisé, un pays doit attirer du capital d’investissement pour être concurrentiel, et pour cela il est nécessaire d’abaisser les coûts du travail. Une façon classique de ce faire, c’est d’encourager l’immigration. Avec la montée des politiques identitaires, la gauche est mieux placée que la droite pour justifier une immigration massive en termes moraux, comme une mesure humanitaire. C’est une raison pour laquelle le parti démocrate aux États-Unis et le parti socialiste en France sont devenus les partenaires politiques du globalisme néolibéral. Ensemble, ils ont changé les perspectives de la gauche officielle de mesures structurelles promouvant l’égalité économique en des mesures morales promouvant l’égalité des minorités et de la majorité.

Seulement l’an dernier, Macron a fondé (ou on a fondé pour lui) son mouvement politique, baptisé “En marche !” et caractérisé par des réunions publiques avec de jeunes groupies portant des T-shirts Macron. Au bout de trois mois, il a senti le besoin de diriger la nation et il a annoncé sa candidature à la présidence. De nombreuses personnalités ont déserté le bateau socialiste échoué et rejoignent Macron, dont la forte ressemblance politique à Hillary Clinton suggère que c’est lui qui peut montrer la voie afin de créer un parti démocrate français sur le modèle américain. Hillary a certes perdu, mais elle reste la favorite de l’OTANistan. Et bien évidemment, la couverture médiatique américaine confirme cette notion. Un coup d’œil au papier extatique de Robert Zaretsky dans Foreign Policy acclamant « le politicien français anglophone et germanophile que l’Europe attendait » ne laisse aucun doute : Macron est bien le chouchou de l’élite globalisante transatlantique.

Pour le moment, Macron est second seulement de Marine Le Pen dans les sondages, qui montrent aussi qu’il la vaincra haut la main au second tour. Toutefois, son charme soigneusement manufacturé est vulnérable à une plus grande information publique sur ses liens étroits avec l’élite économique.

La faute aux Russes

Face à cette éventualité, il existe une frappe préventive, importée directement des États-Unis : c’est la faute aux Russes !

Qu’ont fait les Russes de si terrible ? En gros, ils ont fait savoir qu’ils avaient une préférence pour des amis plutôt que pour des ennemis comme chefs de gouvernement. La belle affaire ! Les médias d’information russes critiquent, ou interviewent des gens qui critiquent, les candidats hostiles à Moscou. Rien de bien extraordinaire, là encore.

À titre d’exemple de cette ingérence choquante, qui prétendument risque de saborder la république française et les valeurs occidentales, l’agence d’information russe Sputnik a interviewé un membre républicain du parlement français, Nicolas Dhuicq, qui a osé dire que Macron pourrait être « un agent du système financier américain ». Ce qui est pour le moins évident. Mais le tollé qui en est résulté a fait l’impasse sur ce détail pour accuser les médias étatiques russes de « commencer à faire circuler des rumeurs selon lesquelles Macron a eu une affaire extra maritale homosexuelle » (The EU Observer, 13 février 2017). En fait, cette « calomnie sexuelle » circulait déjà surtout dans les milieux homosexuels de Paris, pour lesquels le scandale, s’il en est un, n’est pas l’orientation sexuelle prêtée à Macron mais plutôt le fait qu’il la nie. L’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë, était ouvertement homosexuel ; le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, est homosexuel ; en France, être homosexuel n’est pas un problème.

Macron est soutenu par un « lobby homo très fortuné », aurait affirmé Dhuicq. Tout le monde sait de qui il s’agit : Pierre Bergé, le riche et influent directeur commercial d’Yves Saint Laurent, la personnification du radical chic, farouche partisan de la gestation pour autrui, un sujet brûlant en France, et la vraie controverse derrière l’opposition ratée au mariage homosexuel.

L’État profond monte à la surface

L’étonnante adoption en France de la campagne antirusse américaine montre une lutte titanesque pour le contrôle de la “narration” — la version de la réalité internationale consommée par la masse des gens qui n’ont pas les moyens d’entreprendre leurs propres recherches. Le contrôle de la narration est le cœur critique de ce que Washington décrit comme sa « puissance douce ». La puissance dure peut livrer des guerres et renverser des gouvernements. La puissance douce explique aux quidams pourquoi c’était la bonne chose à faire. Les États-Unis peuvent littéralement tout se permettre aussi longtemps qu’ils peuvent raconter l’histoire à leur avantage, sans risque d’être contredits de façon crédible. En ce qui concerne les points sensibles du monde, que ce soit l’Irak, la Libye ou l’Ukraine, le contrôle de la narration est fondamentalement exercé par le partenariat entre les services de renseignement et les médias. Les services de renseignement écrivent l’histoire et les grands médias la racontent.

Ensemble, les sources anonymes de « l’État profond » et les médias de masse ont pris l’habitude de contrôler la narration racontée au public. Ils ne veulent pas abandonner ce pouvoir. Et ils ne veulent assurément pas le voir contesté par des outsiders — notamment par les médias russes qui racontent une histoire différente.

C’est une des raisons de la campagne extraordinaire en cours pour dénoncer les médias russes et autres médias alternatifs comme diffuseurs de « fausses nouvelles », afin de discréditer des sources rivales. L’existence même de la chaîne d’information internationale russe RT a suscité une hostilité immédiate : comment les Russes osent-ils se mêler de notre version de la réalité ! Hillary Clinton avait mis en garde contre RT quand elle était secrétaire d’État et son successeur John Kerry a dénoncé la chaîne comme « un mégaphone de propagande ». Ce que nous disons est vrai ; ce qu’ils disent ne peut être que de la propagande.

La dénonciation des médias russes et de la prétendue « ingérence russe dans nos élections » est une invention majeure de la campagne Clinton, qui a ensuite infecté le discours public en Europe occidentale. Cette accusation est un exemple évident de double standard, ou de projection, étant donné que l’espionnage américain de tous, y compris les alliés, et l’ingérence américaine dans les élections à l’étranger sont de notoriété publique.

La campagne dénonçant les « fausses nouvelles » émanant de Moscou bat son plein en France comme en Allemagne à l’approche des élections. C’est cette accusation qui empoisonne la campagne, pas les médias russes. L’accusation que Marine Le Pen est « la candidate de Moscou » est non seulement supposée ruiner ses chances, mais c’est aussi un ballon d’essai pour susciter une possible « révolution de couleur » si d’aventure elle gagnait l’élection du 7 mai. L’ingérence de la CIA dans les élections étrangères est loin de se limiter à des bulletins d’information controversés.

En l’absence d’une authentique menace russe en Europe, affirmer que les médias russes « empiètent sur notre démocratie » revient à désigner la Russie comme un ennemi agressif et, par-là même, à justifier l’énorme accroissement du potentiel militaire de l’OTAN dans le nord-est de l’Europe, ce qui ravive le militarisme allemand et dévie la richesse nationale vers l’industrie d’armement.

D’une certaine façon, l’élection française est une extension de l’élection américaine, dans laquelle l’État profond a perdu sa candidate préférée, mais pas le pouvoir. Les mêmes forces sont à l’œuvre ici, soutenant Macron comme un Clinton français, mais prêtes à stigmatiser tout opposant comme un instrument de Moscou.

Ce qui s’est passé ces derniers mois a confirmé l’existence d’un État profond qui est non seulement national mais transatlantique et aspire à être global. La campagne antirusse est une révélation. Elle révèle à bien des gens qu’il y a réellement un État profond, un orchestre transatlantique qui joue le même air sans chef d’orchestre apparent. Le terme « État profond » apparaît soudain même dans le discours des fidèles au système, comme une réalité qui ne peut être niée, même s’il est difficile de la définir avec précision. Au lieu de Complexe militaro-industriel, on devrait peut-être l’appeler Complexe médiatico-cum-renseignement-militaro-industriel (Military Industrial Media Intelligence Complex — MIMIC en anglais). Son pouvoir est énorme, mais reconnaître qu’il existe est le premier pas pour nous libérer de son emprise.

Quand…

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux
Je vous propose ci-dessous quelques lignes dans l’esprit de celles qu’avait écrites Martin Niemöller qui, elles, sont à lire au bas de ce document.
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Quand ils ont violenté et parqué les migrants dans des camps, je n’ai rien dit, je n’étais pas migrant…
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Quand ils ont condamné à de la prison ferme des syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste…

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Quand ils ont contraint les lanceurs d’alerte à vivre dans la peur d’être réveillés au petit matin par une armée de Robocops, je n’ai rien dit, je n’étais pas lanceur d’alerte…
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Quand ils ont imposé aux salarié-e-s un retour aux conditions du XIXe siècle, je n’ai rien dit, j’étais fonctionnaire…
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Quand ils ont supprimé le statut de la fonction publique, je n’ai rien dit, je travaillais dans le privé…
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Quand ils ont imposé aux chômeurs d’accepter n’importe quel emploi à n’importe quel salaire, je n’ai rien dit, j’avais un travail…
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Quand ils ont montré du doigt et harcelé les fraudeurs aux aides sociales, je n’ai rien dit car ces gens-là abusaient du système…
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Quand ils ont laissé tranquilles les fraudeurs fiscaux, les évadés fiscaux et les professionnels de l’optimisation fiscale, je n’ai rien dit, ces gens-là sont intouchables et puis moi je ne les connais pas alors que je connais quelques chômeurs parasites…
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Quand ils ont soumis la politique à l’économie, je n’ai rien dit, les économistes à la télé disaient que c’était cela qui nous sauverait…
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Quand ils ont transformé le régime d’économie mixte appliqué en France depuis la Libération en économie financière et de casino, je n’ai rien dit, le capitalisme était le seul système viable puisque l’alternative communiste avait échoué…
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Quand ils ont assimilé tous les “Arabes” aux terroristes islamistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas “Arabe” ou musulman…
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Quand ils ont transformé l’état d’urgence provisoire en état permanent, je n’ai rien dit, j’avais peur des terroristes…
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Quand ils ont imposé des restrictions massives des droits et libertés, je n’ai rien dit, j’ai toujours pensé que la sécurité était la première des libertés et que pour la garantir, il fallait accepter des restrictions…
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Quand ils ont effacé les frontières pour imposer la mondialisation, je n’ai rien dit, je n’étais pas nationaliste…
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Quand ils ont vassalisé la France, je n’ai rien dit, je me foutais de “l’Hexagone”…
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Quand ils ont vendu à la découpe l’industrie de défense, je n’ai rien dit, j’étais antimilitariste…
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Quand ils ont transféré le contrôle de la force de dissuasion française au commandant en chef de l’OTAN, je n’ai rien dit, j’étais hostile à cette arme de destruction massive…
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Quand ils ont remplacé le franc par l’euro, je n’ai rien dit et je me suis même réjoui car ça allait simplifier mes achats lorsque j’irais à l’étranger…
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Lorsqu’ils ont fondé l’Union européenne, je n‘ai rien dit, j’étais pour la paix en Europe…
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Lorsqu’ils ont réintégré la France dans l’OTAN, je n’ai rien dit car à la télé, à la radio et dans la presse, ils disaient que les Russes nous menaçaient…
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Lorsqu’ils ont fait revenir les forces armées des États-Unis dans des bases militaires sur notre territoire, je n’ai rien dit, on a une trop grosse dette envers les Américains depuis 1944…
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Lorsqu’ils ont mis en application le TAFTA et le TISA, je n’ai rien dit, car il paraît que seuls des anti-Américains primaires et des fossiles gauchistes s’y opposaient…
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Quand ils ont transféré à Bruxelles les derniers pouvoirs régaliens de la France (Affaires étrangères, Défense et justice), je n’ai rien dit, la France est un trop petit pays pour survivre dans la mondialisation…
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Quand ils ont prorogé de dix ans le fonctionnement des centrales nucléaires françaises, je n’ai rien dit, je ne voulais pas revenir au temps de la bougie…
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Etc. etc.
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Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester

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Éléments de biographie issus du Huffington Post

Martin Niemöller (14 janvier 1892 – 6 mars 1984) est un pasteur et théologien allemand. Il combat lors de la Première Guerre mondiale.
Après celle-ci, bouleversé par les horreurs qu’il a vécu, il s’oriente vers la théologie et devient pasteur.
Il admire le régime hitlérien à ses débuts, mais quand celui-ci veut soumettre l’église allemande, Martin Niemöller demande à tous les pasteurs qui ne veulent pas accepter l’idéologie nazie de se rassembler afin de créer le Pfarrernotbund (Ligue d’urgence des pasteurs).
Cette organisation respecte et défend la profession de foi de l’Église Réformée et les principes de tolérance de la Bible.
À la fin de 1933, six mille pasteurs (plus d’un tiers des pasteurs protestants) ont rejoint l’organisation. Le Pfarrernotbund reçoit également le soutien de protestants de l’étranger.
L’organisation adresse alors au synode une lettre dénonçant les persécutions dont sont victimes les juifs et les pasteurs qui ne veulent pas se plier aux ordres des nazis.
En représailles, Martin Niemöller est déchu de ses fonctions de pasteur. La plupart de ses paroissiens lui restant fidèles, il continue d’assurer son ministère.
Arrêté en 1937, il est interné au camp de concentration de Sachsenhausen. En 1941 il est transféré au camp de Dachau. Libéré en 1945, il devient militant pacifiste et consacre le reste de sa vie à la reconstruction de l’Église protestante d’Allemagne.

