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Plan B : le Plan de Sortie de l’UE et de l’euro – Par le collectif Citoyens Souverains

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : Le texte de ma tribune introductive à la proposition de #PlanB collectivement rédigée par le Collectif Citoyens Souverains dont je fais partie est accessible ici sur Le Grand Soir qui l’a publié hier, 23 novembre 2017, en plus d’être reproduit ci-dessous et d’être également sauvegardée dans la sections « Mes articles » de ma page Facebook (ici).

Quant à la proposition de Plan B du Collectif Citoyens Souverains, vous la trouverez ici.

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Oui, la France insoumise est prête pour la sortie de l’Union Européenne et de l’euro ! – Par le collectif « Citoyens pour un peuple souverain » – Copyright Marianne le 30/03/2017

Le collectif Citoyens pour un Peuple souverain (dont je fais partie) est un soutien de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Son site web est à retrouver ici. Sa page Facebook est ici.

Cette tribune (accessible ici sur Marianne) est une réponse à celle rédigée par Coralie DELAUME et Aurélien BERNIER publiée dans Marianne le 23/03/2017.

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Réponse en toute amitié à Aurélien Bernier et Coralie Delaume publiée dans Marianne.

Notre stratégie : être prêts à tous les cas de figure

Dans leur article sur le site de Marianne, Aurélien Bernier et Coralie Delaume demandent à la France insoumise de rompre avec le mythe réformiste de « l’Europe sociale » et s’inquiètent d’une réorientation de notre discours sur les traités européens. Notre collectif Citoyens pour un Peuple Souverain s’étant précisément constitué afin de contribuer, au sein de la France insoumise, au Plan de sortie de l’UE, nous estimons être les mieux placés pour pouvoir répondre à leurs inquiétudes.

Le point essentiel à nos yeux est le suivant : le Plan de sortie de l’Union Européenne et de l’euro est prêt à l’emploi. Qu’importe donc s’il n’est encore pour certains camarades qu’une hypothèse de travail, puisque nous estimons que la réalité le rendra inéluctable.

Ce Plan, dont les détails sont rendus publics sur le site des universités populaires de la France insoumise, se décline en trois grands axes : le rétablissement de barrières douanières aux frontières du pays, le retour au Franc et un moratoire sur la dette. Comme tant d’autres insoumis, nous le popularisons dans des conférences citoyennes dans tout le pays. La philosophie est très simple : si les autres gouvernements refusent de nous suivre, nous mènerons à l’échelle de notre pays une politique écologique et sociale en attendant que d’autres pays veulent nous rejoindre. Et comme nous sommes internationalistes, nous tendrons la main à tous les pays du Monde – sans d’ailleurs privilégier l’échelon européen et notamment nous proposerons une alliance d’égal à égal aux pays africains francophones à qui nous rendrons leur souveraineté monétaire en abolissant le franc CFA.

Le déroulé du Plan de Sortie

Notre Plan de sortie pourra se déclencher à deux étapes : soit immédiatement après notre élection au cas où les pays de l’Eurogroupe refuseraient toute discussion, soit à l’issue d’éventuelles négociations dont les résultats seront dans tous les cas soumis à référendum, avec une sortie de l’UE en cas de vote contre. Immédiatement, nous réquisitionnerons la Banque de France pour imprimer des Francs, tout en continuant à utiliser durant la période de transition l’ancienne monnaie européenne au taux de 1 franc = 1 euro sur le territoire nationale. La dévaluation du Franc et la réévaluation de l’euromark qui s’ensuivront redonneront de la compétitivité à nos entreprises, même si il est à noter que nous ne faisons pas de cet « avantage concurrentiel » un des objectifs de notre politique car nous ne sommes pas dans une logique de compétition entre capitalismes nationaux. Notre programme prévoit en effet de transformer intégralement notre modèle économique en relocalisant notre économie et en instaurant une réindustrialisation écologique (éoliennes, photovoltaïque, économie de la mer…) grâce à un plan d’investissement massif et à l’instauration de barrières douanières ciblées.

Ainsi, les premières cibles de notre protectionnisme écologique et social seront les entreprises qui délocalisent, comme par exemple Whirlpool pour laquelle notre candidat aux législatives François Ruffin se bat. Notre objectif n’est donc pas de favoriser le capitalisme français mais l’intérêt des travailleurs qui sont sous notre juridiction (et nos alliés éventuels). L’effet multiplicateur de notre programme de relance de 100 milliards d’euros (devenus des Francs) sera alors renforcé, puisque les consommateurs achèteront en priorité des produits fabriqués en France ou dans les pays qui auront choisi de s’allier avec nous.

