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Parti de Gauche

Nombreux liens vers des vidéos sur la géopolitique et la défense vues par Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise

I/ Une géopolitique et une défense au service de la paix – Colloque de la France insoumise avec Jean-Luc Mélenchon, Djordje Vuk Kuzmanovic et d’autres intervenants – IRIS* le 31/03/2017

* L’IRIS est l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques. Il s’agit d’un établissement de recherche et d’enseignement supérieur dépendant de l’université de Paris XIII – Villetaneuse. Son site internet est ici. Sa page Facebook est ici.

Il est présidé par Pascal Boniface (voir ici ce que Wikipedia dit de lui pour le présenter ; voir ici son blog hébergé sur Mediapart et ici sa page Facebook).

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Lien vers la vidéo 1/2 dans laquelle on assiste successivement aux interventions suivantes :

1/ Introduction de 15 minutes de Djordje Vuk Kuzmanovic, chargé depuis des années des questions de géopolitique, de défense, de diplomatie auprès de Jean-Luc Mélenchon (sans doute Djordje occupera-t-il les fonctions de ministre de la Défense, ou de ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement que nommera Mélenchon si le candidat de la France insoumise et du projet l’Avenir en commun est élu Président de la République, à moins qu’il ne soit désigné à d’autres fonctions éminentes, comme ambassadeur, ou représentant spécial du Président Mélenchon dans des organisations internationales ou des organisations françaises à vocation internationale).

2/ de 15 minutes et 25 secondes à 34 minutes et 25 secondes : Michel Goya, colonel en retraite de l’Armée de terre française, ancien directeur de l’IRSEM (Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire ; voir ici le site internet de cet institut, ici ce que Wikipedia dit de lui pour le présenter, et ici sa page Facebook), docteur en Histoire contemporaine, professeur d’Histoire militaire et de la guerre à Science Po, auteur de nombreux ouvrages et blogueur (voir ici ce que Wikipedia dit de lui pour le présenter et voir ici son blog “La voie de l’épée”). Michel Goya dresse l’état des lieux de l’armée française.

3/ de 34 minutes et 25 secondes à 38 minutes : de nouveau Djordje Vuk Kuzmanovic reprend la parole et explique qu’Éric Coquerel (coordonnateur du Parti de Gauche) et Sophie Rauszer, qui travaille au Parlement européen et qui s’occupe des questions européennes au sein de la France insoumise, auraient tous deux dû intervenir à cet instant mais se trouvaient bloqués dans un train. Il était prévu que Sophie Rauszer fasse un exposé sur l’Europe de la défense.

4/ de 38 minutes à 50 minutes et 10 secondes : Jean-Charles Hourcade (voir ici ce que Wikipedia dit de lui pour le présenter et ici sa page Facebook) est ingénieur, ancien élève de l’École Polytechnique et Télécom, membre de l’Académie de Technologie, ancien salarié de Thomson-CSF où il a travaillé à la direction de la Stratégie de l’entreprise dont il était vide-président, il a dirigé jusqu’en 2016 le Fonds d’intervention public France Brevets dont la fonction est de valoriser la valorisation des brevets issus de la recherche et de l’industrie française. Il suit les questions relatives à l’industrie et aux entreprises au sein de l’équipe de campagne de la France insoumise. Il a co-animé le livret thématique “Produire en France”

5/ de 51 minutes et 15 secondes à 1 h 10 minutes et 34 secondes : Jean-Pierre Brat, (voir ici sa page Facebook) délégué syndical CGT centrale depuis 1992 et de la fédération nationale des travailleurs d’État. Il a travaillé aux manufactures d’État de Saint-Étienne, puis aux arsenaux de Saint-Chamond. Il est entré à 15 ans, comme apprenti, aux arsenaux d’État et a connu toutes les évolutions et les dérives de cette industrie nationale passant d’une entreprise d’État à une société privée dont le siège est à… Amsterdam !

6/ de 1 h 10 minutes et 34 secondes à 1 h 24 minutes et 11 secondes : Djordje reprend la parole et se présente : porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pour les questions de géopolitique et de défense, ancien humanitaire, ancien officier de réserve ayant été en opérations extérieures, actuellement analyste géopolitique. Il présente les grandes lignes de notre vision de la géopolitique et de notre projet.

7/ Lien vers la vidéo 2/2 : intervention de Jean-Luc Mélenchon (1 h 6 minutes)

Pour aller plus loin

Vidéo de l’université populaire de la France insoumise sur la stratégie internationale

Livret thématique “Une France indépendante au service de la paix”

Les autres livrets thématiques détaillant le projet L’Avenir en commun de la France insoumise

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II / Journée Défense du Parti de Gauche le 1er février 2014

Pour cette journée, Djordje Vuk Kuzmanovic était, déjà, un des principaux organisateurs.

Après l’intervention introductive de Jean-Luc Mélenchon, alors co-président du Parti de Gauche, on assiste à trois tables rondes :

1ère table ronde : La place de la France dans le monde

Introduction de Jean-Luc Mélenchon

Intervention de Pascale Boniface : La France à l’épreuve de la puissance et de l’Occidentalisme

Intervention de Benoist Bihan : La souveraineté nationale, cœur et enjeu de la stratégie de défense de la France

Intervention de l’Amiral Jean Dufourcq : Vulnérabilités stratégiques et posture militaire

Intervention de Chloé Maurel : L’ONU d’hier à demain: bilan, enjeux et perspectives pour une ONU plus forte et plus démocratique

Intervention de l’Amiral Gaucherand : Défense européenne et défense nationale: De la nécessaire cohérence entre objectifs diplomatiques et capacités militaires

2ème table-ronde : Des armées et des citoyens

Intervention du Général Pierre-Dominique d’Ornano : Institution ou société de service ?

Intervention d’Alain Joxe : La stratégie capacitaire eurotan de « sécurité-défense » : répression de toute eurodémocratie sociale

Intervention de Yann Le Pollotec : Ni privatisation des armées, ni privatisation de la guerre. Le monopole de la violence armée doit procéder uniquement du peuple français

Intervention de Djordje Kuzmanovic : Pour un retour au service national et militaire ?

3ème table-ronde : Objectifs stratégiques et moyens

Intervention du Général Vincent Desportes : Les conséquences stratégiques de la Loi de Programmation Militaire 2014-2019

Intervention de Jean-Claude Hourcade : Industrie de défense et souveraineté nationale

Intervention de Jean-Philippe Immarigeon : Cyberguerre et Big Datas : l’erreur américaine de la stratégie totale

Intervention de Laurent Henninger : Pour une révolution française dans les affaires militaires

Puis Jean-Luc Mélenchon fit un discours de clôture.

C’était donc il y a trois ans déjà ! Et quand on connaissait Jean-Luc Mélenchon, Djordje Vuk Kuzmanovic et celles et ceux qui travaillaient avec eux, on savait qu’un jour, le premier serait reconnu comme celui qui est le plus digne à devenir Président de la République, c’est-à-dire chef des armées françaises et voix suprême de l’esprit d’indépendance de notre République, et que le second serait alors un de ses plus proches conseillers, quelle que puisse être la forme que prendrait cette mission d’assistance et de conseil du chef de l’État.

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III/ Journée “Pour un nouvel indépendantisme français” – Invalides le 9 décembre 2015.

Cette nouvelle journée consacrée à la géopolitique que la France, redevenue souveraine et indépendante, internationaliste et humaniste, devrait promouvoir et mettre en oeuvre quand Jean-Luc Mélenchon sera Président de la République, fut organisée conjointement par les Cahiers de la Revue de Défense Nationale et par Djordje Vuk Kuzmanovic.

Plusieurs intervenants prirent la parole dont Jean-Philippe Immarigeon (voir ici), Chloé Maurel (voir ici) et le colonel Michel Goya (voir ici) tous trois déjà cités puisqu’ils étaient présents au colloque du 31 mars 2017, mais aussi le colonel Jérôme Pellistrandi (voir ici) à propos de la Revue de la Défense nationale.

Jean-Luc Mélenchon prononça un autre très grand discours sur les questions de politique étrangère, de diplomatie, de défense, de géopolitique et de géostratégie. Il présentait alors la contribution programmatique qu’il avait développée suite à la demande des Cahiers de la Défense Nationale. C’est ainsi que parut dans leur revue un ensemble d’articles sur le “Nouvel indépendantisme français”. On peut le lire gratuitement en ligne en allant ici ou acheter en ligne cet ouvrage en cliquant ici (136 pages, 14 euros).

 

Ma réaction coup de gueule à l’appel destiné à rallumer l’étincelle du Front de Gauche…

FdG cassé
Je crois que le succès du soutien citoyen et populaire à Jean-Luc Mélenchon, qui ne se dément pas, qui grossit chaque jour, lentement mais sûrement (plus de 70 000 soutiens exprimés en 20 jours, environ 3500 signatures nouvelles tous les jours) a déclenché une panique générale dans les états-majors des partis de feu le Front de Gauche, PCF en tête, mais pas que… Je suis convaincu qu’il y a bien aussi des cadres du PG et d’Ensemble à la manœuvre…
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Les partis perçoivent en effet que leur temps est fini et que la force citoyenne et populaire en construction qui soutient Jean-Luc Mélenchon n’a pas besoin d’eux. Pire ! Ils pressentent que nous les jugeons, eux les partis, comme des forces désormais hostiles et donc nuisibles aux changements radicaux auxquels nous aspirons. Il faut dire que nous ne nous en cachons pas. Nous ne dissimulons rien de nos intentions tandis qu’eux ne savent user que de duperies, de contrainte et de manipulations en tout genre.

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Y’a basta !

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Cet appel pour ressusciter un cadavre qui porte bien plus d’échecs que de réussites est une énorme manipulation et du foutage de gueule dans les grandes largeurs ! Le succès du Front de Gauche ce fut d’avoir réussi un temps (avant la présidentielle de 2012) à construire un mouvement crédible mais ce mouvement a été tué par la suite par qui on sait et avec le silence des autres…

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Le seul succès connu par les combattants du Front de Gauche, ce fut le premier tour de l’élection présidentielle de 2012 et cela, ce n’est pas le Front de Gauche qui l’a obtenu mais la personne de Jean-Luc Mélenchon, pour ce qu’il était, pour ce qu’il disait, pour ce qu’il incarnait, pour les idées qu’il défendait et pour l’avenir qu’il proposait de rendre possible. Dès que le Front de Gauche fut lui-même à la manoeuvre, donc dès les élections législatives de juin 2012, on s’est vautré ! Faut-il le rappeler ? Faut-il rappeler les raisons qui ont conduit à cette contre-performance où l’on obtint deux fois moins de suffrages que lors du 1er tour, deux mois plus tôt à peine ?

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Puis, on s’est vautré une deuxième fois aux Municipales de mars 2014. Faut-il le rappeler ? Faut-il rappeler les raisons qui ont conduit à cette décrépitude ? Faut-il rappeler les choix de certains ?

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Puis on s’est vautré une troisième fois aux Européennes de mai 2014. Faut-il le rappeler ? Faut-il rappeler la nullité de notre projet qui donnait envie de fuir à la seule lecture de son titre ? Faut-il rappeler pourquoi nous fumes alors incapables de parler clair ?

