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Plan B : le Plan de Sortie de l’UE et de l’euro – Par le collectif Citoyens Souverains

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : Le texte de ma tribune introductive à la proposition de #PlanB collectivement rédigée par le Collectif Citoyens Souverains dont je fais partie est accessible ici sur Le Grand Soir qui l’a publié hier, 23 novembre 2017, en plus d’être reproduit ci-dessous et d’être également sauvegardée dans la sections « Mes articles » de ma page Facebook (ici).

Quant à la proposition de Plan B du Collectif Citoyens Souverains, vous la trouverez ici.

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Photo du collectif Citoyens Souverains

La 2ème convention de La France insoumise va se tenir les 25 et 26 novembre prochains à Clermont-Ferrand. Cette convention clôturera un processus entamé il y a plusieurs semaines. Nous, le collectif Citoyens Souverains, profitons de cette convention pour contribuer au débat qui existe, de fait, entre membres de La France insoumise sur la question européenne.

1/ Le collectif Citoyens Souverains : qui sommes-nous ?

Ce collectif d’Insoumis, qui s’est créé de manière informelle en 2016, a décidé finalement de se constituer en association en 2017.

Nous, Insoumis qui avons constitué ce collectif, avons commencé par rédiger ensemble une charte qui est le meilleur moyen pour présenter qui nous sommes et ce à quoi nous aspirons.

Cette charte, qui a été publié sur notre site, est reproduite ci-dessous :

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Nous citoyennes et citoyens, syndicalistes et associatifs, nous rassemblons dans le collectif Citoyens Souverains afin de prôner une 6ème République sociale, écologique, démocratique, laïque, féministe et anti-raciste, dans laquelle les citoyens seront souverains et donc libérés des traités de l’Union Européenne, de l’OTAN, et des marchés financiers.

Nous voulons dégager la caste corrompue qui nous gouverne, partager les richesses produites dans le pays, et créer des millions d’emplois afin que chacun puisse vivre dignement dans un environnement sain.

C’est pourquoi nous appuyons le programme L’Avenir En Commun et sommes membres actifs de La France Insoumise. Nous militons dans la France oubliée des quartiers populaires, des zones rurales et du bassin minier. Nous organisons des conférences publiques et des communications pour défendre le code du travail, la souveraineté des peuples (notamment en Palestine), la stratégie du populisme citoyen, ou encore le patriotisme républicain inspiré de Jean Jaurès.

Nous sommes fiers d’avoir participé à la construction de la France Insoumise comme force politique indépendante, sur une ligne claire et courageuse, en ayant refusé tout front républicain et toute tambouille politicienne aux élections.

Dans l’objectif de porter L’Avenir en Commun au pouvoir, le collectif Citoyens Souverains met au service des insoumis ses analyses et compétences dans les quatre domaines suivants :

1/ Projeter une politique étrangère indépendante et favoriser les coopérations internationales, en sortant de l’OTAN et en mettant fin à toute forme d’ingérence militaire et de néo-colonialisme, y compris de la part du gouvernement français.

2/ Préparer un plan détaillé de sortie de l’Union Européenne et de l’euro, et mettre en place un protectionnisme solidaire, afin de pouvoir appliquer notre programme dans tous les cas de figure.

3/ Planifier la socialisation des secteurs clés de l’économie pour engager la transformation écologique et sociale et dénoncer la dette illégitime – par l’instauration d’un audit citoyen – pour libérer la France des marchés financiers.

4/ Expérimenter les méthodes de la 6ème République au sein de notre mouvement, notamment avec la mise en place d’un référendum d’initiative de la base pour proposer des campagnes, des points programmatiques, ou révoquer les animateurs.

Nous vivons actuellement un moment historique, caractérisé par une vague dégagiste et populiste. Nous appelons les citoyens à prendre en main leur destin politique dans un large esprit de rassemblement.

UNE OCCASION UNIQUE NOUS EST DONNÉE : SAISISSONS-LA !

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L’Avenir en commun reste évidemment notre base de travail pour nous, les membres du collectif Citoyens Souverains. Mais aussi riche et enthousiasmant que nous jugions ce projet, nous considérons qu’il ne saurait être perçu comme définitivement abouti. Il ne nous semble pas opportun d’arrêter notre commune réflexion sur les grands sujets qu’il développe au point où nous sommes arrivés à ce stade, comme il ne nous apparaît pas judicieux de refuser toute évolution ou amélioration. Certes, ces évolutions et améliorations ne seront légitimes que si elles sont largement souhaitées et acceptées par les Insoumis. Mais pour qu’elles le soient, encore faut-il qu’elles soient connues de tous et donc que le débat ait lieu.