Certaines mesures protectionnistes sont d’ailleurs prévues dans notre programme dans tous les cas de figure, puisque par exemple à notre arrivée au pouvoir « nous augmenterons immédiatement les droits de douane pour les pays aux droits sociaux limités(travail des enfants, absence de droits syndicaux, etc). Nous prendrons des mesures de rétorsion commerciales contre les paradis fiscaux ». Il s’agit là de mesures profondément internationalistes, puisqu’elles favorisent la constitution d’Etats sociaux dans toutes les parties du Monde (sans d’ailleurs privilégier l’échelon européen).

Nos différences avec les projets concurrents de sortie de l’UE (comme celui du FN par exemple) portent donc en premier lieu sur les objectifs, mais pas seulement. Nous assumons également que tout projet de « Frexit par la gauche » implique une confrontation avec le capitalisme mondialisé, et ses valets français, et donc un rapport de force exigeant le soutien de la population. Cette confrontation nécessite de se libérer des marchés financiers, notamment via un contrôle des changes et des capitaux afin de se protéger des attaques spéculatives, ainsi que de nous financer auprès de la Banque de France renationalisée. Nous avons également prévu un moratoire de la dette publique, à partir d’un audit citoyen, afin de déterminer quelles en sont les parties illégitimes sur lesquelles nous pourrions faire défaut. Peu nous importe alors si jamais les marchés nous réclament des taux d’intérêts plus élevés, puisque nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de la confrontation et à rompre avec la mondialisation néolibérale et son système financier que nous jugeons illégitime. Cette position nous distingue clairement de celle de Marine Le Pen qui estime notamment que rembourser la dette serait « un devoir éthique pour un Etat de droit», et se retrouve ainsi menacée de mise en faillite de la France si jamais elle arrivait au pouvoir.

Notre Plan de sortie, dont nous n’avons donné ici qu’un bref aperçu, est ainsi pensé pour s’appliquer dans tous les cas de figure, et parer à toute éventualité.

Mais alors, d’où vient l’impression de malaise ?

Certes, certains économistes de la France insoumise cités par Aurélien Bernier et Coralie Deleaume croient réellement que notre Plan de sortie n’aura pas besoin d’être utilisé, ni d’ailleurs que les marchés nous attaqueront. Il ne s’agit pas pour eux d’un double discours tactique, mais d’une conviction profonde sur la possibilité de réformer l’Europe, qui paraît à notre collectif absolument illusoire. Mais qu’importent ces illusions, puisque de toute façon le Plan est prêt à l’emploi et que la réalité le rendra inéluctable!

Pour faire une métaphore éclairante, supposons un individu s’apprêtant à sauter dans le vide en se munissant d’un parachute. Imaginons également qu’une voix divine ait assuré à notre individu qu’au moment où il sautera dans les airs, il se mettra miraculeusement à flotter et qu’il n’aura donc pas besoin d’activer son parachute. Vous aurez beau tenter d’argumenter avec lui, sa conviction intime restera inébranlable tant qu’il n’aura pas fait sa propre expérience du saut dans les airs. La divergence relève ici de la croyance personnelle et, étant profondément laïques, nous ne nous lui demanderons pas de changer son intime conviction… Du moment qu’il adopte un comportement rationnel en prenant son parachute « au cas où » ! Cette garantie nous suffit. Et a fortiori, puisque le programme de la France insoumise prévoit un référendum sur le résultat d’éventuelles négociations qui permettra au peuple français de trancher si nécessaire. Que demander de plus ?

Pour mesurer le chemin parcouru depuis la campagne du Front de Gauche en 2012, il faut revenir au diagnostic parfaitement posé par Aurélien Bernier dans son livre La gauche radicale et ses tabous. Pendant des décennies, depuis le tournant de la rigueur de François Mitterrand au nom de la construction européenne, le mythe réformiste de « l’Europe sociale » a littéralement ensorcelé les consciences de gauche, du PS à LO, en passant par les Verts, le PCF et le NPA. Le tournant européiste de la gauche a de plus été accentué par le choix malheureux de Jean-Pierre Chevènement, héraut du souverainisme de gauche, de tendre la main aux « républicains de droite » y compris libéraux. Ainsi s’était longtemps installée à gauche l’idée que la défense de la souveraineté nationale conduirait inéluctablement à l’abandon des idéaux de gauche. Pourtant, le flambeau de la sortie de l’UE et de l’euro « par la gauche » a été brillamment repris au sein du Front de Gauche, et notamment par la plate-forme alternative Clarté et Courage Politique qui reçut en mars 2015 le soutien de plus de 45% des membres du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Quelques mois plus tard, la crise grecque devait confirmer cette analyse et la rendre de plus en plus évidente auprès des militants de la gauche radicale.