Vous n’êtes pas de gauche ? Dîtes-vous tout simplement humains et pour une société globale éthique et équitable – Par Claire BOUTHILLON le 25/02/2016

Vous dites : « scandaleux, je ne suis pas de gauche, mais je suis contre le massacre des acquis sociaux ».

Vous dites : « Je ne suis pas de gauche du tout. Mais certaines choses sont importantes. »

POUR UN PACTE SOCIAL :

De gauche, surtout celle-là, ne veut plus rien dire, mais nous croyons au progrès. Nous avons avant tout un gros problème démocratique d’une emprise États-unienne (atlantiste) parasite sur nos vies, notre budget, nos normes de sécurité ; qui s’acharne dans la déconstruction de ce que le Conseil national de la Résistance avait édifié après-guerre dans un principe mutualiste.

Le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) impose à l’Union Européenne comme aux autres blocs géopolitiques du monde, de mettre fin aux protections diverses liées à l’hygiène, l’écologie, l’indépendance des entreprises, conteste notre autodétermination à décider de notre existence dans le quotidien, à nous nourrir et à cultiver nos sols comme nous le voulons qui hypothèque nos terres remembrées et de plus en plus impossible à entretenir en les polluant, gérées de plus en plus par des autorités financières étrangères. L’OTAN s’installe sur notre sol avec ses bases militaires. Nous sommes pris en otage.

Les USA, par leur puissance militaire devenue le secteur d’économie le plus vital pour eux, par la puissance d’un dollar dématérialisé dans les transactions, mettent en danger l’équilibre du monde en s’érigeant en monnaie virtuelle commune de référence, désorganisent les démocraties des pays du Sud en créant artificiellement des instabilités sociales, des régimes autocrates (Amérique latine, Moyen-Orient) à leur solde. Ils terrorisent les zones de l’hémisphère Sud en imposant leurs produits, en s’appropriant les ressources, qui provoquent les grandes migrations de la misère et des guerres que nous connaissons actuellement et qui mettront en danger notre propre équilibre. Ils soutiennent les régimes néo fascistes théocratiques et sectaires qui ont été à l’origine de l’État Islamique comme l’Arabie Saoudite et le Qatar. Défont la laïcité pour créer des divisions dangereuses en encourageant un prosélytisme communautariste dans l’espace public, pour nous « occuper » et empêcher de nous unir contre leur dictat économique. Ils entretiennent la déstabilisation des pays du Sud avec des trafics en tous genres dont et surtout les armes par-dessus le transfert abusif des ressources énergétiques et minières qui empêche leur développement. Ils se nourrissent et s’enrichissent sur l’horreur des génocides et des guerres civiles en finançant l’État Islamique. Notre diplomatie française et européenne sont complices et salissent ici en France notre réputation de « patrie des droits de l’Homme ».

Ils nous imposent une diplomatie aux ordres qui porte en elle une inconséquence belliqueuse et humiliante, dans des risques de guerres terribles contre l’URSS par le biais de l’Ukraine et du Moyen-Orient. Heureusement, la Fédération russe résiste en demandant un renforcement altermondialiste d’une réforme des Nations-Unies que nous soutenons et qui doit donner à son Conseil de Sécurité, toute latitude pour permettre à l’hémisphère Sud de prendre part aux décisions internationales.

COMMENT NOUS INVESTIR ?

Il s’agit d’une part dans notre « insoumission » de recouvrer notre propre indépendance étatique aux uns et aux autres, en finir avec la dette publique odieuse créée par les banques d’affaires internationales, en pesant de tout le poids de notre seconde puissance sur l’Union Européenne actuelle, qui ne sert qu’à les maintenir en vie. Nous priorisons notre souveraineté à notre appartenance européenne. Nos gouvernances sont par trop soumises, sans plus de liberté de manœuvres. Rendons les commandes aux populations associées aux grandes décisions en nous tournant vers des compétences de terrain par métiers, secteurs de production ré industrialisés, recherche, conditions sociales etc.., et rendons à l’État sa force d’intervention quand, avec une démographie aussi dynamique, nous avons ici des besoins structurels et d’équipements importants pour nos jeunes d’avenir.

Nous sommes des « insoumis » lucides, concrets, qui portons des solutions auxquelles nous contribuons librement individuellement ou en tant que collectifs divers, qui associons les entreprises qui nous emploient et qui souffrent d’une assistance financière et fiscale éhontée en faveur de très grandes entreprises transnationales, la plupart des jeunes étant formé(e)s par des PME PMI qu’elles engagent ensuite à leur dépend pour leur propre profit ; entreprises petites et moyennes tenues à la gorge par les charges, la rigidité des banques devant leurs besoins de trésorerie, mais aussi par les exigences terribles de ces clients qui pour être de grandes puissances financières honteusement défiscalisées sans contrepartie d’engagements, les prennent en otage au travers de leurs carnets de commandes : car ces entreprises petites et moyennes sont leurs principaux sous-traitants. A elles tous les risques liés aux Ressources Humaines, aux engagements sociaux, à la qualité-produit. Les entreprises transnationales qui sont leurs mandants, engrangent les profits liés à la qualité de production des plus petites qui abondent leurs bénéfices, lesquels, au lieu d’être réinvestis dans les outils de travail, la recherche, la formation des salariés pour plus de qualification etc… dans une redistribution harmonieuse en faveur de la société, sont donnés très majoritairement aux actionnaires, notamment à des fonds de pension internationaux, le plus souvent Nord-américains, qui régissent entre autres les retraites des électeurs d’Angela Merkel qui a une population très vieillissante. Ces actionnaires provoquent des délocalisations d’entreprises bénéficiaires et s’approprient nos brevets, qui sont notre patrimoine commun à côté de notre patrimoine historique vendu aussi à la découpe… pour rembourser cette dette publique artificielle.

Il y a en outre un problème parasite de tentatives d’appropriation des populations de l’Est et du Sud de l’Europe pour pourvoir aux besoins de production en Allemagne qui se retrouvent en servage à bas coût, employables dans des modalités de « souplesse extrême » à l’avantage de ces entreprises esclavagistes, qui créent une précarité générale, une paupérisation, une régression de l’espérance de vie pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. La France est entrée dans ce schéma lugubre qui touchera tout le monde.

D’autres qualifiés s’exilent aux États-Unis pour subir les mêmes critères de servage dont nous voyons en Grande Bretagne une déstructuration totale des conditions de travail. Macron nous y amène, ainsi que la mise à plat du Code du Travail. Ce sont des jeunes hautement qualifiés que notre Éducation a formés.

ON NE PEUT PLUS CONTINUER COMME AVANT

Si vous voulez vous en sortir et ménager l’avenir de vos enfants, même si actuellement vous vous sentez privilégiés et sécurisés, faites abstraction de la question corruptible des politiques actuelles. Nous avons décidé de nous affranchir de leurs appareils qui se sont rendus complices directement ou indirectement des logiques de pouvoirs d’une politique des places. Nous ne sommes pas pour le nivellement par le bas, mais pour nous tirer ensemble vers le haut dans des limites décentes de répartition de la richesse.

Un très proche de ma famille, qui ne s’est jamais considéré de gauche, ni de droite, vient de sauter le pas en lisant les différents projets sur jlm17.fr. Il n’a aucun idéal à défendre. Il n’aime pas particulièrement Jean-Luc Mélenchon mais il pense qu’il résistera aux pressions nécessaires. Ce proche est un pragmatique. C’est un électeur et un citoyen responsable, profondément républicain.

Il a considéré que le projet géopolitique, Défense, économique, social, auquel les « insoumis » adhèrent derrière Jean-Luc Mélenchon, surtout dans la transition écologique, grande pourvoyeuse d’emplois : était réalisable. Et par-dessus tout, il a considéré que pour recouvrer une France éthique et équitable, qui fait monter tout le monde ensemble dans un développement raisonné, qui puisse retrouver sa force diplomatique reconnue et universelle ; il convient comme nous le pensons, de restituer de manière souveraine, un cercle vertueux du fonctionnement de l’État qui repose sur un contrôle référendaire allant jusqu’à la révocation des élu(e)s, mettant fin au cumul des mandats, qui associe toutes les forces vives en démocratie participative, avec un contrat social et économique donnant-donnant avec les forces de production et financières, actuellement les 1% qui exploitent les 99%. C’est là que s’est déplacée la Lutte des Classes. Nous devons compter et peser dans l’interdépendance des peuples du monde. Nous devons empêcher les finances toxiques incontrôlables qui menacent de faire éclater encore la bulle financière mondiale. Alors que nous n’avons pas résorbé celle de 2008, liée aux subprimes, que nous remboursons à la place des banques responsables.
D’abord et avant tout, ce proche qui pense comme vous qu’il n’est pas de gauche, ni de droite, qui est un homme debout, s’engage parce que la planète est à la limite de ce qu’elle peut supporter de nos saccages. Nous sommes au bord de l’effondrement. Vous pouvez avec nous stopper cela. Et contribuer avec vos idées, même si vous n’êtes pas d’accord sur www.jlm2017.fr.

VOTEZ VOTRE PROPRE GOUVERNANCE !

Il n’y a plus ni droite ni gauche : il y a des exploiteurs et des profiteurs en Républiques bananières généralisées dans le monde et qui se tiennent ensemble, avec lesquelles il faut en finir ! A bas les oligarques, élaborons ensemble une nouvelle constitution et remplissons nos institutions de nos métiers, de notre savoir-faire et de notre force citoyenne de propositions, en créant une véritable alternance. Nous ne voulons plus être dépendants de l’Économie. L’Économie est à notre service car l’Homme est au centre de nos préoccupations. Donnons sens à notre vie, dans le bonheur d’être solidaires.

La première expertise est celle de la vie. C’est notre pertinence pour décider de la façon de nous en sortir.

Bientôt les « boys » de retour sur le sol français ?

Le Président de la République, François Hollande, s’apprête à autoriser les légions de l’Empire états-unien à revenir s’installer dans des bases militaires sur le sol de la République française alors que le général De Gaulle les en avait éjectées en 1966, dans une décision courageuse et géniale qui était en quelque sorte une déclaration d’indépendance.

De l’extrême gauche à la droite “gaulliste” en passant par presque toutes les nuances de la gauche et de la droite, nous savons à quel point les États-Unis sont un empire malfaisant, fauteur de guerres ouvertes et larvées au seul bénéfice de leur caste oligarchique et ce depuis plus de 200 ans qu’ils existent.

L’opinion du peuple français est très largement hostile à cette puissance belliciste. C’est pourquoi la décision de 1966 ne provoqua d’émoi que dans les sphères atlantistes, c’est-à-dire dans ces allées du pouvoir qui n’avaient pas été entièrement épurées après l’épisode de Vichy.

Cette puissance souvent ouvertement malfaisante est aussi, en coulisse, via sa CIA et la galaxie de l’État profond, l’organisateur, le facilitateur et le logisticien de centaines, voire de milliers, de coups d’État et d’assassinats de dirigeants dans le monde entier depuis au moins 70 ans !

Les guerres menées par les États-Unis, depuis les génocidaires “guerres indiennes”, ont causé la mort de dizaines, voire de centaines de millions de personnes depuis que cet État voyou et terroriste existe sur la scène mondiale.

En outre, l’alliance de poids et de longue date entre les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite pour ne citer que ces deux alliés-là, font que ces trois puissances menacent en permanence la paix du monde. Mais ces menaces ne sont pas que des menaces puisque depuis des décennies, la guerre est permanente avec des conflits ouverts en tel ou tel endroit du monde.

De Gaulle savait pourquoi il avait exigé le départ des forces armées américaines de notre sol et le retrait simultané de la France du commandement intégré de l’OTAN. En faisant cela et en ayant doté notre pays d’une force de dissuasion nucléaire autonome, il nous a protégés de toute agression venue de l’Empire, comme il nous a protégés de toute vassalisation. Mais après son départ, dès Pompidou, la politique diplomatique française a recommencé à s’assouplir vis-à-vis des États-Unis et à être beaucoup plus accommodante avec les caprices et les folies guerrières et impériales des État-Unis.

Chirac sut maintenir, pendant sa présidence de 12 ans, une certaine flamme française autonome comme en témoignent deux décisions très mal vécues par les dirigeants états-uniens:

1/ d’une part le refus que Chirac (alors Premier ministre de la première cohabitation) a opposé au Président Reagan en 1986 quand le Président des États-Unis a demandé à la France de pouvoir survoler notre territoire à l’occasion de l’expédition punitive contre la Libye de Kadhafi.

2/ d’autre part, bien sûr, le refus de soutenir la guerre en Irak de Bush fils et le combat diplomatique que la France mena alors pour convaincre nombre de pays, notamment d’Afrique, de refuser de voter à l’ONU la résolution présentée par les États-Unis. On se souvient de la grandeur de notre pays incarné alors par le ministre des Affaires étrangères du moment, Dominique de Villepin.

