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Parti de Gauche

Billet d’humeur à propos d’une toute petite partie – mais ô combien importante – du texte proposé par la direction du P.C.F.

Voici la réaction d’un militant du P.G. et du Front de Gauche qui est aussi un citoyen exigeant, face à quelques lignes plus que maladroites et inopportunes du texte proposé par la direction du P.C.F. en vue du 36ème congrès de ce parti.

Vendredi soir, 19 octobre, j’ai découvert une partie du texte que la direction du P.C.F. a rendu public en vue du prochain congrès du P.C.F.

Pour parler à titre purement personnel, j’ai été estomaqué, écoeuré et même très en colère devant les quelques lignes que j’ai entendues. Ce dimanche, j’ai lu le texte intégral de ce projet et finalement je pourrais presque le signer si j’étais communiste adhérent. Tout est bien sûr dans le « presque »… !

Lorsque j’ai entrepris la lecture de cette contribution, je pensais – et espérais – être rassuré quant à mes inquiétudes car je ne pouvais croire à ce qui semblait avoir été dit. J’escomptais avoir mal compris, l’esprit embrumé sans doute par une semaine de travail et un manque de repos et la tête encore à certains débats au sein du P.G. lors du Conseil national des 13 et 14 octobre. Et de fait, pendant vingt-huit pages, je fus rassuré. Ce que je lisais correspondait à mon sentiment, à mon état d’esprit, au diagnostic que je fais et aux projets que je caresse. Jusque là je me disais qu’il n’y avait qu’une séparation formelle entre nous et que je pourrais même être choisir de venir au P.C.F. si je n’étais pas déjà au P.G. Je rassure cependant mes camarades, je n’ai aucun projet de quitter mon parti…

C’est en arrivant à la page 29 du projet porté par la direction du P.C.F. que j’ai reconnu ce que j’avais ouï vendredi et qui m’avait tant courroucé. Je réalise, ce dimanche, que j’avais bien entendu, alors j’ai relu calmement ce paragraphe. Au final, je dois me rendre à l’évidence, j’avais raison de m’énerver. Ce paragraphe m’interpelle et me pose problème car il laisse entendre assez clairement, sans toutefois aller jusqu’à oser le dire expressément, ce qui sème la confusion – que l’on doit s’allier au P.S. pour faire battre la droite et l’extrême-droite. Pour ce qui est du F.N., on l’a toujours fait alors à quoi bon tartiner là-dessus ?

Pour ce qui est de la droite en revanche, je ne pense pas judicieux de nous appeler à la même discipline. Je vais y revenir dans quelques lignes.

Je crains fort en effet qu’au regard des premières lignes de ce paragraphe, cette invitation en forme de supplique n’ait pour objet de nous faire plutôt accepter autre chose de tout à fait indigeste et que nous vomissons, aujourd’hui plus encore qu’hier et sans doute bien moins que demain !

Oui, ces quelques lignes alambiquées semblent appeler à une alliance avec le P.S. dès le 1er tour, ou, au pire, au second, pour les prochaines Municipales et autres élections locales à venir (Cantonales et Régionales). Si c’est réellement cela qu’il faut « lire » entre ces lignes, alors il va y avoir un très fort tangage, au P.C.F. même et aussi très au-delà. Je n’imagine pas le P.G. accepter pareil projet. Et je ne suis pas le seul à penser ainsi, le dernier C.N. en témoigne ! Quant à croire à la possibilité de voir les autres forces du Front de Gauche, à savoir la Gauche Unitaire animée notamment par Christian Piquet, la Gauche anticapitaliste qui a récemment rejoint le Front de Gauche, la FASE avec Clémentine Autain, Convergences et Alternative qu’anime entre autres Danielle Obono, se plier à ce genre de perspective, c’est se mettre le doigt dans l’oeil jusqu’au coude !

