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« La France insoumise : son succès, son programme et son avenir » – Publié dans le journal « Révolution » le 13/09/2017

L’article publié dans le journal Révolution est accessible ici.

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : Je vous invite à lire, à méditer et à relayer largement cet article du journal « Révolution » qui est d’une densité rare.

Oui il est long. Oui, il est dense. Il vous faudra une bonne demi-heure pour aller à son terme. Mais ça en vaut la peine !

C’est un texte qui vous fouette le sang !

C’est un texte qui vous fait réfléchir, qui vous appelle à remettre en question ce qui pouvait vous paraître évident jusqu’ici. Ou à l’inverse, vous fait imaginer ce que demain pourrait être à condition que nous ne reproduisions pas les erreurs d’hier, celles qui ont empêché nos pères de réussir hier en France, celles qui ont empêché nos semblables de réussir hier ailleurs dans le monde, celles qui empêchent aujourd’hui nos frères et soeurs de parvenir d’atteindre le rêve que nous caressons tous et toutes.

C’est un texte qui peut aussi vous renforcer dans certaines de vos certitudes.

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Vous n’êtes pas de gauche ? Dîtes-vous tout simplement humains et pour une société globale éthique et équitable – Par Claire BOUTHILLON le 25/02/2016

Vous dites : « scandaleux, je ne suis pas de gauche, mais je suis contre le massacre des acquis sociaux ».

Vous dites : « Je ne suis pas de gauche du tout. Mais certaines choses sont importantes. »

POUR UN PACTE SOCIAL :

De gauche, surtout celle-là, ne veut plus rien dire, mais nous croyons au progrès. Nous avons avant tout un gros problème démocratique d’une emprise États-unienne (atlantiste) parasite sur nos vies, notre budget, nos normes de sécurité ; qui s’acharne dans la déconstruction de ce que le Conseil national de la Résistance avait édifié après-guerre dans un principe mutualiste.

Le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) impose à l’Union Européenne comme aux autres blocs géopolitiques du monde, de mettre fin aux protections diverses liées à l’hygiène, l’écologie, l’indépendance des entreprises, conteste notre autodétermination à décider de notre existence dans le quotidien, à nous nourrir et à cultiver nos sols comme nous le voulons qui hypothèque nos terres remembrées et de plus en plus impossible à entretenir en les polluant, gérées de plus en plus par des autorités financières étrangères. L’OTAN s’installe sur notre sol avec ses bases militaires. Nous sommes pris en otage.

Les USA, par leur puissance militaire devenue le secteur d’économie le plus vital pour eux, par la puissance d’un dollar dématérialisé dans les transactions, mettent en danger l’équilibre du monde en s’érigeant en monnaie virtuelle commune de référence, désorganisent les démocraties des pays du Sud en créant artificiellement des instabilités sociales, des régimes autocrates (Amérique latine, Moyen-Orient) à leur solde. Ils terrorisent les zones de l’hémisphère Sud en imposant leurs produits, en s’appropriant les ressources, qui provoquent les grandes migrations de la misère et des guerres que nous connaissons actuellement et qui mettront en danger notre propre équilibre. Ils soutiennent les régimes néo fascistes théocratiques et sectaires qui ont été à l’origine de l’État Islamique comme l’Arabie Saoudite et le Qatar. Défont la laïcité pour créer des divisions dangereuses en encourageant un prosélytisme communautariste dans l’espace public, pour nous « occuper » et empêcher de nous unir contre leur dictat économique. Ils entretiennent la déstabilisation des pays du Sud avec des trafics en tous genres dont et surtout les armes par-dessus le transfert abusif des ressources énergétiques et minières qui empêche leur développement. Ils se nourrissent et s’enrichissent sur l’horreur des génocides et des guerres civiles en finançant l’État Islamique. Notre diplomatie française et européenne sont complices et salissent ici en France notre réputation de « patrie des droits de l’Homme ».

Ils nous imposent une diplomatie aux ordres qui porte en elle une inconséquence belliqueuse et humiliante, dans des risques de guerres terribles contre l’URSS par le biais de l’Ukraine et du Moyen-Orient. Heureusement, la Fédération russe résiste en demandant un renforcement altermondialiste d’une réforme des Nations-Unies que nous soutenons et qui doit donner à son Conseil de Sécurité, toute latitude pour permettre à l’hémisphère Sud de prendre part aux décisions internationales.

COMMENT NOUS INVESTIR ?

Il s’agit d’une part dans notre « insoumission » de recouvrer notre propre indépendance étatique aux uns et aux autres, en finir avec la dette publique odieuse créée par les banques d’affaires internationales, en pesant de tout le poids de notre seconde puissance sur l’Union Européenne actuelle, qui ne sert qu’à les maintenir en vie. Nous priorisons notre souveraineté à notre appartenance européenne. Nos gouvernances sont par trop soumises, sans plus de liberté de manœuvres. Rendons les commandes aux populations associées aux grandes décisions en nous tournant vers des compétences de terrain par métiers, secteurs de production ré industrialisés, recherche, conditions sociales etc.., et rendons à l’État sa force d’intervention quand, avec une démographie aussi dynamique, nous avons ici des besoins structurels et d’équipements importants pour nos jeunes d’avenir.