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Puis on s’est vautré une quatrième fois aux Départementales de mars 2015 pour les mêmes raisons, à cause des mêmes coupables qui délégitimaient le Front de Gauche et contribuaient à le saborder.

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Puis on s’est vautré une cinquième fois aux Régionales, là encore pour les mêmes raisons et avec, cette fois, des coupables qu’on m’imaginait pas trouver là où ils étaient !

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Et doit-on rappeler les résultats calamiteux des élections partielles depuis trois ans ? De véritables désastres électoraux. Et puis, le Front de Gauche, c’est aussi ce qui rassemble les députés à l’Assemblée Nationale dont on sait qu’ils ont voté des textes qu’il n’aurait jamais fallu voter. Le Front de Gauche, c’est donc comme un revolver dont le canon serait dirigé vers nous….

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Passer de l’enfance à l’âge adulte, c’est accepter que certaines choses ne reviendront plus. Agir en personne sensée, c’est comprendre la réalité telle qu’elle est et ne pas s’enfermer dans un monde virtuel en se fabriquant sa propre réalité.

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S’enferrer à vouloir faire renaître de ses cendres le Front de Gauche est une preuve d’immaturité totale et ce n’est pas avec des immatures de cette espèce que l’on pourra gouverner la France lorsqu’il s’agira de s’opposer aux puissances capitalistes et impérialistes que nous connaissons… S’enferrer à vouloir agir avec cette étiquette partisane qu’est le Front de Gauche, c’est, à coup sûr, échouer in fine car avec elle on rejette d’office non seulement tous ceux qui bien qu’étant de gauche ont la nausée face à ce que le Front de Gauche est devenu par la faute de qui on sait, mais aussi et surtout tous ceux qui ne se reconnaissent pas en lui. Ce n’est pas avec une nouvelle mouture de ce Front de Gauche que l’on amènera à nous les dizaines de millions d’abstentionnistes dont nous avons pourtant besoin pour l’emporter, pour rassembler le peuple, pour constituer une force citoyenne et populaire irrépressible.

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Quand entendrez-vous que ceux contre qui nous nous battons ne craignent nullement la Gauche ? Le texte même de cet appel, dans sa forme, dans son vocabulaire, est celui d’apparatchiks de partis que le peuple conchie.

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Il y a pourtant déjà des naïfs et des couillons qui se font prendre, qui croient à la bonne foi des appelants, qui présupposent qu’ils ont de belles et nobles intentions, qui ne voient rien de ce que cet appel représente en réalité. Bien sûr que les volontés réelles ne sont pas dites alors faîtes fonctionner votre intelligence… Il y a bientôt un congrès du PCF et la guerre est ouverte entre les fractions de ce parti… Cet appel s’inscrit directement dan cette logique de congrès et fait suite à diverses interventions lues ici ou là…

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C’est donc encore une œuvre partisane qui ne peut qu’enfermer ceux qui s’y rallieront au moment où ce qu’il faut faire, c’est rassembler le peuple tout entier pour gagner la présidentielle, puis les Législatives à suivre, en vue de gouverner. Il ne s’agit pas de témoigner pour la Gauche mais d’offrir une alternative radicale au peuple tout entier et pour cela il faut aller chercher les millions de citoyen-ne-s qui conchient la Gauche… Sans nous renier, avec nos propres idées, mais sans nous situer dans un camp traditionnel. Car si on se présente libres de toute attache, nous pourrons, même avec nos idées, rallier une majorité car nos idées sont celles qui défendent le mieux l’intérêt général du peuple. Mais si, une nouvelle fois, nous nous enfermons à gauche et dans une partie de la Gauche, nous prendrons une sixième raclée et cette fois nous en mourrons définitivement !

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C’est ce que vous souhaitez ? Alors, allez-y ! Signez cet appel et continuez à défendre le Front de Gauche.Si vous souhaitez un autre avenir que celui de l’échec assuré, soutenez Jean-Luc Mélenchon et la force citoyenne et populaire qui est en train de se constituer autour de lui.

Agir sur les deux tableaux : soutenir Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017 et agir puissamment dans la rue pour mener la lutte sociale !

Citation de Gramsci

Ami-e-s, camarades, combattant-e-s, ce dimanche matin, j’ai envie de vous dire deux ou trois choses…

1/ Une action politique efficace est possible en-dehors des partis politiques…

Je suis un ex du PG : j’en ai démissionné en mai 2015 après plus de 5 ans de militantisme en son sein. Je m’en suis expliqué dans ce billet. Aujourd’hui, je ne suis plus dans aucun parti et ne compte pas en rejoindre un nouveau. Par contre, j’ai rejoint une association politique locale dans mon département de Loire-Atlantique, qui se dénomme «Place au peuple-FdG44» . Elle a une page communautaire sur Facebook, à consulter ici et un blog en création qui lui est consultable .

En son sein, on trouve des gens ayant diverses affinités avec la Gauche philosophique mais des gens plutôt engagés activement dans le monde de l’action politique à gauche (partis et associations). TOUTEFOIS, aucun parti n’est directement impliqué car c’est une association CITOYENNE qui vise à rassembler le peuple de Loire-Atlantique dans un esprit très différent de celui des partis.

En son sein, il n’y a pas de chef, juste des représentants provisoires élus au sein du Bureau.

En son sein, il n’y a pas non plus de «ligne» officielle  dont le prétendu irrespect par tel ou telle de ses membres impliquerait immédiatement l’exclusion par les hautes sphères du mouvement. Il y a seulement des statuts que chacun accepte en adhérant (mais qui pourront être modifiés ultérieurement si les membres le décidaient). Ces statuts collent globalement aux principes du projet «L’Humain d’abord» porté par Jean-Luc Mélenchon à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012. Nous ignorons pour l’instant quel sera le positionnement de notre association vis-à-vis de la campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de l’an prochain, ni même si cette association se positionnera d’une quelconque façon sur le sujet. La question sera sans doute posée et le débat aura sans doute lieu dans un avenir proche. Mais cette association a le mérite d’exister et de constituer u vivier de gens, une force collective que devait être le Front de Gauche mais qui ne l’a jamais vraiment été pour les raisons que l’on sait et sur lesquelles je ne reviendrai pas.

2/ Soutenir Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017 et mener, simultanément, une action de lutte sociale

Que l’on soit membre d’un parti ou que nous ne le soyons pas (ou plus)…

Que l’on soit sorti du PG , comme moi et comme des centaines, voire des milliers d’autres militant-e-s, ou qu’on y soit encore, comme quelques milliers de militant-e-s tenaces dont quelques camarades locaux…

Que l’on soit sorti du PCF comme certain-e-s membres de l’association précitée ou qu’on y soit encore, comme d’autres membres de l’association…

Que l’on soit membre d’Ensemble ou que l’on n’y soit pas (ou plus)…

Que l’on soit engagé – ou pas encore – dans une ou plusieurs autres associations de lutte politique, sociale, syndicale…

On a tous et toutes, chevillée au corps, la conviction qu’il faut agir ensemble sur le terrain de la lutte, indépendamment de nos préférences en termes de candidature à l’élection présidentielle ou même de ce que nous pensons des choix et des positionnements des uns et des autres sur ce sujet !

Et d’ailleurs, l’état actuel des opinions sur la question sera-t-il exactement le même dans quelques semaines, dans quelques mois ? Voyez-vous, je ne prends pas trop de risque à pronostiquer une évolution de certain-e-s… Laissons chacun prendre le temps de faire sa propre conviction… Nous devons informer, relayer et laisser infuser… Nul besoin d’imposer ou de stigmatiser. Je perçois bien que ce que nous avons à l’esprit aujourd’hui, demain, c’est une multitude qui en fera sa propre conviction.

Ainsi, qu’à l’instar de certain-e-s militant-e-s engagé-e-s dont je suis, nous soyons déjà (certain-e-s diront « encore » ou « toujours ») dans un soutien actif à Jean-Luc Mélenchon pour le combat présidentiel qui s’annonce, OU que nous ne le soyons pas encore, pour des raisons diverses, nous nous retrouvons sur la nécessité absolue d’agir pour favoriser la CONVERGENCE DES LUTTES.

Car si certain-e-s d’entre nous pensons que c’est dans notre intérêt qu’il faut soutenir Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, cela n’est EN RIEN antagoniste avec une LUTTE ACHARNÉE, DÉTERMINÉE, COURAGEUSE, DÉVOUÉE et même ENJOUÉE DANS LA RUE, SUR LES PLACES, PARTOUT ET TOUT LE TEMPS !

OUI, NOUS DEVONS REPRENDRE LA RUE ET LES PLACES, COMME EN 2012, POUR APPUYER JEAN-LUC MÉLENCHON MAIS PAS QUE !

NOUS DEVONS AUSSI REPRENDRE LA RUE ET LES PLACES POUR QUE LA FRANCE NOUS ENTENDE ET VOIT QUE NOUS EXISTONS, QUE NOUS NE SOMMES PAS MORTS, QUE LES COUPS QUE NOUS AVONS REÇUS ET ALLONS RECEVOIR NE NOUS FONT PAS COURIR AUX ABRIS ! QUE CE QUI NE NOUS TUE PAS NOUS REND PLUS FORTS ! QUE SI L’UN OU L’UNE D’ENTRE-NOUS TOMBE, NOUS AIDERONS À LE-LA RELEVER OU NOUS PRENDRONS SA PLACE !

J’ai le coeur à Gauche mais cela ne m’empêche pas de vouloir, depuis longtemps, rassembler le peuple français tout entier, et cela implique de dépasser très largement la « Gauche ». Jean-Luc Mélenchon s’y emploie ! C’est une des raisons nombreuses qui explique que je le soutiens !

Mais au-delà de ce soutien, je suis convaincu, comme tant d’autres le disent aussi, que nous ne gagnerons pas l’élection présidentielle si le peuple reste étranger à ce qui se joue. Il faut donc que le peuple se saisisse des questions et s’implique directement, et avant de le faire dans les urnes demain, en avril 2017, il faut l’entraîner dans la rue dès aujourd’hui, sans attendre demain !

Il doit y descendre non plus par milliers, dans des manifs folkloriques du dimanche après-midi, mais par millions, dans une OCCUPATION PERMANENTE, comme le firent les Espagnols il y a quelques années, même si les résultats de ces occupations n’ont pas été à la hauteur des attentes. Aujourd’hui, les évènements s’accélèrent et il ne faut pas que nous soyons à courir après eux. Nous devons les anticiper, voire les provoquer nous-mêmes !

Il ne s’agit plus seulement de RÉSISTER, mais de passer clairement à la RECONQUÊTE !

