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Le PS est En Marche. Objectif Fusion – Objectif Tune – Par Baloo Kâa le 28/04/2017

Objectif Tune

Il m’arrive très souvent de me dire que les hommes politiques se foutent vraiment de nous et pensent que, comme nous n’avons aucun pouvoir d’analyse et de discernement, ils peuvent se permettre les plus gros enfumages en toute tranquillité. C’est un peu le cas, une nouvelle fois avec Cambadélis qui a été nettement plus prompt à prendre la décision de tout mettre en œuvre pour soutenir Macron qu’à mettre en place une procédure d’exclusion de certains élus socialistes qui ne respectaient pas la charte de la Belle Alliance Populaire et même les statuts du parti. En effet, deux jours après la qualification de Macron pour le second tour de la présidentielle, le PS annonce qu’il va éditer quatre millions de tracts, plus des milliers d’affiches, payés par le PS, pour faire barrage au FN . En réalité, les tracts estampillés PS-Social Ecologie appellent à voter Macron pour se la jouer défenseur de la République en danger face au péril FN. Ca sent vraiment le réchauffé cette histoire. Le PS nous sert la même soupe depuis Mitterrand et le pire, c’est que ça marche pratiquement à tous les coups.

Ne doit-on pas considérer, dès lors, que le laxisme de Cambadélis envers les déserteurs et sa promptitude à soutenir la nouvelle sociale- démocratie libérale incarnée par Macron ne sont, en fin de compte, que la deuxième phase d’une habile manœuvre préparée de longue date par un fin stratège ?

La manœuvre n’avait-elle pas pour but premier d’empêcher le PS de se faire déborder sur sa gauche par la France Insoumise et comme but second de mettre en orbite le jeune Macron censé incarner le renouveau en politique, et tant pis si le PS devait pour cela être sacrifié ?

Si c’était le cas, et cela semble l’être, la manœuvre a réussi ; le PS est grillé. Que dis-je grillé ? Il est carbonisé.

La suite de cette stratégie consistait donc à trouver une parade pour que les sociaux-démocrates et les sociaux-libéraux qui avaient réussi à gangrener le parti puissent partir en toute sérénité une fois qu’ils auraient réussi leur mission de créer un PS bis de droite mais qui ne s’appellerait surtout pas PS puisque la vocation première des gens comme Valls et Hollande était de tuer le Parti qui les nourrit depuis toujours. Nous assistons donc clairement à la mise à feu du troisième étage de la fusée qui devrait permettre au mouvement En Marche, de devenir le grand mouvement de centre droit où les anciens socialos et les anciens chiraquiens pourront se refaire une santé tout en continuant à mener une vie paisible en espérant obtenir de nouveaux mandats.

Voilà, ces gens là, qui se prétendent de gauche pour tromper les citoyens n’ont aucune reconnaissance, aucune moralité non plus. C’est la loi du marché qui prime depuis longtemps sur l’idéologie au sein de ce parti qui n’a plus rien de socialiste. Seuls quelques milliers de militants, voire quelques milliers de sympathisants veulent encore croire que leur parti aspire à défendre le peuple, comme tout bon parti de gauche doit normalement le faire. Ils refusent obstinément de voir la réalité en face et se rangent docilement derrière la ligne du parti en n’ayant pas la lucidité pour comprendre que les dirigeants qui tiennent la baraque socialiste les amènent vers l’abime électoral et idéologique qui scellera la mort de leur parti.

A cet égard, L’image des trois singes se cachant les yeux, les oreilles et la bouche pour ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire leur correspond parfaitement. Par naïveté, par bêtise, par manque de courage ou tout simplement par militantisme aveugle et jusqu’au-boutiste, ils sont les complices passifs de tout ce qui se passe de moche au PS et se dirigent comme leur animal totem, le mouton, vers le précipice.

Sur la forme et sur le fond, demandez-vous aussi, pourquoi la CFDT, (syndicat collabo par excellence, toujours prêt à se coucher devant le Medef) est toujours si proche du PS, toujours si proche de ceux qui, au gouvernement, se sont proclamés réformistes socialistes ou socialistes progressistes. Qui se ressemble s’assemble, la formule est bien connue et ils en apportent la meilleure preuve. Leurs réformes n’ont de cesse d’aider, par tous les moyens possibles et imaginables, le grand patronat sans jamais rien exiger de lui en retour et d’ailleurs, le patronat ne donne rien en retour, bien au contraire. Voyant que le chantage à l’emploi et à la compétitivité a fonctionné plus qu’il ne l’aurait espéré, le Medef en demande toujours plus.