Nous sommes des « insoumis » lucides, concrets, qui portons des solutions auxquelles nous contribuons librement individuellement ou en tant que collectifs divers, qui associons les entreprises qui nous emploient et qui souffrent d’une assistance financière et fiscale éhontée en faveur de très grandes entreprises transnationales, la plupart des jeunes étant formé(e)s par des PME PMI qu’elles engagent ensuite à leur dépend pour leur propre profit ; entreprises petites et moyennes tenues à la gorge par les charges, la rigidité des banques devant leurs besoins de trésorerie, mais aussi par les exigences terribles de ces clients qui pour être de grandes puissances financières honteusement défiscalisées sans contrepartie d’engagements, les prennent en otage au travers de leurs carnets de commandes : car ces entreprises petites et moyennes sont leurs principaux sous-traitants. A elles tous les risques liés aux Ressources Humaines, aux engagements sociaux, à la qualité-produit. Les entreprises transnationales qui sont leurs mandants, engrangent les profits liés à la qualité de production des plus petites qui abondent leurs bénéfices, lesquels, au lieu d’être réinvestis dans les outils de travail, la recherche, la formation des salariés pour plus de qualification etc… dans une redistribution harmonieuse en faveur de la société, sont donnés très majoritairement aux actionnaires, notamment à des fonds de pension internationaux, le plus souvent Nord-américains, qui régissent entre autres les retraites des électeurs d’Angela Merkel qui a une population très vieillissante. Ces actionnaires provoquent des délocalisations d’entreprises bénéficiaires et s’approprient nos brevets, qui sont notre patrimoine commun à côté de notre patrimoine historique vendu aussi à la découpe… pour rembourser cette dette publique artificielle.

Il y a en outre un problème parasite de tentatives d’appropriation des populations de l’Est et du Sud de l’Europe pour pourvoir aux besoins de production en Allemagne qui se retrouvent en servage à bas coût, employables dans des modalités de « souplesse extrême » à l’avantage de ces entreprises esclavagistes, qui créent une précarité générale, une paupérisation, une régression de l’espérance de vie pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. La France est entrée dans ce schéma lugubre qui touchera tout le monde.

D’autres qualifiés s’exilent aux États-Unis pour subir les mêmes critères de servage dont nous voyons en Grande Bretagne une déstructuration totale des conditions de travail. Macron nous y amène, ainsi que la mise à plat du Code du Travail. Ce sont des jeunes hautement qualifiés que notre Éducation a formés.

ON NE PEUT PLUS CONTINUER COMME AVANT

Si vous voulez vous en sortir et ménager l’avenir de vos enfants, même si actuellement vous vous sentez privilégiés et sécurisés, faites abstraction de la question corruptible des politiques actuelles. Nous avons décidé de nous affranchir de leurs appareils qui se sont rendus complices directement ou indirectement des logiques de pouvoirs d’une politique des places. Nous ne sommes pas pour le nivellement par le bas, mais pour nous tirer ensemble vers le haut dans des limites décentes de répartition de la richesse.

Un très proche de ma famille, qui ne s’est jamais considéré de gauche, ni de droite, vient de sauter le pas en lisant les différents projets sur jlm17.fr. Il n’a aucun idéal à défendre. Il n’aime pas particulièrement Jean-Luc Mélenchon mais il pense qu’il résistera aux pressions nécessaires. Ce proche est un pragmatique. C’est un électeur et un citoyen responsable, profondément républicain.

Il a considéré que le projet géopolitique, Défense, économique, social, auquel les « insoumis » adhèrent derrière Jean-Luc Mélenchon, surtout dans la transition écologique, grande pourvoyeuse d’emplois : était réalisable. Et par-dessus tout, il a considéré que pour recouvrer une France éthique et équitable, qui fait monter tout le monde ensemble dans un développement raisonné, qui puisse retrouver sa force diplomatique reconnue et universelle ; il convient comme nous le pensons, de restituer de manière souveraine, un cercle vertueux du fonctionnement de l’État qui repose sur un contrôle référendaire allant jusqu’à la révocation des élu(e)s, mettant fin au cumul des mandats, qui associe toutes les forces vives en démocratie participative, avec un contrat social et économique donnant-donnant avec les forces de production et financières, actuellement les 1% qui exploitent les 99%. C’est là que s’est déplacée la Lutte des Classes. Nous devons compter et peser dans l’interdépendance des peuples du monde. Nous devons empêcher les finances toxiques incontrôlables qui menacent de faire éclater encore la bulle financière mondiale. Alors que nous n’avons pas résorbé celle de 2008, liée aux subprimes, que nous remboursons à la place des banques responsables.
D’abord et avant tout, ce proche qui pense comme vous qu’il n’est pas de gauche, ni de droite, qui est un homme debout, s’engage parce que la planète est à la limite de ce qu’elle peut supporter de nos saccages. Nous sommes au bord de l’effondrement. Vous pouvez avec nous stopper cela. Et contribuer avec vos idées, même si vous n’êtes pas d’accord sur www.jlm2017.fr.

VOTEZ VOTRE PROPRE GOUVERNANCE !

Il n’y a plus ni droite ni gauche : il y a des exploiteurs et des profiteurs en Républiques bananières généralisées dans le monde et qui se tiennent ensemble, avec lesquelles il faut en finir ! A bas les oligarques, élaborons ensemble une nouvelle constitution et remplissons nos institutions de nos métiers, de notre savoir-faire et de notre force citoyenne de propositions, en créant une véritable alternance. Nous ne voulons plus être dépendants de l’Économie. L’Économie est à notre service car l’Homme est au centre de nos préoccupations. Donnons sens à notre vie, dans le bonheur d’être solidaires.

La première expertise est celle de la vie. C’est notre pertinence pour décider de la façon de nous en sortir.

Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles… Fin d’une histoire et début d’une autre…

J’ai l’âme de celui qui veut être du bon côté, j’entends du côté des libérateurs, de ceux qui briseront ou aideront à briser les chaines de la servitude…

Je milite au PG depuis plus de 5 ans. J’y ai vécu de grands moments. J’y ai beaucoup appris. Du bon et du moins bon des hommes et des femmes qui s’engagent. Certains n’ont que la volonté sincère d’aider la collectivité. D’autres ont quelques desseins qui ne collent pas tout à fait à ces nobles objectifs affichés. Je connaissais ces tares bien avant d’entrer au PG car j’ai eu une vie politique auparavant… Mais j’étais naïf au point d’imaginer que le PG serait autre chose… J’étais crédule en ce sens que je pensais que les militants du PG, qu’ils soient illustres ou anonymes, avaient tous, chevillés au corps, des principes et des valeurs nobles et que leurs actes étaient, davantage chez nous qu’ailleurs, conformes à leurs belles paroles…

C’est sur ce point que j’ai été cruellement déçu. Bon, je relativise de plus en plus. Tout groupe humain, quel qu’il soit, est ainsi fait. Mais quand on a pris conscience de ces tares, de ces défauts, de ces insuffisances, il ne serait pas raisonnable de casser un outil qui a été construit patiemment, au seul motif qu’il ne colle pas tout à fait à ce que vous attendiez de lui. Donc, j’ai décidé, très récemment, de renouveler mon appartenance à ce parti. Parce que je le crois encore capable de satisfaire l’intérêt général. S’il y a, en son sein, des parasites et des nuisibles, il y a aussi beaucoup de bonnes volontés.

Alors, ayant compris le sens de cette formule de Nelson Mandela qui disait : « Il ne faut jamais lutter contre les hommes mais contre le système », je me bats non contre les « hommes » du PG mais contre un « système » que je dénonce depuis toujours, celui de l’autorité qui ne s’impose pas naturellement mais par des processus qui n’ont rien de démocratique.

Le PG entrera en congrès dans quelques mois et mon espoir est que nous allons, nous militants de ce parti, reprendre le contrôle de notre famille pour en faire une organisation politique en phase avec le temps que nous vivons. Son mode d’organisation est dépassé. L’autorité hiérarchique n’est plus légitime au temps des fonctionnements horizontaux et en réseau. La forme traditionnelle du « parti » est même, d’ailleurs, totalement déconnectée des modes d’échanges et de communication politique de notre société. Plus nous nous accrocherons à un passé révolu et plus vite nous sombrerons avec l’ancien régime.

Je suis de celles et ceux qui veulent que le Parti de Gauche soit du bon côté car le jour approche où le peuple va surgir sur la scène. Or, si le PG reste ce qu’il est, il ne sera pas armé pour combattre et sera même perçu comme un obstacle. Il ne suffit pas de faire des discours élogieux de Syriza ou de Podemos et s’en retourner ensuite à nos habitudes de parti. Je n’ai pas le sentiment que, malgré certains beaux discours que nous entendons de la part de ceux qui nous représentent, nous ayons pris la mesure de ce qu’il ne faut plus faire… Certes, je ne suis pas en train de déclamer LA vérité. Celle-ci est relative. Je ne dis ici que MA vérité. Peut-être ai-je tort. J’en accepte le présage et je veux bien entendre la contradiction. Mais j’ai la faiblesse de penser que je suis davantage en phase avec ce qui se joue que si j’étais un militant docile, suivant la ligne (mais laquelle ?) de mon parti…

Donc, en 2015, il y aura pour moi, comme pour la plupart de mes camarades du PG, deux séquences principales : avant le congrès et après… Ces deux séquences politiques seront évidemment rythmées aussi par les processus électoraux des élections départementales et régionales… Au jour d’aujourd’hui, je veux croire que mon parti adoptera ce que j’estime être les bonnes décisions, à la fois quant à ces élections locales, mais dont la portée, incontestablement, sera nationale, et lors du congrès. Je regrette de devoir dire que cela ne me regarde plus.

Rester ou aller voir ailleurs ? La question ma taraudait depuis des mois… Et ce potentiel « ailleurs », je ne le voyais pas forcément comme un autre parti car je n’en vois pas d’autre, aujourd’hui. Et je me demande même si un « parti » n’est pas, en lui-même, un des plus sérieux obstacles au changement profond auquel j’aspire.

Alors, j’ai décidé de m’en aller. Puissent mes camarades trouver le bon chemin mais je refuse de jouer aux frondeurs de l’intérieur. Puisque je suis « minoritaire » et que je ne veux plus cautionner les choix de la « majorité », j’en tire les conséquences.

Je ne me suis pas assez documenté à ce jour sur l’expérience Podemos. Je vais m’y employer dans les prochaines semaines. Il se pourrait bien que je m’engage beaucoup plus fortement sur ce terrain-là. Je crois en effet que le peuple de France, contrairement aux apparences, ne se désintéresse pas de la politique mais qu’il désavoue clairement ceux qui la font aujourd’hui, quels qu’ils soient… Ils veulent influer DIRECTEMENT sur les choix qui sont faits en leur nom et pour leur compte or cela, on le leur refuse presque toujours. Même chez nous, au PG, la démocratie réelle est loin d’exister… Je le déplore et nous sommes nombreux à en avoir goûté les fruits pourris. Au point que des centaines, peut-être des milliers, de militants nous ont quittés depuis des mois. Il fut un temps où l’on pouvait mépriser les départs de tel ou tel car on y voyait souvent des querelles d’égo. Mais quand ce sont des militants de la base qui s’en vont, quand des dizaines de comités sont dissouts par décision prétorienne d’en haut sans réelle procédure contradictoire, parce que les militants avaient décidé souverainement de telle ou telle conduite, qui était bien dans l’esprit du PG mais qui ne collait pas avec l’idée que tel ou tel, au sommet, se faisait de ce qu’il convenait de faire, eh bien, nous pouvons dire que notre parti file un très mauvais coton… Et le pire de tout pour nous qui nous voulions les plus ardents démocrates et qui nous prétendions différents de tous les autres, c’est justement que nous sommes des clones de tous ces autres…

Soit le « peuple » du PG prend le pouvoir dans son parti, mesure préalable indispensable à un bouleversement radical des institutions de notre pays, soit il se fait suiveur de ses principaux responsables, quitte à avaliser des choix peu fidèles à la raison d’être du PG, et alors la fin de l’histoire sera écrite. Elle sera tragique pour le PG.

