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Faire taire les armes israéliennes et gagner la paix

La Palestine est sous le feu d’Israël depuis deux semaines. Plus de mille morts et je ne sais combien de blessés sont déjà enregistrés au macabre décompte.

On manifeste mais cela, évidemment, ne change rien à la situation. Israël mène une guerre à outrance sachant qu’il ne risque rien, sinon quelques roquettes, lesquelles ne sont pas en situation de le menacer mais juste de lui donner une nouvelle raison de justifier sa guerre injustifiable. Vis-à-vis de ses voisins arabes, la puissance nucléaire d’Israël lui garantit l’inviolabilité. Et le soutien direct de la puissance américaine ajoute à son bénéfice la garantie d’impunité.

Israël est donc comme un serial killer en liberté, soutenu par les forces de l’ordre.

Les manifs ne stopperont pas Israël. Les sanctions économiques non plus. Israël ne s’arrêtera que le jour où il l’aura décidé. La Palestine est donc entre ses mains. Et aussi longtemps que les pays du monde détourneront le regard ou regarderont de loin, à peine gênés, aussi longtemps qu’ils se plaindront peut-être mais ne feront rien, Israël poursuivra sa politique de dévastation meurtrière.

Si le Parlement israélien renversait le gouvernement, les choses pourraient évoluer dans le bon sens mais rien ne semble indiquer pour l’instant que le gouvernement soit menacé.

Si le peuple d’Israël se levait en masse, sans doute que le gouvernement serait contraint de réévaluer sa politique belliqueuse mais le peuple d’Israël se fait attendre. Si quelques milliers osent manifester et défier ainsi courageusement leur gouvernement, on n’en est pas, loin de là, à la contestation massive.

Si l’ONU décidait d’agir vigoureusement, pas seulement en adoptant des résolutions puisqu’Israël les a toujours ignorées, mais en décidant de donner un ultimatum à Israël sous peine d’une mise en œuvre du chapitre 7 de la charte de l’ONU qui prévoit un droit de légitime défense pouvant passer par des moyens militaires, alors Israël n’aurait pas d’autre alternative que d’entendre la communauté internationale et d’obéir à ses ordres. Mais pour que cela existe, il faudrait, pour commencer, que le conseil de sécurité adopte une telle résolution et les États-Unis l’empêcheront.

Que peut-on donc faire ?

« Discuter » disent les pacifistes. Même avec un agresseur ? Et quand l’agresseur refuse de discuter ?

La situation étant ce qu’elle est, peut-être que les combats touchent à leur fin, faute de cibles à atteindre et de gens à tuer. Mais alors, quoi ? On pleure les morts, on se désole des destructions, on grogne un peu, on rappelle éventuellement son ambassadeur et on passe à autre chose ?

Non, désolé mais je ne peux accepter une telle ignominie, une telle incapacité à agir. Je suis adepte de paix et de concorde mais je n’accepte pas – je ne peux accepter – la loi du plus fort, la loi de l’oppresseur, la loi de l’assassin.

Je suis d’ordinaire épris de tolérance et de pardon mais on ne peut pas tolérer qu’un gouvernement cherche à annihiler un peuple, ni escompter que puissent être pardonnés ceux qui ne regrettent rien. Et évoquer cela, c’est dire aux victimes d’hier qu’on ne se soucie pas d’elles, à celles à venir qu’on ne fera rien pour elles, et à toutes même qu’on envisage, dès aujourd’hui, de ne demander aucun compte aux bourreaux.

Le gouvernement d’Israël – pas son peuple – est coupable aux yeux de l’humanité et doit être l’objet d’une vigoureuse action internationale. Dans un premier temps, l’urgence est de faire cesser l’agression militaire et seule une puissante menace du même ordre pourra dissuader Israël de poursuivre ses actes criminels de masse.

La France de Hollande ne fera rien et la plupart des pays occidentaux non plus. Mais parmi les pays non alignés sur Israël, il y a des puissances qui ont des moyens civils et militaires conséquents, capables de déployer bien des forces et de peser lourdement sur les choix d’Israël en lui faisant comprendre que s’il n’arrête pas immédiatement son agression, il expose son armée à des représailles foudroyantes.

