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Nice : Allemand et son « entourage » : les boulets de la gauche niçoise – Par Jean-Paul Duparc*, le 26/03/2014

*Jean-Paul Duparc est directeur du Patriote, un journal hebdomadaire publié par le PCF des Alpes Maritimes

Les résultats des urnes au premier tour à Nice indiquent à la fois :

  – un score confortable de Christian Estrosi (45%) ;

– un Front national à 15,6% mais dans un contexte où le total de droite extrême avec notamment la liste des Identitaires, dépasse 20% ;

– une liste dissidentes Bettati-Concas à 10% ;

– un total gauche avoisinant 20,5%, au sein duquel seul le résultat du Front de gauche progresse légèrement sur les législatives de 2012 à 5,38%, alors que le PS plombe le total gauche, la liste « PS-EELV-MRC-la Gauche autrement » plafonnant à 15,25%.

Ceci montre d’ailleurs l’utilité d’une pluralité de liste à gauche au 1er tour, car dans le contexte d’impopularité et de déception vis-à-vis du gouvernement PS-EELV, bien des électrices et électeurs avaient besoin, le 23 mars, de cette expression différente des gauches pour exprimer leur préférence.

Quasiment partout en France, au second tour, pour faire barrage à la droite et à l’extrême droite, pour assurer la représentation pluraliste de ces différents électorats de gauche, les forces de gauche se rassemblent, dans le respect de leur différence. Ainsi à Marseille et dans nombre d’autres villes des accords républicains sont passés, entre le Front de gauche, EELV et le PS. Et, dans le 06, aussi bien Ladislas Polski arrivé en tête de la gauche, que les communistes, dont le score aurait pu permettre le maintien, sont parvenus à un accord loyal dans l’intérêt des Trinitaires.

Qu’en est-il à Nice ?

Alors que de Michel Vauzelle à Jean Marc Ayrault, des appels sont fait à ce que « partout le rassemblement et la fusion des listes de gauche se fasse », monsieur Allemand, avec « son entourage » comme il dit, a pris lui la décision politique de « ne pas procéder à une fusion de liste au second tour ». C’est bien une décision politique car on ne peut pas croire qu’un tel dommage à toute la gauche niçoise soit opéré seulement sous l’effet d’un égo personnel contrarié par un score peu flatteur au premier tour.

Comme l’indique dans une déclaration Robert Injey, «  si lors de la mandature qui s’ouvre, il n’y a aucun représentant de la sensibilité du Front de gauche au Conseil Municipal alors que les électrices et les électeurs en avaient créé la possibilité, c’est uniquement du au refus total de monsieur Allemand de l’accepter en fusionnant les listes ».

C’est une triple faute.

C’est un mépris inexcusable à l’égard des 6178 électrices et électeurs qui ont voté pour la liste « Nice, l’Humain d’abord le 23 mars. C’est une injure, non seulement  pour les sensibilités  politiques de cette liste, mais aussi pour les femmes et les hommes du mouvement social et syndical qui s’y étaient investis. Et c’est le pire des signaux envoyé aux femmes et aux hommes de gauche qui ont su se rassembler aussi bien pour assurer une victoire de la gauche aux régionales de 2010, que pour battre Sarkozy en 2012.

C’est une décision scandaleuse de la part du 1er Vice Président de la Région PACA, qui refuse dans sa ville, l’alliance au second tour avec une sensibilité politique qui est membre de la majorité régionale. Ce, alors que nous sommes à l’aube de nouvelles échéances politiques dans une région où plane l’ombre des convergences entre droite extrême et extrême droite.

C’est affaiblir un peu plus encore sur Nice les forces de gauche, à l’heure où il aurait fallu au contraire prendre de la hauteur et ses responsabilités pour créer les conditions d’un sursaut. Mais cela monsieur Allemand ne sait pas le faire. Pour « ne pas contrarier son entourage », monsieur Allemand prend la responsabilité d’affaiblir le rassemblement et la représentation de la gauche dans le prochain Conseil Municipal au détriment de l’intérêt des Niçois. Combattre le Front national et redonner  toutes ses chances  à la gauche niçoise d’être la première force d’opposition, c’était d’abord de savoir réunir les forces des deux listes. Ne pas le faire et prétendre combattre le Front National est inconséquent.

Mais monsieur Allemand ne doute de rien, car il n’hésite pas à ajouter à cette triple faute, le mensonge et l’indécence du racolage politique. Ce qui le disqualifie pour prétendre parler au nom de la gauche niçoise, alors qu’il en est plutôt avec son « entourage », le boulet.

Le mensonge, monsieur Allemand fait placarder sur ses panneaux électoraux « La gauche rassemblée ». Mensonge éhonté de la part de celui qui vient d’en refuser la possibilité. Et dans le quotidien gratuit « 20 Minutes » il indique ce 26 mars que « Robert Injey était au courant, dès l’origine qu’il n’y aurait pas de fusion ». Mais alors pourquoi monsieur Allemand répondait-il sur cette hypothèse de la fusion des listes ,lors d’une interview à Nice Matin le 13 février dernier « On verra au soir du premier tour ce qu’il conviendra de faire ».

L’indécence du racolage politique : Il invite « tous les électeurs de gauche à se rassembler » ! Autrement dit il manie le cynisme de dire aux électrices et électeurs du Front de gauche « je m’oppose à ce qu’il y ait des représentants vos choix sur ma liste, mais je rackette vos voix ». Il est fini ce temps là monsieur Allemand, c’est comme « le temps béni des colonies », c’est fini. Et, il est temps que monsieur Allemand apprenne qu’entre Bon et C.., il y a une lettre de différence

Et voilà pourquoi, dans l’intérêt de toute la gauche niçoise qu’il faut libérer et émanciper de ce type de pratique politique et de personnage, le 30 mars, monsieur Allemand n’aura pas ma voix de citoyen de Nice.

Je crois bien que je ne serai pas le seul.