Son discours est simple et totalement décomplexé, il exige de l’état que ce dernier libéralise à outrance le marché du travail à base de Loi Macron, de loi El Khomri et de toutes les autres qui sont déjà dans les tiroirs, pour leur permettre de prospérer tranquillement avec comme effet directement lié, de faire porter aux contribuables, toutes ces aides que les patrons perçoivent et aux salariés, tous les efforts et les sacrifices à consentir. En gros, c’est tout bénef pour le grand patronat mais pas pour les petits patrons et encore moins pour les salariés.

Pour être le plus synthétique possible, voilà comment on peut présenter ce que sont réellement les réformistes, progressistes socialistes. Ils prétendaient apporter le progrès et le mieux vivre à la population avec leurs réformes mais après cinq années de gestion de la France, ils affichent un bilan tellement désastreux que Hollande, leur chef emblématique, n’a même pas eu le courage de venir le défendre, de peur de se retrouver laminé par le peuple. C’est donc Hamon qui est venu endossé l’habit du «socialiste de gauche» pour promettre un futur désirable et un revenu universel à tous ceux qui ne comprennent pas que ces formules ne sont que des éléments de langage destinés à séduire quelques brebis égarées ou à rassurer des socialistes désemparés.

Ces gens là ont en réalité, une façon très spéciale de considérer le progrès social. Neuf millions de pauvres et de précaires dont des millions de chômeurs, des riches encore plus riches, des classes moyennes qui peuvent du jour au lendemain venir grossir le rang des classes modestes, c’est donc ça le revers de ce qu’ils osent appeler, avec d’autres dans le camp des «Républicains (je parle ici du parti de droite), le progrès social.

A ce niveau là, on devrait plutôt parler de désespoir social. Quelle réussite cette société ! L’injustice sociale rime avec progrès social pour les ultra-libéraux et pour les sociaux-démocrates mais ça ne les gêne pas vraiment puisque les électeurs continuent malgré tout à réclamer ce rapport sado masochiste qu’ils doivent apprécier au final.

Pendant des années, sournoisement, discrètement, ils ont donc avancé leurs pions en jouant de postures et de déclarations quand ils étaient dans l’opposition sous Chirac et sous Sarkozy. Ils se présentaient comme le solide rempart qui empêcherait les dérives et les excès du libéralisme et du capitalisme mondialisé, allant même jusqu’à tenir des discours enflammés où la finance était désignée comme l’ennemi invisible. Cet ennemi contre lequel il faudrait lutter sans relâche, eux, les valeureux socialos, ils étaient prêts à le combattre. Cet ennemi, c’était l’Hydre, pas le monstre à neuf têtes de la mythologie grecque, mais le monstre à neuf têtes des plus puissants milliardaires qui tiennent la France sous leur coupe au niveau médiatique, économique et financier. Rien ne peut se faire sans eux, ils sont le pouvoir réel. Ils sont le pouvoir qui décide et choisit quel candidat sera chargé de défendre au mieux leurs intérêts et de les servir sans aucun scrupule. Ils avaient déjà soutenu Hollande en 2012 car ils avaient bien compris qu’avec lui président, ils n’auraient qu’à claquer des doigts pour obtenir tout ce qu’ils demanderaient. Et quand on regarde le bilan, ils ont beaucoup demandé et ont tout obtenu. Tellement obtenu qu’ils en ont grillé leur fusible serviteur.

Il fallait donc en trouver un autre. Pouvaient-ils espérer meilleur prétendant que ce jeune loup aux dents longues qui pilotait à l’Elysée le programme économique de Hollande comme conseiller puis au ministère de l’Economie ensuite? Assurément, c’était le meilleur choix pour eux et en plus il était adoubé par tonton Rotschild. Un tonton comme ça dans sa manche, c’est toujours utile sur un CV et ça ouvre bien des portes surtout quand on vise l’Elysée.

L’ambitieux Macron a-t-il donc délibérément trahi celui qui lui a ouvert les portes du palais pour devenir Calife à la place du Calife ou bien est-ce une stratégie machiavélique organisée par un cabinet noir, des éminences grises élyséennes ou un Hollande grand amateur de coups tordus ? Nous ne le saurons sûrement jamais.

