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Quand Jaurès parle… Rien que des pépites. Extrait du film « Jaurès, naissance d’un géant »

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=JfkZpGF7ZPQ

L’extrait ci-dessous est à 1h15 minutes

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« S’il ne faut compter que sur la seule minorité exemplaire des socialistes de naissance pour vaincre le capitalisme, excusez-moi mais nous risquons d’attendre et même d’attendre longtemps.

S’organiser collectivement, politiquement, syndicalement, c’est rompre avec l’aliénation, c’est résister au matraquage des puissances de l’argent et de la presse qui lui est affidée. Et c’est un effort considérable ! Aussi, à chaque fois qu’un ouvrier ou un intellectuel s’engage contre le capital, et rejoint le camp des opprimés, je ne lui demande pas ce qu’il pensait hier, mais je le félicite d’abord de combattre avec nous, la bourgeoisie.

Citoyens, camarades je suis aujourd’hui devant vous parce que la République est en danger. Elle agonise. Elle a certes brisé la monarchie, apporté des libertés nouvelles, instauré la laïcité dans les écoles mais la voilà sous la domination de grands groupes capitalistes, industriels et financiers. C’est la République des Solage, c’est la République des exploiteurs !

Le capital achète les représentants du suffrage universel. Il en fait ses valets. Seul le combat pour briser le capital sauvera la République !

Alors, sur ce point, j’ai changé ! Je croyais que de réforme en réforme, le socialisme l’emporterait mais la sinistre affaire de Panama m’a fait voir que les réformes doivent être arrachées par la lutte des classes, relayées au Parlement par un puissant groupe socialiste. Mais seule l’appropriation collective des moyens de production mettra fin à l’exploitation de l’homme par l’homme, à la sujétion de l’homme à l’homme, à l’horrible lutte de l’homme contre l’homme.

Sans la République, le socialisme est impuissant mais sans le socialisme, la République est vide !

Certains vous disent « Jaurès est un idéaliste ». Je ne sépare pas l’idée de sa mise en œuvre. Avec Marx, je crois que toutes les réformes qui pourront être arrachées au capital doivent l’être. Et j’estime pour ma part que la journée de huit heures, le droit syndical, l’instruction gratuite et laïque de tous les enfants, sont autant d’étapes vers le socialisme. Mais pour cela, les ouvriers doivent s’organiser syndicalement mais aussi et surtout politiquement. Alors, être idéaliste avec Marx, ça me va !

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