Enfin tous ceux qui attendent tant de nous, tous ceux qui nous ont rejoint par milliers au P.G. et au P.C.F. et tous ceux qui vont nous rejoindre dans les semaines à venir, ne tolèreraient pas ce genre de sabordage général.

Je veux croire que la direction du PC.F. qui a écrit un bon texte n’a pas voulu se tirer ainsi une balle dans le pied en le terminant d’une si lamentable façon. Tout ça pour ça ? Tant de combats si fructueux menés depuis quatre ans pour revenir subitement à une logique mortifère du sauve-qui-peut ? Non, rassurez-moi, j’ai mal compris ? Vous ne vouliez pas cela ? Vous avez mal exprimé votre pensée ?

Je peux comprendre que ça ou là, de manière exceptionnelle ou, à tout le moins, disons très rare, on puisse trouver un accord de gouvernement local avec le P.S. mais cela suppose la réunion de trois conditions au moins :

1°/ que le projet commun soit suffisamment « dense » s’agissant de ce qui nous est le plus important : la question de la justice fiscale, la question de la démocratie (via le prisme du mode de décision et celui de la participation des citoyens à celle-ci), la question des services publics, la question de la planification écologique appliquée au plan local… Certes je suis conscient que nous pourrons devoir faire des compromis et qu’on ne pourra pas forcément exiger l’intégration de 100% de notre projet dans le projet commun si nous ne sommes pas en situation de fixer nous-mêmes les règles de l’accord entre nous. Tout dépendra du rapport de forces mais compromis ne signifie pas compromission. Ce ne sont pas que des mots. Il y a un sens à chacun d’eux et des conséquences en découlent…

2°/ que le nouveau pouvoir local, que nous contribuerions ainsi largement à mettre en place, nous donne des gages concrets de sa bonne volonté à ne pas torpiller, une fois installé, les engagements politiques qu’il a pris vis-à-vis de nous et donc vis-à-vis du peuple. J’entends par là des mesures contraignantes, ayant des effets juridiques. Nous ne tolérerons plus de nous faire rouler dans la farine comme si souvent ce fut le cas, ou comme les Verts en ont encore récemment fait les frais…

3°/ que le nouveau pouvoir, que nous contribuerions ainsi largement à mettre en place, soit partagé équitablement, je n’ose dire paritairement, entre eux et nous. Il ne s’agit pas ici d’ « avoir des postes », des « honneurs ou des avantages, mais des responsabilités au sein de ce nouveau pouvoir afin de mettre en oeuvre ce pour quoi on aura été élu. Il ne saurait être question pour nous de n’accepter que des rôles de second ordre voire de troisième catégorie… Pour filer la métaphore footballistique, nous jouons en ligue des champions, pas en 3ème division !

Si ces trois conditions cumulatives sont réunies, alors oui, pourquoi ne pas envisager une telle alliance pour barrer la route au F.N. ou pour mettre en oeuvre un projet vraiment alternatif. Mais d’une part, je le répète, ce ne peut être qu’une option ponctuelle justifiée par des circonstances locales la légitimant. En aucun cas, nous ne saurions adopter une ligne générale de cet acabit. D’autre part, la seule menace de voir la droite « prendre » une mairie, un conseil général ou un conseil régional ne saurait suffire à nous convaincre. Certes nous savons faire la différence entre gauche et droite de même que nous savons la faire entre droite et extrême droite… Sauf que…

* Depuis quelques années, la droite et l’extrême droite tendent à se confondre sur presque tous les sujets. Le RPR de Chirac et l’UDF de Giscard puis de Bayrou, ce n’était pas l’extrême-droite. Nous pouvions les considérer comme nos adversaires, ils n’en étaient pas moins, la plupart du temps et à quelques personnalités ou décisions près, des Républicains. L’UMP a amorcé une nette évolution quand Sarkozy s’en est emparé et son exercice du pouvoir, qu’il soit ministre de l’Intérieur ou Président de la République, a transformé la droite républicaine en droite extrême faisant presque la jonction avec le F.N. Cette dernière interviendra bientôt d’ailleurs, ce n’est qu’une question de semaines, de mois tout au plus !