Ainsi, une nouvelle génération militante a émergé et a compris qu’au fond, peu importait si certains camarades refusaient de croire à l’inéluctabilité de la sortie, du moment qu’ils étaient prêts à préparer ce scénario et à laisser la réalité trancher. Nous avons également obtenu dans le cadre des contributions programmatiques de la France insoumise une avancée qui avait été refusée en Juillet 2015 par la direction du PG, à savoir que le résultat d’éventuelles négociations dans le cadre du Plan A soit soumis à référendum. Par conséquent le peuple français aura la possibilité de refuser les aménagements éventuellement obtenus, et ainsi d’enclencher automatiquement notre Plan de sortie. Que de chemin parcouru depuis 2012 !

Voilà pourquoi tout en rejetant tout comme Aurélien Bernier et Coralie Delaume le mythe réformiste de « l’Europe sociale », nous estimons qu’à un mois du premier tour l’urgence est de continuer à préparer tous les scénarios possibles dans le cadre de la France Insoumise, y compris avec ceux qui ne sont pas persuadés de l’inéluctabilité du scénario de sortie. Coralie et Aurélien, rejoignez-nous, vous serez accueillis à bras ouverts!

 

UE : Pourquoi agir en deux temps (Plan A et B) ? Pourquoi pas l’exit tout de suite ? Par Bob Solo le 18/01/2017

Note de Vincent Christophe Le Roux : Bien que je sois, personnellement, adepte de la sortie (après avoir vérifié, par référendum, que les Français le veuillent bien), une sortie sans négociation préalable avec quiconque, une sortie qui soit un acte de li-bé-ra-tion de cette prison qu’est l’UE, je vous propose de consulter ces lignes écrites par mon ami Bob Solo car je trouve que c’est le discours le plus convaincant que j’ai lu depuis bien longtemps en défense de la stratégie plan A – plan B.
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Il est dit clairement [par Jean-Luc Mélenchon] que [le] programme [qu’il défend] ne peut s’appliquer dans le cadre actuel des traités européens, on le sait, merci, on est pas idiots. Les analyses sérieuses sont nombreuses à démontrer au final que ces traités privent ni plus ni moins les états membres de tout pouvoir de choisir et de décider eux-mêmes sur des tas de sujets importants concernant la vie quotidienne de leur propre population. Il est donc dit tout aussi clairement qu’on attendra pas pour désobéir aux dispositions de ces traités qui interdiraient la mis en œuvre des mesures les plus urgentes, notamment sociales et budgétaires.
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Ceci posera d’emblée le cadre, l’ambiance (lol) et le rapport de forces des « négociations » qui suivront obligatoirement entre la France et l’UE, sans doute à la demande de cette dernière qui va vite comprendre la menace que représente cette rupture pour tout l’édifice.