L’ONU est l’organisation compétente pour régler les différends et son principe est le règlement pacifique des différends. Mais la charte de l’ONU reconnaît aussi à chaque État le droit souverain à la légitime défense. Le hic, c’est que la Palestine n’est pas un État souverain membre de l’ONU et ne peut donc, juridiquement parlant, bénéficier de ce droit. En fait, elle n’a que le droit de se taire, de souffrir, d’endurer, de mourir, de disparaître…

Mais les États membres de l’ONU, eux, ont le pouvoir souverain d’agir. Donc si, parmi les États qui ne tolèrent pas les actes du gouvernement d’Israël, plusieurs d’entre eux décidaient d’agir conjointement, Israël serait inéluctablement conduit à remettre en cause sa politique de guerre.

Une coalition constituée notamment par la Russie, la Chine, Cuba, le Brésil, le Chili, le Pérou, la Suède (pays dont j’ai vu qu’ils avaient fait part, à un degré ou à un autre de leur réprobation) mais aussi de beaucoup d’autres, serait de nature à changer les choses.

En 1956, la crise de Suez avait conduit les dirigeants soviétiques à menacer directement les agresseurs de l’Égypte (France, Royaume-Uni et Israël) d’envoyer des fusées atomiques sur leurs capitales et cela avait conduit à la fin immédiate (dans les heures suivantes) de l’expédition militaire anglo-franco-israélienne. Et les Américains n’étaient pas intervenus à leur rescousse car le président Eisenhower n’avait pas été tenu informé par ses alliés et avait très mal vécu d’avoir été ainsi tenu à l’écart, d’autant plus qu’il désapprouvait cette expédition militaire colonialiste et que les trois agresseurs le savaient.

Israël est puissant. On nous dit que c’est la 4ème armée du monde. Mais une coalition de plusieurs pays parmi lesquels ceux que j’ai cités ci-dessus le serait bien davantage encore. Et cette coalition aurait en outre pour elle le soutien d’une très large majorité des peuples du monde. Il ne s’agit pas d’entamer une guerre mondiale mais d’exercer une pression suffisamment crédible sur Israël pour qu’il cède.

Certains, je le sais par avance, vont désapprouver ce que je dis. Ils vont me faire passer pour un va-t-en guerre mais ceux qui me connaissent sauront que cela est très éloigné de ma philosophie.

La guerre est une saloperie absolue, indicible. Mais quand un peuple est ainsi massacré et qu’on laisse l’agresseur agir librement alors même que l’on a les moyens de le stopper, on soutient de fait cet agresseur.

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons » disait Martin LUTHER-KING qui disait aussi « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. »

« Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » disait pour sa part Albert EINSTEIN.

Et Desmond TUTU considérait lui que « Si tu es neutre en situation d’injustice, alors tu as choisi le côté de l’oppresseur ».

Je ne suis don pas neutre. Je désigne un agresseur et une victime et j’assume de recommander la manière forte pour désarmer l’agresseur.

Certains pourraient s’inquiéter qu’une telle action internationale, pouvant devenir une action de coercition militaire, soit de nature à déclencher une guerre mondiale opposant la dite coalition à une autre qui se formerait entre Israël et ses alliés occidentaux, parmi lesquels les États-Unis.

Je tiens à les rassurer. Certes, je ne peux préjuger des choix des États-Unis, dont les gouvernants sont souvent des princes jouant aux échecs avec la paix et la guerre, tandis qu’en coulisses s’agitent des monstres pour qui la vie des ennemis ou mêmes des alliés, quand ce n’est pas la vie de ses propres concitoyens, ne vaut rien. Mais les États-Unis ne sont, aux yeux de certains analystes, qu’un tigre de papier qui n’a jamais eu à se battre que contre bien plus faible que lui, et toujours au sein d’une coalition dans laquelle bien des alliés prenaient leur part importante du combat. Les États-Unis qui auraient à affronter une coalition mondiale s’étant constituée contre Israël ne se risqueraient sans doute pas à la guerre ouverte car ils savent que malgré leur apparente suprématie militaire, ils ne dominent que parce que aucune puissance de premier plan ne cherche vraiment à leur opposer une résistance. Or, nous avons appris de La Boétie – et, à mes yeux, cela s’applique aussi pour les États-Unis – que « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Par ailleurs le même La Boétie relevait, dans le Discours de la servitude volontaire,  qu’« un tyran n’a de pouvoir de nuire qu’autant que les hommes veulent bien l’endurer. »