 * Depuis quelques années le PS et la droite tendent à se ressembler (je n’ai pas dit à se confondre). Mais cette ressemblance est telle qu’il est délicat de trouver des différences sérieuses. Oh certes, parfois le discours est plus à gauche au P.S. qu’à l’U.M.P. et l’U.M.P. tend à jouer son rôle d’opposant virulent donnant ainsi au P.S., par ricochet, des raisons de se prétendre de gauche. Mais quiconque ouvre les yeux et analyse les actes du P.S., réalise bien vite que les paroles n’engagent que ceux qui veulent y croire…Sur presque tous les sujets, on assiste à un alignement pur et simple du P.S. sur la droite ce qui, par ricochet, contribue à ce que la droite n’a plus besoin d’être « républicaine » et « sociale » puisque ce créneau se trouve occupé par le P.S. Du coup, elle court de plus en plus vite vers le F.N.

Certains en doutent encore. Ils refusent de croire que c’est réellement ce qui se passe mais pourtant la scène n’est pas dissimulée. Elle se joue publiquement, devant nos yeux ébahis. Car sans être vraiment étonnés, on peut toutefois être surpris de la facilité avec laquelle le P.S. se mue dans ses nouveaux habits de père la rigueur, en économie comme eu égard à l’ordre public…

Alors faire gagner « la gauche » contre « la droite » ? A quoi bon aujourd’hui si « la gauche » est le P.S. et « la droite » l’U.M.P. ? Je ne reprendrai pas les formules qui ne sont pas les nôtres assimilant ces deux forces politiques mais par contre je paraphraserai une formule bien connue en n’en remplaçant qu’un seul terme, celui de «divisions» : P.S. – U.M.P. combien de différences ?

Non, camarades de la direction du P.C.F., après ce que vous avez fait depuis quatre ans à nos côtés, après l’Histoire de votre mouvement, après ce texte, vous ne pouvez pas espérer de nous que nous acceptions une telle opération d’auto-destruction. Pour sauver quelques élu-e-s par le biais d’une alliance devenue clairement contre-nature, vous risquez de tout perdre et de nous faire perdre avec vous ce que nous avons tous gagné de confiance. Vous dîtes vouloir renforcer le PCF et vous avez raison de le vouloir. Vous affirmez avoir pour objectif de faire grandir le Front de Gauche et le mouvement populaire contre le capitalisme et nous sommes avec vous dans ce combat. Mais quelle déconvenue devant le moyen que vous proposez !

Vous êtes devenu-e-s fous ? Vous rappelez-vous la phrase de Winston Churchill dans sa lettre à Chamberlain, le Premier ministre britannique, après les scélérats Accords de Munich ?

« Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre  ». Ou celle d’un autre politique beaucoup moins grand que le précédent, un certain Michel Noir du RPR des années 80 et 90 : « Il vaut mieux perdre une élection que son âme  ».

Je ne peux plus qu’espérer un mouvement de votre part pour remplacer ce paragraphe, scélérat lui aussi, par un autre qui corresponde à ce que nous sommes vous et nous et à ce que nous portons vous et nous…

Sinon une autre contribution intitulée « Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme » pourrait venir vous faire la leçon…

Cri de colère d’un citoyen après l’adoption du T.S.C.G.* par les député-e-s à la façon d’une apostrophe aux Responsables du Pouvoir politique en France

* Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance

Un jour d’infamie !

J’ai 38 ans et 20 ans de vie politique et jamais, malgré les nombreuses déceptions que j’ai connues et il y en a eu, vous pouvez l’imaginer, jamais disais-je je n’avais « black-listé » des personnalités politiques. Or, en 20 ans, il y avait matière à placardiser et à montrer du doigt certain-e-s. Ce soir, je m’y mets! Retenez-bien les noms de ceux qui ont voté OUI à la ratification du traité scélérat. Ceux de gauche en particulier, ceux qui se disent démocrates et républicains également. Ceux-là, s’ils avaient été députés en 1940, auraient sans doute trouvé judicieux de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain… Certains de leurs ascendants directs l’ont fait d’ailleurs !