Normalement, un militant du PG devrait avoir pour principal objectif de permettre la révolution citoyenne. Donc, il devrait agir, au sein de son parti, pour que cet objectif devienne réalité. Et pour y parvenir, il vaut mieux, bien sûr, qu’il soit armé et appuyé par une structure organisée. Le PG peut être cette force d’action rapide. Mais ce militant doit aussi être sensible à ce qui se dit et à ce qui se fait en dehors de lui, dans sa ville, son département, sa région, son pays, son continent et ailleurs dans le monde… Ce n’est pas une « leçon » que je fais ici. Je dis juste ce qui me semble nécessaire parce que je ressens trop amèrement le jeu pathétique de quelques combinaisons malsaines qui salissent le parti et ceux qui le font vivre, et qui détruisent la bonne image qu’il pouvait avoir au sein du « peuple ».

Alors défendre un parti, le protéger des assauts ennemis, c’est évidemment indispensable. Mais être sourd et aveugle aux critiques légitimes, c’est adopter un comportement suicidaire. Refuser de faire de ce parti ce qu’il était sensé être, le ramener à des jeux de parti, c’est assassiner son âme.

Toutes choses égales par ailleurs, comme on dit, pourquoi Podemos en Espagne et Syriza en Grèce ont-elles autant gagné d’audience et de force populaire depuis quelques mois ? Est-ce dû seulement au fait évident que les causes de souffrance ont été bien plus accentuées chez ces deux peuples du Sud que chez nous en France ? Certes, c’est un facteur mais ce n’est pas le seul, loin de là ! À tout voir par ce seul prisme, à tout analyser par ce seul motif, je crois que nous perdons de vue l’essentiel…

Ces deux forces, chacune à sa manière, ont su capter les volontés et les attentes du peuple. Nous avions commencé à réussir nous-mêmes ce défi au printemps 2012. Vous vous souvenez ? Le Front de Gauche, alors, avait su s’élever à la hauteur des circonstances et nous étions pleins d’espoir pour l’avenir. Mais nous avons choisi, plus ou moins volontairement, de revenir à nos jeux partisans et le peuple nous a sanctionnés. Je ne crois pas que nous regagnerons sa confiance avec le Front de Gauche. Une fois que la confiance est rompue, jamais elle ne peut revenir…

Cela fait des mois que nombre d’entre nous le disons. Et pour ce qui est du PG, nous sommes aussi quelques-uns, j’ignore combien, à reprocher au PG de tergiverser, de finasser, d’attendre Godot… et finalement de ne pas être celui qu’il prétendait vouloir être… Nous ne sommes pas le parti révolutionnaire que nous prétendions incarner. À force de refuser d’être « comme le NPA », à force de refuser les « dérives gauchisantes », nous avons chaussé les bottes d’un parti quasi-traditionnel. Certes, le PG a défendu et défend encore certaines ruptures politiques. Je ne dirai pas le contraire. Car si je n’avais pas perçu une volonté de rupture au sein du PG, je n’y serais pas venu ou j’en serais parti plus tôt. Mais disons que je nous trouve trop timorés, pas assez ambitieux, et pour le dire, trop installés dans les institutions, ce qui est un comble puisque nous n’avons qu’un nombre très réduit d’élus… Mais c’est dans notre conduite que nous donnons une image de parti traditionnel.

Je suis de ceux qui pensent que si Jean-Luc Mélenchon a choisi de vivre une autre étape de sa vie politique, ce n’est pas QUE pour les raisons qui nous ont été dites, même si ces raisons-là existent et que je ne dénie pas qu’elles aient eu leur influence. Il a eu raison de faire le choix qu’il a fait. Je l’attendais depuis longtemps. Je défendais moi-même la nécessité de ce dépassement depuis un bay quand il l’a annoncé. Je fus donc heureux qu’il adopte cette décision. Mais pour quelqu’un qui a créé le Parti de Gauche, cela ne peut manquer de nous interroger… Et puisque il a ensuite initié le Mouvement pour la 6e République, mouvement basé sur la volonté d’entendre le peuple et même de lui donner le pouvoir, il est facile d’imaginer que c’est parce que le parti qu’il avait créé lui-même, certes avec d’autres, ne satisfaisait plus aux objectifs de la révolution citoyenne à laquelle il aspirait.

La scène politique française, aujourd’hui, est détestable. Inutile d’écrire sur ce point car chacun de nous est bien conscient de la réalité du moment. Et on ne peut qu’être inquiets de l’avenir qui ne s’annonce pas des plus sereins, ni des plus heureux.

Il semblerait que la chaine soit sur le point de se rompre ailleurs que chez nous. Si cela se produit pour de bon, nous nous réjouirons et nous devrons, à mon avis, nous engager à fond au côté de ceux qui auront donné le premier coup décisif. N’oublions pas l’Histoire de l’Europe… N’oublions pas que lorsque l’Espagne s’est donné un gouvernement de gauche dans les années 30, il y eut, peu après, un coup d’état fasciste qui mit ce pays en guerre et sous le joug pendant des décennies. De même, en Grèce, avec le régime dit des colonels. La France aussi est passée du Front populaire au pétainisme conquérant. Et au-delà de l’Europe, il y a les tragiques expériences chilienne et argentine pour ne citer que les plus monstrueuses…

Si nous sommes instruits de cette Histoire, nous pourrons peut-être éviter de la renouveler. Toutefois, il ne suffira pas de la connaître. Il faudra aussi nous rassembler contre l’ennemi qui prépare ses armes. Il ne suffit pas de répéter, comme un mantra, la célèbre phrase de Jean Jaurès « Le capitalisme porte la guerre comme la nuée l’orage » pour éviter le drame. Il faut aussi agir avec détermination et constance en poussant du bon côté et ne jamais faire demi-tour ou faiblir en admettant des exceptions à notre inflexibilité stratégique ou programmatique.