Nous devons montrer que nous sommes la multitude, le nombre, les 99% et que sans nous, ils ne peuvent rien ; que c’est parce que nous avons trop baissé la tête, courbé l’échine, plié le genoux, ou laissé le système martyriser certain-e-s d’entre-nous, que nous avons perdu tant de terrain depuis des années. Le temps est venu de redresser la tête et le corps tout entier, de nous lever et d’affronter ENSEMBLE tous ceux qui nous martyrisent. Le temps est venu de combattre ! Le temps est venu de faire en sorte que la peur change de camp ! Nous n’avons pas peur d’eux et eux ne semblent ne pas avoir peur de nous, parce que nous leur avons trop concédé. Mais il ne tient qu’à nous, désormais, de trouver le moyen pour qu’ils aient enfin peur de nous !

La vague JLM

La Boétie disait : « Ils ne sont forts que parce que nous sommes à genoux !  » et ajoutait « La force des tyrans tient à l’inertie des peuples.« 

Alors ne restons pas à genoux ! Relevons-nous ! Soyons debout et marchons ! Ne soyons plus inertes, comme des corps qui encaissent les coups mais ne réagissent plus, comme insensibles à la douleur ! Bien sûr que la résilience est une force de l’être humain mais à condition qu’elle ne nous transforme pas en invertébrés… Oui, leurs coups nous font mal – inutile de le dissimuler – mais ils ne nous ont pas tué ! Et donc nous sommes là, plus déterminé-e-s que jamais !

Il y aura l’insurrection civique dans les urnes demain, en avril 2017, et nous allons tout faire pour que cette insurrection se saisisse de l’arme de destruction massive de la 5e République et du système oligarchique de notre pays qui nous impose la violence capitaliste. Cette arme, c’est le bulletin de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon !

Mais cela ne pourra se produise si d’ici là nous, peuple français, c’est-à-dire, nous, les dizaines de millions d’ordinaires (que nous soyons ouvriers, salarié-e-s, fonctionnaires, agriculteurs, professions libérales, artisans, petits commerçants, petits patrons, véritables entrepreneurs, chercheurs, enseignants, gens de lettres, de culture et de spectacle, personnels de santé, de l’action sociale…) nous ne nous levons pas massivement dans les semaines et les mois qui viennent !

La victoire électorale de demain, c’est-à-dire le rassemblement du peuple dans les urnes à l’occasion de la présidentielle, trouvera ses fondations dans la bataille que chaque fraction de ce peuple aura menée dans l’année qui vient. Et plutôt que des actions de guérilla ponctuelles et cloisonnées, c’est une LUTTE GLOBALE ET RASSEMBLEUSE, que nous devons mener et rendre possible.

Si celles et ceux qui animent les syndicats français, dont c’est la mission, ne savent pas faire, OU NE VEULENT PAS FAIRE, alors, à nous , citoyen-ne-s de nous y coller. Personnellement, je le dis humblement, je ne sais pas faire cela. Je ne vois pas d’autre alternative que la grève générale durable pour faire plier nos bourreaux. Mais s’il le faut, j’apprendrai. Et autour de moi, il en sera de même !

C’est pourquoi j’appuie, avec la plus garde force, les mots de Vincent DUSSE, ouvrier PSA à Mulhouse, membre de la direction du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) tels qu’ils ont été publiés sur le blog « Révolution permanente » le 19 février 2016. Le billet est consultable ici mais je le reproduis également ci-dessous :

Le poing en fusion

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Nul ne peut douter à ce stade que nous sommes face à une attaque majeure, une véritable déclaration de guerre contre l’ensemble des travailleurs. Il s’agit d’une déclinaison, sur le plan social, de l’escalade liberticide et autoritaire du gouvernement Hollande. Seule une riposte à la hauteur d’une part du mouvement ouvrier et de ses organisations pourra mettre un coup d’arrêt à cette mise à mort des droits conquis par les travailleurs pendant des décennies.

L’attaque en règle contre la durée légale du travail et les conditions de licenciement, ainsi que la méthode annoncée par la Ministre El-Khomri, qui n’a pas hésité à évoquer, dès l’annonce de son projet de réforme, la possibilité de recours au 49.3, sont sans appel. C’est bel et bien un « tous ensemble », une grève générale à l’appel de tous les syndicats, qu’il faudra pour faire face au rouleau compresseur du gouvernement Hollande.

La journée d’action, qui se discute à l’échelle des directions syndicales, prend ainsi un tout autre contenu. Elle doit se poser d’emblée non pas comme une journée isolée et folklorique, mais comme le point de départ d’un combat dans la durée et doit se préparer largement, dans chaque lieu de travail, par des assemblées générales qui informent les travailleurs de l’ampleur de l’attaque en cours, commencent à organiser la riposte et exigent l’unité syndicale derrière un plan de lutte pour empêcher l’application de la réforme.

Front unique et grève générale jusqu’au retrait de la réforme

Impopulaire pour impopulaire dans le monde ouvrier, Hollande s’apprête à rendre un ultime service au grand patronat, certainement le plus conséquent de son quinquennat. Il parie pour cela sur la stratégie de collaboration ouverte de la CFDT, ainsi que sur les crises internes à la CGT. C’est la faiblesse du mouvement syndical qui donne confiance au gouvernement pour déclencher une telle offensive, malgré sa très basse popularité et la perte d’une dernière partie de sa base sociale avec son tournant lepéniste (état d’urgence, déchéance de nationalité, etc).

C’est pourquoi, en dépit de toutes les divisions internes dans le monde syndical et du poids encore présent de l’échec du mouvement de 2010 contre la réforme des retraites, les travailleurs n’ont pas d’autre choix que de prendre les affaires en main et imposer aux organisations syndicales le front unique et un appel à la grève générale reconductible jusqu’au retrait de la réforme.

Les équipes syndicales de la CGT et de Sud devraient s’adresser sans aucun sectarisme à celles de la CFDT qui pourraient commencer à considérer que la politique de collaboration de Berger « n’a pas payé ». C’est peut-être ce qui explique qu’après avoir avalé toutes les couleuvres (ANI, Loi Rebsammen, etc.), celui-ci se voit obligé d’émettre des réserves sur la question de la réforme du licenciement économique et du plafonnement des indemnités aux Prud’hommes, en même temps qu’il prend ses distances avec ceux qui s’opposent au renforcement de la négociation contenu dans le texte.

Les syndicalistes combatifs en ligne de mire. Une bataille de toute la classe

Pour Hollande, une chose est claire : pour avancer qualitativement sur les acquis de l’ensemble du mouvement ouvrier, il a intérêt à se débarrasser des équipes syndicales combatives. Celles et ceux qui déchirent des chemises, qui séquestrent des patrons, qui refusent la conciliation permanente. Tel est le contenu profond de la condamnation à deux ans de prison (dont neuf mois fermes) de huit syndicalistes de la CGT Goodyear.

En parallèle de cette criminalisation croissante de la résistance ouvrière et syndicale, le nouveau projet de loi cherche à marginaliser de syndicats ou de sections syndicales combatives dans les entreprises. Il redéfinit la notion d’accord majoritaire en la fixant à 50% des suffrages exprimés pour les organisations représentatives (on exclut donc du calcul les suffrages pour les autres organisations), supprime le droit d’opposition et confère au patronat un nouveau droit à la consultation directe des salariés. Le but étant de réduire le rôle des représentants syndicaux dans l’entreprise à la simple validation des accords voulus par les directions et de contourner les organisations plus combatives via des référendums auprès des salariés, présentés comme étant plus démocratiques.

Il s’agit à l’évidence d’un piège. Chaque travailleur ayant vécu une expérience de lutte contre les licenciements sait que sous la pression du chantage de la fermeture et la menace du chômage, l’appel à ce genre de consultation est un outil en faveur du patron. La vraie démocratie dans le mouvement ouvrier est celle des assemblées générales et des comités de grève ou de lutte, réunissant les travailleurs de toutes les organisations syndicales à côté des travailleurs non syndiqués.

La lutte pour le retrait des poursuites contre les huit de Goodyear et l’élan de solidarité qui se cristallise dans la constitution de comités de soutien dans plusieurs villes est ainsi partie intégrante de la lutte plus générale contre l’offensive du gouvernement, ce qui peut constituer un point d’appui pour ce grand combat de classe.

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       Grève générale - La rue

Debout ami-e-s et camarades !

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire. » Henri BERGSON

 

Mon coup de gueule du jour suite à la saillie « vallso-gattazo-macronienne » d’Emmanuelle COSSE

C’est bien avec le parti d’Emmanuelle Cosse que, depuis des mois, le Parti de Gauche* veut absolument faire alliance ?
* mon ancien parti, dans lequel j’ai milité pendant plus de 5 ans mais que j’ai quitté en mai dernier et dont chaque jour qui passe me fait prendre conscience à quel point j’ai eu raison de tailler la zone…
Je ne suis plus adhérent et ne peux donc pas participer à la décision du PG. Je ne le regrette vraiment pas car depuis mon départ, j’ai constaté des dizaines de casus belli. Mais je suis un citoyen et j’ai donc une opinion et je l’exprime. Et ma vie au PG pendant cinq ans me donne un droit d’expression sur ce qu’il décide aujourd’hui.
Ces alliances-là, surtout dans les conditions dans lesquelles elles se font parfois (je vis en Loire-Atlantique…), ne me conviennent pas du tout !
Car si nous avons avec EELV quelques terrains d’entente (il faudrait dire, avec précision, lesquels et ne pas en rester à des généralités qui ne disent rien !), nous avons aussi des oppositions majeures sur des sujets majeurs… Sur le fond (le projet) et sur la forme (comment combattre ?).
Et si on reproche (à très juste titre) au PCF bien des choses, on ne saurait les admettre ou en admettre d’équivalentes de la part d’EELV. C’est clair ? Ça s’appelle la COHÉRENCE politique. Et j’ajoute l’HONNÊTETÉ INTELLECTUELLE ! Je ne suis pas un « politicien » donc je peux rester fidèle à ces deux principes. Mais je voudrais que les politicien-ne-s y soient fidèles également.
Le PG prétend souvent être le parti du peuple et donc des « sans-dents », des « sans-grade », des ouvrières et ouvriers, des employé-e-s, des salariés qui ne gagnent pas de quoi vivre décemment ou à peine, de toutes celles et tous ceux qui sont exploité-e-s ou que le « destin » n’a pas fait naitre dans des familles aisées et que la vie a pu violenter, sans que les institutions ne s’en émeuvent vraiment et n’agissent volontairement pour changer cette vie calamiteuse qu’on leur impose…
Nous (cette fois je ne parle plus du PG mais de la force encore indéterminée qui se prépare) voulons rassembler le peuple mais pas à n’importe quel prix, pas à n’importe quelle condition, pas dans le cadre de n’importe quelle alliance politique, ni avec n’importe qui. Car une fois qu’on est rassemblé-e-s, encore faut-il avoir un projet cohérent et la détermination de le mettre en œuvre. Il ne suffit pas de s’allier pour gagner si après on se divise sur ce qu’il faut faire face aux résistances du système (cf. l’exemple grec).
Rassembler oui ! Mais s’il faut choisir un camp, parce que les circonstances l’imposent, nous savons dans lequel nous nous situons.
Comme l’a dit un jour Jean-Luc Mélenchon​ (dans le discours donné place de la Bastille à Paris, le 18 mars 2012) :
Nous sommes le cri du peuple, des ouvrières et des ouvriers précarisés, méprisés, humiliés, abandonnés! Nous sommes le cri du peuple, celui de la femme qui met au monde un enfant dans un camp de rétention! Nous sommes le cri du peuple, celui de l’enfant qui n’a pas de toit et qui n’a pas d’instituteur quand il va a l’école ! Nous sommes le cri du peuple, de tous ceux qui, prêts à apporter le concours de leur intelligence, de leur créativité, qui, parfois menant bonne vie, refusent pourtant d’appliquer la morale de l’égoïsme qui dit « profite et tais-toi ! » .
La plupart des leaders d’EELV – comme une bonne partie de ses troupes – seront de l’autre côté de la barricade le jour où elles réapparaîtront.
La saillie du jour d’Emmanuelle Cosse – qui est juste la Numéro 1 d’EELV, excusez du peu ! – clarifie les choses on ne peut plus clairement.
Continuer à s’allier à ces gens-là, c’est œuvrer contre son camp et par « camp » je n’entends ni le PG, ni la Gauche, ni l’Autre Gauche, ni la Gauche radicale ni je ne sais quelle dénomination enfermant les gens dans des cases, mais le camp du peuple.
Pour ma part, je DÉSAPPROUVE RADICALEMENT toute alliance avec le parti politique EELV. Peut-être peut-on s’entendre avec des militant-e-s d’EELV s’ils défendent le même projet que nous mais j’attends que l’on me prouve que des militant-e-s d’EELV sont convaincus par les grandes lignes de force de ce projet qui est le nôtre…
Pour mémoire :
Twit d’Emmanuelle Cosse : « AirFrance – La violence de certains salariés condamne leur colère et condamne toute possibilité de dialogue ».
Pour paraphraser un peu Mme Cosse, je dirais que la violence du désaveu, par certains leaders de partis, de la souffrance sociale des salarié-e-s martyrisés par leur employeur, condamne toute possibilité de dialogue avec de tels leaders comme avec les partis qu’ils représentent… du moins aussi longtemps que ces leaders et leurs positionnements ne sont pas clairement, officiellement, solennellement désavoués par leur parti. Ce qui ne se produira jamais ! Donc rideau !
Dans un autre registre, pour d’autres raisons, ça vaut aussi pour le PCF et pour Pierre Laurent !