Ce que l’on a par contre pu constater avec le grand manitou de Solférino, pendant la campagne électorale, c’est que toutes les désertions des élus socialistes vers le mouvement de Macron n’ont été suivies d’aucune sanction. Pendant que les rats et les éléphants, quittaient le navire, Cambadélis jouait tranquillement avec sa marionnette, le petit Benoit, qui était bien content d’avoir enfin un rôle important au sein du Parti Socialiste. Le rôle de l’idiot utile un peu écolo et gauchiste sur les bords lui allait comme un gant. Il faut quand même lui reconnaître ce talent. Ce talent qui était apparu lors du casting réussi d’une Belle Alliance Populaire et qui lui avait en effet donné au final le premier rôle d’une farce à laquelle il allait se prêter à merveille. Il était tellement investi dans son rôle qu’il en est presque arrivé à nous faire oublier que ce n’était qu’une farce.

Cette triste farce, à laquelle la France Insoumise est aujourd’hui sommée de venir participer sous peine d’être frappée du sceau de l’infamie par les organisateurs de cette manipulation grossière.

Qui sont-ils pour exiger quoi que ce soit sur ce sujet quand ils ne sont même pas capables de réclamer une action en justice pour faire condamner Marine LePen suite à ces propos révisionnistes sur le Vel D’Hiv ? Qui sont-ils pour exiger de Jean Luc Mélenchon qu’il se positionne contre le Front National alors que depuis 2002, les médias laissent pratiquement libre antenne à ce parti qui est un jour démocratique et un autre jour, un danger pour la république ? Quelle crédibilité et quelle légitimité ont-ils tous pour exiger quoi que ce soit alors que ce sont eux qui depuis des années jouent aux apprentis sorciers avec le FN ? Ils n’en ont aucune, que ce soit dit. Que tous ces donneurs de leçons du PS et alliés du PS qui ont, par leurs stratégies ridicules, permis ce second tour entre Macron et LePen ne viennent pas essayer, en plus, de se donner le beau rôle de la responsabilité et de l’honneur en accusant les leaders et les militants de la France Insoumise, qui combattent partout et tout le temps le FN, d’être des irresponsables qui seraient les coupables tout désignés d’une éventuelle victoire du FN s’ils ne votent pas pour Macron le 7 mai. Dans sa déclaration du 23 avril au soir, Benoit Hamon endossait la responsabilité de la défaite de son parti, c’était bien la moindre des choses au vu du résultat sanction que venait de lui infliger le peuple. Par contre, il ne s’est pas attribué, même en partie, la responsabilité d’une stratégie qui impose à tout le monde ce second tour qui apparemment leur fait si peur aujourd’hui. Pourtant sa responsabilité et celle de son parti sont entières. Ils savaient tous au PS, que le combat était perdu et qu’il fallait absolument sauver le candidat qui était le plus proche de leurs idées. Ce candidat, c’était Macron et devant la «menace» Mélenchon, ils ont décidé, en conscience, de se maintenir pour faire barrage à celui que Hollande osait même dépeindre comme un dictateur. Qu’ils assument donc seuls, leurs choix, leurs erreurs ou leurs stratégies.

La survie du PS passant maintenant par une alliance ou une fusion avec le mouvement de Macron, tout le monde s’active pour que cette alliance soit une alliance de gouvernement, d’où l’importance pour eux de cette victoire contre LePen. Tous ces politiciens malfaisants et ces serviteurs médiatiques de l’oligarchie doivent donc comprendre que leurs menaces et leurs pressions ne servent à rien et n’impressionnent pas ceux qui, au sein du mouvement insoumis ne veulent pas participer à cette mascarade. En conscience, Benoit Hamon et le PS ont décidé de se maintenir et ont de fait éliminé la France Insoumise. En conscience, les insoumis voteront comme bon leur semblent puisque c’est l’esprit même de cette démocratie participative pratiquée dans ce mouvement.

Contrairement à beaucoup de femmes et d’hommes, qui, dans d’autres partis, parlent un peu partout de démocratie participative sans jamais la mettre en pratique dans leurs actes politiques quotidiens, dans cette France Insoumise, elle est de mise et le leader porte parole de ce mouvement laisse libre choix à tous les militants de décider de leur vote.