2/ Notre proposition de Plan B

Si le projet L’Avenir en commun est assez précis sur le Plan A, en revanche il évoque à peine le Plan B. C’est bien davantage la parole et les écrits de Jean-Luc Mélenchon, depuis deux ans, qui ont donné une certaine consistance à ce Plan B.

Bien que plus de 40 livrets thématiques détaillant de nombreux aspects du projet aient été édités et rendus publics avant le 1er tour de l’élection présidentielle, il se trouve que le travail accompli pour celui portant sur la question du Plan B n’a jamais abouti à sa diffusion publique. C’est pour cette raison, et notamment en vue de la convention à venir dans quelques jours, que nous, le collectif Citoyens Souverains, avons collectivement rédigé une proposition de Plan B.

Nous rappelons également que ce Plan B a vu son audience accrue du fait des cinq « sommets internationaux du Plan B » qui se sont déjà tenus depuis deux ans : à Paris (les 23 et 24 janvier 2016), à Madrid (les 20 et 21 février 2016), à Copenhague (les 19 et 20 novembre 2016), à Rome (les 11 et 12 mars 2017) et à Lisbonne (les 21 et 22 octobre 2017).

Lors de ces sommets, les mouvements politiques européens qui s’inscrivent dans une volonté d’alternative humaniste à l’ordre capitaliste, et qui ne veulent plus rester prisonniers de l’Union européenne, réfléchissent ensemble sur la meilleure manière de nous libérer collectivement, d’une part des contraintes austéritaires, antidémocratiques et antisociales que l’UE nous impose à travers les traités qui la fondent, et d’autre part des principes qui guident la diplomatie et la géopolitique de l’UE, principes qui nous enferment dans le cadre « occidental » via l’OTAN.

Le Plan B a deux raisons d’être : arme de dissuasion et guide de la sortie.

Le Plan B, une arme de dissuasion

L’existence d’un Plan B solide, sérieux, étayé, convaincant, est de nature, pensent beaucoup d’Insoumis, à renforcer l’effectivité du Plan A, à en garantir même le succès disent les plus optimistes.

En effet, si les partenaires européens de la France opposaient à son nouveau gouvernement France insoumise un refus de remettre en discussion l’organisation et les politiques de l’UE, cela aboutirait alors inéluctablement à la décision de ce gouvernement d’entamer le retrait de l’UE (mise en oeuvre du Plan B). Une telle situation aboutirait à la dislocation définitive de cette organisation car il ne saurait exister d’UE sans la France. En outre, si la France quittait l’UE, la situation – déjà extrêmement difficile pour les pays du Sud (Grèce, Italie, Espagne et Portugal) – deviendrait cette fois intenable, si bien qu’il est probable que ces pays suivraient alors la France, engageant avec elle une sortie collective qui aboutirait donc à l’explosion de l’UE, après laquelle les pays sortants reconstitueraient ensuite sans doute, entre eux, d’autres formes de coopération.

Pour éviter cette issue fatale pour l’UE et ses promoteurs, on peut penser que nos partenaires ne rejetteraient pas d’office notre Plan A et seraient même contraints, de fait, de nous écouter et même de nous entendre… Mais s’ils le faisaient, alors l’UE serait profondément repensée et refondée sur des bases antinomiques avec ses principes actuels, ce qui aboutirait donc aussi à une forme d’explosion de l’UE telle que nous la connaissons.

Or Frédéric Lordon nous a maintes fois expliqué que certains pays de l’UE n’accepteraient jamais une telle évolution de l’UE, quitte à ce qu’elle disparaisse pour de bon, car ils préfèreraient, nous dit Frédéric Lordon, la quitter eux-mêmes si elle devait être radicalement refondée dans l’esprit « français », a fortiori si cet esprit français était animé par des gouvernants France insoumise…

Le Plan B, un guide de la sortie de l’UE

Le Plan B, pour être crédible, ne saurait se limiter à une expression incantatoire. Que le Plan B soit conçu, pour les uns, comme arme de dissuasion pour rendre effectif le Plan A, ou qu’il le soit pour servir de bréviaire de la sortie, il doit être sérieusement élaboré, et contenir différentes mesures et stratégies d’action, aussi bien dans le domaine économique, que financier, juridique, diplomatique…