D’après eux, puisque la France ne veut pas, alors qu’on lui donne cet ordre depuis des années et des années, obtempérer aux règles du marché et ne mettre en œuvre qu’une politique qui plait à la finance, aux oligarques, aux pouvoirs de l’ombre, à la droite la plus antisociale, eh bien, on va la contraindre juridiquement et pour cela, peu nous chaut qu’il faille revenir sur des siècles de progrès démocratique…

 Je ne cite que les Socialistes car il est normal que la droite d’aujourd’hui, totalement ultralibérale, totalement antisociale, totalement vendue au capital et aux forces ennemies de la souveraineté du peuple qu’elle est devenue, approuve ce traité qui met en œuvre la politique antisociale qu’elle a toujours défendue et pas toujours pu mettre en œuvre, en raison justement de quelques velléités de nos représentants et gouvernants à décider contre ou sans l’avis de ces forces de l’ombre et du malheur. Nous savons tous que la droite gaulliste, qui elle ne nous a jamais mis dans une telle situation de soumission à la fois aux institutions européennes, au marché, à la finance et à l’Empire, est morte il y a une bonne décennie, voire davantage. Ne subsiste plus qu’une seule personnalité au plan national l’incarnant encore : Nicolas Dupont-Aignan. Avec l’avènement de Sarkozy et la mort de Philippe Séguin , la page du gaullisme s’est définitivement tournée. D’une certaine façon, pour le malheur de notre pays.

Non, si je réserve mes flèches assassines aux Socialistes, c’est parce qu’il était de leur rôle, c’est parce que c’était leur essence même que de s’opposer à une telle ignominie. Ils se sont couchés, aplatis, soit qu’ils aient été veules, pusillanimes, lâches, morts de peur devant je ne sais quelle menace des huiles du sommet du perchoir, soit qu’ils aient été subjugués par des arguments d’une médiocrité et d’une vacuité intellectuelle rarement vue à gauche, soit enfin qu’ils aient été feignants et irresponsables pour ne pas lire ce traité  comme cela a été dit et établi ces derniers jours…Ce qui d’ailleurs ne les excuse en rien mais les rend encore plus coupables à mes yeux. Car nous n’avons pas élu des robots ni des perroquets, encore moins des exécutants des basses œuvres du pouvoir exécutif. Notre Assemblée n’est pas une chambre d’enregistrement des caprices du monarque ou de sa cour des miracles. C’est une assemblée de représentants DU PEUPLE SOUVERAIN et non des lobbys ou des officines obscures qui peuplent les allées et les lieux de pouvoir. Nos représentants doivent interroger le gouvernement, discuter, débattre, mettre sur le gril, réfléchir, analyser, comparer, se souvenir, imaginer, avoir une vision de l’avenir. Un député de la nation n’est pas n’importe quel olibrius sans capacité à penser et à décider en conscience. C’est une personne qui a reçu mandat de ne soutenir, parmi les propositions du gouvernement, que celles qui amènent un progrès pour la nation. Or, cet après-midi, en ce jour d’infamie que sera dans notre Histoire le 9 octobre 2012, une nouvelle fois, réitérant ainsi la trahison déjà historique du 29 mai 2005, ils ont ratifié un texte que le peuple français aurait sans aucun doute rejeté massivement. Nicolas Dupont-Aignan avait, à cette occasion-là, publié un pamphlet « Le Coup d’état simplifié ».