Du débat… La contradiction et la critique sont légitimes ; les agressions ne le sont pas !

Je m’adresse aux deux parties… D’abord à celles et ceux qui sont toujours des acteurs du PG, ensuite à celles et ceux qui, comme moi, l’ont récemment quitté. Halte au feu !

Message de service aux acteurs du PG :

Il est assez malvenu de n’avoir pour seule réponse aux départs massifs enregistrés depuis des mois qu’un discours de fermeture du genre :

« Fermez-la ! Tout va bien au PG ! »

« Vous n’êtes que des aigris ou des orgueilleux déçus de ne pas avoir été distingués. »

« Vous êtes devenus des ennemi-e-s puisque vous donnez des armes à ceux contre qui nous luttons ».

Non, camarades du PG, que vous soyez des « ordinaires » ou des « importants », vous devez vous mettre dans la tête que les militant-e-s qui ont démissionné depuis des mois ne sont pas des salauds. Ils ne « crachent » pas sur le PG ou sur ses acteurs. Ils ne jouissent pas de « brûler aujourd’hui ce qu’ils ont adoré hier ». Et ils ne pensent pas qu’il soit judicieux non plus de « laver le linge sale en famille ».

Parce que nous n’avons pas de « linge sale », juste des divergences politiques et des critiques à opposer à ce que nous jugeons être des erreurs stratégiques plus ou moins graves. Et cela, c’est du débat, c’est digne. Ça ne devrait pas être reçu comme des preuves de je ne sais quelle maligne ambition ou de je ne sais quelle attitude puérile, irresponsable, ou égotique. On doit nous respecter et nous répondre sur le fond, avec des arguments politiques, pas avec des anathèmes ! En tout cas, à nous qui vous respectons au-delà des désaccords stratégiques, tactiques et idéologiques qui peuvent exister.

Il faudra traiter autrement le problème qu’en usant d’anathèmes à notre encontre si vous ne souhaitez pas que la tumeur emporte définitivement le malade… Ce n’est pas en affichant à notre encontre la morgue qu’arborent habituellement nos ennemis, pas plus qu’en nous désignant à la vindicte des militant-e-s encore au PG, que vous réussirez à sauver le parti.

Message de service aux démissionnaires du PG

Il se trouve que j’en suis un mais que je ne me considère pas comme concerné par la mise en garde que je vais faire…

Vous avez le droit (même si on vous le conteste parfois) de vous exprimer sur les raisons qui vous ont fait quitter le parti. Je dirais même que vous en avez le devoir.

Par contre, camarades, ne vous perdez pas dans la haine, dans les attaques ad hominem, dans les insultes, dans le mépris et dans les mots qui sont prononcés ou écrits pour blesser.

Cette histoire de vidéo « Nous sommes le PG » devient complètement dingue. Assiste-t-on à un phénomène de folie collective ou doit-on y voir la politique de la terre brûlée ?

Oui, cette vidéo mérite des critiques (j’en ai fait quelques-unes hier) mais en termes politiques, pas sur un registre personnel, pas avec l’insulte et le discrédit comme seuls arguments… qui d’ailleurs n’en sont pas ! J’ai vu du fiel beaucoup plus que des critiques rationnelles opposées à cette vidéo. Et je suis comme d’autres écoeuré de voir cette haine. Ce genre d’incident sera lourd de conséquences. Alors stop !

J’ai beau être un démissionnaire du PG, j’ai beau être très critique à l’encontre de ce parti, de sa direction (aux deux sens du terme), de certains de ses représentants nationaux ou locaux, je ne peux accepter le déferlement de fiel que je lis ici ou là.

Une de mes plus proche camarades, très récente démissionnaire elle aussi, a eu l’occasion d’écrire qu’il ne fallait pas insulter l’avenir. Elle a raison. Entre nous, actuels et ex militant-e-s du PG nous ne devrions pas lire certaines de ces choses abjectes qui s’écrivent.

Je me permets d’inciter chacun à faire preuve de responsabilité et d’humanité. Celles et ceux qui jugent nécessaire d’émettre des critiques doivent faire en sorte que ces critiques demeurent d’essence politique et reposent sur des éléments rationnels.
Parce que, d’une part, il est détestable, au plan humain, que ces critiques dérivent vers des éléments personnels et irrationnels car c’est l’esprit guerrier, primaire, bestial, qui prend alors le dessus, chaque mot blessant venu d’une des parties en amenant un autre de la part de l’autre partie.

Parce que, d’autre part, cela est suicidaire. On ne peut plus s’entendre dans de telles circonstances. On ne peut éduquer les gens qui nous lisent avec de tels arguments.

Quand on exprime des critiques politiques, on permet aux gens qui nous lisent de prendre connaissance d’arguments différents, voire opposés et cela aide à la réflexion et au jugement de tous. C’est pourquoi, je considère que la critique est indispensable. Ne serait-ce que parce que l’idée ou la proposition qui est ainsi critiquée se trouve des défenseurs qui viendront apporter des arguments en défense et chacun ensuite pourra se forger son opinion qui reposera sur un jugement éclairé. Comme aime à le dire Jean-Luc Mélenchon, le clivage, en participant du débat, aide le jugement et fait vivre la démocratie. Le consensus et la mise à l’écart des dissidents, c’est tout autre chose que la démocratie.

Quand nous disons « Place au peuple » ou « Prenez le pouvoir », nous nous affichons comme démocrates. Assumons-en les conséquences pratiques dans nos comportements quotidiens… Pas de censure devant la critique !

Mais quand nous disons « L’Humain d’abord ! » ou « camarade-s », nous disons que nous nous respectons les un-e-s les autres, par delà nos désaccords politiques… Donc, ici aussi, tirons-en les conséquences pratiques dans nos échanges !

Une belle histoire s’achève pour moi. Rideau !

Image du Blog mots-pour-maux.centerblog.net

Je redoutais cette prise de conscience…

Je craignais de connaître ce jour empreint de tristesse…

Je me faisais violence depuis des mois pour accepter l’inacceptable…

Mais…

Quand un parti exclue à tour de bras des militant-e-s…

Quand un parti dissout des comités partout en France depuis des années…

Quand un parti adopte des décisions en toute illégalité…

Quand un parti foule aux pieds ses statuts…

Quand un parti prétend sans cesse vouloir instaurer une démocratie avancée et appelle le peuple à prendre le pouvoir mais prive de tout droit ses propres militant-e-s…

Quand un parti tolère que ses cadres dirigeants se comportent comme une bande de petits apparatchiks cooptés imposant leur loi à une soldatesque docile ou rendue impuissante…

Quand un parti exécute sommairement et sans jugement des militant-e-s qui dérangent, y compris des représentants élus à diverses fonctions importantes à la veille d’un congrès, en ne tenant aucun compte du principe constitutionnel des droits à la défense…

Quand la commission de résolution des conflits de ce parti, qui est présidée par une personne qui est magistrat de profession, laisse faire cela au point qu’on se demande si cette instance n’est pas dissoute de fait…

Quand un parti fait croire que l’on va rendre le pouvoir au peuple, notamment pour qu’il écrive une constitution, mais que c’est un petit groupe coopté qui décide seul de ce qui mérite d’être débattu et de ce qui doit être considéré à jamais comme tabou…

Quand un parti prétend vouloir permettre la révolution citoyenne mais dénie le droit à l’altérité et au débat dans ses propres instances…

Quand des membres en exercice du BN de ce parti réclament la dissolution pure et simple de l’organe dont ils sont membres, tandis que d’autres veulent le transformer radicalement, les uns comme les autres basant leurs critiques et leurs projets sur la démocratie bafouée…

Quand des milliers de militants se battent ardemment, depuis des années, pour que nous soyons réellement ce que nous prétendons être en termes de démocratie, mais que c’est toujours en vain…

Quand des milliers de militant-e-s nous ont quittés pour cette raison-là mais que nous ignorons cette réalité et que nous refusons d’en tirer les conséquences…

Quand nous n’assumons pas les nécessaires ruptures avec des partis moribonds qui nous entraînent dans le néant…

Quand nous ne savons rien faire d’autre que nous perdre d’une alliance nuisible à une autre ou pérorer entre nous dans des assises bidon ou des « chantiers » dits « de l’espoir » alors qu’il ne s’agit que de culs de sac…

Quand pour éduquer le peuple et le convaincre des indispensables changements radicaux de modes de vie que nous devons rendre possible à bref délai, nous ne savons que prêcher des concepts intellectualistes fumeux imaginés par des esprits souvent coupés des réalités de la vie quotidienne des gens ordinaires dont la priorité est de survivre…

Quand nous refusons de briser nos chaînes et d’écarter (j’ai failli dire « exécuter ») nos matons…

Quand nous en sommes là…

Alors il est plus que temps de tailler la zone !