Il a fallu, en France, le cataclysme de la Seconde guerre mondiale, avec son cortège d’horreurs, de souffrances, de destructions et de régression civilisationnelle, pour que le peuple des gueux – on dirait aujourd’hui des « sans-dents », se mette en rébellion, prenne le maquis, et résiste à l’ennemi, puis prépare le renouveau via le Conseil National de la Résistance. L’oeuvre du CNR édifia un pays nouveau, modèle pour le monde. Et son aura était telle que tous les méchants capitalistes se terraient, ivres de honte et de peur d’être dénoncés et lynchés pour les crimes qu’ils avaient rendu possibles. Puis, peu à peu, goûtant aux charmes de la paix et aux progrès économiques et sociaux des trente glorieuses, le peuple s’est assoupi. Nos ennemis en ont profité pour reprendre du poil de la bête et dès les années 70, ils sont repartis à l’offensive. Nous les subissons depuis plus de trente ans.

Nicolas Baverez a parlé des « trente piteuses » pour dénoncer tous « ces maux bien connus » de la France : un État « pléthorique », des dépenses « toujours supérieures à nos ressources », des riches « pressurés-écartelés-spoliés », un « assistanat généralisé », un « anti-américanisme primaire » et « grossier » etc. etc. Vous avez entendu mille fois par an ces sermons car il n’y a pas que le réac’ Nicolas Baverez pour les déverser à profusion dans nos radios, nos télés, nos journaux… Cette expression des « trente piteuses » est assez juste en fait, à ceci près que nous pouvons l’utiliser, nous, dans le sens exactement inverse du sien, pour dénoncer ce qu’il encensait et pour louanger ce qu’il fustigeait…

Oui, les années 70, 80 et 90 mais aussi les années 2000 et le début de cette décennie 2010, sont bien des années « piteuses » au sens où notre démocratie a été violée, dans la mesure où elle a été prise avec violence par quelques personnes des sphères oligarchiques avec l’assentiment des « élites » et dans le désintérêt général du peuple. Et ce crime n’a jamais été jugé à ce jour. Un jour, il le sera. Et le jour approche où les coupables devront rendre des comptes…

Oui, les années 70, 80 et 90, mais aussi les années 2000 et le début de cette décennie 2010, sont bien des années « piteuses » au sens où notre modèle économique et social reposant sur une économie mixte (capitaliste par principe mais fortement encadrée par un État régulateur ou providence) a été peu à peu vidé de sa substance au profit d’un État au service exclusif des marchés et de quelques oligarques. Finalement, en forçant un peu le trait, je pourrais dire que la France contemporaine n’est plus très éloignée de l’anarchique Russie eltsinienne des années 90. Je me demande si la principale différence n’est pas qu’en France, nous n’assistons pas aux tueries mafieuses qui ensanglantaient alors le pays russe quand les clans des oligarques se disputaient les richesses de la défunte URSS… Au passage, je ferai remarquer que cette URSS n’était peut-être pas si ruinée qu’on le disait à l’Ouest… Sinon, il n’y aurait pas eu autant de règlements de comptes à la façon d’OK Corral initiés par ceux qui voulaient dépecer le pays à leur seul profit égoïste.

Puisqu’il paraît que depuis quatre siècles, les années xx15, sont des crus exceptionnels, faisons en sorte, collectivement, que 2015 soit un grand cru millésimé, exceptionnel par les avancées de civilisation que nous rendrons possible ensemble, et non par la régression ultime qui menace;  je pense à la guerre en Europe avec tout ce que cela impliquerait de souffrances, de dévastations et de régression…

Du débat Mélenchon-Zemmour, de la référence à Georges Marchais et au général De Gaulle, de la question de l’immigration et de l’économie…

Un de mes contacts sur Facebook a écrit :

« Le problème de MÉLENCHON est qu’il est internationaliste et pas communiste. Il est plus proche des positions libérales d’un COHN-BENDIT que les positions collectivistes de MARCHAIS. Aussi les patriotes communistes mexicains de 1964 grâce à leur positionnement idéologique ont une économie florissante alors que les anarchistes internationalistes ont traité MARCHAIS comme un chien galeux et un pestiféré. Résultat : le libéralisme pro UE. Moi je le dis VIVE MARCHAIS et même VIVE DE GAULLE. »

Et ceci : « Puis le jour où MÉLENCHON dira comme MARCHAIS, qu’il faut arrêter l’immigration on aura fait un grand pas. ZEMMOUR ne dit pas que des conneries, c’est même plutôt le contraire, il est très intelligent. »

Ces deux commentaires m’ont inspiré les réponses suivantes…

Quand tu dis que MÉLENCHON est plus proche des positions libérales d’un COHN-BENDIT que des positions collectivistes de MARCHAIS, c’est que tu ne l’as pas bien lu, écouté et compris car si l’on peut reprocher à MÉLENCHON certaines choses, ce n’est sans doute pas celle-là. Cette accusation est grotesque.

Quand tu dis « Vive MARCHAIS et même vive DE GAULLE », là je te suis. Ces deux personnalités-là, malgré leurs tares et leurs défauts, avaient un discours cohérent et, pour celui des deux qui fut un géant de notre Histoire, une pratique qui avait une dignité qu’aucun de ses successeurs n’a jamais ne serait-ce qu’approchée.