C’est un nouveau coup d’état qui s’est produit en ce funeste mardi 9 octobre 2012. Sans char d’assaut dans nos rues. Sans prise de contrôle de la télé et des principales radios (puisque le pouvoir les contrôle déjà depuis des lustres). Certes, on n’a pas vu débouler des milliers de soldats. Il n’y a pas de couvre-feu ni d’état de siège ou d’état d’urgence. Mais parce que le peuple qui s’agite reste bon enfant… Pour l’instant ! Ils s’adapteront si nécessaire. Nous savons déjà un peu ce qui se trame dans notre dos sur ce point précis.

Toutefois, à partir du moment où notre suffrage n’a plus d’effet ni direct, ni indirect, dès lors que nos représentants votent systématiquement, sur les sujets les plus fondamentaux, contre notre volonté, puisque nous ne pouvons plus influer sur la marche du gouvernement de la France, que les élections passent et que la même politique est mise en œuvre…voire est aggravée sur les points précisément où elle devrait changer, que reste-t-il au peuple mécontent pour se faire entendre et obtenir satisfaction ?

Attendre la prochaine élection ? Puis la suivante ? Et comme ça de décennie en décennie ? Jusqu’à quand ?

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les député-e-s, vos actes de haute trahison, à force de se renouveler sans jamais être sanctionnés, votre conduite des affaires de la France, à force de chauffer à blanc notre peuple, va le pousser hors de toute réaction raisonnable. Les plus modérés dont je suis, vont se muer en jusqu’au-boutistes résolus.

Il est évident que vous vous en moquez parce que, pour l’instant, vous n’avez peur de rien, en tout cas pas de nous. Il est manifeste que vous craignez bien plus les marchés, les agences de notation, les aigrefins et les requins de l’industrie, les technocrates illégitimes, que nous, le peuple souverain.

Vous faîtes une grave erreur. Vous vous dites que nous pouvons bien remuer, râler, voter contre, manifester, ça ne change rien à vos décisions. Vous considérez calmement qu’une manifestation ne gêne pas grand monde si tant est qu’on se rende compte qu’il y en a eu une ! Vous vous réjouissez de voir que les médias en parlent si peu que de toute façon l’immense majorité du peuple est convaincue que tout le monde encaisse sans broncher, sauf quelques excités, ou deux ou trois adeptes des promenades collectives…

Vous êtes convaincus qu’une manifestation ne dégénèrera pas de sitôt en émeute et qu’une révolution ne se produit que très rarement. Ce n’est pas faux…à ceci près que les facteurs de déclenchement d’une vraie révolution engendrant un bouleversement de l’ordre établi sont en train d’être tous réunis.

L’Histoire de France, pour nous en tenir à elle seule, nous instruit de ce que la Révolution française est intervenue après des siècles et des siècles d’obscurantisme, de despotisme rarement éclairé, de tyrannie et après que plusieurs moments de révolte se soient finalement produits à peu de frais. Or, nous sommes nombreux aujourd’hui à trouver des analogies avec la situation de la France du XVIIIe siècle. Une crise financière majeure. Un ras-le-bol d’une portée insondable dans les tréfonds de notre peuple. Le constat cruel et insupportable à nos yeux de voir que nous ne pouvons plus rien faire pour changer le cours du gouvernement, et ce depuis une trentaine d’années.

Mon expérience de vie qui m’a fait militer sous différents cieux avant d’avoir ENFIN trouvé mes racines au PARTI DE GAUCHE, m’a instruit de ce que nous ne sommes pas les seuls à diagnostiquer un climat prérévolutionnaire. Du RPR en son temps à l’UDF dans les dernières années de sa vie, des libéraux de la droite aux centristes, des sociaux-démocrates à la gauche authentique, tout le monde, à un moment ou à un autre, a diagnostiqué que la France était comme en pré-révolution et que celle-ci était peut-être souhaitable finalement. Oh certes, tous ceux-là ne caressaient évidemment pas les mêmes dessins. La « révolution » des gaullistes, celle des libéraux, celle des centristes, celle des sociaux-démocrates, celle des communistes, celle des partisans des mouvements de l’extrême-gauche, ce n’était pas la même révolution. Ce n’étaient pas les mêmes causes qui la rendaient possible ou nécessaire. Ce n’étaient pas les mêmes moyens qui étaient préconisés pour la déclencher, la faire vivre et l’éteindre. Ce n’étaient pas les mêmes changements qui étaient défendus. Mais ce rassemblement, si je puis dire, dans le diagnostic ou dans l’intuition, est très révélateur. Nous savons bien également que souvent une intuition n’est qu’une autre forme de désir, un désir d’altérité.