Pendant ces années où la France disait “Non” aux États-Unis, toute une série de leaders défilaient à l’ambassade des États-Unis à Paris pour dire tout leur mépris de “l’arrogance française” et leur soutien aux positions des États-Unis. Parmi ces gens, il y en avait qui étaient dans des fonctions de pouvoir et cela fait que leurs actes sont donc constitutifs du crime de haute trahison (certes opportunément supprimé de la constitution française par Sarkozy devenu Président de la République en 2007). Lui, justement, fut de ces traîtres à la “patrie républicaine des Français” pour reprendre une expression chère à Jean-Luc Mélenchon. Mais il était un parmi beaucoup, beaucoup d’autres. Ces Atlantistes et ces traîtres pullulaient par exemple au P.S. Un certain Pierre Moscovici en fut avec pas mal d’autres “socialistes”…

Cette flamme française qui brûlait indépendamment des volontés impériales et guerrières états-uniennes, c’est Sarkozy devenu Président qui l’a éteinte.

Et c’est Hollande qui, après avoir fait, à son tour, acte de subordination dès le lendemain de son élection à la Présidence de la République française (on se souvient avec rage et dégoût de son voyage à Washington pour le sommet de l’OTAN), est sur le point d’effacer totalement l’indépendance française, déjà largement entamée tant sont nombreuses et béantes les entailles à notre souveraineté.

Quand on examine aujourd’hui la situation globale, avec ce que nous fait déjà subir l’Union européenne, et avec la menace de plus en plus proche de vivre l’immense régression qu’engendreront le TAFTA et les autres traités du même ordre en cours de discussion, si en plus les forces armées de l’Empire malfaisant reviennent durablement sur le sol français, cette fois, nous serons devenus pour de bon un simple dominion qui n’aura même plus les pouvoirs d’un État fédéré des États-Unis.

Là franchement je commence à avoir la trouille !

C’est le peuple français tout entier – et pas seulement une fraction, un parti ou un clan politique – qui va devoir se lever pour de bon ! L’heure est gravissime !

Il va vraiment falloir refonder un nouveau CONSEIL DE LA RÉSISTANCE ET DE LA RECONQUÊTE !

Post-scriptum: Nous sommes le peuple souverain et seul ce que nous avons adopté par référendum peut être valable. Tout ce que l’on nous impose depuis des années, fusse par des voies “légales”, sera, en son temps, déclaré comme “nul et non avenu” car ce que le peuple a décidé, seul le peuple peut décider de le défaire. Par exemple, bien que la constitution ait été expurgée du crime de “haute trahison”, comme le peuple français n’a pas eu à se prononcer sur ce point, il n’a pas autorisé cette suppression alors qu’en 1958 il avait très largement approuvé la constitution qui le prévoyait. Donc, nous considérons que cette disposition constitutionnelle d’ordre pénal vaut toujours. Je suis juriste et je n’ignore pas le principe fondamental de la légalité des délits et des peines selon lequel une personne ne peut être jugée et condamnée que pour un acte qui, au moment où il a été commis, était puni par la loi. Ce principe s’oppose donc, a priori, à la possibilité qu’aurait le peuple français de juger et de punir un dirigeant pour crime de haute trahison pour des faits commis depuis que cette incrimination a disparu de la constitution. Sauf qu’aucun principe, fut-il fondamental, ne saurait contraindre le peuple. Lui seul est souverain et si le principe en question s’oppose à sa volonté, c’est le principe qui sera écarté ou à tout le moins refondé.

Que les dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain (jusqu’à ce que nous ayons repris entièrement notre pouvoir souverain) sachent que rien ne les mettra à l’abri de notre courroux et du fait qu’ils auront à rendre compte, indépendamment de tous les artifices juridiques qu’ils peuvent mettre en oeuvre pour se protéger.

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Sources documentaires

Article dans RT

Article dans Causeur

Article dans le Figaro

Article dans L’Humanité

Article du PRCF* sur Agoravox (PRCF : Pôle de Renaissance Communiste en France ; leur site ; leur page Facebook)

Article d’Hélène Nouaille sur le blog de Lucien Pons

Article du parti UPR (Union Populaire Républicaine)

Souveraineté, souveraineté populaire (ou du peuple), souveraineté nationale, souveraineté de la nation… De l’ambiguïté de certains mots et des discours qui les utilisent…

Pour nous, militant-e-s et sympathisant-e-s de la Gauche de combat, ou simples citoyen-ne-s politiquement engagé-e-s de ce côté-là de l’échiquier politique, que nous soyons ou pas affilié-e-s à un parti, à une association, à un syndicat ou à une organisation politique ou sociale quelconque, la souveraineté dont il est question de plus en plus ces temps-ci, ne peut être que populaire. Je répète: la souveraineté ne peut être que populaire.

Ceci signifie que c’est le peuple qui est souverain. C’est le peuple qui a le dernier mot. C’est le peuple qui doit décider en dernier recours.

Alors, encore faudrait-il définir le « peuple » me diront certain-e-s. Car la notion même de « peuple », elle aussi, est ambiguë. Je me réfère à la définition communément admise, c’est-à-dire à la population vivant dans un territoire donné ou à l’extérieur de celui-ci, dont les membres ont la « nationalité » de l’État en question. Ceci ne recoupe pas la question des conditions d’accès à la nationalité en question. Ce n’est absolument pas une façon de promouvoir le droit du sang. Car même en défendant l’idée d’un droit du sol ou plutôt d’un droit de la volonté consciente – que par exemple Jean-Luc Mélenchon résume parfois en disant : « Tu penses Liberté-Égalité-Fraternité ? Tu es Français » – il y a un moment où l’on est obligé de parler d’État de rattachement, et donc de nationalité.

Cette souveraineté « du peuple » ou cette souveraineté « populaire » est forcément « nationale » puisque un peuple, à ce stade d’évolution des civilisations humaines, je l’ai dit plus haut, est la population d’un État « national » existant, ou d’un État national qui, bien qu’inexistant ou non reconnu universellement par les autres États, est bel et bien pensé et ressenti comme tel par celles et ceux qui se reconnaissent en lui.

Le terme « national » ici utilisé doit ainsi être compris comme « repère géographique territorial ».

Donc la souveraineté ne peut être que populaire et elle est alors forcément « nationale ». En revanche, l’inverse n’est pas vrai. La souveraineté « nationale » n’est pas forcément la souveraineté « populaire » ou la souveraineté « du peuple ». Tout dépend d’autres éléments pris en compte.

Ne défendre que la souveraineté « nationale » (avec toujours ici le terme « national » entendu comme « repère géographique territorial ») ne garantit pas la démocratie, et peut même se satisfaire de la dictature interne, puisque cela peut signifier simplement que les dirigeants « nationaux » sont indépendants et donc souverains par rapport aux autres puissances étrangères, mais aussi par rapport à leur peuple, leur imposant des lois et un mode de vie que ce peuple refuse.

C’est bien pour cela que nous défendons la souveraineté « populaire » en premier lieu, plutôt que la souveraineté « nationale » qui est interprétée traditionnellement en France comme le pouvoir des représentants de la nation de décider librement face aux puissances étrangères. On est toujours dans le même critère géographique, opposant la France aux autres pays.

Pourtant, la souveraineté « populaire » que nous défendons sera également « nationale » aussi longtemps que nous ne pourrons instaurer une démocratie réelle dans un périmètre plus grand que l’espace « national ». Jusqu’à présent, les tentatives de créer une démocratie dans un espace plus grand que les États a toujours été un échec ou pire, a dissimulé en fait la volonté de quelques-uns de dynamiter la démocratie nationale au profit d’une autorité supra-nationale bien peu démocratique. Il va sans dire que l’expérience européenne est lourde de signification à cet égard, en particulier dans l’exemple que nous donne l’expérience grecque.

Il y a, malgré tout, un moyen de considérer les deux aspects en un seul. Je veux dire qu’il est possible de considérer que la souveraineté « nationale » est forcément « populaire » c’est-à-dire celle « du peuple ». C’est de ne plus entendre le terme « national » comme seulement « repère géographique territorial » mais comme lien unissant la « nation », qu’Ernest Renan décrivait comme un « vouloir-vivre ensemble ». C’est le fameux « contrat social » de Rousseau, que la République française résume en son triptyque « Liberté-Égalité-Fraternité ».

Et signalons au passage que ce « vouloir-vivre ensemble » n’est pas très éloigné de la conception que s’en fait Jean-Luc Mélenchon, ainsi que je l’ai dit plus haut. En effet, on peut juger que dès qu’un individu, quelle que soit sa nationalité d’origine (et évidemment quels que soient sa couleur de peau, sa religion s’il en a une, ou son absence de religion, sous toutes les formes possibles de cette philosophie « libertaire », ses choix personnels de vie…) adhère à ce contrat social républicain, il est – de facto – Français, parce que, pour nous, la France, c’est un ensemble de citoyen-ne-s pensant ensemble « Liberté-Égalité-Fraternité ». Je dis « de facto » mais bien sûr, cette idée philosophique et politique n’a aucun effet concret si le droit ne la transpose pas par le biais de règles permettant justement que tel individu non français d’origine le devienne s’il le souhaite dès lors qu’il a adhéré à ce contrat social.

Donc, je disais que si l’on n’entend plus le terme « national » comme seulement un « repère géographique territorial » mais comme le « lien » unissant la « nation », on réconcilie deux concepts qui semblaient sinon opposés, du moins assez différents pour être pensés sur des bases et avec des conséquences non semblables.

Vu sous cet angle, et au regard de la conception que nous avons du « peuple » (que nous avons décrite plus haut), la « nation », c’est le « peuple », et donc la souveraineté « de la nation » équivaut à la souveraineté « du peuple ».

D’ailleurs, on parle souvent d’État-nation pour dire que tel État est le territoire où vit telle nation. Mais cet État n’est pas qu’un territoire. C’est aussi une construction, tout aussi immatérielle que la nation, mais qui, contrairement à elle, a une existence juridique et donc prend des décisions par le biais d’organes immatériels et de personnes physiques (lesquelles peuvent incarner parfois des personnes morales), ces décisions ayant des effets sur la vie de la nation en tant que telle et sur chacun des membres de celle-ci.

Tous ces concepts sont philosophiques, juridiques et politiques et ils sont polysémiques. Ils n’ont pas qu’une signification unique, d’où leur ambiguïté. Les personnes qui les utilisent ne veulent pas forcément dire toutes la même chose. Il faut donc parfois éclairer le lecteur et dire de manière plus claire, plus précise, ce que l’on a à l’esprit.

Il est inexact de prétendre, comme certain-e-s le font régulièrement, que toute personne défendant l’idée de la souveraineté « nationale » a forcément un esprit influencé par la droite extrême ou l’extrême droite et est gagnée par les thèses « fascistoïdes » ou « nationalistes » (encore que ce terme soit, lui aussi, très ambigu, avec un sens neutre et un sens péjoratif ; or c’est ce dernier que l’on entend le plus souvent quand on use de ce mot). Peut-être que certain-e-s adeptes de la souveraineté « nationale » ont des penchants, des tendances, des inclinations pour les thèses en vogue dans les mouvements très à droite. Je ne le nie pas, mais c’est loin d’être une règle générale. La souveraineté « nationale » est historiquement une valeur cardinale des premiers temps de la Gauche française.  C’est la Gauche née lors de la révolution française qui a incarné, face au roi, et face aux puissances étrangères, elles aussi gouvernées par des monarchies, la souveraineté de la nation. La droite ne s’en est saisie que bien plus tard et pour de toutes autres raisons confinant, elles, au racisme et à l’esprit de supériorité du blanc sur les autres hommes.

Et quand celles et ceux qui parlent de souveraineté « nationale » et/ou « populaire » se disent de gauche, républicains, démocrates, humanistes, (ce qui, au passage, est normalement – ou devrait être – une série de caractéristiques fondamentales et inéluctables à gauche), les présenter comme de vulgaires « nationalistes » (au sens commun c’est-à-dire adeptes du repli-sur-soi et hostiles aux autres) est infamant, en plus d’être stupide ou pire, volontairement mensonger et manipulatoire.

La démocratie, dans le monde dans lequel nous vivons, est très imparfaite. Dans le passé, elle était également inachevée. Nous avons l’ambition de la perfectionner toujours davantage. Cela passera aussi par des efforts déterminés pour qu’une démocratie puisse exister dans des espaces dépassant le cadre « national ». Mais le monde étant ce qu’il est, la seule démocratisation possible et envisageable rapidement et assez facilement, c’est dans le périmètre des nations, des États. C’est pour cette raison que nous défendons la sortie de l’Union européenne qui viole la démocratie d’une manière terrifiante, et sans cesse plus agressive chaque jour qui passe.

Il ne s’agit pas de nous renfermer sur nous-mêmes. Nous savons bien que même sur un territoire national, la démocratie n’est pas garantie et le droit au bonheur ou le bien-vivre non plus.

Il ne s’agit pas davantage d’un comportement de fuite.

Il s’agit de tirer la leçon, certes amère, mais inéluctable de la situation que nous vivons depuis des années, voire depuis des décennies, mais à laquelle l’expérience actuelle du martyre grec donne une force à nulle autre pareille.