Cette coalition mondiale en faveur de la Palestine pourrait donc stopper net Israël et nous devrions être des milliers, des millions même, à défendre une telle option. Vouloir la paix est un dessein des plus nobles mais la politique de conciliation entre un agresseur fou et une victime impuissante renforce l’agresseur. Il faut donc stopper cet agresseur. C’est la première urgence absolue.

Ensuite, évidemment, mais ensuite seulement, il faudra agir profondément et durablement pour gagner la paix. Et pour cela, il y a bien des choses à faire.

Gaza et la Cisjordanie ayant été partiellement réduites en cendres, son peuple manquant de tout, le monde devrait « adopter » les Palestiniens et leur apporter toute l’assistance nécessaire pour que la Palestine se relève, reconstruise ses villes, ses habitations, ses places, ses écoles, ses hôpitaux…

Il y a quelques dizaines d’années, des milliers de citoyens, souvent jeunes, venus du monde entier, étaient accourus en Israël pour aider ce pays et son peuple à créer une terre vivable et un pays développé alors que tout était à construire et ce, au milieu d’un désert. Ce fut l’épopée des kibboutz. Nous pourrions très bien, lancer au plan mondial une opération identique, cette fois au profit de la Palestine.

Les jeunes sont souvent très courageux et très dévoués aux causes humanitaires. Des milliers répondraient sans aucun doute à l’appel si une organisation était mise en place pour cela. Je ne doute pas que même des Juifs et des Israéliens y participeraient.

Dans les années 60, le président Kennedy avait lancé l’ « Alliance pour le progrès » qui avait l’objet de permettre à des jeunes Américains de consacrer quelques années de leur vie à une noble cause qui n’était pas d’ordre militaire mais civil et humanitaire.

L’Assemblée Générale de l’ONU pourrait lancer un tel appel mais il faudrait, bien évidemment, que de nombreux pays du monde s’engagent et mettent à disposition un certain nombre de moyens.

En conclusion, je mettrais donc en balance les deux exigences qu’impose la situation à mes yeux : d’une part, stopper immédiatement la guerre, par quelque moyen que ce soit ; d’autre part, gagner la paix, grâce à une combinaison d’actions d’ampleur internationale, initiées par les États ou par les citoyen-ne-s et les associations, en lien et avec le soutien des États et de l’ONU.

J’assume de dire que le gouvernement israélien doit être l’objet de menaces directes et vigoureuses destinées à faire taire ses armes sans délai et si les menaces ne suffisaient pas, j’assume de dire qu’il faudrait user des moyens de la contrainte militaire dans le cadre du chapitre 7 de la charte des Nations-Unies.

Mais cela n’est que l’indispensable réaction immédiate à l’agression perpétrée par Israël. Une fois les armes redevenues silencieuses, une fois les soldats d’Israël rentrés dans leurs bases, il faudra gagner la paix. Et cela passera par des actions à divers niveaux :