Il se doit donc d’être complet et crédible, aussi bien aux yeux de nos partenaires européens, que des institutions de l’UE, ou encore des organisations de l’ordre mondial actuel qui ne manqueront pas d’interférer (FMI, Banque mondiale, OTAN…). Il faut en effet que les gouvernants France insoumise de demain soient traités par les dirigeants européens et mondiaux comme de nouveaux acteurs avec qui ils devront obligatoirement compter, et qu’ils ne pourront plus humilier ou contraindre, sans risquer de voir le sol s’effondrer sous leurs pieds.

Et le caractère sérieux – et donc dissuasif de ce Plan B – est également indispensable pour convaincre de nouveaux électeurs d’appuyer demain Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise lorsque reviendra le temps des élections.

C’est bien dans cet esprit de responsabilité (car nous avons en vue l’accès prochain de certains des nôtres aux responsabilités dans l’État) mais aussi d’implication citoyenne et de co-construction de nos propositions – à la suite du travail qu’accomplissent déjà Jean-Luc Mélenchon, les animateurs de la France insoumise, et nombre d’Insoumis – que nous, le collectif Citoyens Souverains, avons travaillé sur le sujet depuis des mois et avons collectivement rédigé une proposition construite et étayée de plan B.

Nous vous invitons à en prendre connaissance, à étudier sérieusement ce texte, à vous en saisir et à en parler autour de vous.

Mieux encore : nous vous proposons de nous transmettre directement vos propres suggestions d’amélioration par le biais d’amendements. Comment faire ?

Vous nous indiquerez d’abord les lignes du texte de référence concernées par vos propositions de modification (ajout, suppression réécriture).

Le cas échéant, vous rédigerez ensuite le nouveau texte que vous souhaiteriez voir substitué à celui existant.

Vous enverrez enfin vos propositions à l’adresse citoyenssouverains@gmail.com

Nous vous remercions par avance.

 

Adresse du site internet du collectif Citoyens Souverains : http://citoyens-souverains.fr

Page communautaire Facebook du collectif : https://www.facebook.com/citoyenssouverains

Adresse de notre proposition de plan Bhttps://drive.google.com/file/d/1K6ZnHLieYQRLyXFYnHri1pwN9NBDGX7M/view

 

Pour le collectif Citoyens Souverains

Vincent Christophe LE ROUX

 

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Ah, si Frédéric Lordon pouvait inspirer Jean-Luc Mélenchon !

Jean-Luc Mélenchon…

Un des meilleurs moyens pour faire en sorte que le peuple approuve le plan B et les alternatives en discussion (parmi lesquelles la sortie pure et simple de l’euro ou même de l’UE), serait peut-être que toi-même, tu défendes enfin clairement cette idée devant le peuple, que tu la portes haut comme étant le résumé de toute l’argumentation convaincante que tu exposes déjà depuis longtemps.

Frédéric Lordon nous appelait collectivement samedi – à moins qu’il ne t’appelle surtout toi-même…- à faire de ce discours de rupture claire et franche « le cœur d’une anticipation raisonnée qui pourrait nous faire gagner du temps en nous faisant parcourir, par la pensée, le processus du plan A pour se rendre immédiatement à son terminus.« 

Vois-tu, ne manque en effet, dans tes discours, que le signal du combat. Aussi longtemps que tu n’oseras pas, ou refuseras obstinément, de dire ces quelques mots, beaucoup continueront de croire que tu n’es qu’un adepte de la « réforme » de l’UE, qu’à l’instar de tant d’autres, tu souhaites « une autre Europe » au sens où on l’entend depuis des décennies de la part de ceux-là même qui nous ont mis là où l’on est !

Tel Frédéric Lordon, je ne crois pas un seul instant que l’on puisse démocratiser l’euro qui, ainsi qu’il l’a dit avec humour, « a autant de réalité qu’un cercle carré ». Il ne s’est pas contenté d’ironiser avec insolence ; il a expliqué, arguments puissants à l’appui, pourquoi on ne démocratisera jamais l’euro qui est né sous le berceau du coup de force.