 En tant que partisan de la 6e, je suis logiquement un dénonciateur ardent de la 5e mais je n’ignore rien de la situation réelle qui veut que la 5e, dans sa version originelle, n’était pas la « 5e » actuelle.

 Moi, je considère que la 5e initiale, celle instituée par DE GAULLE, méritait déjà d’être dénoncée et critiquée, à la fois pour son contenu et pour les conditions, totalement scandaleuses, de son avènement (la crise du 13 mai, le quasi coup d’État suivi du coup de force politique, la rédaction de la nouvelle constitution contrôlée par seulement quelques personnes sans recours à ce qui aurait été légitime et démocratique : une Constituante, et bien d’autres raisons). Cela étant dit, le régime initial, même top autoritaire à mes yeux, n’avait pas tous les défauts qu’il a acquis par la suite. Notamment parce que celui qui était la « clé de voûte des institutions », formule chère au Général, exerçait le pouvoir dans un certain respect de la volonté populaire. Le peuple français a pu aller aux urnes tous les ans, pour une raison ou pour une autre, pendant la période où DE GAULLE était Président. Et le jour où le choix qu’il souhaitait voir approuvé fut désavoué, il s’en alla. Quelle dignité ! Aucun Président de la République française n’a jamais plus eu un tel panache. Donc je suis à la fois très critique de son œuvre sur certains sujets, mais aussi assez admiratif de l’homme, de son action comme chef de la France libre puis comme acteur de la restauration de notre grandeur, notamment dans sa lutte contre l’impérialisme de l’Empire états-unien.

Et si DE GAULLE n’était pas anticapitaliste, ce que je suis devenu moi-même et ce que sont mes camarades du PG et du Front de Gauche, en revanche, DE GAULLE avait une vision politique qui voulait que le politique commandait à l’économie et non pas l’inverse, ce qui le rapprochait un peu de MARCHAIS (puisque tu compares les deux, je le fais aussi). Le capitalisme est détestable mais le capitalisme enfermé dans un système d’économie mixte, comme c’était le cas alors, faisait bien moins de dégâts économiques et sociaux que celui, débridé, sans règle, sans principe humaniste, sans aucune décence, sans aucune rationalité économique et financière, que nous connaissons aujourd’hui, et ce, depuis désormais presque 45 ans. Il est facile de voir que c’est dès la fin de la période gaullienne que les choses ont mal tourné, avec POMPIDOU, le banquier de la banque Rothschild, qui était, en quelque sorte, un « ennemi de l’intérieur » en plus d’être un « allié objectif » de l’Empire états-unien. C’est lui qui a fait entrer le Royaume-Uni dans ce qui était alors la CEE. C’est lui qui a suivi la logique nixonienne du recours au marché pour financer l’État. Et peu à peu, tout le reste a suivi.

Quand tu dis que « ZEMMOUR ne dit pas que des conneries », qu’ « il est très intelligent », je suis presque d’accord. Presque car moi je ne dirais pas que ZEMMOUR est « très intelligent ». S’il était vraiment « très intelligent », à mon sens, il aurait choisi un autre chemin philosophique et politique. Mais passons car je ne dirais pas non plus qu’il ne dit « que des conneries ». Sans être « très intelligent », il n’est pas non plus un sot. Ce qu’il dit est en effet pensé, réfléchi. Il ne s’agit pas de propos stupides, de comptoir. Ce qu’il dit reflète une pensée, une idéologie, une vision, une lecture de l’Histoire et de la vie. Ce n’est pas la mienne. Ce n’est pas celle de MÉLENCHON . Ce n’est pas celle du PG ou du FdG. Et je ne crois pas que ce soit celle de la majorité des Français, malgré certaines apparences contraires.

Le problème avec ZEMMOUR, c’est qu’il manie, dans son raisonnement, des faits qui sont incontestables et des déductions qui, elles, ne le sont pas. Il a une vision de l’Histoire qui n’est pas rationnellement fondée. Il idéologise trop l’Histoire. Et nous analysons, nous-mêmes, certaines « vérités » historiques différemment de lui. Je ne vais pas ici disserter sur cela car ce n’est pas le lieu mais si je peux comprendre que certaines personnes, qui pensent à droite, ne se retrouvent pas dans la lecture que MÉLENCHON et nous, à gauche, faisons, il faut comprendre aussi que l’on ne saurait, nous, valider comme l’unique vérité absolue, la vision de ZEMMOUR et de la droite, ou plutôt d’une partie de cette droite. Si les faits peuvent être incontestables quand ils sont avérés, l’interprétation qu’on développe de ces faits, elle, est toujours susceptible d’être critiquée et soumise à des versions contraires.

Quand tu dis que « MÉLENCHON devrait, comme MARCHAIS, défendre l’arrêt de l’immigration », tu as tort, à mes yeux. Je sais que beaucoup de Français-e-s, si l’on écoute les medias mainstream qui ne cessent de le dire, voire si l’on discute avec les gens, ont cette idée-là. Nous n’ignorons pas, autour de MÉLENCHON et à gauche, qu’une partie des Français-e-s, souhaiteraient que l’on arrête d’accueillir chez nous des étrangers, voire qu’on en renvoie un certain nombre chez eux.

Nous n’avons pas cette vision. Quand on est à gauche, on a le sens de l’accueil et de la tolérance. Nous voulons une France ouverte aux autres, notamment à celles et ceux qui sont menacé-e-s dans leur pays, menacé-e-s dans leur vie, leur sécurité, leur liberté, leurs droits fondamentaux. Inutile de me ressortir la saillie célèbre de Michel ROCARD sur le sujet. Nous, nous refusons ce discours-là. Nous défendons un discours inverse. C’est ainsi. La démocratie impose que l’on puisse avoir une autre vision que la nôtre et que cette vision-là soit défendue, mais, à l’inverse, notre propre vision est tout aussi légitime.