Continuer à croire que l’on peut changer l’Europe, la transformer dans le sens que nous souhaitons, est un non-sens. C’est la preuve en même temps d’une innocence et d’une naïveté puériles et d’une ignorance crasse aussi bien des textes tels qu’ils sont et des institutions qui ont été construites depuis 1957, que des réalités géopolitiques européennes.

Il y a beaucoup d’adultes qui sont restés des enfants parmi les personnes qui discutent de la question européenne sur Facebook, et ailleurs. Car croire que l’on peut changer l’UE est une ineptie. Certains prétendent que la France a un poids bien plus conséquent que la Grèce et que pour cette raison, les conséquences de sa désobéissance à elle seraient d’une tout autre portée que le refus d’obtempérer de la Grèce. On ne peut nier cette réalité objective mais par contre, c’est encore s’égarer que de croire que la France imposerait un ordre différent à la construction européenne, quand bien même elle serait suivie par d’autres pays membres. La construction est telle, elle a été si bien façonnée que l’on ne peut la déconstruire qu’en la détruisant. Parce que jamais, en tout cas, dans nos vies à nous, l’ensemble des peuples européens ne parviendront sans doute à agir de concert pour décider ensemble de créer un nouvel espace de solidarités européennes totalement repensé, refondé, rebâti.

Il revient donc à quelques nations, à quelques États de commencer le travail. On peut refaire une « Europe » qui soit cette fois une Europe des peuples mais qui ne recoupera sans doute pas les frontières actuelles. L’idée de construire des grands ensembles étatiques ou supra-étatiques est nuisible et dangereuse car plus un État est grand et puissant, plus il est susceptible d’être menaçant pour ses voisins et pour le monde. Une nouvelle Europe qui commencerait à prendre forme, pourrait, par exemple, être une « Europe du Sud » et se faire avec des pays comme la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce, auxquels – pourquoi pas – viendraient s’ajouter, peut-être selon des modalités d’union différentes de celles rassemblant les nations précitées du continent européen, certains pays du Maghreb : Maroc, Algérie, Tunisie pour commencer. Les autres États se regrouperaient comme ils l’entendent. Cela ne signifie pas que l’on couperait les ponts entre nous mais que nous ne serions plus tous sous le même cadre politique uniformisé. En effet, les pays du Nord ou les pays de l’Est n’ont pas forcément les mêmes attentes, les mêmes besoins, les mêmes contraintes, les mêmes modes de vie, que les pays du Sud. Ce que j’esquisse ici, ce n’est qu’un exemple. Ce sera à chacun des peuples de réfléchir à la question et de se prononcer sur ce qu’il souhaite fonder comme regroupement. On a si peu souvent demandé aux peuples européens ce qu’ils voulaient s’agissant de la construction européenne, qui leur a toujours été imposée aussi bien dans son principe même, que dans son contenu, ses modalités, ses institutions, ses règles, ses politiques…

Au-delà de la question des relations entre nous, Européen-ne-s, il y a aussi la question de la diplomatie mondiale, des relations internationales. Un État indépendant est libre de sa diplomatie. Il entretient des relations avec qui il veut et comme il veut. En revanche, nous, en Europe, même si la diplomatie reste en théorie une compétence de chaque État, nous savons bien qu’elle est de plus en plus partagée avec les institutions européennes chargées de la question. Parfois, ce n’est plus seulement un partage mais une inféodation, sinon en droit, du moins dans la pratique. Et cela est d’autant plus vrai quand l’État membre n’est pas une grande puissance ou que celui-ci est totalement chapeauté, chaperonné, dompté, contrôlé, par l’OTAN ou par une grande puissance agissant ou pas via l’OTAN.

En reprenant notre souveraineté pleine et entière, nous sortirons de l’OTAN, ce que nous ne pouvons pas faire en tant que membres de l’UE puisque, depuis le scélérat traité de Lisbonne, les États-membres de l’UE doivent être membres de l’OTAN, à tel point que les derniers à être entrés ont d’abord dû intégrer l’OTAN avant de pouvoir intégrer l’UE. Ce fut une des conditions absolues à leur intégration à l’UE. Et, en application du traité de Lisbonne, tout État qui se retirerait de l’OTAN ne respecterait plus une des conditions pour être membre de l’UE et donc, se mettrait de facto hors de l’UE, sauf à considérer que les autres États membres accepteraient cette sortie de l’OTAN mais n’avaliseraient pas qu’elle implique sortie de l’UE… Sauf que là on entre dans le domaine des hypothèses impossibles à démontrer.

Une fois que l’on aura repris ainsi notre souveraineté et que l’on sera sorti de l’OTAN, nous pourrons reparler au monde différemment. Nous ne serons plus un des petits soldats dociles de l’empire états-unien, mais nous serons redevenus une grande puissance, membre du conseil de sécurité de l’ONU et qui peut y retrouver une grande influence sur le cours du monde, titulaire d’une force de dissuasion, ayant, via la francophonie, un outil somptueux pour parler aux cinq continents, et pour être un artisan au service non seulement de la paix mais aussi de la justice et du progrès. Et il y a tant à faire dans notre monde !

La France redevenue souveraine, serait suivie par beaucoup d’autres actuellement inféodés comme nous le sommes à une UE qui nous dévitalise et nous détruit peu à peu dans ce que nous sommes, en nous américanisant, en nous « impérialisant », en nous rendant esclaves des modes de vie et de pensée du capitalisme.

Ces « autres » qui se libèreraient bien vite en suivant notre exemple, comme l’histoire a souvent montré que c’était le cas, formeraient alors avec nous une autre « Europe ». Il faudra trouver une autre façon de dénommer ce regroupement refondé car les termes « Union européenne » sont définitivement, irrémédiablement, salis et discrédités. La richesse du langage dans toutes les langues permettra aisément de nous « rebaptiser ».

En conclusion, souveraineté « populaire » et « nationale » vont de pair et peuvent être perçues comme synonymes si on les appréhende d’une certaine manière. Et cette récupération de la souveraineté par nous, les citoyen-ne-s, que nous préférions nous dénommer « peuple » ou « nation », n’est que le préalable pour rendre possible un autre monde, celui dont nous rêvons.

Contrairement aux accusations qui fleurissent ces temps-ci, ce n’est pas une fin en soi. Celles et ceux qui répètent cette stupidité doivent se faire soigner d’un mal qui d’habitude ne touche que les perroquets et autres psittacidés. Ou bien, ils doivent apprendre, se renseigner, se cultiver, pour cesser de dire et de répéter des stupidités et des contre-vérités. Là, je parle de celles et ceux qui s’expriment de bonne foi mais qui se trompent. Les autres, qui mentent, le font en conscience. Eux savent pourquoi ils déforment la réalité. Eux savent pourquoi ils cherchent à tromper, à manipuler. Et ceux-là ne méritent que l’opprobre. Leurs mensonges, leurs duperies, leurs caricatures, leurs affabulations, leurs manipulations doivent être décrits et présentés pour ce qu’ils sont.

Nous savons au nom de qui ils parlent, ou plutôt pour le compte de qui. Nous le dirons. Nous savons quelles sont leurs arrière-pensées. Nous les mettrons sous la lumière quand eux, bien sûr, les dissimulent. Nous connaissons la faiblesse de certains de leurs raisonnements et nous ne nous priverons pas de les discréditer en rappelant uniquement leurs propres incohérences et inconséquences.

Ce combat politique ne fait que commencer…

The world on the brink of the catastrophe… Le monde au bord du gouffre !

On lisait et on entendait cela fin octobre 1962, lors de la crise des missiles de Cuba.

Cette formule est redevenue actuelle au regard des évènements en Ukraine. Le monde occidental, États-Unis et Union Européenne en tête, pousse en sous-mains les nazis de Kiev à entraîner la Russie dans une guerre en Europe et l’OTAN est sur le pied de guerre.

Mais on détourne notre attention de ce risque majeur de nouvelle conflagration mondiale, cent ans après le déclenchement de la folie meurtrière de 1914-1918. On nous affole avec l’Ebola. Sans doute un danger aussi infondé que les différentes grippes animales passées… Faire peur aux gens sur un évènement inexistant pour les détourner de l’actualité réelle qui, elle, est bien là. Ce n’est que la mise en oeuvre des principes habituels de désinformation, d’abrutissement des masses. Car on n’agit que contre une menace que l’on croit fondée, pas contre une menace fantôme…

Où trouve-t-on des infos sur ces évènements sources de guerre générale qui ne soient pas de la pure propagande de l’Empire fauteur de troubles depuis 1776 ? Dans des medias alternatifs, sur des blogs et via des analyses non « mainstream ». Sauf qu’il faut être prudents quant aux sources car on trouve aussi n’importe quoi sur le net.

Nous savons que les médias officiels nous désinforment grossièrement. C’est vrai d’une manière générale, mais c’est tout particulièrement vrai s’agissant de la question russo-ukrainienne.

Poutine est désigné comme le Hitler de 2014, le danger pour la paix du monde, l’agresseur, le meurtrier de masse, le génocideur, l’empêcheur de vivre de peuples qui n’aspireraient  qu’à la liberté etc. etc. Mais si Poutine n’est sans doute pas un parangon de démocratie, ni un modèle d’humanisme, il est, dans cette affaire, bien plus respectueux de la paix du monde que d’autres et bien moins oppresseur ou assassin de masse que d’autres.

Même la grande presse commence à distiller l’information que l’avion de la Malaysian Airlines a été abattu NON pas les « pro-Russes » mais bien par un chasseur de la flotte aérienne ukrainienne. C’est donc bien un acte (volontaire ou accidentel) de la part des Ukrainiens. Ce qui inverse la logique qui s’est mise en marche et confirme que les va-t-en guerre sont à l’Ouest (de l’Ukraine et du monde), pas à l’Est (de l’Ukraine et du monde) !

Poutine, lui, fait preuve de la plus grande modération jusqu’à présent. Bien des dirigeants auraient agi militairement depuis des mois s’ils avaient subi ce que Poutine ou la Russie subissent d’humiliation et d’insultes sans compter les massacres de masse que les peuples de l’est de l’Ukraine doivent affronter. Imaginez qu’OBAMA soit traité par la presse de la moitié du monde comme POUTINE l’est depuis des mois… Si vous ne saisissez pas de quoi je parle, recherchez les Unes de la grande presse occidentale depuis des mois. Vous serez édifié !

Mais Poutine qui n’est pas idiot et qui dispose de beaucoup d’informations, notamment sur ce que fait en secret l’Empire, ce qui n’est pas le cas du grand public, a compris qu’on lui tend un piège, que l’on fait tout pour qu’il intervienne militairement et alors l’Empire, l’Union européenne, la « Communauté internationale » jugeront indispensable de lui faire la guerre. Tous ceux-là, préparent déjà, depuis une décennie au moins, son renversement via un coup d’État du type de celui organisé à Kiev. Cette dernière expérience-là, qui a succédé à d’autres dans plusieurs des anciennes républiques de l’URSS, n’était qu’un exercice grandeur nature dans le pays le plus indispensable à la Russie. Imaginez la réaction de Washington si la Russie ait organisé un coup d’État du même genre à Mexico ou à Toronto pour y installer un pouvoir pro-Russe. En fait, on l’a déjà vu, cette réaction américaine, dans un cas similaire ; ce fut à Cuba dans les années 60 : une hystérisation de la situation qui a failli conduire au pire en octobre 1962.

Eh bien, nous revoilà, 50 ans après, plongés dans le même contexte géopolitique où la guerre mondiale est devenue une menace sérieuse. Seul Poutine aujourd’hui nous évite d’y être déjà entrés parce qu’il a refusé de répondre aux provocations de l’Occident. Comme jadis, en octobre 1962, les Russes n’avaient pas réagi de manière hostile à diverses provocations gravissimes de la part des forces armées américaines :

– lancement à titre d’essai d’une fusée de la base californienne de Vandenberg vers l’Ouest et donc vers la Russie ;

– essai nucléaire ;

– manœuvres militaires massives : aériennes, navales et terrestres ;

– mise en alerte « Defcon 2 » (qui compte 5 positions), c’est-à-dire le dernier stade précédant la guerre, stade qui impose par exemple aux bombardiers stratégiques ayant des bombes nucléaires dans leurs soutes de se tenir à proximité immédiate de la Russie et qui débloque certaines mesures de sécurité en vue d’un lancement rapide des missiles en silos ;

Tout cela, les Russes ne pouvaient ignorer et c’était donc une provocation totalement folle qui pouvait conduire les Soviétiques à attaquer les premiers. Mais c’est justement ce que voulaient les généraux américains car ils croyaient que les États-Unis étaient en mesure de « gagner » la guerre, fut-elle nucléaire…

À cette époque, il existait un plan de l’état-major américain qui prévoyait – écoutez bien cela – : une gradation sur plusieurs mois des tensions internationales entre l’Occident et l’URSS ; pendant cette période, l’URSS serait désignée coupable de plusieurs actes criminels d’ampleur croissante afin que le peuple américain et les peuples du monde soient convaincus du danger que représentait l’URSS et donc soient décidés à accepter une guerre entre les deux blocs. Ce plan prévoyait une attaque nucléaire massive préventive de l’URSS. Certes, je n’ai pas lu ce plan moi-même mais beaucoup d’analystes ont écrit sur le sujet. Je les juge crédibles. D’autant plus qu’ayant moi-même beaucoup, beaucoup travaillé depuis 20 ans sur les États-Unis en général, sur la période des années 60 en particulier, je sais que cela est fondé.