Oui, chaque jour qui passe, chaque turpitude qui est révélée au grand jour, chaque acte de trahison de nos gouvernants, petits ou grands, de la France d’en-haut ou de celle d’en bas, chaque preuve du mépris qu’ont, à notre égard, ceux qui sont censés, d’une certaine façon, nous obéir, et qui se doivent de s’ingénier toujours à nous représenter au mieux, chaque décision contraire à l’intérêt général, ne fait qu’accélérer le jour où la marmite explosera. Le peuple français est frondeur mais il est aussi révolutionnaire à ses heures…Quand on le pousse dans ses derniers retranchements, il devient justicier ! Le magma remonte depuis trois décennies. Nous en sommes à ce stade où la croûte terrestre est fragilisée par la température qui a cru fortement depuis quelques années. Depuis 2005 dirais-je et ce coup d’état auquel je faisais allusion tout à l’heure. Pour tendre encore davantage le climat, le quinquennat Sarkozy a comme déversé des millions de litres de liquide inflammable sur un sol déjà très chaud. Il a eu la chance que la température n’ait pas encore atteint alors celle à laquelle tout lui aurait pété au visage. Le point de rupture n’était pas franchi. Aujourd’hui, loin de faire retomber la température de ce sol très chaud, vous, Monsieur le Président de la République, vous Monsieur le Premier Ministre, vous Mesdames et Messieurs les Député-e-s, vous  y jetez des braises brulantes et vous dansez autour en chantant comme dans une messe noire où vous puisez votre jouissance dans la violence que vous nous infligez. Je n’ose imaginer ce qui se produira lorsque détonera l’explosion qui menace. Tout déchaînement ouvert de colère entraîne son lot de violences et d’actes irrationnels dépassant la commune volonté d’un peuple comme celle de ses individus le composant.

Votre responsabilité devant l’Histoire, Mesdames, Messieurs les gouvernants, c’est d’apaiser le peuple, de le gouverner dans l’intérêt général. Vous avez le droit de ne pas forcément être de notre avis mais si vous êtes là où vous êtes aujourd’hui, si vous détenez une parcelle du pouvoir, c’est que vous avez défendu devant nous des idées, un projet, une philosophie, que nous avons approuvés. Vous êtes donc tenu politiquement et, d’une certaine façon, juridiquement, par les engagements qui vous ont conduit au pouvoir. Et en cas de différence trop forte entre NOTRE volonté et VOTRE VISION, un seul recours est valable en démocratie, l’appel direct au peuple. C’est ce que nous demandons et que vous vous obstinez à nous refuser. Jacques Chirac lui-même avait consulté le peuple français. Lui était gaulliste et républicain en dépit de tout ce que nous pouvons lui reprocher et la liste est longue des récriminations que nous avons à son encontre. Et vous voilà, vous qui représentez une partie de la Gauche, vous qui vous dîtes républicains, démocrates, représentants de cette immense majorité du  peuple que la droite méprise, oui c’est vous qui vous retrouvez à nous refuser un droit que même Jacques Chirac nous avait accordé ! Cela ne vous procure aucun tracas ?