Si, pour débattre sereinement de ce sujet hautement passionné, on écarte l’idée que celles et ceux qui refusent notre vision seraient simplement des racistes et des xénophobes, bien que ce soit aussi souvent le cas, mais qu’on leur reconnaît la dignité de fonder leur vision, non pas sur de tels ressentiments détestables, mais sur une logique économique, il y a alors matière à discuter.

L’idée qui est mise en avant, et qui n’est pas contraire à la vérité selon certains angles d’analyse, c’est que les immigrés conduisent à une régression du niveau des salaires de l’ensemble des Français, parce que cette population est moins exigeante que nous et qu’elle accepte donc de travailler à des conditions salariales et générales inférieures à celles que nous acceptons nous-mêmes et que nos lois garantissent encore quelque fois. Je dirais que :

1°/ Cela est vrai pour les immigrés clandestins beaucoup plus que pour les immigrés entrés légalement en France.

2°/ Il existe des moyens d’agir contre ce problème.

Sur le premier point, le problème est que des clandestins, pour pouvoir survivre, doivent à tout prix travailler et acceptent donc n’importe quel travail, dans n’importe quelles conditions. Comme ils sont clandestins, ils ne bénéficient pas des droits élémentaires des salarié-e-s et les employeurs indélicats (pour utiliser un terme poli car en fait ce sont de vrais salopards, exploiteurs, esclavagistes) font leur beurre sur leur misère. Il est possible et nécessaire de sanctionner pénalement et lourdement les patrons qui emploieraient ainsi illégalement et inhumainement des immigrés illégaux. Les sanctions devraient être suffisamment lourdes pour être dissuasives.

Au-delà, il y a la solution que NOUS préconisons depuis longtemps : la régularisation pour que ces immigrés, qui ont eu le courage de quitter leur pays pour trouver du travail et des moyens de vivre – et de faire vivre leur famille – décemment, puissent être armés légalement pour ne plus accepter de telles exploitations.

Alors on nous dit que de telles décisions seraient un appel à une immigration massive. Tous les exemples que nous connaissons disent le contraire. Là encore, je ne veux pas disserter des heures mais l’immigration ne dépend pas de la générosité ou de l’avarice du pays qui se trouve être le pays d’accueil. Ce qui amène les gens à immigrer, y compris clandestinement, repose sur d’autres fondations. Nous ne risquons pas d’être envahis mais par contre nous aurions la garantie de ne plus connaître l’exploitation honteuse des immigrés clandestins. Ceux-ci auraient les mêmes droits que nous.

Sur le second point, qui recoupe en partie la problématique du premier, le problème serait que les immigrés légaux viennent manger le pain des Français… Outre l’inanité d’une telle affirmation, il est utile de rappeler que si les patrons encouragent l’immigration, c’est justement parce qu’ils savent que les immigrés feront le travail aux conditions qu’eux, les employeurs, définissent. Mais il suffirait que la loi décide que les immigrés seront traités comme tout Français, qu’ils auront exactement les mêmes droits face à leurs patrons que tout Français, pour que les patrons n’aient plus envie de remplacer la main d’œuvre française par une main d’œuvre immigrée.

On entend souvent, chez les exploiteurs ou chez les réacs, ou chez les ignorants, ou chez les salopards, ou chez es crétins, que si par exemple le bâtiment ou la restauration recrutent autant d’étrangers, c’est que les Français, sont paresseux, tire-au-flanc, qu’ils ne veulent pas travailler, qu’ils refusent les emplois un peu pénibles, qu’ils préfèrent être payés par les assurances chômage… Ce discours-là, en plus d’être clairement idéologisé de manière détestable, est stupide et ne repose sur rien d’autres que sur quelques abus montés en épingle depuis des années, alors même que bien d’autres abus, dans d’autres domaines, d’ampleur sans commune mesure avec les précédents, ne sont pas, eux, pris en considération. Si les Français refusent en effet parfois de prendre les emplois disponibles, c’est parce qu’il est inacceptable, dans la situation économique de richesse de notre pays, que l’on doive travailler dans la peine, sur des amplitudes de durée trop longues, ou dans des conditions de travail inacceptables, pour des salaires ridicules. La solution n’est pas d’aller chercher des esclaves plus dociles et moins exigeants, mais d’élever les exigences que les employeurs doivent respecter quand ils salarient des gens. Nous pouvons le faire. C’est le rôle de la loi. Et s’agissant du coût économique de cela, il peut être couvert par une refondation totale de notre système de pensée économique et fiscal. On en vient alors à la question essentielle, fondamentale entre toutes, d’un autre partage des richesses, que nous défendons, nous, autour de Jean-Luc MÉLENCHON, nous au Parti de Gauche, nous au Front de Gauche, et je sais qu’il y a des Français, qui ne se définissent pourtant pas comme étant de gauche, qui pensent exactement comme nous, sur ce point.

L’économie est florissante quand les richesses créées par tous circulent. Elle dépérit quand une petite caste oligarchique confisque l’essentiel à son seul profit. Une économie est en développement stable et se trouve viable et saine quand les entreprises qui font des bénéfices réinvestissent largement leurs gains pour se développer et pour mieux payer leurs salariés, tous et pas les quelques personnes autour du N°1 de l’entreprise. Inutile d’expliquer longtemps que si les petits salariés voient leur rémunération croître, ils l’utiliseront, soit en consommant, soit en épargnant. Dans les deux cas, les gains seront remis immédiatement en circulation. Tandis que lorsque les plus gros gagnent encore davantage, non seulement ils ne réinvestissent pas ces gains dans l’économie réelle, mais en outre ils placent leurs fortunes dans des paradis fiscaux étrangers à la France. Ils volent donc purement et simplement le fruit du travail de tous et détournent la richesse collective du pays. Il s’agit là ni plus ni moins que de vol, d’escroquerie, de détournement de fonds. Ce pourrait être pénalement sanctionné en plus d’être politiquement discrédité.