Et puis, même si cela défrise les défenseurs indécrottables des États-Unis, il y a le plan Northwoods qui a été rendu public il y a longtemps. Et ce plan écrit noir sur blanc que les États-Unis sont prêts à fabriquer des attentats qu’ils imputent à d’autres (en l’occurrence c’étaient les Cubains de Castro) pour justifier la guerre. Vous qui ignorez tout de ce plan diabolique, lisez le. Le 11 Septembre y est écrit. Ce qui se passe en ce moment y est écrit. Kennedy l’avait refusé mais il a été manifestement mis en application depuis… Plusieurs fois !

Je reviens à Poutine. S’il a décidé des sanctions économiques, ce n’est pas pour « nous faire la guerre » comme l’écrit un auteur qui se perd (Gauche de combat) mais c’est un droit de légitime défense puisque nous, les Occidentaux, avons décidé, les premiers, de sanctionner la Russie en plus de la provoquer et de l’insulter depuis des mois.  Quand on donne des coups, il faut s’attendre à en recevoir en retour. C’est un tempérament d’ado pré-pubère que de frapper quelqu’un et de se plaindre ensuite de sa réaction hostile.

Bien des personnalités respectables, françaises anglaises, allemandes, russes, américaines et autres, ont exprimé leur sentiment d’inquiétude profonde et leur incompréhension des choix diplomatiques, géopolitiques et stratégiques faits depuis quelques mois par les Occidentaux. Mais leur voix est étouffée. Parce qu’à Washington, on veut la guerre. Car la guerre serait la seule chance de maintenir le système capitaliste. Peu importe que meurent des millions de personnes, peu importe que des centaines voire des milliers, de villes soient détruites, peu importe que des populations soient décimées…si les maîtres, qui, eux, seront à l’abri, peuvent survivre sur un champ de ruines. Les banquiers américains ont eu 50 ans de prospérité au lendemain de la Seconde guerre mondiale…

Le cercle des économistes sous la direction d’un certain Lorenzi avait publié « La guerre des capitalismes aura lieu » en avril 2008.

Nous y sommes presque…

 

Exposé de l’amiral Claude GAUCHERAND – Journée Défense du PG – 01/02/2014

Amiral Claude GAUCHERAND

Ancien conseiller de Jean-Pierre CHEVÈNEMENT

Thème de l’exposé : Défense européenne et défense nationale : de la nécessaire cohérence entre objectifs diplomatiques et capacités militaires.

Je me présente en trois mots : marin, aviateur, diplomate aussi. Pilote humanitaire au Sahel. Je suis allé, avec un groupe d’amis, en janvier 2003, à Bagdad, et ailleurs aussi en Iraq, pour dire que la seule arme de destruction massive qu’on pouvait y trouver était l’embargo de l’ONU, malheureusement. Et s’il y a un homme politique qui m’a inspiré, au cours de ma longue vie – je suis né pendant la drôle de guerre – ce serait Pierre MENDÈS-France. Voilà, vous savez tout sur moi.

Je vous livre cette citation, tirée de John LE CARRÉ, un homme très recherché : « Ignorer l’Histoire, c’est ignorer le loup qui est derrière la porte ». Cette citation inspire ce que je vais vous dire par la suite concernant défense européenne et défense nationale et de la cohérence entre politique étrangère et politique de défense. Ce que je vais essayer de vous démontrer en prenant trois exemples, trois exemples de l’Histoire récente de la France. Je reviendrai ensuite à l’analyse de ces politiques dans le cadre de l’Europe et de la France.

Posons comme axiome que la politique de défense constitue un sous-ensemble de la politique étrangère et ces politiques ne devraient pas ressortir à l’appartenance à la droite, au centre ou à la gauche de ceux qui gouvernent mais être celles de la nation car elles ont en commun de devoir s’inscrire dans le long terme et de n’avoir pour seul objet que la préservation et la promotion des intérêts de celle-ci, en premier lieu sa sécurité et sa souveraineté supposée être chère à tous, admettant le principe gaullien soujacent qu’une nation n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts.

Pourquoi le long terme ? Pourquoi pas d’amis ?

Tout simplement pour éviter de reproduire les erreurs passées, pour corriger les dérives présentes. La conduite de ces politiques exige de porter le regard vers l’horizon avec un œil dans le rétroviseur plutôt que de garder le nez sur le guidon.

Pour illustrer mon propos, voici trois exemples relevant de notre seule nation, faute que l’Europe nous en donne de la nation européenne, en admettant même que celle-ci existe.

Quand l’incohérence prend le pas… En 1918, la France et ses alliés ont gagné la guerre. Ont-ils pour autant gagné la paix alors que les traités de Versailles et de Trianon portent en eux les germes des conflits à venir ? En 1924, c’est l’euphorie de Locarno, cosigné par la France, l’Italie et l’Allemagne avec la certitude que la Grande guerre a bien été la der des der, que la SdN voulue par le président WILSON allait être le lieu de règlement de tous les conflits tandis que la France signe les accords d’assistance mutuelle avec la Tchécoslovaquie et la Pologne, ressuscitées lors de la disparition des empires de l’Est. Avec une armée considérée alors comme la première au monde, la France se dote alors d’une politique de défense strictement défensive en contradiction avec ses engagements à l’Est, la ligne Maginot en est une illustration, face à une Allemagne devenue revencharde en mal de produire du beurre mais disposant de canons. Après la réoccupation de la Rhénanie et l’invasion de la Tchécoslovaquie, sans réaction notable de la France, l’alliance de revers avec l’URSS fit défaut et après neuf mois d’une drôle de guerre immobile, la Wermacht balaya nos défenses après avoir terrassé la Pologne. Quels pays avaient donc été nos amis ?

A contrario, la IVe République, pourtant aux prises avec des guerres coloniales, fut plus cohérente. La France mit clairement ses forces sous la coupe du commandement intégré pour faire face à la menace des armées du Pacte de Varsovie. À l’abri du parapluie des forces nucléaires stratégiques américaines, les armées françaises stationnées en Allemagne participaient au dispositif de combat et son armée de l’air mettait même en œuvre, sous contrôle américain, des armes atomiques. Le SHAPE était installé à Fontainebleau, des bases aériennes américaines et canadiennes se trouvaient dans l’Est, le Nord et jusqu’au centre de la France, la sécurité et, pour une large part, les intérêts des Français, furent de cette façon assurés jusqu’en 1958 au prix toutefois d’une allégeance aux États-Unis quotidiennement présentés comme les amis et les libérateurs de la France.

De la guerre d’Indochine à la guerre d’Algérie, en passant par Suez et le discours de Chicago du sénateur KENNEDY (on venait de trouver du pétrole au Sahara !), la France sans amis était diplomatiquement isolée mais, sur le front de la guerre Froide, elle participait, avec ses alliés, à une résistance dissuasive face à la menace soviétique.

Avec le retour du général de Gaulle, la France modifia, de façon harmonieuse ces deux politiques, politique étrangère et politique de défense, la fondant sur une autonomie génératrice d’une souveraineté reconquise. La politique de défense centrée sur un arsenal de défense nucléaire du faible au fort, avec en concomitance la sortie des forces armées du commandement intégré de l’OTAN, allait servir une politique étrangère ambitieuse, ouvrant notre nation sur le monde, la dégageant de la rivalité paralysante de l’antagonisme Est-Ouest et de l’engagement systématique auprès d’Israël. Ouverture sur les pays non alignés, reconnaissance de la Chine de Pékin, indépendance des colonies et de l’Algérie, renaissance d’une politique arabe, la France apparaît aux yeux du monde, avec ses modestes 60 millions d’habitants, comme une référence respectée. Ses intérêts sont servis, sa sécurité aussi assurée que jamais, au prix toutefois du départ d’Algérie d’un million de nos compatriotes et d’une guerre de huit ans militairement gagnée mais politiquement perdue !

La France a des alliés nombreux mais ne compte pas d’amis. Elle n’a pas d’ennemis ouvertement déclarés. Elle est aussi liée à quelques pays africains par des traités de coopération en matière de défense.

La France ne reconnaît que des États mais pas le droit d’ingérence humanitaire. Notre stratégie de dissuasion nucléaire est efficacement complétée par une stratégie dite d’action indirecte consistant, en quelques mots, à placer, préventivement, des unités des trois armées dans les zones maritimes sensibles et dans les DOM-TOM. C’est la politique du sceau d’eau pour arrêter le feu avant qu’il ne se transforme en incendie.

Les cinq composantes du service national contribuent à homogénéiser notre société. L’armée est présente, sous forme de garnisons, dans l’ensemble du pays et les DOM-TOM, prête à intervenir en cas de catastrophe naturelle ou sociale.

Ayant ainsi établi, par ce coup d’œil dans le rétroviseur, la nécessaire cohérence, de mon point de vue, entre politique de défense et diplomatie, c’est-à-dire entre capacités militaires et objectifs diplomatiques, je commencerai maintenant à vous parler des politiques européennes de défense et étrangère. Ce sera bref !

Sortez dans la rue. Demandez à quelques passants de définir ce que l’on appelle la défense européenne. Pilier européen de l’OTAN, défense de l’Europe, participation supplétive des forces européennes au côté des forces américaines ? Quelles missions ? Quels moyens ? Quelles structures de commandement ? Quelle industrie de l’armement. Et cette défense européenne est-elle bien la résultante d’une politique de défense européenne visant à assurer la sécurité et la souveraineté du peuple européen, elle-même sous-ensemble d’une politique étrangère européenne au service des intérêts de la nation européenne ? Vous n’entendrez plus le mot « européen » dans ma bouche par la suite…

Poser ces questions, c’est évidemment y répondre. Rien de tout cela n’a été clairement défini et moins encore réalisé. A vrai dire, si je vais encore en parler, la défense de l’Europe est assurée, comme chacun sait, par l’appartenance à l’OTAN et aux structures du commandement intégré, c’est-à-dire essentiellement par la puissance états-unienne avec ses 750 et quelques bases réparties sur toute la surface du globe et son budget supérieur à la moitié de ce qui se dépense dans le monde dans ce secteur d’activité. Tandis que pour prix de leur vassalisation, les pays européens rognent sans cesse plus sur leur budget de défense, apprennent la langue anglo-américaine, la culture anglo-américaine, le mode de pensée et de vie américain dispensé largement par les médias.

Alors y-a-t-il une politique étrangère de l’Europe autre que le suivisme de celle que Washington définit ? Et ce tout simplement parce qu’il est clair qu’en Europe, à part la France, il n’y a jamais eu de volonté de construire une défense commune parmi les nations qui la composent, nations qui, pour celles venant du pacte de Varsovie, ont toutes dû passer par la case OTAN avant d’entrer dans le club européen.

J’en viens maintenant aux politiques nationales.

Je voudrais tout d’abord rappeler les propos tenus par James BAKER (secrétaire d’État américain de George BUSH père) à Berlin en 1991, quelques mois après la chute du mur et la première guerre dévastatrice contre l’Iraq fixant pour objectif, à l’horizon 2011, déjà dépassé quand même, la constitution d’une communauté euro-atlantique de Vancouver à Vladivostok. Et, associés à cette déclaration, les propos de Robert Mc NAMARA (président de Ford puis secrétaire à la Défense des présidents KENNEDY et JOHNSON, de 1960 à 1968 et ancien Président de la Banque mondiale de 1968 à 1981) peu soupçonnable d’anti-américanisme primaire. Je cite : « les États-Unis eux-mêmes, par leur tendance croissante à agir de manière unilatérale et sans respect pour les préoccupations des autres sont devenus un État-voyou ». Voilà pourquoi il est nécessaire de dégager notre pays d’une politique étrangère et de défense qui l’inféode chaque jour davantage audit État voyou autoproclamé plus grande démocratie du monde.

Dans l’univers mondialisé qui est le nôtre, tous les pays sont interdépendants. C’est pour cette raison que je préfère la notion de souveraineté à celle d’indépendance que le général De Gaulle définissait ainsi : « une constitution qui l’affirme, une armée qui la protège, une monnaie qui la manifeste, un peuple rassemblé qui la soutient ». Je vous laisse mesurer l’état de dépendance et d’assujettissement auquel, en quarante ans, quatre présidents ont rabaissé la France car la France aujourd’hui, c’est une constitution régulièrement charcutée à l’injonction de ses gardiens, une armée professionnalisée ne sachant plus quel drapeau elle sert, celui de l’Europe, celui de l’OTAN, les trois couleurs, une monnaie sans nationalité, un peuple fracturé où apparaissent chaque jour de nouveaux clivages, communautés ethniques et religieuses, voire générationnelles et régionales, sinon régionalistes.

Alors quelle politique étrangère pertinente ? Eh bien définissons-là ! Elle doit répondre, avant toute chose, à la préoccupation de la sécurité extérieure. C’est ce qui en fait la cohérence et l’unité et c’en est la colonne vertébrale.