Je ne serai qu’un anonyme de plus parmi tous ces innombrables militant-e-s anonymes du PG qui ont donné du temps, de l’énergie, du dévouement depuis six ans et qui ont fini par jeter l’éponge, trop écoeurés, trop désappointés, trop exaspérés, trop désabusés, trop découragés, trop révoltés.

Nous, les militant-e-s, ne sommes que des pantins à qui l’on fait croire que nous détenons une parcelle du pouvoir, alors même que nos principes sont foulés aux pieds, les dés pipés, les jeux biaisés, les règles détournées, nos droits méprisés, nos votes ignorés ou « réformés »…

Celles et ceux qui tiennent le parti se servent de nous mais ne tiennent aucun compte de nos attentes et de nos exigences. Ils imposent leurs vues parce que eux savent, parce que eux sont « responsables », parce que eux « ne sont pas des gauchistes, des immatures ou des enragés », parce que eux « veulent être crédibles et gouverner », parce que eux « ne sont pas dans des logiques de bunkerisation »…

Je me marre !

Et quand « eux » sont battus ou en situation de l’être, ils trouvent des moyens détournés de l’emporter malgré tout ou de reprendre le contrôle, et ce par divers procédés tout à fait contraires aux règles et aux principes. Des gens qui ont été démocratiquement mis en minorité reviennent par le truchement et les manigances de quelques responsables qu’ils ont su amadouer ou rallier à leur cause. Les fortes têtes sont salies et discréditées quand on ne les accuse pas des pires avanies pour justifier leur exclusion en urgence, sans leur accorder le droit de se défendre préalablement à l’effectivité de la décision d’exclusion.

De minables petits apparatchiks se comportent comme des sous-Fouquier-Tinville, forts de leurs liens avec les princes et les duchesses du parti s’ils n’ont pas déjà les faveurs du Roi ou du Régent.

Au final, c’est le peuple de la base du PG qui est méprisé, violenté, insulté, trahi et puis finalement exécuté par décision prétorienne de quelques hauts responsables sans que l’instance compétente n’ait à se prononcer.

En fait de débats, on assiste le plus souvent à des situations ubuesques ou l’on a le sentiment d’entendre des maîtres faire la leçon à leurs élèves ignares. Le mépris règne dans certains cercles ou dans certaines assemblées. Le PG reproduit en son sein ce qu’il y a de détestable ailleurs, à droite et à gauche…

Les leaders d’envergure nationale les plus talentueux se taisent, se font discrets et laissent faire ou bien laissent la base dans l’ignorance de leurs actions. Beaucoup se sont déjà éloignés des sphères influentes du PG si bien que celles et ceux qui y restent actifs sont loin d’être les plus estimables.

La coupe était pleine depuis des mois et menaçait à tout instant de déborder. Une seule goutte aurait suffi mais là, depuis quelques semaines, ce n’est pas une petite goutte qui s’est ajoutée au contenu du vase qui était plein à ras-bord, ce sont des centaines et elles pourraient remplir un tonneau tout entier.

Des mois de déception, de colère, d’écœurement face à ce que je vois et ce que j’entends de la part des représentants-e-s de mon parti ne pouvaient qu’aboutir à cette décision que je prends de baisser le rideau.

On me dit : « Et le congrès ? »

Foutaise. Mascarade. Piège à cons. Que peut-il en sortir ? Tout est verrouillé. Les dissidents dont j’étais ont certes failli battre la direction avec un texte de plateforme alternatif et ont conduit à ce que le PG se sépare en deux parts quasi égales.

Mais chacun sait combien ces résultats de prime abord inattendus sont très ambigus tant les choix qui ont été faits par les uns et par les autres sont le résultat de phénomènes dépassant très largement le simple choix d’une ligne politique. Et les textes alternatifs ont tous été battus, à différents stades. Le dernier à être resté en lice, qui concurrençait le texte de l’état-major du PG, a été soumis au vote des adhérent-e-s, et a été battu avec 46% des suffrages contre 54% pour le texte de l’état-major du PG. Dès lors, les jeux sont faits.

Certain-e-s de mes camarades continuent à espérer peser au congrès, via des amendements aux différents textes (projet, statuts, 100 jours…) mais ils s’illusionnent. La messe est dite ! Les amendements ne pourront pas changer fondamentalement les textes en discussion, sauf à imaginer une jacquerie des délégués lors de ce congrès et je ne la vois pas venir.

Le texte principal ne saurait être rendu acceptable par quelques amendements. Ce texte est mauvais dans sa forme, dans son expression, dans sa structuration, dans son esprit, dans son contenu. Le seul amendement à produire est celui qui supprimerait de ce texte la totalité de son contenu, titre compris (lequel n’est qu’une reprise pure et simple du slogan de Sarkozy en 2007, ce qui, excusez-moi, me dérange profondément) pour en proposer un autre entièrement réécrit…

Quant aux statuts qui sont la loi commune qui régit notre fonctionnement, les actuels en vigueur aussi bien que ceux, réformés, qui seront peut-être adoptés au congrès ne sont pas de nature à restaurer la démocratie dans ce parti qui reste et restera verrouillé.

Pendant plus de 5 ans, j’ai souvent eu matière à faire des reproches à mon parti mais je trouvais plus de raisons d’y œuvrer que de le quitter. Il y a quelques mois, la situation s’est inversée. Je me suis fait violence pour patienter jusqu’au congrès, étape qui devait permettre peut-être de renverser la table, pensions-nous avec une naïveté confondante. J’ai donc avalé des couleuvres aux allures de boas. J’ai rongé mon frein. J’ai parfois exprimé mes sentiments, à l’unisson avec un nombre croissant de camarades. À celles et ceux qui nous disaient au-revoir pour les raisons que j’évoque ce soir ou pour d’autres, je tentais de trouver les arguments pour les convaincre de rester encore avec nous. J’ai réussi parfois. Pas toujours.

Ce soir, c’est moi qui, tel Serge Gainsbourg, viens vous dire que je m’en vais. Certains s’en réjouiront, d’autres le regretteront. Mais ma décision est irrévocable. Il y a un moment où je n’accepte plus de jouer le rôle de ces pantins que quelques minables apparatchiks croient pouvoir manipuler. En restant au PG pour soi-disant mener le combat jusqu’au bout et ne décider qu’au terme du congrès, je cautionnerais ce que je ne veux plus cautionner.

Ma démission du PG n’est pas une fuite. Je n’abandonne pas le combat, bien au contraire. Mais je vais le mener autrement. Avec d’autres combattant-e-s mieux inspiré-e-s, plus bienveillant-e-s, davantage fidèles à nos principes et valeurs, beaucoup plus loyaux…

Je quitte le PG mais je ne renie pas mes ami-e-s et camarades. Les liens tissés ne sont pas rompus par ma démission. Seule l’est ma dépendance à un parti devenu détestable.

Et je ne doute pas que la plupart de mes camarades prendront la même décision sous peu au regard de ce qui s’annonce. Je ne fais que suivre la route de celles et ceux qui m’ont précédé dans ce choix et anticiper sur la décision inéluctable de beaucoup d’autres qui suivront dans les jours et les semaines à venir.

Demain est un autre jour…

Demain nous attend ! Hissez la grand-voile et hardi camarades !

Je suis fier d’avoir choisi l’abstention et de ne pas avoir cédé aux sirènes ou aux diktats des donneurs de leçons en tout genre.

Ayant écouté  et réécouté Jean-Luc Mélenchon ce soir, je trouve qu’il a eu les mots justes et le ton ferme, déterminé, qu’il fallait. On connaît mon sentiment sur les alliances à géométrie variable que j’ai dénoncées, sur le Front de Gauche que je juge moribond depuis un an, sur Petit Larbin que je conchie. On connaît mes exigences d’inflexibilité sur le principes mais aussi de volonté de rassemblement sur un projet politique.

Alors, ce soir si je suis contrarié de voir l’UMP reprendre ses positions perdues et annoncer la couleur de la réaction pour demain, si je suis enragé de voir le gnome se prendre pour un général triomphant, si j’ai mal à la France d’entendre e voir grandir le nombre d’élu-e-s FN et d’entendre Marine Le Pen se présenter comme celle qui défend le mieux la République et la justice sociale, je sais aussi que la chute de la Maison PS va rendre certaines reconstructions plus faciles désormais.

Et je ne doute plus que bientôt prendra fin l’ère de Pierre Laurent. Je ne doute plus que ce qui reste du P$ va se déchirer jusqu’à la fin ultime. Nous ne sommes pas encore dominants avec nos résultats mais le PS et EELV ne sont plus en situation, non plus, de jouer les leaders. Tout est à reconstruire mais nous avons déjà des bases.

J’espère et je crois que dans les prochains jours, nous saurons, nous, les militant-e-s du Parti de Gauche​, prendre la mesure des évènements et avoir pleine conscience de la gravité de l’heure. Certains signes me paraissent encourageants, nationalement et localement, malgré aussi des signes contraires.

J’ai envie de dire que nous ne devons plus attendre que d’autres disent ou fassent les choses à notre place. Nous ne sommes pas des oisillons attendant la becquée. Alors prenons notre vie, notre destin, notre Histoire en mains et avançons.

Hardi camarades ! Demain nous attend ! Demain ne se fera pas sans nous si nous surgissons sur la scène et que nous prenons notre place. N’attendons pas que l’on nous donne la parole. Prenons-là ! N’attendons pas que le pouvoir nous tombe dans les mains. Allons le chercher ! En nouant avec le peuple français une nouvelle alliance et en trouvant les voies d’un nouveau Conseil National de la Résistance et de la Reconquête !

Sept mois après la première, deuxième lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

Le 21 juin 2014, il y a donc sept mois, je publiais une amicale lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon dans laquelle, après avoir dit beaucoup d’autres choses, je l’appelais à devenir le rassembleur du peuple et non pas à demeurer le chef d’un parti. Sept mois plus tard, je pourrais réécrire presque tout ce que j’avais écrit alors ! Je vous invite à lire ou relire cette première lettre avant d’attaquer celle-ci.

*

Quelques semaines à peine après la publication de cette lettre ouverte, vous annonciez, lors du Remue-Méninges de septembre 2014, votre décision de quitter la co-présidence du PG. Martine Billard, l’autre titulaire de la fonction, faisait de même.

Je me suis alors réjoui ayant eu le sentiment d’avoir été entendu même si je n’ai pas la forfanterie de croire que l’expression de mes espérances, dans la lettre ouverte de juin, y soit pour quoi que ce soit…

Dans la foulée, vous avez créé le M6R qui est parti très fort. Depuis il a tendance à stagner. Ce n’est pas mon propos ici que d’en examiner les raisons. On le fera ailleurs et en d’autres temps.

Non, ce soir, je veux donner une suite à cette première lettre ouverte. Car depuis quelques mois, j’ai la désagréable impression que vous vous êtes remis dans la peau d’un chef de parti. Or ce n’est pas cela que les militants du PG, à mon sens, attendent de vous. Et ce n’est pas cela non plus, je crois, que le peuple français attend de vous. Vous aviez été très bien inspiré en septembre dernier. Vous vous devez, à mon sens, de revenir à cette inspiration-là.