Et en conséquence de cela, je ne crois pas que « sortir de l’euro » suffira, car si l’on sortait de l’euro et que l’on restait dans l’UE (ce qui, au passage est une incongruité quand on lit les traités qui lient bien l’un et l’autre, sauf pour quelques cas d’États qui ont bénéficié de dérogations), nous continuerions à subir tout l’ordonnancement juridique socialement nuisible, radicalement antidémocratique, et diplomatiquement dévastateur de l’UE.

Marina Albiol, députée européenne d’Izquierda Unida, a été bien inspirée de faire remarquer que « la monnaie n’est pas tout« , que nous étions déjà sous régime libéral et capitaliste avant d’avoir l’euro, et qu’il ne suffira pas de sortir de l’euro pour que tout s’arrange. Il faudra faire bien plus… Ce « bien plus », c’est sortir de l’UE, totalement et définitivement !

Parce que le juriste que je suis connait un peu les traités, sait bien que tout est solidement verrouillé, et que jamais on ne pourra modifier une virgule de cet ordonnancement juridique, fut-ce en mettant notre contribution financière à l’UE dans la balance, nous devons nous échapper, nous évader, de cette nouvelle Alcatraz.

Tu l’as exposé toi-même. Nous pouvons faire tout autre chose sans que la sortie de la France de l’UE signifie un renfermement sur nous-mêmes. Ce n’est pas au nationalisme auquel nous aspirons. C’est tout le contraire : l’internationalisme, mais le vrai, pas l’imaginaire dénoncé à juste titre par Frédéric Lordon. Nous voulons respirer de nouveau et pour cela, nous devons retrouver notre IN-DÉ-PEN-DAN-CE totale, pour pouvoir ensuite, immédiatement après notre sortie « sèche », entamer toutes les négociations nécessaires avec nos partenaires, dans un cadre bilatéral ou multilatéral. La France a vécu sans l’UE hier et elle revivra sans elle demain, sans drame. Le « nouvel indépendantisme français » que tu as brillamment présenté par ailleurs est cela. Alors pourquoi ne réserves-tu ces propos qu’à des cercles restreints de spécialistes ?

Tu as aussi rappelé dimanche que les grands projets européens datent d’avant l’euro et qu’ils n’ont pas été conçus dans le cadre des « communautés européennes » mais dans celui de programmes de « coopération intergouvernementale », c’est-à-dire en dehors des structures communautaires, directement entre États.

Frédéric Lordon a eu l’occasion de le rappeler, lui aussi, en parlant de tous les liens à tisser, ou à développer pour ceux qui existent déjà.

Marina Albiol, encore elle, disait, à juste titre, qu’il fallait « sortir du capitalisme« . Ce n’est pas qu’un mantra. Ça dit beaucoup de choses. Certes, des masses de gens ne sont pas encore convaincues de cela, même si elles ont de plus en plus conscience que les malheurs qu’elles vivent résultent du capitalisme. Elles ne sont pas encore convaincues de la sortie du capitalisme sans doute parce qu’elles ne discernent pas les traits de l’autre société qu’on veut lui substituer.  Or nous avons beaucoup à dire et à proposer sur ce point. Nous le faisons depuis des années mais nous devons employer d’autres moyens pédagogiques que notre habituel discours qui n’a pas l’effet escompté. Sur ce sujet précis, Podemos montre la voie et Pablo Iglesias a eu l’occasion de nous expliquer, dans une vidéo, pourquoi nous faisons fausse route et comment on peut trouver des solutions efficaces. Et il y a aussi Tatiana J., Johann E. et Tommy L. avec le Fil d’Actu qui ouvrent la voie. Ce que ces militant-e-s viennent de commencer à mettre en oeuvre avec ce mini JT alternatif est purement génial.

Oui, comme l’ont exposé certains lors du sommet du Plan B, c’est bien tout le système juridique et institutionnel de l’UE qu’il faut déconstruire puisqu’il institutionnalise, dès le premier jour, le capitalisme.

Donc, il faut commencer, pour ce qui te concerne – puisque tu as déjà en magasin toute l’argumentation idoine à l’appui, mais aussi des alliés et une masse de gens prête à te soutenir dès que tu diras « Aux armes citoyens » (je parle au sens figuré, ça va sans dire) – que « ton » plan B à toi n’est pas de tenter de changer l’UE ou de réformer ou de démocratiser l’euro ou le mécanisme institutionnel de l’UE -inaccessible utopie- mais de nous libérer d’elle.