C’est vraiment un drôle de dictateur ce Mélenchon !

Le mouvement France Insoumise et ses militants pour une très grande majorité ne se soumettront jamais à un quelconque diktat d’une pensée portée par des gens qui se vendent au plus offrant pour un mandat ou une bonne place.

Il faudra dorénavant, que tous ces dominants qui dirigent le pays, comprennent qu’ils ne pourront plus faire abstraction de cette nouvelle donne politique car leur logiciel est aujourd’hui obsolète. Des millions de français se sont regroupés dans un mouvement populaire de grande ampleur qui veut proposer un autre modèle de société. Et cette alternative crédible à l’ultra libéralisme mondialisé qui accroit chaque jour un peu plus des inégalités, ils sont bien décidés à batailler ferme pour y arriver.

La contestation nationaliste faisait déjà trembler une partie de la classe politique mais maintenant qu’un peuple insoumis se dresse et vient lui aussi contester la légitimité des sociaux-démocrates et du parti des républicains de droite à gouverner, tout le monde craint LE tsunami qui pourrait bouleverser complètement la vie des français et redessiner le paysage politique.

Alors, fusion, alliance de circonstances, désintégration du PS ? Encore quelques jours de patience, le dénouement est imminent.

 

Comment l’élection présidentielle peut-elle bouleverser la politique française ? 1/2 – Par Simon FÉRELLOC

Ceux qui suivent attentivement la politique depuis plusieurs mois le savent : cette campagne présidentielle est totalement inédite ! Et elle l’est tout simplement parce qu’elle semble échapper à tout contrôle, à toute analyse mainstream, à tout scénario écrit à l’avance par d’obscurs « experts »… Or depuis quelques semaines, ces derniers répètent en boucle que l’élection est déjà jouée et qu’elle nous conduira à un second tour Macron-Le Pen, avec à l’arrivée une large victoire de l’ex-ministre de l’Économie.

Et c’est précisément cette certitude que le prochain président ne peut être que Macron qui me donne envie d’envisager un scénario différent, qui n’est évidemment pas certain, mais pas impossible non plus. Un scénario que j’avais envie de vous faire partager avec ce billet qui sera divisé en deux parties : une première portant sur le vainqueur possible de la présidentielle et une seconde sur l’inévitable recomposition politique qui suivra cette élection.

Quel président pour la France ?

Commençons d’abord avec les candidats issus des deux partis institutionnels : François Fillon et Benoît Hamon. Il y a quelques mois, nombreux étaient les analystes à vanter les vertus des primaires et à clamer que leurs vainqueurs y gagneraient non seulement leur légitimité, mais également de sérieuses chances de remporter cette course à l’Élysée.

Or, le seul bilan que l’on peut à présent tirer de ces « consultations citoyennes » est que non seulement la dynamique qu’elles créent n’est que temporaire, mais qu’en plus, loin d’unifier les différentes sensibilités derrière un candidat, elles ne font qu’exacerber les divisions en mettant en scène l’affrontement frontal entre les orientations des partis. Pire encore ! Elles ont obligé les candidats à se caricaturer, eux et leur programme afin de se différencier les uns des autres. C’est ce phénomène qui entraîne aujourd’hui la trahison de Hamon par l’aile droite du PS, et l’abandon de Fillon par les centristes. Ajoutez à cela les déboires judiciaires de ce dernier et la concurrence de Mélenchon à gauche, et vous obtiendrez 2 candidats incapables de convaincre au-delà de leur « noyau dur ». Soit entre 6 et 8% pour Hamon et autour de 15% pour Fillon.

Les primaires de chaque camp, en libérant un grand espace au centre, ont également permis à un autre candidat d’émerger : il s’agit d’Emmanuel Macron. La désignation des 2 candidats les plus « radicaux » de chaque camp a en effet permis au leader d’En Marche ! de ratisser large au centre-gauche comme au centre-droit, sur la base d’un programme flou mais à l’orientation « progressiste ». Ce qui lui permet de culminer aujourd’hui à 25% dans les sondages. Cependant si Macron suscite un relatif enthousiasme par sa volonté de rassembler les « progressistes » de la gauche, de la droite et du centre, il faut garder à l’esprit que ceci est également sa principale faiblesse. Effectivement, le fait d’engranger chaque semaine de nouveaux soutiens aussi hétéroclites qu’Alain Minc, Manuel Valls et Pierre Bergé risque non seulement, de mettre en lumière le manque de fond de son programme, mais aussi de le faire apparaître comme la dernière carte d’un système que les français sont si nombreux à rejeter. Résultat probablement autour de 20% au premier tour.