*

Je me plains, ces derniers temps, que vous ne cessiez de parler de votre « ami » Pierre Laurent en qui vous dîtes trouver du « talent ». Pas une seule parole désobligeante à son encontre ne sort de votre bouche. Jamais. Alors que lui ne rate pas une occasion, et depuis déjà bien longtemps, d’être au mieux désagréable… au pire de faire preuve de muflerie, sinon dans les mots qu’il emploie, du moins dans le sens du message qu’il diffuse à votre encontre.

Jean-Luc, arrêtez donc les mots aimables envers ce fourbe qui n’a pas tout à fait le même projet que vous – quel euphémisme ! – qui a déjà trahi le FdG il n’y a pas si longtemps, et le retrahira… Pire, il prend un plaisir sadique à vous défier ou à vous désavouer immédiatement après que vous ayez parlé. Ce n’est pas une saine concurrence, ça ressemble davantage à l’élève qui veut surpasser le maître mais qui n’en a pas les talents et qui, le sachant, se montre sous les traits détestables du frustré, du jaloux, de l’envieux.

Quand je vois cette lutte à fleurets mouchetés entre vous et lui, il me revient en mémoire un autre duel politique que j’ai bien connu : celui qui opposa entre 1993 et 1995, Jacques Chirac et Édouard Balladur.

Le premier était, a priori, le « gentil » de l’histoire, celui qui était abusé  par le second, censé être pourtant son « ami de trente ans », lequel « ami » remplissait à merveille son rôle de traître, cornaqué qu’il était par tous les requins et apprentis salopards de sa cour des miracles, notamment « les deux Nicolas », Bazire et Sarkozy, l’éminence grise du Cardinal et le nain hydrocéphale.

Il serait préférable que vous ne soyez pas le Chirac de l’histoire et que Pierre Laurent ne soit pas le Balladur…  Encore que, à bien y réfléchir, vu comment l’histoire a fini pour ces deux-là, vous auriez peut-être intérêt finalement à être ce « Chirac » envoyant « Balladur » mordre la poussière…

Savez-vous que certains disent que Chirac a en fait manipulé Balladur ? Ceux qui avancent cette thèse – que je fais mienne – prétendent que Chirac, connaissant bien son « ami », l’ayant vu à l’oeuvre dans différentes responsabilités depuis les années 60, avait eu la prescience que Balladur, ce grand bourgeois attiré irrésistiblement, comme tant d’autres, par le prestige et l’autorité que vous confère le pouvoir institutionnel, ne résisterait pas à l’appel de ce pouvoir en mars 1993. Les mêmes ajoutent que Chirac ayant été candidat deux fois à l’élection présidentielle et ayant échoué deux fois à cette élection après avoir gouverné, avait compris que l’on ne peut rassembler le peuple à une telle élection après avoir forcément déplu à une partie importante de ce peuple au cours des années de gouvernement. Selon eux, Chirac avait donc intégré la leçon et savait qu’ayant gouverné deux ans pour les seuls intérêts de la classe privilégiée, Balladur ne pourrait que perdre l’élection présidentielle deux ans plus tard… Chirac a été présenté partout comme le gars qui fut « trahi » par tous ses « amis » et y compris par ceux qui lui devaient tout. Et il n’y avait pas que Balladur qui devait sa carrière à Chirac ! Chirac a effectivement été « trahi » ! Mais ce qui est intéressant, c’est que la probabilité est grande que cet animal politique qu’était Chirac ait joué une partie d’échecs avec son « ami de trente ans » et qu’il réussit l’échec et mat ! En lui « laissant » Matignon après qu’il ait mené lui-même, bien plus que Balladur, la campagne victorieuse des élections législatives de mars 1993, il permit au stratagème de se réaliser. Balladur sauta à pieds joints dans le piège machiavélique que Chirac lui avait préparé. Trop heureux et trop fier de redevenir un gouvernant de premier plan, convaincu que lui serait bien meilleur et plus aimé par les Français que Chirac, étant sans cesse adulé par sa cour et par les medias (rappelez-vous cette époque de « Balladuromania » médiatique), il s’imaginait pouvoir passer sans difficulté de Matignon à l’Élysée… Raté ! Pendant ce temps, le prétendu « naïf », le prétendu « trahi » par les siens, le prétendu « abandonné de tous », le prétendu « candidat pour l’éternité », réputé « seul » dans son hôtel de ville, ne rongeait peut-être pas son frein tant que ça. Il n’est pas si irréaliste de penser que bien au contraire, Chirac se fendait la gueule ! Ravi de voir le piège se refermer sur « Sa Courtoise Suffisance », surnom que Le Canard Enchaîné avait donné au Premier ministre rival de Chirac !

Bref, cette histoire a un peu de sel aujourd’hui, vous ne trouvez pas ?

Pourquoi ai-je rappelé cet épisode de notre histoire politique ? Parce que je vois en vous un animal politique sans doute aussi malin, rusé et intrépide que pouvait l’être Chirac. Que cette analogie ne vous soit pas désobligeante car j’ai pour vous bien plus d’estime que je n’en ai pour Chirac. Mais je veux dire par là, en comparant la concurrence entre Chirac et Balladur à celle qui transparaît de votre relation avec Pierre Laurent, que vous êtes, sans aucun doute, bien plus malin que votre « ami » qui, lui, n’est pas « de trente ans »…

J’ai donc idée que vous saurez gérer cette concurrence. Voyez, j’ai usé du verbe « gérer », qui est neutre et ne contient aucune connotation agressive ou méprisante envers votre « ami »… En fait, j’aurais tout aussi bien pu dire « désamorcer » ou « court-circuiter », ou même, pourquoi pas, « liquider » si j’avais voulu me faire plus piquant !

Pierre Laurent, en effet, me fait penser à la grenouille de la fable de La Fontaine, celle qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf et qui en creva. Par contre, l’analogie s’arrête là car je n’aurai pas l’indélicatesse de vous comparer à un boeuf…

Pierre Laurent ne sera JAMAIS élu Président de la République. Il pourrait peut-être être nommé à Matignon si le capitaine de pédalo devenait un Machiavel en herbe. Car un tel coup de Jarnac, sans aucun doute, déstabiliserait toute l’Autre Gauche qui deviendrait un champ de bataille, tant Pierre Laurent inspire, au gré de ses interventions et goujateries, le dégoût, le mépris, le désaveu, la colère, l’exaspération, la défiance…

Lui et d’autres vous reprochent d’être trop « clivant » et pour cette raison, il se croit plus à même de rassembler le peuple que vous. Mais veut-il vraiment rassembler le peuple ou ne cherche-t-il pas seulement à rassembler la Gauche ? La question mérite d’être posée car voilà une autre différence entre vous et lui, me semble-t-il !

Quant au clivage dont il vous accuse, c’est assez amusant car lui aussi clive… N’en a-t-il pas conscience ? Il a, comme vous, ses amis mais il a aussi, comme vous, ses adversaires et ses ennemis résolus. Et puis, malgré ce trait de votre personnalité qu’il dénonce une nouvelle fois, vous avez su rassembler presque quatre millions de suffrages il y a deux ans, vous ! Pierre Laurent aurait-il fait mieux en clivant moins ? Voilà une autre question qui mérite d’être posée puisqu’il y revient… Je crains fort pour lui que la réponse ne lui soit pas très favorable…

Non ! Pas plus que Pierre Laurent, aucun communiste ne sera jamais élu Président de la République car jamais il ne franchirait le premier tour. Les Français ne voteront jamais majoritairement pour un ou une candidat-e de ce parti. Plus vite, nous aurons intégré cette réalité et mieux armés nous serons pour l’affronter.

Et il en va de même des seconds couteaux et des troisièmes larrons qui s’y voient déjà… Je ne citerai aucun nom pour ne blesser personne…

Il ne s’agit pas d’élire un représentant falot ou un simple mandataire des volontés du peuple, mais un combattant, un guerrier, car c’est bien une guerre qu’il faudra mener contre la finance, contre les oligarchies coaliséées, contre l’Empire, ses suppôts, ses vassaux et ses porte-flingues. Pour assumer cette responsabilité, il est préférable d’être solidement expérimenté, pour ne pas être pris de court le jour venu. Il est indispensable aussi d’être suffisamment intelligent, malin, rusé pour savoir s’opposer à tous ceux, très puissants, qui se mettront en travers de notre chemin. Il est également utile d’avoir le talent pour faire passer les idées. Et il est plus adapté à la situation d’avoir quelqu’un qui se dit, depuis des années, déterminé à déplacer les montagnes et qui a montré des preuves de sa vaillance et de sa témérité, plutôt qu’un autre qui, au contraire, a prouvé qu’il avait d’autres exigences, d’autres références, d’autres valeurs que celles de servir l’intérêt général. Quand on préfère défendre ses intérêts particuliers, on n’est pas crédible ensuite quand on prétend vouloir défendre l’intérêt général. Et quand on n’a pas su dire non au PS, on ne saura pas dire non à l’Empire… On transigera. On négociera. On capitulera pourvu qu’on sauve quelques élus et le parti…

Et imaginez-vous le peuple français supporter plus que quelques secondes les discours de cet homme ?

« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » disait Camus. Moi j’assume de dire que Pierre Laurent est un boulet. Peut-être serait-il excellent pour une responsabilité secondaire mais en aucun cas pour celle de chef de l’État.

Il nous faut un caractère bien trempé, comme le vôtre ! Pour cela, il nous faut quelqu’un qui a su rompre les rangs, à temps, avec les Solfériniens. Il nous faut quelqu’un qui n’a pas, à son passif récent, d’avoir préféré sauver ses élus au prix d’alliances avec ceux que nous combattions, plutôt que de se battre à nos côtés.

Pierre Laurent peut dire ce qu’il veut mais non seulement c’est un nain à côté de vous, mais en outre c’est un handicap pour nous tous, pas un talent. Puisqu’il ne le sait pas, ou qu’il feint de l’ignorer, il faut le lui rappeler, chaque jour qui passe…

Je ne vous demande pas de vous déchirer publiquement avec lui, car ce serait du plus mauvais effet, et totalement contre-productif. Mais quand il vous gifle, il faut que des militants qui vous soutiennent lui rendent coup pour coup. Vous serez vous-même, et resterez, au-dessus de la mêlée. Nous, en revanche, nous pouvons assumer cette sale besogne. Vous paraîtrez ainsi tel « le roi de France ignorant les querelles du duc d’Orléans »… pour reprendre une autre formule célèbre.

Par contre, s’il est plus intelligent de ne pas répliquer vous-même et de laisser d’autres s’en charger pour vous, j’insiste pour que vous cessiez les mots doux à son sujet. Je pense que la bonne conduite à tenir est de l’ignorer, de vous libérer de lui et du PCF, de tailler la route en suivant VOTRE intuition et en écoutant VOS amis les plus sincères, qui ne sont pas forcément ceux qui vous cajolent le plus ou vous dressent des couronnes chaque jour…

Les Français ne sont pas tous ignares, idiots ou irréfléchis et vous le savez. D’ailleurs, c’est ce que vous commencez à dire ces derniers temps dans vos passages médiatiques. Ils voient le spectacle politique. Ils savent qui est digne des hautes responsabilités et qui ne l’est pas. Certes, on a le sentiment, aujourd’hui, qu’ils ont davantage au coeur la rage et la défiance généralisée que la confiance et la bienveillance. Mais peut-on les en blâmer ?