Les arguments de Mélenchon sont à entendre pour ce qu’ils sont. Quand il dit que « nous ne sommes pas la Grèce, nous pesons presque 20% du PIB de l’Union, nous serons bientôt la première population en nombre et parmi les plus jeunes, on ne fait pas l’Europe sans nous », etc, ce n’est pas parce qu’il est « nationaliste », « arrogant », « chauvin » ou qu’il a « le melon », c’est juste qu’il énonce des faits, simples et réels mais ensevelis sous 40 ans de discours décliniste et culpabilisant : la France en retard, archaïque, qui vit au-dessus de ses moyens, les Français trop payés, pas assez productifs, le modèle allemand, etc, autant de clichés balayés par les chiffres comparés.
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On obtiendra ou pas de vraies victoires à l’issue de la bagarre mais de toutes façons le résultat sera soumis à décision populaire : au peuple de trancher – et on sait à quel point les instances européennes détestent ça. Et si ça le fait pas, c’est toujours aussi clair, on arrête les frais définitivement et on construit autre chose avec tous ceux qui seront partants sur un modèle de coopération (économique, scientifique, culturelle, etc). Il pourrait alors y avoir beaucoup plus de candidats qu’on ne l’imagine.
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Il est en effet peu probable que les négociations avec l’UE aboutissent, vu qui la pilote. Mais une bonne stratégie se doit de produire des effets sur plusieurs plans. Ici il ne s’agit pas que de se préoccuper des intérêts purement français même si c’est la priorité. Le prévisible échec aurait aussi pour effet de finir de démasquer l’imposture européenne aux yeux de tous, puisque visiblement les affaires précédentes n’ont pas suffit à dessiller le regard de tout le monde à ce sujet. Que ce soit à Chypre, en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie, les ingérences, représailles, chantages, brutalités, punitions, bref tous les coups tordus infligés aux divers pays membres qui menaçaient de sortir des clous ont pourtant montré la vraie nature de cette construction et prouvé qu’elle ne pouvait survivre qu’en allant plus loin dans l’autoritarisme et la négation de la démocratie la plus ordinaire. On ne négocie donc pas avec ces gens-là en amenant une boite de chocolats (cf Tsipras/Varoufakis) mais avec un flingue chargé, prêt à s’en servir. En l’occurrence l’option affichée d’un exit pur et simple, qui pourrait lui-même annoncer l’hémorragie. En y regardant de plus près, vouloir « négocier », dans ce cas précis, n’est en rien une attitude timorée mais plutôt un « piège » tendu à l’UE dont elle aura du mal à se sortir indemne.
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Pensons qu’avec la récente démission du président du Conseil italien Renzi et le renoncement d’Hollande en France, l’Union perd ses derniers dirigeants poids lourds sociaux-démocrates pro-UE, laissant ici ou là le terrain à des droites nationales plus ou moins extrêmes, plus ou moins souverainistes, plus ou moins euro-sceptiques. Ce n’est donc pas que chez nous que le débat va faire rage. Tout ça sur fond de brexit : l’UK ayant apparemment choisi d’enclencher le processus de sortie prévu par l’article 50 du traité de Lisbonne, ce sont au bas mot deux ans de rudes négociations qui vont peser sur tout le reste. En clair, ça sent le roussi pour la technocratie de Bruxelles.
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La Commission a d’ailleurs décidé en décembre dernier « d’assouplir certaines contraintes budgétaires », après l’aval de Merkel. Traduisons : les peuples des états-membres comprennent peu à peu qu’ils subissent toute la violence d’une « austérité » qui ne donne aucun des résultats promis, il faut lâcher du lest avant que tout nous pète à la gueule. Il y a fort à parier que ça ne suffira pas. C’est peut-être même trop tard. On verra. Mais quoi qu’il en soit, c’est à cette UE affaiblie, divisée, rongée de l’intérieur, qu’un Mélenchon présidant la France aurait à faire. S’il était de plus porté par un large mouvement populaire à ce moment-là, il se retrouverait en véritable position de force.
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Rendu là, le scénario détaillé par Lordon a toutes les chances de se réaliser : si la coalition conservatrice qui règne en Allemagne (et en UE) était réellement menacée d’être mise en minorité, l’économiste prévoit que c’est elle la première qui se retirerait de l’Union plutôt que d’abandonner les fondamentaux économiques qu’elle a réussi à imposer à tous les autres (pas parce qu’elle est « méchante » mais parce qu’elle défend ses intérêts – nous devons donc défendre les nôtres, qui sont différents).
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Il n’y a donc quasiment aucune chance au final que l’UE perdure telle qu’elle est. A moins que les mêmes (droite rose et bleue) restent au pouvoir. Mais dans ce cas-là, n’envisageant pas de changer de cap (austérité, réductions de dépenses publiques, déréglementations, concurrence exacerbée, privatisations rampantes, etc), elle perdurerait en aggravant la situation de 500 millions d’européens. En effet, les « solutions » qui ont foiré hier foireront encore plus demain.
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Le résultat le plus à craindre serait alors un tel ras-le-bol général que les forces politiques les plus rétrogrades et xénophobes finissent par rafler la mise. Un scénario pareil combiné aux prévisions d’afflux massif de réfugiés climatiques dans les années à venir transformerait le vieux continent en poudrière des plus explosives. De plus, la géopolitique mondiale est sur le point de se modifier profondément (relations USA / Chine / Russie). Face à ce combat de titans, on se demande ce qui pendrait au nez de nos petits pays s’ils étaient refermés sur un nationalisme étroit. Sans doute un long tunnel dans l’obscurité.

Intervention de Frédéric Lordon au sommet international du Plan B

Paris le 23/01/2016

Retranscription intégrale faite par Vincent Christophe Le Roux

Pour voir la vidéo, aller ici. Lordon intervient de 2h 34 mi 50 sec à 2h 51 min et 40 sec

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