Eh bien, sachez que nous estimons qu’il s’agit d’un chef d’accusation parmi les plus graves que l’on puisse reprocher à des gouvernants. La violation directe et caractérisée, faite en conscience, totalement assumée, de notre droit de peuple souverain à décider de notre vie. Notre pays est une République démocratique. C’est la loi fondamentale qui le dit, qui en impose les conséquences et elle s’applique à tous. Or justement, nous constatons avec effroi et avec rage que ce n’est pas le cas. Que cette loi est interprétée dans le sens qui vous arrange et que cette protection suprême des intérêts du peuple ne joue plus son rôle par le fait du dévoiement que vous en faîtes. Nous allons donc finir par vous arracher ce pouvoir que vous ne savez pas, ne voulez pas utiliser comme moyen de notre progrès collectif. Nous pouvions imaginer, et nous étions quelques-uns à gauche à le penser, que c’est un gouvernement de droite qui subirait les affres de cette réaction violente du peuple. Je suis de plus en plus convaincu que désormais, à l’instar de ce qui s’est produit ailleurs dans le temps et dans l’espace, c’est vous qui allez être éjecté du pouvoir par notre peuple. Pour deux raisons majeures : la première, c’est que nous comprenons que la droite agisse ainsi alors que nous sommes outrés que la gauche fasse de même. Eux ne sont pas nos représentants, VOUS l’êtes ! La seconde raison, c’est que nous atteignons le point de non-retour. Lorsque le Vésuve a explosé après 2000 ans de sommeil, il a changé la face, si ce n’est du monde italique, du moins de plusieurs villes. Vous devriez méditer cette image…

L’article 15 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen prévoit que  la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. Je ne parle pas au nom de « la société » dont je n’ai reçu aucun mandat mais il est manifeste que notre société vous demande compte de votre administration. Et nous ne sommes pas satisfaits de celle-ci.

D’autre part, quand bien même aucun texte à valeur juridique, en vigueur dans notre Droit positif, ne le prévoit plus, il est à mes yeux – et aux yeux sans doute de millions de citoyens français et donc, c’est certain, de la majorité du peuple souverain – un droit naturel au titre duquel il n’est pas besoin qu’un texte le prévoit pour que ce droit existe. « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.” Vous reconnaissez probablement cette littérature. C’est celle de l’article 35 de la constitution française adoptée en 1793 et jamais appliquée. Mais pour autant, comme c’est un droit naturel, il s’applique, sans que vous ne puissiez lui opposer une argutie juridique. Certes, les juridictions suprêmes de notre pays n’auraient pas le même jugement que moi. La Cour de justice de l’Union européenne non plus. La Cour européenne des droits de l’homme pas davantage aussi progressiste qu’elle puisse être. Mais quelques que puissent être les résistances des pouvoirs constitués sur ce sujet, nous sommes des millions à juger que ce droit existe et, parce que nous sommes en démocratie, notre opinion prime tous les jugements technocratiques.

Vous qui admirez tant la République américaine, vous devriez vous rappeler que les pères fondateurs eux-mêmes avaient inséré, dans la déclaration d’indépendance des États-Unis de l’Amérique, ces quelques  mots très significatifs :

 « Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l’expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu’à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. »

Tout est dit ! Et s’il vous venait à l’esprit de contester ce droit en arguant d’une part de son caractère inapplicable en France pour des raisons d’extra-territorialité ou d’autre part de son absence dans le texte de la constitution elle-même, je vous opposerais le même argument issu du jusnaturalisme. Un droit naturel s’impose de lui-même… Il est excellemment décrit à la fois dans la constitution française de 1793 comme dans ce texte qu’est la déclaration d’indépendance des Etats-Unis. Et nous en réclamons, nous en exigeons, l’application ici et maintenant. Mais comme nous ne sommes pas naïfs, nous savons que vous ne nous l’accorderez pas. Pau importe, nous vous l’arracherons, comme nous vous avons arraché toutes les conquêtes démocratiques, républicaines, sociales. Le progrès a rarement été l’œuvre de gouvernants consentants.

Le jour est proche où vous devrez rendre des comptes et plus vous brusquerez, violenterez, mépriserez le peuple souverain, plus sévère, plus cruel, plus impitoyable, sera le traitement qu’il vous infligera en réaction.