Les Français hurlent, différemment certes, mais de manière répétée depuis trente ans au moins, leur soif de progrès et ne le voient jamais venir. Quant à celles et ceux qui le leur proposent, ils ne sont pas jugés crédibles. Nous avons de bonnes raisons de comprendre pourquoi. Nous-mêmes, le PG, n’avons pas géré au mieux les évènements de ces deux dernières années. Et je ne dirai rien du Front de Gauche…

Si nous végétons à un étiage oscillant entre un score à moins de 5% (cf les résultats de la toute récente élection législative partielle dans le Doubs hier dimanche 1er février 2015) à plus ou moins 10% quand il s’agit d’évaluer les intentions de vote en votre faveur,  ce n’est sans doute pas du fait de l’insuffisance ou de l’inopportunité de notre projet, mais beaucoup plus en raison de l’indigestion que notre alliance avec le PCF, parti de l’establishment,  engendre chez les Français.

On pourrait aussi causer de l’attitude et de certains votes des députés du Front de Gauche, tous communistes…

Jean-Luc, je suis de  ceux qui pensent – et je suis loin d’être le seul ! – que votre destin est de dépasser le PG et le Front de Gauche, fut-il élargi prochainement à une partie d’EELV et de la gauche du PS. Votre rôle, quand bien même certains le refusent, est de demeurer celui qui marche devant. C’est d’être la locomotive qui tire le train.

Que des journalistes ou de faux amis, du PCF ou d’ailleurs, tentent de vous discréditer, de vous tenir en laisse, de vous empêcher d’exister à la hauteur du rôle que l’Histoire pourrait vous confier, cela ne doit pas vous intimider et vous amener à rentrer dans le rang. Or, quand vous affirmez que « votre personne ne sera jamais un obstacle« , c’est ce que vous donnez le sentiment de faire… Accepter de ne pas être celui que vous êtes pourtant bel et bien depuis 2012 aux yeux de la majorité, à savoir notre représentant naturel pour l’élection présidentielle à venir, c’est « désespérer Billancourt », pour user à nouveau d’une formule célèbre…

Ce n’est pas parce que je suis au PG et que vous en avez été le co-président que je dis ça. Si j’avais été dans un autre parti, j’aurais dit exactement la même chose dans les mêmes circonstances. Et si une personnalité de « mon » parti n’était pas à la hauteur mais tentait de concurrencer une autre personnalité d’ailleurs que j’aurais jugé plus apte, j’aurais, sans le moindre doute, sans la moindre hésitation, soutenu la seconde plutôt que la première… La fidélité doit être offerte à des idées plus qu’à des personnes. Les personnes en bénéficieront aussi longtemps qu’elles-mêmes seront fidèles à ces idées…

Aujourd’hui, en 2015, comme c’était déjà le cas en 2012, aucune autre personnalité ne peut rivaliser avec vous. Si elle existe, elle ne s’est pas encore fait connaître du public, ni des militants…

Donc c’est vous ! Certes, ce n’est peut-être pas votre souhait de repartir au feu car je veux bien croire que s’il y a des joies et des satisfactions à être le candidat du peuple, et peut-être demain le Président de la République, il y a aussi bien des contraintes à souffrir, bien des souffrances à endurer, bien des risques à courir, bien des privations à accepter, et donc bien des raisons de refuser d’y retourner. Mais quand on a la possibilité de faire l’Histoire, on ne le refuse pas !

C’est votre devoir de combattant politique d’assumer ce rôle. Vous nous avez fait espérer en 2012 et vous ne pouvez plus nous abandonner en chemin. D’ailleurs, je ne crois pas vraiment que vous soyez dans cet état d’esprit. Je ne crois pas que vous vous battiez comme vous le faîtes, comme un lion pourrait-on dire, pour ensuite céder la place à un « zèbre », aussi gracieux que soit cet animal… Après avoir fait le plus gros travail depuis des années, vous laisseriez la place à un second couteau ? M’enfin ! Ce ne serait pas conforme à la volonté populaire. Car si vous êtes loin devant dans les sondages de bonnes opinions, ce n’est pas du seul fait de votre volonté. C’est aussi le résultat de la nôtre… C’est parce que c’est vous que l’on veut, parce que il n’y a que vous qui nous paraissez suffisamment déterminé, suffisamment informé, suffisamment « rugueux » pour défier toutes les puissances internes et extérieures, et en même temps, j’en suis convaincu, capable de devenir le rassembleur du peuple sur un projet ambitieux qui pourrait être une adaptation à notre époque du programme du Conseil National de la Résistance. Le mouvement qui vous portera à la Présidence de la République devra, de toute façon, rassembler très au-delà de la Gauche. Ce devra être un « CNR 2.0 » pour parler le langage contemporain tout en ayant à l’esprit cette maxime « les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ».

Car le peuple français jugera aussi, le jour J, les capacités à gouverner, à résister, à répliquer et, pour paraphraser une citation de Marcel Sembat (en en changeant juste quelques termes), à « introduire l’idée de progrès par effraction dans le cerveau de ceux qui ne savent pas le concevoir ».

Notre projet est, sinon le meilleur dans l’absolu (il mérite, selon les cas, d’être précisé, réorienté, réaffirmé) mais au moins la base la plus solide et la plus crédible à partir de laquelle nos pourrons passer de la résistance à la reconquête.

Alors, je vous en conjure, plutôt que de discuter dans des arrières-cours, ou dans les bureaux feutrés des sièges des partis politiques, d’alliances électorales avec tel ou tel parti, telle ou telle organisation politique, syndicale, associative, reprenez votre rôle qui n’est pas d’être le chef d’un parti, d’un clan, pas même d’une coalition.

Votre rôle n’est pas d’incarner la Gauche mais de représenter le peuple. Je ne doute pas que vous en ayez et l’étoffe et les épaules… Vous en avez déjà le talent. Reste à en avoir l’envie et à le montrer, donc à l’assumer publiquement ! Dès maintenant. Sans attendre 2017 ou 2016 ! Plus de fausse pudeur vis-à-vis de ces autres « talents » que vous dîtes voir autour de vous. Certes, il en existe mais pour des seconds rôles, pas pour l’auguste responsabilité qui vous échoit à nos yeux de militants de la Sixième République et de la révolution citoyenne.

« L’ennemi n’est pas celui qui te fait face, l’épée à la main, ça c’est l’adversaire. L’ennemi c’est celui qui est derrière toi, un couteau dans le dos ». Thomas Sankara

Cher Jean-Luc, je vous adresse un chaleureux salut militant et plein d’encouragements pour la suite…

Un Parti de Gauche où la démocratie est la règle absolue !

Texte d’une de mes deux contributions thématiques au congrès du Parti de Gauche de juillet  prochain. Celle-ci traite de la démocratie que le Parti de Gauche se doit de mettre en oeuvre en son sein pour être crédible quand il promet qu’il la mettra en oeuvre au bénéfice du peuple s’il accède au pouvoir. Et nous sommes cinquante à avoir signé ce texte !

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Le prochain congrès du PG est l’occasion à ne pas laisser passer ! L’heure est grave. Il est temps de faire des choix de nature à transformer notre parti pour en faire un parti en phase avec son temps et avec les attentes des citoyens et des militants, donc un parti authentiquement et radicalement démocratique.

1/ Quelle organisation et quel mode de fonctionnement ?

Le type d’organisation du PG est trop traditionnel. Or, nous considérons que les partis traditionnels ne pourront jamais plus redevenir les forces qu’ils avaient été. Par contre, nous pensons que si notre parti se met en phase avec la société telle qu’elle est, il pourra devenir une force d’entraînement, comme le montrent les exemples de Podemos en Espagne et de Syriza en Grèce. Nous, signataires de cette contribution, sommes donc déterminés à faire du PG un modèle de démocratie. C’est pourquoi nous proposons :

De supprimer le Bureau National qui est, en quelque sorte, une « chambre des lords », situation contraire à notre vision de la démocratie. Nous dénonçons également cette instance qui tient en laisse le Conseil National et fait de lui une simple « chambre d’enregistrement ».

De n’attribuer qu’au seul CN le rôle d’assemblée délibérante chargée de prendre lui-même les plus importantes décisions et d’encadrer toutes les délégations auxquelles il consent.

De reconnaître au « secrétariat national » le rôle d’exécutif dans les strictes limites déterminées librement par le CN.

De mettre en place une forme de co-présidence collégiale et tournante où les « co-présidents » seraient élus par tous les adhérents. Mais comme nous sommes radicalement hostiles au présidentialisme, leur mandat ne serait que d’une courte durée (6 mois renouvelable une seule fois ou 1 an non renouvelable). Leurs pouvoirs se limiteraient à de la représentation, à du porte-parolat, à de la coordination. Aucun pouvoir décisionnel ne leur serait attribué.

D’instituer divers mécanismes de démocratie directe : droit de veto sur les textes et sur les personnes, droit de révocation des titulaires des fonctions, du sommet à la base, non-cumul des mandats dans le temps et dans l’espace, droit d’initiative militante pour proposer des textes et référendums… innovations qui deviendraient des pratiques courantes dans notre parti afin que nous soyons crédibles quand nous proposerons aux électeurs de les inscrire dans la constitution de la 6e République. Nous nous engageons en effet à ce que la cohérence règne enfin entre nos discours et notre pratique.

2/ Quelles alliances ?

Le PG a été le moteur du Front de Gauche, au côté du PCF. Nous avons vécu ensemble des moments de gloire et d’espoir et connu d’immenses désillusions. Nous considérons désormais que le Front de Gauche est une coquille vide et doit donc être abandonné. Les choix faits par le PCF ne doivent plus être tolérés. Certes beaucoup de militants et de cadres du PCF sont nos alliés fidèles et loyaux dans le combat que nous menons ensemble depuis des années. Mais nous savons aussi que ce parti ne changera pas radicalement et ne sera jamais accepté par une majorité de Français. Cela nous handicape et, après nous avoir fait perdre beaucoup de crédit dans l’opinion, nous a empêchés de progresser comme nous pouvions l’espérer à la suite des beaux résultats de l’élection présidentielle. Ces choix-là ont discrédité définitivement le Front de Gauche et mis en danger la crédibilité même de notre propre parti, toujours lié au PCF et au Front de Gauche. Nous défendons donc, ici aussi, une rupture. Nous souhaitons que le PG cesse de maintenir son appartenance au Front de Gauche et qu’il reprenne son indépendance totale pour rendre possible la création d’une nouvelle force. Car il y a en France des gisements inépuisables de bonnes volontés et nos concitoyens sont prêts à s’engager pour peu que nous changions nos modes de communication politique et nos façons de faire.