  • les chefs d’État et de gouvernement devront organiser les pourparlers nécessaires afin que la diplomatie reprenne vie entre les représentants des deux peuples.
  • Les ministres des différents États du monde devront faciliter – et le cas échéant coordonner – les actions innombrables qui seront entreprises pour reconstruire la Palestine et aider son peuple à développer tout ce qui sera de nature à lui offrir une vie normale : agriculture, économie, services…
  • Les associations qui agissent, d’une façon ou d’une autre, en soutien de la Palestine et de son peuple, pourraient être l’objet, de la part des gouvernements nationaux ou, à défaut, de la part de l’ONU elle-même, d’un soutien matériel, financier, juridique etc. Il est possible d’imaginer bien des innovations afin d’encourager les citoyen-ne-s à s’engager dans l’action humanitaire, au plan financier et fiscal mais pas seulement. Aujourd’hui, quand on travaille, on ne peut s’engager dans une association que pendant son temps libre, ce qui s’avère souvent très insuffisant. Un salarié ou un fonctionnaire qui voudrait s’engager à plein temps au service d’une association ne trouve aucune solution sinon celle, extrêmement rare, de devenir salarié de l’association. Les associations ne vivent que sur de rares subsides et leurs moyens sont très réduits. C’est le bénévolat qui leur permet d’exister et de survivre. Le dévouement des bénévoles est immense mais si l’État ou l’ONU apportait un soutien supplémentaire et massif aux associations oeuvrant au bénéfice de la Palestine, de la paix, du développement, la capacité d’action serait sans commune mesure avec celle qui caractérise les associations à l’heure actuelle. Et il n’y a pas que la question financière. Il y a aussi des questions juridiques mais souvent la question financière prédomine. Ne serait-ce que parce que, pour la plupart des gens, pouvoir vivre implique de disposer d’un salaire ou d’une rémunération. Quand on n’a pas une rente qui nous a été laissée par nos parents, on doit travailler pour vivre. Vous parlez d’une évidence ! Mais un salarié ou un fonctionnaire qui désirerait donner sa force de travail ou consacrer l’essentiel de son temps au bénéfice des autres dans une association, ne peut le faire que quelques heures par semaine ou doit attendre d’être à la retraite car sans rémunération, il ne peut plus vivre. Attribuer de nouveaux moyens conséquents aux associations leur permettrait de recruter des personnels à temps plein et d’engager les actions utiles.

Ces suggestions-là, il va sans dire que je ne suis pas le seul, ni le premier, à les exposer. Et j’ignore par quels moyens nous pouvons agir dans le sens souhaité car en l’état actuel des réalités politiques françaises et mondiales, les bonnes volontés et les souhaits de voir ces objectifs poursuivis se heurtent aux intérêts divergents de nos gouvernants et à cette raison d’État appréciée au seul prisme des intérêts oligarchiques.

C’est aussi pour dynamiter cela que la 6e République en France est indispensable et que nous devons faire place au peuple.

 

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À toi enfant de Gaza (d’Alep, d’Homs, de Bagdad, de Djuba… ) – Par Jean-Baptiste Voltuan-Redde

Tu es ma mémoire
Mon amandier en fleurs
Mon papillon de douceurs
Je crois en toi

Cher coquelicot aux tendres univers
Oisillon bercé dans les bras de Gaia
Nu dans ton nid au sein de l’arbre de Vie
Mais tu ne connais que l’enfer
Des bombes, la violence
Dans ce pays meurtri
A feu et à sang
D’un instant à l’autre
Des tueurs peuvent détruire ton Nom
Nier ton visage, fragiles paysages
Tant d’anges de ton âge sont
Déjà morts depuis des siècles
Leur innocence pulvérisée
Je pense à toi la nuit, le jour
A ce printemps que tu incarnes
Petite hirondelle de Gaza
Ensoleillant cette terre qui te porte
Frémissant comme toi d’amour à vif
Sans lequel rien n’est possible
Tu meurs à cause d’une guerre menée
Par des hommes ayant eux-mêmes
Eté enfants…L’Humanité entière est ainsi niée
A en suffoquer de douleur
O tragédies ayant tellement duré
Depuis des siècles
Cette trahison envers l’Autre
Toute créature sur notre Pachamama
Victime à n’en plus finir
De la folie réitérée !
Si bien que la vie ne peut faire rendre gorge à
La mort
A moins qu’un jour, l’attention minutieuse
Envers chacun ( humain, animal…) prévale
Ce mouvement du coeur
Fait de prévenance, d’écoute
Capable d’écarter l’horreur
O mon enfant, sache que ta liberté
Décide de la mienne
Combien elles sont liées
Je ne serai vraiment apaisé
Que lorsque tu le seras
En ton pays enfin libéré
Dès que Palestine vivra