La France ne connaît plus de menace directe à ses frontières. De ce point de vue nous pouvons nous considérer, au moins pour quelques temps, en sécurité. [Rires dans l’auditoire]. Ceci date de la disparition du Pacte de Varsovie, considéré depuis 1945, comme la menace permanente et proche des frontières de l’Est et omniprésente sur et sous les océans. Cette situation nouvelle tient donc, non pas à un changement intérieur mais à un changement du monde extérieur avec la disparition du choc des deux blocs et l’émergence ou la renaissance de multiples nations. Il n’y a jamais eu autant de nations aux Nations-Unies.

Simultanément, du fait de la mondialisation et de la croissance exponentielle des moyens de communication, le monde est devenu un village et ce qui se passe ici peut avoir des répercussions à l’autre bout en moins de temps qu’il ne faut pour en faire l’évaluation.

Nous pouvons qualifier le monde actuel, vu de chez nous, d’à la fois global et national, ne présentant pas, à court terme, de menace à nos frontières. Ce n’est donc pas sur celle-ci que se jour, à l’heure actuelle, la sécurité de la France ni en Europe mais à l’échelle du monde. Cela se joue en premier lieu – et je rejoins [il montre de la main, à sa droite, Pascal BONIFACE] à l’ONU, au conseil de sécurité, dont notre pays occupe un des cinq sièges permanents. Cela se joue dans le suivi et l’application des grands traités comme, par exemple, celui de non prolifération nucléaire. Cela se joue enfin dans la sauvegarde de la crédibilité de l’autorité des organismes mondiaux, au premier rang l’ONU, mais ça peut être l’OMC, le HCR, le G8 ou ce que vous voulez, quand telle hyperpuissance que je ne citerai pas voudrait les utiliser à son seul profit. Je vous rejoins encore [il montre Pascal BONIFACE].

En résumé, la politique étrangère dont nous avons l’ambition pour notre modeste pays, doit être d’ouverture mondiale et d’ancrage national. En avons-nous la vocation ? En avons-nous les moyens ? Et en avons-nous la volonté ? J’aurais peut-être pu commencer par la volonté…

La France est une nation dont le ciment est fait d’une histoire déjà longue, et une langue, le français. Son histoire de puissance à la fois continentale et maritime, c’est là un fait, témoigne qu’elle est tournée vers le grand large. Et les continents qu’elle a visités de façon guerrière en Europe, par esprit de conquête ou simplement par défense, mais aussi par la colonisation, mais aussi par le commerce et les idées, comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qu’elle veut croire de portée universelle.

Sa langue, récemment encore, était celle de la diplomatie ; elle est partagée par les pays de la Francophonie ; elle témoigne, elle aussi, de son ouverture sur le monde. C’est pourquoi notre politique étrangère ne doit pas être celle d’un membre parmi 28 du conseil européen mais bien celle d’un membre permanent du conseil de sécurité car c’est effectivement à ce niveau que se joue sa sécurité à long terme comme au quotidien et cela en s’appuyant sur sa qualité de membre éminent de la Francophonie.

Alors, quid de la politique de défense associée ?

De tout ce qui précède, trois conclusions peuvent être tirées concernant la politique de défense. La première est qu’il nous faut une défense nationale, avec une armée mais aussi une industrie d’armement toutes deux nationales.

Pourquoi une armée nationale ? Parce qu’à tout moment, elle doit être à la disposition du politique, de la politique qu’elle sert et donc du gouvernement qui la définit. Ce dernier doit en avoir la totale maîtrise et jouir de la flexibilité de son emploi. C’est-à-dire, pour partie au moins, le contraire de ce que nous vivons aujourd’hui !

La deuxième est qu’il est nécessaire, vital même, de maintenir la force stratégique de dissuasion nucléaire, en la modernisant de façon continue pour en assurer la crédibilité tant au regard des plus puissants que nous mais aussi à l’égard de ceux qui disposent d’un pouvoir de nuisance sur le sol français de métropole ou d’outre-mer et de façon plus générale sur nos intérêts vitaux, pouvoir de nuisance qui serait considéré comme intolérable.

L’erreur de nos dirigeants après la réunification de l’Allemagne, a été de croire qu’avec la fin du Pacte de Varsovie, le temps était venu de jouir des dividendes de la paix avant de profiter de ceux de l’Europe puis de ceux de l’OTAN. Sans prêter attention à la poussée de fièvre impérialiste qui anime les dirigeants états-uniens, Démocrates et Républicains confondus, clairement définie dans le Projet pour un Nouveau Siècle Américain publié en l’an 2000 et dont je vous conseille la lecture, si vous ne l’avez pas déjà lu.

Si gouverner c’est prévoir selon Talleyrand, et choisir selon MENDÈS-France, alors il convient de regarder au-delà de l’horizon des prochaines élections pour évaluer les risques potentiels de la situation à moyen et long termes puis faire les choix politiques, technologiques, industriels, qui s’imposent.

Ce monde apparemment sûr et stable qui nous entoure l’est-il autant que cela ? Et si l’Europe qu’on dit unie venait à éclater comme ce fut le cas de la Yougoslavie et de l’URSS, et si l’OTAN qui tient son monde dans ses filets venait à se dissoudre comme l’a fait le Pacte de Varsovie, et si la plus grande démocratie du monde devenait un État totalitaire disposant des Patriot Act I et II, les intérêts voire les égoïsmes nationaux apparaîtraient alors dans toute leur force. Qu’en serait-il alors de la sécurité de la France ?

Que se passerait-il si telle ou telle puissance menaçait nos voies de communication maritime vitales, ou l’un ou l’autre de nos territoires d’outre-mer ou tel pays ayant avec la France un accord de coopération en matière de défense ?

L’arme nucléaire reste, en la matière, le bon choix, non seulement l’arme mégatonnique de la dissuasion du faible au fort et du tout ou rien, mise en œuvre par la Force Océanique Stratégique, mais l’arme kilotonnique dont l’hypothèse d’emploi est d’autant plus crédible que modulable en puissance. C’est celle avec lesquelles opèrent l’armée de l’air et l’aviation embarquée à partir des porte-avions susceptibles d’être déployés sur tous les océans et toutes les mers.

Maîtriser l’arme nucléaire est enfin un titre à participer à l’ordre nucléaire mondial. C’est bien ce qui donne à la France voix au chapitre lorsqu’il s’agit d’essais, de traités ABM ou de prolifération. N’en déplaise à Messieurs JUPÉ, ROCARD, MORIN, au général NORLAIN et consorts…qui, pour mémoire, ont fait une déclaration disant qu’il fallait se désarmer.

Notre nation est-elle aussi unie et indivisible que cela ? Professionnalisée, en effectifs trop réduits au regard des opérations coûteuses dites du maintien de la paix et de guerre contre le terrorisme, avec une carte des garnisons réduite à peau de chagrin, les armées sont peu à peu usées et coupées de la nation dont elles ne sont plus le creuset.

Pour ceux dont l’objectif est la disparition de la plus ancienne des nations en Europe, c’est là l’occasion de susciter et d’envenimer des troubles. Est-il impensable d’imaginer une Moldavie alsacienne, un Kosovo languedocien, une Bosnie provençale, une Macédoine bretonne ou une Croatie catalane ? Aurions-nous la capacité militaire et la force morale de contrer de telles choses ?

Restaurer une armée de conscription et un service national apparaît comme un des moyens de réunir la nation et de prévenir de tels évènements.

Alors quelles actions et quelles conséquences, pour conclure, convient-il d’assumer ?

Dans un premier temps, il faut faire des choix quasi-philosophiques qui touchent aussi àç d’autres domaines car tout se tient : diplomatie, économie, culture, idéologie.

Quel monde choisissons-nous ?

Primauté du droit international ou celle de la force et de la guerre préventive ? Respect de la souveraineté des nations ou devoir d’ingérence humanitaire ? Indépendance souveraine ou assujettissement à l’hyperpuissance ? Économie contrôlée ou libéralisme sans freins ? Ouverture sur l’islam, la Russie, l’Inde et la Chine ou droits-de-l’hommisme érigé en doctrine ? Voilà les questions. Je n’y réponds pas !

Il y faudra une volonté politique sans faille s’appuyant sur une opinion publique avertie pour mener une politique de rupture, passant, après le rejet par le peuple français du projet de constitution en 2005, à la dénonciation des traités européens et du traité de l’Atlantique Nord et la reprise du contrôle national des forces armées.

Par ailleurs, maintenir un effort particulier dans le domaine de la défense, plus que jamais reposant sur une force de dissuasion nucléaire tous azimuts, car il est clair que sa maîtrise constitue, aujourd’hui encore, l’assurance ultime.

Une défense qui impose également la reprise du contrôle par l’État des industries liées à l’armement. Il y a un intérêt vital et stratégique à ne pas les laisser aux mains de groupes financiers sans frontière. Le chemin sera long et difficile. Il y faudra des sacrifices de confort fondés sur une solidarité collective.

Enfin, si l’on veut bien admettre que toute entité divisée est condamnée à périr – ce n’est pas Charles de Gaulle, c’est la Bible ! – toute politique doit tendre à refaire l’unité de notre pays en réduisant toutes les formes de communautarisme, ethnique, religieux, régionaliste. De ce point de vue, la remise en place d’un service national, tant civil que militaire, pour jeunes gens des deux sexes, constituerait un élément essentiel de l’homogénéisation de la société où toutes origines confondues, se retrouverait la jeunesse, occasion de déceler en plus illettrisme et carences sanitaires et de découvrir quelques valeurs civiques et enfin la signification du drapeau.  Je précise que le service national n’est pas que le service militaire et il comprend cinq branches différentes.

L’indépendance nationale et la souveraineté ont un coût. Ce sera celui d’une guerre larvée dans tous les domaines avec Washington et ses féaux européens en attendant que l’exemple, une fois donné, les choses changent aussi dans le reste de l’Europe. C’est à un conflit long, sournois, multiforme qu’il faudra faire face, celui, millénaire, que conduisent les nations contre les empires. Couvrant toute la panoplie des armes, militaires peut-être, diplomatiques sûrement, économiques et financières bien sûr, de façon plus insidieuse culturelle aussi, les médias en étant les efficaces vecteurs, tandis que l’anglais est langue impériale, cherche et réussit à s’imposer comme langue officielle unique des organismes internationaux de toute nature.

En dépit des manifestations d’amitié franco-américaine séculaire, c’est à toutes ces armes auxquelles notre nation se frotte depuis 1944, année de notre libération. Il faudra aussi compter avec le soutien passif ou actif de tous ceux pour qui une telle attitude de la France serait la bienvenue, conforme à ce qui est souvent attendu d’elle, par les plus démunies des nations mais aussi parmi les plus puissantes.

À ce moment de son histoire où la France est enchaînée à l’Europe et à l’OTAN, de la lutte du bien contre le mal, de la civilisation contre la barbarie, nous devons nous poser cette question, cette première question : est-ce bien là la philosophie de notre nation dans sa relation au monde ?

J’ose croire, avec TOCQUEVILLE, que notre peuple, lorsqu’on l’a arraché à son logis, à ses habitudes, est prêt à tout oser, ingouvernable dès que l’exemple de la résistance est donné quelque part, jamais si asservi qu’il ne puisse encore briser le joug.

Je vous remercie.

Réflexions et analyses géopolitiques

Après avoir lu un article du journal italien La Stampa (voir ici : http://www.lastampa.it/2013/12/14/esteri/zar-putin-ora-mostra-i-muscoli-missili-atomici-al-confine-con-lue-Em0gqG0bwDbdzxegpnEhiM/pagina.html) traitant de la décision du président Russe Vladimir Poutine, dévoilée par le journal allemand Bild ces derniers jours, de déployer des missiles stratégiques Iskander (SS-26) dans l’enclave russe de Kaliningrad, j’ai publié un court commentaire sur le fil de Facebook où cet article était relayé. Ce commentaire était celui-ci :

[La position russe est le résultat inévitable et inéluctable de la provocation américaine. Les États-Unis ont installé des bases dans les anciennes républiques soviétiques du cordon Sud à l’occasion des guerres en Afghanistan et en Irak. Ils ont cherché, souvent avec succès, à faire basculer dans le camp occidental les anciennes républiques de l’ouest de l’URSS (les trois pays Baltes) ou du sud-ouest (Arménie) et ils essaient maintenant de prendre le contrôle de l’Ukraine, la plus puissante des ex-républiques soviétiques après la Russie. Le pays que dirige Poutine est de plus en plus entouré par les forces de l’Empire et leurs nouveaux vassaux et se sent menacé. La France devrait avoir une position et un message singuliers dans ce jeu de go entre les deux super-grands, comme au temps de De Gaulle. Hélas, la France de Hollande, à la suite de celle de Sarkozy, est le valet docile et servile de la Nouvelle Rome washingtonienne et les gouverneurs de la province française appliquent la pax americana avec le zèle de leurs prédécesseurs romains…]

Je tiens à apporter des précisions, éclaircissements, développements.