Faisant cela, tu perdrais des « amis-e-s » et des soutiens mais tu en gagnerais sans doute d’autres, beaucoup d’autres !

J’en finirai par ce dernier élément : peu importe -voire tant mieux !- que tu perdes le soutien de tel parti (le PC par exemple) ou de telle personnalité politique (Pierre Laurent ou Cécile Duflot au hasard), peu importe même que certains du PG te voient alors « dériver » vers le « gauchisme » ou le « rouge-brun » (insultes que nous recevons si souvent) car tu te seras alors mis à l’heure du peuple et tu seras à l’unisson avec lui,  et tu ne tarderas pas à en cueillir très vite les fruits en plus de dévitaliser totalement ce FN qui nous fait tant de mal et qui légitime tant nos maîtres qui s’en servent pour nous faire tous chanter… Cerise sur le gâteau, en étant médiatiquement le vilain petit canard, en étant, a priori, rejeté de toutes parts par « les tiens », tu serais rapidement perçu comme l’Alternative, la vraie. Rappelle-toi l’expérience de Chirac de 1993 à 1995… Lâché de toutes parts, « trahi » par ses plus proches, « seul et isolé », c’est lui qui a battu le candidat du système, Balladur, avant de l’emporter face à Jospin. Je crois que tu peux rééditer cette expérience.

Tu auras sans aucun doute à rivaliser avec un « candidat unique de la Gauche » que la primaire aura désigné contre toi, et surtout contre tout risque de voir l’Alternative prendre tournure. Mais tu seras alors, aux yeux du peuple – à condition aussi que tu dises ce qu’il faut dire…- le recours.

Relis ces mots que Frédéric Lordon a dits dans son intervention de samedi :
« Et de quelle alternative parlons-nous ? De la seule en réalité capable de faire une différence radicale, une de ces différences que le corps social crève de ne plus jamais se voir proposer sur la scène des partis dits de gouvernement, désormais réduits à la grille continue de la droite générale. C’est bien pourquoi mort de faim politique, le peuple se jette avec avidité sur la moindre différence qui passe dans son champ de vision, fut-ce la pire, la plus mensongère, portée par les plus immondes démagogues car au moins c’est une différence et que, par là, il a le sentiment de respirer à nouveau.« 

Jean-Luc, travailler en étroite collaboration avec Frédéric Lordon serait une arme de conviction massive…

Ce qu’il faut que tu fasses, ce n’est pas de courir après la gauche, mais plutôt de trouver le moyen de ramener aux urnes, et si possible en ta faveur, cette moité d’électeurs qui les ont boudées aux dernières élections… Pour cela, tu ne dois pas parler à la Gauche mais à la France.

À partir du moment où tu auras clairement appelé à sortir de l’UE, je ne doute pas que les 55% de Français qui ont voté NON au TCE en 2005 s’intéresseraient de près à ce que tu dis ; et que parmi eux une grande partie finirait par te soutenir si tu persévérais dans ce positionnement-là !

Nous sommes hostiles au monarchisme de la 5e et nous sommes les plus ardents défenseurs d’un changement de régime que nous désignons sous le vocable de « 6e République » et dont nous voulons qu’il fasse « Place au peuple ».

Mais sauf à ce qu’une révolution intervienne avant et ne balaye ce régime honni, il nous faut, si l’on veut avoir quelque chance d’influer sur le cours de notre destin, gagner la présidentielle d’abord, les législatives ensuite. La première étape implique de te faire élire et pour cela, on doit se soumettre au système électoral présidentialiste. On doit donc avoir un candidat  solide, capable de rassembler le peuple et de porter un projet de rupture avec l’Ancien régime.

Je suis de ceux qui pensent que tu dois devenir officiellement candidat et le plus vite possible, en ton nom propre et non en celui du PG ou de quelconque parti, cartel, clan, union de partis, rassemblement de quelque nature que ce soit. La 5e République, tu le sais bien, c’est la rencontre d’un homme et d’un peuple. Je sais bien moi-même que cette idée-là défrise la Gauche qui est adepte du collectif. Mais le « collectif » se fera aussi, autour de toi. Les organisations politiques se positionneront comme elles le veulent. Certaines te soutiendront, d’autres te seront, de manière virulente, hostiles. Tant mieux disais-je plus haut ! Candidat « hors-système » bien que maîtrisant ce système, tu seras en bonne position pour plaire au peuple.