Accomplissez votre mission avec dignité, respectez-nous, œuvrez dans notre intérêt, l’intérêt général, prenez vos ordres chez nous et pas chez les financiers, les oligarques, les lobbys, les despotes, et nous vous soutiendrons envers et contre tout. Nous savons pardonner. Nous avons assez prouvé notre bonne volonté. Nous ne sommes pas rancuniers. Je pense même que la plupart d’entre nous ne désirons que vivre en paix et en bonne intelligence les uns avec les autres. Je ne parle pas un discours candide où nous ne rêvons qu’à ce que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je ne défends pas un discours enfantin selon lequel nous considèrerions que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Nous savons assez et bien mieux que vous que le monde est cruel. Nous avons pleinement conscience que l’Homme peut tendre vers le meilleur comme vers le pire. Mais nous sommes convaincus également de l’effet d’entraînement. Plus on pousse les gens à se haïr, à se faire la guerre, à s’opposer, à s’envier, plus on développe la violence et chacun sait que la violence entraîne la violence. A l’inverse, nous savons qu’un gouvernement qui incite les Hommes à donner le meilleur d’eux-mêmes finit vite par obtenir ce sésame. De même que le pire entraîne le pire, le meilleur encourage le meilleur.

Il est un temps où il faut amorcer la longue marche vers le progrès si l’on ne veut pas finir dans la guerre généralisée et le recul de la civilisation. A défaut, alors oui, nous pouvons aussi, et nous l’avons montré dans le temps, devenir adeptes de certains excès. TENEZ-VOUS LE POUR DIT.

C’est un jour funeste pour la République et la démocratie !

De la servilité et de la liberté… Jean-Luc Mélenchon lit la fable de La Fontaine « Le loup et le chien ».

C’était l’été 2012… Je vous invite à aller directement à la 30ème minute passée de 55 secondes…

Jean-Luc Mélenchon lisait La Fontaine. Il avait choisi la fable « Le loup et le chien ». Un pur délice, qui n’a jamais perdu son actualité mais dont l’audition, comme la lecture, ces jours-ci, redeviennent tellement jouissives…

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/08/24/meeting-de-cloture-du-remue-meninges-du-parti-de-gauche/

et

http://www.dailymotion.com/video/xt3a2o_meeting-de-cloture-du-remue-me-ninges-2012-du-parti-de-gauche_news#from=embediframe

Serment de la Porte de Versailles – Jean-Luc Mélenchon le 19 avril 2012

C’était le 19 avril 2012, à la Porte de Versailles. Jean-Luc Mélenchon délivrait le dernier discours de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, juste avant le premier tour.

« Le Front de Gauche est votre outil. Il est devenu, petit à petit, le Front du peuple lui-même. Il est plus grand que nos drapeaux, plus grand que nos partis, plus grand même que notre programme.

Entendez le bruit fantastique du peuple qui s’est levé et qui s’est mis en mouvement. Si le peuple comprend qu’il est la force, rien ne peut lui résister. Rien ! Personne ! Nulle part !

Voici ce que je peux vous promettre, comme homme et comme militant :

Sur mon honneur, jamais je ne me dédierai du drapeau que vous m’avez confié, du message que vous m’avez demandé de porter, de la grande et noble cause que nous avons fait vivre ensemble.

NI À VENDRE, NI À ACHETER, NI À DOMESTIQUER !

Avec mes camarades du Front de Gauche, nous serons ET POUR TOUJOURS, la force AUTONOME, INDÉPENDANTE, EXIGEANTE, QUI NE SE MARCHANDE PAS, qui ne tripote rien sur les coins de bistrot, qui ne s’arrangera avec PERSONNE D’AUTRE QU’AVEC LE PEUPLE LUI-MÊME ET AVEC SON PROPRE PROGRAMME !

Lien vidéo (aller à 59 minutes et 55 secondes):

http://www.dailymotion.com/video/xq8uaz_jean-luc-melenchon-discours-de-paris-porte-de-versailles-sd_news