Pendant très longtemps, et bien que je sache que les États-Unis n’étaient pas un modèle de démocratie ou de puissance humaniste, je préférais être allié de ce pays-là plutôt que de l’URSS. Car même si l’URSS n’était pas « l’Empire du Mal », pour reprendre les termes du salopard REAGAN, bien que l’URSS ait aussi à son bilan des politiques plutôt bénéfiques au peuple qui était sur son territoire et donc sous son autorité, je n’oublie pas toutes les horreurs qui furent commises sous les différents pouvoirs soviétiques. Mon avis est que le système concentrationnaire soviétique fut une horreur, même si ceux qui ont écrit, par exemple, « le livre noir du communisme » n’avaient sans doute pas la volonté de publier un ouvrage honnête… Je ne suis donc pas naïf. Je sais bien que l’URSS n’a été ni le paradis des travailleurs et du peuple que certains sont prétendu des décennies durant, ni, à l’inverse, l’enfer absolu que d’autres ont dénoncé. Comme souvent dans la vraie vie, la réalité est plus nuancée.

Et ce qui est vrai de l’URSS, l’est aussi des États-Unis. Cette puissance porte en elle, et ce, depuis l’origine, des ferments d’impérialisme et de domination hégémonique et sa puissance grandissante, lui offre des potentialités de totalitarisme et elle ne s’en prive pas. C’est un autre « Empire du Mal ». Mais elle est aussi un pays bouillonnant, où le peuple pourrait un jour se révolter et reprendre le contrôle de son État, même si, pour l’instant, il semble avachi, apathique, et sans capacité de s’organiser. Les États-Unis sont un pays et une nation très complexes où la vérité est, plus encore qu’ailleurs, relative et fluctuante. Il faut le savoir et le comprendre pour cibler nos critiques et agir intelligemment en réaction.

Donc, pour résumer, au temps de la guerre Froide, je me sentais, comme sans doute l’immense majorité des Français ou des « Occidentaux », un « ami » des Américains et un « contradicteur » des Soviétiques, sans pour autant me considérer dans le camp des « ennemis » des seconds ou dans le camp des vassaux des premiers. Je suis ainsi reconnaissant au général De Gaulle d’avoir su, précisément, adopter la bonne ligne de conduite. Allié certes des États-Unis, mais allié indocile et surtout allié libre, souverain, indépendant. Et refus que la France se détermine comme l’ennemi des Soviétiques. Le « dialogue » franco-soviétique a toujours existé pendant la guerre Froide. D’ailleurs les relations entre la France et l’URSS datent de bien avant. Pour autant, lorsque était en jeu un risque majeur, jamais connu auparavant, de guerre ouverte et directe entre les deux Super-Grands, comme ce fut le cas lors de la crise des missiles cubains, en octobre 1962, période où le monde fut au bord du gouffre, la France de De Gaulle se rangea au côté des Américains et De Gaulle fut même le premier à soutenir KENNEDY. J’approuve cette démarche même si j’aurais bien des choses à dire de la position américaine de l’époque car les États-Unis d’alors n’étaient pas la victime innocente qu’ils disaient être. Et l’URSS n’était pas, à l’inverse, la puissance forcément belliqueuse et aventureuse qu’on dénonçait. Mais tous ces raisonnements je ne les présenterai pas ici car ce n’est pas mon propos que de faire une histoire de la crise des missiles. C’est un travail d’analyse, de réflexions et d’histoire que je suis en train de mener par ailleurs…

Pour revenir à l’essentiel, vous aurez compris que je m’efforce de regarder les choses comme elles sont et non pas comme tel ou tel voudrait qu’elles soient. Ce n’est pas que je veuille être neutre, car j’ai un avis clairement affirmé, mais c’est que je veux être le plus objectif et honnête qu’il est possible en fonction de ce que je sais et de ce que je perçois de la réalité comme du discours stratégiques.

Donc, si, pendant la guerre Froide, ma position était plutôt « bienveillante » vis-à-vis des États-Unis (sans, j’insiste sur ce point, que je sois inconscient ou ignorant de certains travers de la politique étrangère américaine, de certains non-dits, de certaines hypocrisies, de certains crimes odieux) et sans être non plus radicalement hostile à l’URSS, ma position a évolué depuis la chute de l’URSS.

Parce que l’Empire du Mal aux yeux des États-Unis n’existait plus précisément et que l’Amérique ne pouvait plus prétendre être menacée dans son existence même. Et parce que les États-Unis sont alors, peu à peu, devenus une puissance menaçante pour le monde entier et pas seulement pour leurs ennemis. De manière certes graduée, les gouvernements qui se sont succédé à Washington depuis 1990, ont tous agi dans le sens du renforcement de la puissance américaine et ont œuvré, chacun à leur manière, pour que la domination soit non seulement totale, absolue, mais en outre exclusive. Ils ont refusé que toute autre puissance, quelle qu’elle soit, ne vienne jamais plus leur contester l’hégémonie absolue sur le monde entier.

Ce projet n’est pas une idée fumeuse de conspirationnistes en mal de notoriété mais un projet public, connu de tous, ou à tout le moins de ceux qui veulent bien s’intéresser un tant soit peu aux questions de géopolitique. C’est le « Projet pour un nouveau siècle américain » qui fut conceptualisé et développé par un think-tank néoconservateur dans les années 90 (pendant que Bill CLINTON présidait le pays et s’amusait), à la suite de l’ouvrage « La fin de l’Histoire » de Francis FUKUYAMA et avant que « Le choc des civilisations » de Samuel HUNTINGTON ne vienne confirmer la « nécessité » de cette politique étrangère impérialiste.

C’est sur la base de ce projet théorique de politique étrangère et de « défense » (par « défense », il faut comprendre en fait action militaire directe ou dissimulée) que les néoconservateurs qui l’avaient pensé, l’ont mis en œuvre une fois arrivés aux postes de commande, en 2001.

Il est inutile que je rappelle ici que la mise en œuvre d’un tel projet était inconcevable pour le peuple américain et inacceptable pour les peuples du monde, avant que ne se produise l’évènement qui va tout changer ! Au mois de septembre de l’année 2001.

Depuis lors, la puissance américaine a commencé à réorganiser le monde et pour le moment elle parvient assez bien à ses fins. Les anciennes républiques soviétiques du cordon Sud (Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan) sont des territoires qui ont accueilli, à l’occasion de la guerre en Afghanistan, des bases américaines qui y sont toujours et qui ne sont sans doute pas prêtes à être démantelées. Les gouvernements de ces pays « libérés » de la domination soviétique ont désormais la joie immense de goûter à la « liberté » sous la tutelle directe de Washington.

C’est aussi le cas bien sûr de l’Afghanistan d’Hamid KARZAÏ.

Comme c’est le cas, à un degré moindre, du Pakistan qui joue un double, voire un triple jeu, qui n’est pas pour rien dans la tragédie du 11 Septembre, ce que le pouvoir américain n’ignore pas mais qui ne les dérange pas du moment que ce pays sert aussi certains de leurs intérêts.

Il en va de même de certains pays arabes, ceux du golfe Persique notamment, parmi lesquels évidemment la maléfique puissance saoudienne qui n’est pas pour rien, elle non plus, dans la tragédie du 11 Septembre.

L’Irak aussi est aujourd’hui un pion américain.

L’Iran a peut-être, à son tour, basculé dans le camp occidental très récemment, sans que le monde ne l’ait vraiment perçu.

La Turquie est déjà, malgré son pouvoir prétendument islamiste, dans le camp des États-Unis.

Comme c’est le cas, faut-il le rappeler, d’Israël.

Et de la Jordanie.

Et ce sera sans doute le cas, un jour prochain, de la Syrie.

Si on en reste là, ça fait déjà une belle partie du monde extérieur au territoire des États-Unis n’est-ce pas ?

Et pourtant, ce n’est pas tout ! Les États-Unis ne se sont pas contentés de faire basculer, d’une manière ou d’une autre, les pays de la zone Sud de l’ex-URSS. Ils ont porté le fer « diplomatique » jusque dans le cœur de l’ancien Super-Grand de l’Est. Ils ont alimenté et déclenché des révolutions « populaires » ou des révoltes et réveillé et alimenté des conflits, plus ou moins larvées, dans les pays du Caucase (en Arménie, en Géorgie, en Azerbaïdjan).

La Tchétchénie (qui, elle, n’était pas une des républiques soviétiques constituées mais seulement une zone territoriale de la Russie) a aussi connu des guerres et des formes de terrorisme et de rébellions dans lesquels les États-Unis ne sont pas pour rien.

Les États-Unis ont aussi fait basculer les trois pays Baltes (Lettonie, Lituanie, Estonie) non seulement hors de la zone de contrôle de l’ex-URSS mais carrément dans l’UE et dans l’OTAN.

Nous pourrions évoquer le cas de la « péninsule balkanique » où la Serbie, zone la plus puissante de l’ex-Yougoslavie qui a été démembrée, fut agressée et mise en danger pour des décennies par le soutien à ses ennemis albanais et kosovars. Et sur ce territoire, bien des terroristes, par ailleurs alliés plus ou moins directs des États-Unis, ont sévi.

Ce n’est pas tout. Les États-Unis ont également cherché à prendre le contrôle du Bélarus et de l’Ukraine, via des révolutions plus ou moins bien préparées. En Ukraine, ils ont failli réussir leur coup il y a quelques années mais l’intervention russe les a empêchés de mener à bien leur dessein et sans doute n’ont-ils pas osé forcer le destin, comprenant que la Russie ne se laisserait pas faire. Ils ont alors laissé la Russie reprendre le contrôle du gouvernement de Kiev. Mais ils n’ont pas abandonné le terrain. Ce serait mal les connaître.

Depuis quelques semaines, l’agitation a repris. Le pouvoir en place à Kiev, de par sa nature autoritaire, légitime, bien sûr, que l’on se révolte contre lui, et les forces qui œuvrent en sous-main voient leur tâche facilitée par la conjonction d’un réel besoin de démocratisation et de changement politique d’une part, et d’un dessin stratégique des États-Unis de faire basculer l’Ukraine dans le camp occidental, d’autre part, alors qu’il s’agit de la plus puissante des Républiques ex-Soviétiques après la Russie. L’Ukraine, ce n’est pas les Pays Baltes, ce n’est pas les pays du Caucase, ce n’est pas les pays de la zone Sud de l’ex-URSS. C’est un pays relativement riche, au cœur de l’Europe centrale, doté de matières premières, de centrales nucléaires (il n’y a pas que Tchernobyl), d’un accès direct à la mer Noire, d’une force navale conséquente… C’est un très beau fruit, un « joyau », une antichambre de la Russie. C’est aussi un bouclier pour la Russie qui ne laissera pas ce pays basculer à l’Ouest sans réagir, fut-ce violemment. La Russie qui en a le contrôle n’est pas prête à l’offrir à l’Empire de l’aigle à tête blanche. Les États-Unis devraient alors le comprendre et ne pas jouer avec le feu.

Hélas, les gouvernements américains ne sont pas des gouvernements raisonnables œuvrant uniquement dans l’intérêt du peuple américain et en se souciant des intérêts de l’humanité. Ils ne sont que des organes au service direct d’intérêts très particuliers, financiers et stratégiques. Ils ne reculent devant aucun risque pour satisfaire leurs désirs. Ils ne sont que les instruments de pouvoirs qui restent occultés, tapis dans l’ombre, mais qui eux tiennent les rênes de tous les pouvoirs et ne font que tenir les ficelles des marionnettes washingtoniennes et de toutes celles qui s’agitent dans les cinquante États, leurs comtés et leurs villes.

Seuls quelques géants de l’Histoire ont pu exister et agir en tant que pouvoir civil et s’opposer à ce que l’action du gouvernement soit guidée exclusivement par ces intérêts particuliers. Mais quand cela se produisit, ça ne dura pas longtemps ! Je pense évidemment à Abraham LINCOLN mais il fut assassiné. Je pense à John Fitzgerald KENNEDY, mais il fut assassiné. Je pense à Jimmy CARTER, mais il fut ridiculisé et l’Histoire officielle le présente comme l’un des pires présidents des États-Unis pour la bonne raison que lui essaya de mettre en œuvre une politique étrangère bien moins belliqueuse, bien moins impérialiste, beaucoup plus respectueuse des principes de loyauté des échanges économiques, commerciaux et diplomatiques et de respect des droits de l’Homme.

C’est, par exemple, parce que, lors de la crise des missiles de Cuba, pour y revenir un court instant, les États-Unis avaient à leur tête John KENNEDY, que la guerre ne fut pas déclenchée. Et ce Président a dû mettre tout son poids pour empêcher que l’impensable ne se produise. Il a failli être renversé par un coup d’état direct de l’armée et de la CIA. Mais il réussit à dompter l’armée et les différents services de la sécurité nationale qui ont juré sa perte et l’ont obtenue un an plus tard.