Parmi les 10 autres candidats, nombreux sont ceux qui critiquent régulièrement le candidat Macron pour cette forme de « compromis permanent » entre la droite et le PS. Parmi eux, on trouve notamment la candidate d’extrême-droite Marine Le Pen, qui occupe elle aussi une belle place dans les enquêtes d’opinion.

La présidente du Front National est incontestablement portée par une belle dynamique dont Emmanuel Macron est sans doute le premier responsable. En effet, sa campagne « et de gauche et de droite » permet à Marine Le Pen de ressortir son vieil « UMPS » et de se présenter à nouveau comme la candidate « antisystème » de cette élection, dans laquelle elle semble pouvoir réaliser son meilleur score.

Néanmoins, il y a quand même un phénomène capable d’enrayer la progression de l’eurodéputé : il s’agit de l’entre-soi. On le constate partout, Le Pen possède une solide base électorale (autour de 20% de l’électorat) mais a aussi de grandes difficultés à convaincre au-delà de ce cercle. Or, comme le confirme sa prestation lors du grand débat de TF1, sa campagne est axée sur ce fameux entre-soi qui consiste à rassurer sa base au lieu de convaincre les indécis. Et cette stratégie aura sans doute comme principale conséquence de renforcer le plafond de verre qui la tient éloignée du pouvoir ,et qui la bloquera probablement autour de 25% au premier tour, tout en l’empêchant de l’emporter au second.

Or, s’il y a bien un candidat qui a fait le choix de convaincre « les gens » et de ne pas rester dans « la tambouille des partis », c’est bien Jean-Luc Mélenchon. Fort de ses 350 000 soutiens en ligne, du succès de ses meetings, et de son excellente dynamique dans les sondages, le candidat de la France Insoumise pourrait très bien devenir la surprise de cette élection. D’autant plus que l’arme habituelle des socialistes, à savoir le vote utile, se retrouvera cette fois-ci, de son côté face à Benoît Hamon, et lui permettra peut être même de mobiliser une partie des électeurs de Macron venus de la gauche, jusque là tentés par le fameux « vote stratégique » contre l’épouvantail du Front National.

Il faut également tenir compte du fait que le statut de Mélenchon a changé depuis plusieurs mois. Au milieu des trahisons et de la bouillie qui caractérisent le paysage politique, le candidat de la France Insoumise incarne une certaine stabilité de candidat « droit dans ses bottes » assumant la rupture avec l’appareil socialiste. Enfin, par sa capacité à dépasser le simple « rassemblement de la gauche », le tribun dispose d’une sérieuse opportunité de séduire de nombreux abstentionnistes, qui constituent sans aucun doute la clé de la victoire lors de cette élection présidentielle qui le verra probablement dépasser la barre des 20% au premier tour.

À l’issue de cette analyse, on semble donc se diriger vers un second tour Mélenchon-Le Pen, qui devrait tourner à la victoire in extremis du premier, tant le rejet du FN est encore puissant dans la majorité de l’électorat. Cette victoire constituerait un séisme politique sans précédent et pourrait entraîner de nombreux pays européens à opter pour une nouvelle voie anti-austéritaire et ayant à coeur de rassembler le peuple d’en bas pour changer les règles du jeu démocratiques, sociales et écologiques.

Puisque Hamon creuse lui-même la tombe du PS, laissons-le faire ! Par Vincent Christophe LE ROUX

Le PS au cimetière

Ce dimanche, Benoît Hamon a rompu le “code de bonne conduite” conclu avec Jean-Luc Mélenchon. Il a dit des saloperies sur notre candidat. Jean-Luc Mélenchon, lui, en homme d’État, ne s’abaisse plus à lui répliquer car il porte déjà les habits du chef d’État qu’il sera bientôt et a donc raison de ne plus s’abaisser à une vulgaire dispute politicienne…