Depuis quelques mois, le PG a engagé des pourparlers avec EELV. Pour notre part, nous refusons deux écueils :

– nous engager aveuglément au côté d’EELV en négligeant les sujets de désaccord majeur (sur l’Union européenne ou sur les alternatives au capitalisme). Beaucoup de militants d’EELV n’ont hélas pas encore saisi la nocivité du capitalisme pour l’écologie, voire l’incompatibilité entre l’un et l’autre. Or nous ne saurions transiger sur ces questions fondamentales pour le seul avantage de gagner des élus au moyen d’une alliance avec eux.

– refuser systématiquement toute alliance avec EELV parce que nous ne sommes pas d’accord sur tout. Nous avons avec eux beaucoup de proximités. Le cas de Grenoble peut faire école. Nous pouvons, ensemble, améliorer fortement la vie des gens et créer une véritable alternative.

Ces alliances en devenir font débat. Reposons-nous sur la démocratie pour le trancher. Un des critères déterminants pour que nous acceptions l’alliance avec eux doit être qu’ils aient préalablement rompu les rangs et les liens avec le PS et avec tous ceux qui refusent la sortie du capitalisme et de la 5e République.

Le NPA et Nouvelle Donne sont aussi des partenaires potentiels, avec les mêmes réserves que pour EELV. Au-delà, le PG doit rechercher l’alliance avec tous les citoyens parce que nous nous adressons à tous sans exception, et que le message que nous portons peut-être entendu très largement. Nous savons que le système n’a pas peur de la gauche mais qu’il a peur du peuple. Or nous sommes le peuple et nous allons donc faire peur au système et le remplacer par un autre monde où l’humanisme sera la vertu cardinale.

Enfin, le PG a décidé de prendre sa part dans la construction du Mouvement pour la 6e République. Nous approuvons ce choix mais posons comme exigence que PG et M6R ne soient pas inféodés l’un à l’autre et soient donc indépendants l’un de l’autre.

Conclusion

Le PG a été utile à notre pays car il a commencé à saper les fondements du capitalisme. Nos réflexions ont été reprises par d’autres, nos propositions ont essaimé et notre discours a ébranlé, voire influencé, certains de nos adversaires et concurrents. Le PG peut donc être davantage écouté et mieux entendu par un nombre croissant de Français. Mais, pour cela, il doit lui-même ne pas rester en vase clos. Il doit être davantage sur le terrain et au coeur des luttes sociales et des combats que les militants et les citoyens assument avec engagement et dévouement, dans les entreprises, contre les grands projets inutiles imposés, dans la sphère associative et culturelle… Il doit se dépasser et ne plus incarner une forme d’organisation politique que les citoyens refusent ou dénoncent. Il doit faciliter le rassemblement du peuple, pas seulement de la Gauche. Une autre dénomination pour notre mouvement serait bienvenue pour entamer cette nouvelle étape de la conquête du pouvoir. Mais surtout nous devons mettre en place une structuration beaucoup moins pyramidale, reposant beaucoup plus sur les réseaux que sur l’autorité hiérarchique. Les militant-e-s du PG aujourd’hui, au même titre que les citoyen-ne-s français-e-s demain, sont, naturellement, et doivent donc être reconnus par les statuts, pouvoir souverain.

Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins : soit nous nous installons dans la 5e République et nous restons un parti comme les autres, en acceptant des combinaisons politiciennes qui discréditent notre message, et notre fin sera proche car le peuple nous appliquera avec rage le « Qu’ils s’en aillent tous ! » ;  soit nous entrons en résonance avec le peuple, nous réformons profondément nos structures et nous assumons les indispensables ruptures du moment, et nous serons la cheville ouvrière de la révolution citoyenne que nous désespérons de voir advenir. Pour cela nous devons vraiment faire « Place au peuple » !

Pour rendre possible l’humain d’abord : un projet qui assume sa radicalité

Texte d’une de mes deux contributions thématiques au congrès du Parti de Gauche de juillet  prochain. Celle-ci traite de la radicalité du projet que le Parti de Gauche devrait assumer, selon moi. Et nous sommes cinquante à avoir signé ce texte !

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Le prochain congrès du PG doit nous permettre de faire les choix qui nous feront accéder aux responsabilités du gouvernement de la France. Si les décisions qu’adopteront les délégués sont bien inspirées, nous nous mettrons en situation de l’emporter pour mettre en oeuvre l’alternative humaniste et démocratique à laquelle nous aspirons. Si nous nous égarons dans des choix inopportuns, ou si nous refusons d’assumer certains choix, nous nous éloignerons irrémédiablement de toute chance de pouvoir « rallumer les lumières » et agir pour que reviennent les « jours heureux ».

Cette contribution s’inscrit pleinement dans la logique de « l’Humain d’abord » mais s’engage clairement dans certaines radicalités que le PG a jusqu’à présent refusé d’assumer. Elle propose un chemin différent sur la question de l’Union européenne : en sortir ! Pour pouvoir atteindre nos objectifs.

Il n’est pas question, ici, de réécrire un projet politique intégral, mais seulement de clarifier ou de réorienter ce qui nous semble devoir l’être. Ainsi, nous, signataires de cette contribution sommes convaincus que notre projet ne peut être qu’anticapitaliste, d’où des propositions de ruptures plus franches avec l’ordre établi et la mise en oeuvre de logiques économiques et sociales radicalement alternatives au capitalisme. C’est parce que nous sommes des anticapitalistes convaincus et conséquents que notre projet ne peut être que philosophiquement inspiré et matériellement construit autour de l’écosocialisme. Et c’est parce que nous sommes des démocrates convaincus et conséquents que notre projet ne peut n’avoir pour boussole que la souveraineté populaire et son corolaire l’indépendance nationale et donc être radicalement innovant en matière de démocratie.

1/ Un projet radicalement anticapitaliste donc écosocialiste

1.1/ Opérer la bifurcation écologique : L’écosocialisme doit guider toutes nos politiques publiques. Mais pour réussir cette révolution, il faut convaincre – et non contraindre – chacun de cette nécessité impérieuse de changer. Faisons-le en nous armant de la raison et de l’enthousiasme, plutôt qu’en jouant seulement sur la peur devant les risques croissants de catastrophes.

1.2/ Révolutionner le partage des richesses : La gestion de l’économie reviendra au peuple et ne sera plus laissée aux marchés ! L’État agira toujours et partout en faveur de l’intérêt général et en rendant le peuple souverain. Les marchés ne feront plus la loi. Les chefs d’entreprise et les conseils d’administration ne seront plus seuls à décider. Les salariés et la collectivité auront des capacités d’intervention profondément renforcées. Le droit des sociétés deviendra, lui aussi, anticapitaliste et le droit du travail redeviendra l’outil majeur de défense des travailleurs. Les réflexions, depuis longtemps engagées, sur le devenir du travail et les nouvelles manières d’appréhender travail et salaire/revenu (revenu inconditionnel, salaire à vie) nous inspireront et seront largement utilisées car elles constituent des armes de destruction massive du capitalisme. La fiscalité deviendra juste et efficace au profit des services publics qui seront restaurés là où ils ont été dévastés tandis que de nouveaux seront créés quand c’est nécessaire. Leur gratuité sera instaurée pour les biens et services essentiels (santé, pompes funèbres, transports, premiers mètres cubes d’eau, premiers kilowatts d’énergie).

2/ Un projet radicalement démocratique

2.1/ La souveraineté populaire restaurée : briser nos chaînes : Nous reprendrons le contrôle de notre souveraineté nationale et populaire. Première rupture fondamentale : la France doit sortir de l’UE car celle-ci est devenue l’arme absolue pour imposer des politiques contraires à l’intérêt général et aux volontés du peuple. Tout l’ordonnancement juridique de l’UE empêche désormais toute inflexion dans le sens de l’humain d’abord. Il ne suffit donc pas de désobéir, il faut rompre et donner ainsi le signal de la reconquête à nos voisins. Le peuple français doit être consulté par référendum et s’il valide cette option, le gouvernement devra alors s’employer à convaincre ses partenaires européens de faire de même. Certains basculeront alors comme nous dans le camp des libérateurs. Ce sera un coup de tonnerre d’une ampleur telle que rien ne sera plus comme avant. Nous sommes convaincus que beaucoup attendent de la France une telle décision, qu’ils n’osent assumer eux-mêmes. Qu’un grand pays, a fortiori membre fondateur de l’UE et grande puissance universaliste comme la France, sorte de cette prison des peuples, quelle symbolique et quelle force donnée au message qui serait ainsi diffusé au monde ! Toute la géopolitique mondiale en serait bouleversée. Et la France, ensuite, pourrait alors prendre la tête d’un processus qui la verrait proposer aux pays d’Europe et du monde d’autres formes de liens, d’autres alliances, d’autres solidarités. La face du monde en serait révolutionnée.

2.2/ La démocratie en France refondée : inventer un nouveau régime : Le PG est le fer de lance de la révolution citoyenne depuis sa fondation et il a porté fortement, à l’élection présidentielle de 2012, le projet de changer de régime en passant à une 6e République. Il s’agit d’imaginer le régime de demain et de faire preuve d’inventivité. Or si nous sommes tous d’accord, au PG, sur l’idée générale du nécessaire perfectionnement de la démocratie et de l’indispensable changement de régime, nous ne nous retrouvons pas forcément sur les options concrètes à défendre. Cette contribution propose donc des pistes et s’engage fermement sur certaines solutions. Partant du constat que nos représentants, depuis très longtemps, ne nous représentent plus et se sont affranchis de la démocratie, nous osons dire que le régime représentatif, tel que nous le connaissons, a vécu. Nous ne disons pas que nous devons le répudier mais nous disons que nous devons l’encadrer bien plus fermement. Nous ne disons pas que nous ne devons plus avoir d’élus et tenir des assemblées générales permanentes ni que tous les Français devront s’impliquer dans les processus de préparation et d’adoption des décisions ; nous disons en revanche que les élus ne doivent plus être les seuls à décider, ni être juridiquement armés pour imposer leurs volontés au peuple récalcitrant, qu’ils doivent être les principaux préparateurs des décisions – mais pas les seuls – et que, s’agissant de l’adoption des décisions, ils ne doivent plus être que des représentants. Sans aller forcément jusqu’à rendre le mandat impératif, des règles nouvelles les contraindront à plus de fidélité à leurs engagements. Le peuple devra être en mesure de participer activement à l’élaboration comme à l’adoption des décisions. Il faudra donc imaginer des procédures le permettant. Plutôt que des cabinets obscurs et techniciens, plutôt que des lobbys qui ne sont élus par personne, qui n’ont aucune légitimité démocratique, mais qui ont le pouvoir de persuasion, nous mettrons aux commandes les citoyensLes décisions seront préparées avec eux et certaines ne pourront plus être adoptées que par eux, par référendum.

Conclusion

Nous pensons que les idées que nous avons présentées dans cette contribution sont compréhensibles par tout le monde et de nature à rassembler le peuple. Nous appelons donc tous les militants à soutenir cette contribution afin qu’elle puisse influer largement sur la plateforme qui sera adoptée au congrès. Le but ultime étant que le PG pèse sur le cours des évènements en France, en Europe et dans le monde et les oriente dans le sens que nous souhaitons.