C’est le système qui permet cela qui doit impérativement être revu et radicalement transformé. Ce sera à la loi de fixer en conséquence des salaires minimum beaucoup plus hauts qu’aujourd’hui, à l’inverse des salaires maximum beaucoup plus bas. Ensuite, par le biais de l’impôt, nous devrons tendre à une plus juste répartition des richesses. Devant ces engagements que nous prenons, certains hurlent comme des vierges qu’on effaroucherait ou des porcs qu’on violenterait. Mais il ne s’agit pas pour nous de mettre tout le monde au même niveau. Il demeurera des différences entre les uns et les autres. Les patrons et les salariés ne seront pas payés le même salaire. Les « grands » patrons gagneront toujours plus que les « petits ». Mais les écarts scandaleux que nous connaissons seront fortement réduits. Et nous reviendrons sans doute à des logiques plus raisonnables et plus humanistes. Il n’y aura plus, avec nous, de compétition pour gagner toujours plus, surtout si c’est au détriment des autres… Peut-être que le patron qui prendrait de véritables risques, non pas des risques contestables du genre de ceux qui jouent en bourse, mais des risques résultant de la tentative d’ouvrir de nouveaux chemins pour le développement de son entreprise et donc pour l’intérêt général à la fois de son entreprise, de ses salariés et de l’économie du pays tout entier, serait gratifié d’une « prime ». Mais les retraites-chapeaux, les stocks-options et autres exemples de confiscation insolente ne seront plus possibles, surtout quand ils sont au bénéfice de gens qui n’ont plus rien à voir ni avec des employeurs, ni avec des chefs d’entreprise, mais qui ne sont plus que des financiers traitant les êtres humains comme des choses.

La fiscalité française sera revue de fond en comble, aussi bien la fiscalité nationale que la fiscalité locale. Le principe qui la gouvernera sera l’égalité. Dans l’esprit de l’article 13 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, la contribution de chacun sera « également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés ». Je rappelle que le président états-unien Franklin Delano ROOSEVELT, qui n’était pas un communiste, même s’il était sans doute plus à gauche que beaucoup de ceux qui l’avaient précédé et qui lui ont succédé, avait, pendant les années trente, élevé l’impôt de la tranche supérieure à 90%. Oui, 90% pour les plus riches. Aux États-Unis. Dans la vie réelle… Même en France, avant que François MITTERRAND ne soit élu en 1981, le taux d’impôt pour les plus riches était de l’ordre de 70% je crois. Or, nous étions sous la présidence de Valéry Giscard d’ESTAING qui n’était pas précisément un bolchévique…

Oui, nous reviendrons à cette logique qui veut que les très riches paient beaucoup car lorsqu’on ponctionne un petit salaire de 5 à 10%, c’est bien plus cruel et injuste que lorsqu’on ponctionne un multimillionnaire à 50/60/70/80 ou même 90 %. Et il lui en restera toujours beaucoup plus qu’au premier. Oui, nous estimons qu’il y a une décence humaniste qui impose que l’on décide d’un seuil maximal de rémunération. La vie ne se résume pas au fric. Le but d’une vie terrestre n’est pas seulement d’amasser des millions, des milliards dont on ne sait que faire ensuite et dont on prive, tous les autres. Alors même que des milliards de gens souffrent de pénurie, de misère, de faim, de mal-logement, de mal-nutrition, d’absence de soins…

Cette répartition nouvelles des richesses permettra de financer non seulement le coût de l’immigration mais bien d’autres politiques de progrès pour tous. Et cette nouvelle fiscalité empêchera aussi, ce qui est de salubrité publique, que des familles ne deviennent des dynasties qui, génération après génération, maintiennent des milliardaires oisifs, parasites, qui pèsent sur la vie publique du pays et tendent à l’influer fortement sans avoir la dignité ou les titres pour cela.

En République, il doit être possible de gagner plus demain qu’aujourd’hui. Il n’est pas antagoniste avec la République que l’on cherche à avoir une meilleure rémunération et il est assez noble que des personnes cherchent à offrir à leurs descendants les moyens de subsister en cas de coup dur ou un petit coup de pouce pour débuter. Mais ce petit pécule ou ce petit coup de pouce ne doit pas être une montagne d’or. Nous refusons qu’existe dans notre République une « noblesse d’argent » qui, sauf accident, se perpétuerait toujours, génération après génération, sans que les successeurs de ceux qui l’ont initiée, n’aient de mérites particuliers. Certes, il y a parmi les milliardaires, des gens dignes et nobles de cœur qui profitent de leur situation personnelle avantageuse pour être utiles à la collectivité mais c’est moins d’être une règle générale et même quand ils le font, ils ne le font pas assez. Nous, à gauche, ne tolérons pas que le monde soit constitué de personnes vivant dans de tels écarts de richesse. Nous corrigerons cela. Plutôt qu’un bouclier fiscal empêchant que l’on conteste aux uns le « droit » d’amasser des fortunes qui manquent ensuite à l’intérêt de tous, nous instituerons un « bouclier social ». Il y a divers procédés pour y parvenir. On y reviendra.

Nous entendons que l’on puisse ne pas être d’accord avec nous. Nous sommes démocrates et nous n’imposerons rien par la force. Nous débattrons. Nous convaincrons. Ce sera la loi, expression de la volonté générale qui imposera ce que le peuple français, dûment informé, après en avoir longuement débattu, aura décidé collectivement. Sur ce point comme sur tous les autres…