Et heureusement aussi que face à JFK, il y avait en URSS, des hommes qui surent également éviter les provocations, dompter leur armée et leurs services de sécurité nationale et agir pour la paix après avoir joué à risquer la guerre. KHROUCHTCHEV est pour moi, comme pour beaucoup d’historiens, celui qui, avec JFK, a su ne pas aller trop loin et qui a œuvré, de bonne foi, pour éviter la guerre ouverte. Bien sûr, quand nous disons KENNEDY et KHROUCHTCHEV, on ne parle pas que de ces deux hommes-là. Il faut aussi englober leurs conseillers qui leur permirent d’avoir les bonnes initiatives, de résister, de tenir moralement dans cette crise. Quand des civils ou même des militaires de haut grade, intelligents, raisonnables, humains, sont au pouvoir, nous évitons les pires drames et curieusement les forces maléfiques de l’ombre, ne parviennent pas à leurs fins. Mais quand sont au pouvoir des « capitaines de pédalo », ou des personnes qui ont un intérêt direct à la guerre, comme ce fut le cas, par exemple, avec George BUSH junior et Dick CHENEY, eh bien la guerre a lieu. Au-delà de la guerre, les pires atrocités ont lieu. Les pires mensonges, les pires manipulations de masse, les pires ignominies ont lieu.

Si l’on s’éloigne un peu de la zone russe, on voit combien la puissance américaine place ses pions en Afrique. L’Égypte d’abord, puis la Libye ensuite, la Tunisie enfin ! Ces trois pays de l’Afrique du Nord sont devenus des positions américaines, certes pas encore totalement sous contrôle, mais qui ont commencé à être de nouveaux espaces de jeu pour les Nord-Américains. Et plus au Sud, bien des pays africains sont en train de basculer, pour autant qu’ils ne soient pas déjà sous le contrôle direct ou indirect de Washington.

L’Europe, via l’OTAN, via l’Union européenne, via le prochain Grand Marché Transatlantique, est sous domination américaine et le sera encore davantage demain.

Le continent Océanien est déjà, et depuis longtemps, via l’Australie et la Nouvelle Zélande, un territoire dominion des États-Unis.

La seule zone du monde qui leur échappe depuis quelques années est une partie de l’Amérique Latine, une partie seulement ! Les pays qui ont connu des révolutions et qui n’ont pas encore été retournés par l’Aigle américain, sont une véritable épine plantée dans le talon de l’Empire, comme le fut Cuba, laquelle l’est de moins en moins, vérité révélée par la poignée de main entre Raul Castro et Barack Obama lors de la cérémonie pour les funérailles de Nelson Mandela. Ce que Washington considère, depuis la célèbre doctrine Truman, comme sa chasse gardée, son arrière-cour, lui échappe en partie puisque le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur et, à un degré moindre, le Brésil, l’Argentine et le Chili, ne sont plus des vassaux des États-Unis. Et c’est la raison pour laquelle les forces de l’ombre agissent en permanence pour reprendre le contrôle de ces zones et de ces États.

Nous savons ce que le Honduras endure.

Nous avons vu les nombreuses tentatives de coup d’état au Venezuela.

Nous savons que CHAVEZ a été assassiné par des moyens très perfectionnés qui ont été mis en œuvre des centaines de fois depuis cinquante ans contre Fidel Castro mais toujours en vain.  Il est curieux d’ailleurs de savoir que tous les chefs d’État des pays latino-américains qui ne sont pas des petits soldats dociles de l’Empire, tous sans aucune exception paraît-il, ont été victimes de cancers en une période de quelques années. Même des chefs d’État aussi peu dangereux pour les intérêts américains que peut l’être Dilma Roussef au Brésil ! Seuls ceux qui sont des caniches de l’Empire n’ont pas été atteints par cette maladie souvent mortelle. À ce jour, un seul a succombé, CHAVEZ. Sans doute que le mal n’était pas assez bien dosé pour tuer les autres. Peut-être était-ce une mesure d’intimidation. Peut-être que l’avenir nous montrera que les docteurs FOLAMOUR de Washington n’abandonnent jamais leur œuvre maléfique. Toujours est-il que pour l’instant seul le cas de CHAVEZ a été un succès pour eux. Il faut dire qu’ils ont dû s’y reprendre plusieurs fois car le leader vénézuélien avait réussi à se soigner grâce à l’aide précieuse des médecins cubains qui devaient avoir un panel d’antidotes au regard de toutes les expériences qui furent tentées pour empoisonner le lider maximo. Mais les criminels ont toujours une ou plusieurs longueurs d’avance. Surtout quand ils ont le soutien financier, matériel, humain et politique du gouvernement des États-Unis. Et ils ont donc fini par atteindre leur objectif : faire disparaître le personnage le plus fort des révolutions latino-américaines, celui qui a encouragé tous les autres, qui leur a donné de la force morale, qui leur a montré que l’on pouvait, avec le peuple, sans violence, renverser la table et imposer que l’intérêt général règne dans la politique de l’État. Cet homme-là, ce nouveau Simon Bolivar, ne devait pas survivre. C’est déjà un drame pour Washington qu’il ait pu vivre aussi longtemps parce que pendant ces longues années où CHAVEZ a défié l’Empire, eh bien il a formé des successeurs, il a participé à la conscientisation de son peuple et des peuples voisins, et il a essaimé son esprit très au-delà se l’Amérique du Sud. Il a repris le contrôle de son État et des richesses de son territoire.

Un peu de CHAVEZ vit en nous. Certes nous le percevons pas comme un dieu, ni comme un maître, mais comme un homme de bonne volonté, qui n’a pas réussi tout ce qu’il a entrepris, qui a pu faire des erreurs, qui peut et doit être critiqué quand c’est nécessaire et quand la critique est fondée, mais qui est une référence. Car CHAVEZ nous a montré que « NOUS, ON PEUT ! » n’est pas qu’un slogan de campagne, vite oublié, vite démenti. Oui NOUS ON PEUT ! Mais si et seulement si, nous nous appuyons sur le peuple au lieu de gouverner à sa place et contre lui !

Aujourd’hui, CHAVEZ n’est plus là mais un autre a pris sa suite et il semble bien que même s’il n’est pas le même tribun, même s’il n’a pas encore l’aura de son prestigieux prédécesseur, il est considéré par son peuple comme le digne successeur. Et il semble bien qu’il soit aussi courageux et déterminé que lui à poursuivre la révolution entamée il y a plus de dix ans, dans son pays. Et le peuple vient de lui dire son satisfecit à l’occasion des très récentes élections municipales. Alors qu’à la présidentielle, il avait été élu de justesse et que l’on pouvait craindre le pire, il semble bien que le peuple, après avoir douté, ait reconnu en Nicolas MADURO, un nouveau CHAVEZ. Parce que MADURO a été à bonne école ! Et qu’il n’est pas seul. Pas plus que CHAVEZ ne l’était contrairement à ce que « La Voix de l’Amérique » colportait partout et tout le temps.

Et nous avons la chance de ne pas avoir comme alliés de notre combat le seul MADURO, le seul Venezuela. D’autres chefs d’État latino-américains, d’autres leaders, d’autres militants, d’autres combattants, d’autres résistants à l’Empire, d’autres peuples, se sont levés et tiennent fermement le fanal de combat. Je pense évidemment au Président Rafaël CORREA et au peuple équatorien. Je pense bien sûr au Président Evo MORALES et au peuple de Bolivie. Et à d’autres qu’il faudrait aider, citer, soutenir même s’ils ne sont pas des « puissances » ou même s’ils tendent à s’inscrire dans le système mondial actuel.

Les délégués au 4ème congrès du Parti de la Gauche européenne, réunis à Madrid les 13/14/15 décembre 2013, ont eu la chance de rencontrer le vice-président de la Bolivie, Álvaro Línea Garcia, qui a délivré devant eux une magistrale leçon et qui les a appelés à « lutter, lutter, lutter » parce que, dit-il, les Latino-Américains « ont besoin de nous à leurs côtés », ils ont « besoin d’une Europe qui se batte pour l’intérêt général et pas seulement pour le marché ». Formidable discours d’un grand frère qui a plusieurs longueurs d’avance sur nous et qui a déjà vécu des expériences par lesquelles nous ne sommes pas encore passés et que nous espérons ne pas connaître (la phase des dictatures sanguinaires). Nous devons nous inspirer de ce qui se fait là-bas. Nous devons nous abreuver au fleuve des révolutions citoyennes latino-américaines. La leçon est qu’il est possible de changer de vie, il est possible de nous libérer et de l’Empire, et des marchés. Il est possible de revenir sur la route du progrès partagé sans que cela ne se fasse dans la violence. Ils nous ont montré qu’ils ont pu faire et si eux ont pu le faire alors même qu’ils affrontent depuis cinquante ans la terrible « école des Amériques »*, nous le pouvons aussi !

L’Amérique me fascine et me dégoûte. Elle m’enthousiasme et me désespère. Elle m’inspire une admiration et elle fait naître de la terreur. Je dis l’Amérique parce que ce continent est divers. Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, ce n’est pas le même monde. Et au sein même de chacun des États constitués, nous trouvons le meilleur comme le pire. Ce ne sont pas ici que des poncifs mais des résumés d’une réalité souvent tragique et parfois plus gaie. Nous avons beaucoup à apprendre des Américains, de ceux du Nord mais aussi de ceux du Sud, sans oublier ceux du Centre qui font la jonction des deux Amériques si hostiles l’une à l’autre.

Le monde ira mieux le jour où l’Amérique du Nord (Canada et États-Unis) auront connu des révolutions populaires qui auront renversé la table et mis aux manettes des dirigeants n’ayant que l’intérêt de leur peuple en tête et la conscience des intérêts humains en général.

Le monde ira mieux le jour où l’Amérique Latine (Amérique Centrale et Amérique du Sud) auront réussi à généraliser le modèle de la révolution citoyenne, adapté ensuite à chaque réalité locale, mais qui, quel que soit le pays pris en compte, aura mis en œuvre des politiques et pris des décisions qui servent l’intérêt général et défendent les principes universels de l’humanité que nous, en France, avons élevé au rang de devise de notre République : liberté – égalité – fraternité.

Nous, en Europe, et nous, en France, nous sommes les peuples des rébellions et des révolutions du siècle des Lumières et des trois suivants. Nous avons su, en son temps, renverser l’ordre monarchique pour établir une République. Nous avons su nous autonomiser de forces plus puissantes que nous. Nous avons su remettre le peuple au devant de la scène et agir dans son intérêt. Nous avons SU faire parce que nous avons VOULU faire ! Car s’il est vrai qu’on peut hélas vouloir sans pouvoir, on ne peut jamais…si on ne veut pas.

C’est la raison pour laquelle, le titre du livre de Jacques GÉNÉREUX, « Nous on peut ! » est un slogan très fort qui dit à la fois que nous pouvons mais aussi que nous voulons… Et cela est l’essentiel.

Jean-Luc Mélenchon, dans de récents discours, notamment celui prononcé à Paris, près du ministère des Finances, dimanche 1er décembre 2013, en clôture de la marche pour la révolution fiscale, a rappelé un extrait de Victor Hugo :

« Ce que Paris conseille, l’Europe le médite. Ce que Paris commence, l’Europe le poursuit ».

Ceci était vrai de la grande révolution de 1789 mais le fut aussi de révolutions ultérieures. Et ce fut aussi le cas de choix et de décisions qui ne sont pas forcément issues directement de révoltes, de rébellions et de révolutions.

Mais encore faut-il que « Paris » se mette en mouvement ! Et « Paris » ici ne désigne pas QUE la capitale de la France. C’est au sens où l’on désigne un pays par la ville où siège le pouvoir de l’État, comme on dit Washington pour les États-Unis, Londres pour le Royaume-Uni, Berlin pour l’Allemagne…

Mais « Paris » en tant que ville, je n’en doute pas, va aussi se mettre en mouvement, sous la conduite de Danielle Simonnet et du Front de Gauche. Ensuite, ce sera comme un jeu de dominos parce que, pour reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon prononcés lors de son discours de la Porte de Versailles le 19 avril 2012, en clôture de la campagne électorale de premier tour de l’élection présidentielle :

NOUS, le Front de Gauche ne sommes « Ni À vendre, ni À acheter, ni À domestiquer ! » (…)

Bien au contraire, « nous serons ET POUR TOUJOURS, la force AUTONOME, INDÉPENDANTE, EXIGEANTE, QUI NE SE MARCHANDE PAS, qui ne tripote rien sur les coins de bistrot, qui ne s’arrangera avec PERSONNE D’AUTRE QU’AVEC LE PEUPLE LUI-MEME ET AVEC SON PROPRE PROGRAMME! »

Ceci est vrai de la politique intérieure mais aussi de la politique étrangère dont il a été question dans ce billet.

Enfin, et ce seront mes derniers mots, que je reprendrai moi aussi du poète Victor Hugo et de son ouvrage Les Misérables, comme l’a plusieurs fois fait Jean-Luc Mélenchon à la fin de ses discours, et notamment après le premier tour des élections législatives, en juin 2012 :

« Si noire que soit la nuit, jamais la lumière ne s’éteint et si petite que soit la braise, c’est elle qui remet le feu à la plaine ».

*  « école » des États-Unis qui forme les tortionnaires destinés à occuper le pouvoir civil et militaire dans ces pays, cette école qui apprend les méthodes du crime de masse, de la torture, des putschs, qui a accompli sojn noir dessein pendant des décennies.

Place au peuple !