Mais nous, non seulement nous ne sommes liés par aucun accord de bonnes relations avec Hamon, mais en outre, nous ne sommes pas candidats à l’élection présidentielle. Nous pouvons donc lui répondre. Et précisément, après avoir entendu quelques-uns de ses propos du jour, je m’étais dit que j’allais reprendre le clavier pour écrire un nouveau billet au vitriol contre lui. Et puis, je me suis finalement ravisé. Ces quelques lignes suffiront bien car Hamon ne mérite pas qu’on perde notre temps à échanger avec lui. Ni même à lui répondre. À quoi bon ? Qui l’écoute encore ? Qui se fie encore à ce qu’il dit pour penser et décider en conscience de ce qu’il convient de faire dans la séquence électorale à venir ?

PS - Non à l'acharnement thérapeutique

Mes ami-e-s, mieux vaut donc oublier ce type. Ne faîtes plus attention à ce qu’il dit. Méprisez-le. Puisqu’il a choisi de se comporter en minable politicien, en candidat de troisième division, ne nous abaissons pas à son niveau… Nous, nous aspirons à grimper le sommet, pas à rester à discutailler au bas de la pente.

De toute façon, quel mal peut-il bien nous faire ? Plus personne ne l’écoute. Même pas les socialistes qui préfèrent s’en aller chez Macron…

Le PS Titanic

Le destin à court terme de Hamon est plutôt sombre…

D’ailleurs, s’il attaque ainsi Mélenchon avec des arguments qui n’en sont pas, c’est parce qu’il sent bien que sa campagne n’a jamais pris, et que sa candidature, loin d’avoir jamais pu espérer tutoyer les sommets, a commencé par stagner sur une colline bien peu élevée, puis a décroché, si bien que lui a commencé à dévisser. Il a conscience d’avoir déjà perdu, et n’ignore pas que sa candidature ne va plus cesser de s’effriter, irrémédiablement jusqu’au 23 avril, nassé qu’il est entre la bulle Macron et le raz-de-marée Mélenchon qui s’annonce…

JLM la vague du siècle

Hamon doit s’efforcer maintenant d’éviter le pire dont le spectre, pourtant, se rapproche de plus en plus… Le pire auquel il ne veut sans doute pas songer, c’est qu’il puisse exploser le record de la raclée subie par le PS à une élection : 14%, score obtenu par Michel Rocard aux Européennes de 1994, ce dernier étant alors concurrencé par un certain Bernard Tapie…

Un adversaire, ça se combat. Un traître ça s'élimine. 2017 0 député PS

Mais ce n’est pas le seul danger pour Hamon. Il se pourrait bien que Benoît Hamon aille beaucoup plus loin que Rocard, qu’il atteigne voire dépasse (dans le mauvais sens) l’autre record – absolu cette fois – à savoir le score plancher obtenu par un “socialiste” à une élection nationale : il s’agit du score calamiteux de 5,1% obtenu par Gaston Defferre pour la SFIO au 1er tour de l’élection présidentielle de 1969 (celle succédant à la démission du général De Gaulle après le référendum raté sur la régionalisation et la réforme du Sénat).

Oui, pour Hamon, ce seuil dangereux de 5% des voix est en vue ! Or, s’il le franchit, ce sera dans le sens descendant, et cela aboutira donc à ce que le candidat de ce qui restera du PS ne sera même pas remboursé de ses frais de campagne… La ruine pour le PS ! L’humiliation absolue pour Hamon !

Or ce spectre-là, se fait de plus en plus menaçant… Alors comme les cochons qu’on amène à l’abattoir, forcément il couine, Hamon ! Mais il peut hurler à la mort, ça ne nous fera pas dévier de la route qu’on a décidé de suivre, à l’écoute non pas des Socialistes enfermés dans leur bulle, mais du peuple tout entier dans sa diversité.

Plus jamais PS

L’Histoire, désormais, va s’écrire sans le PS, et même contre lui ! Cela a déjà commencé. Pour preuve le nombre comparé de personnes venant aux meetings de l’un et de l’autre des deux candidats, le nombre de personnes les suivant sur les réseaux, le nombre de personnes engagées sur le terrain, et tant d’autres indices qui traduisent bien que la bascule entre le candidat du PS et celui de la France insoumise est déjà derrière nous. Le dominant va connaître à son tour la position du dominé, de celui qu’on n’écoute plus, de celui qui parle dans le vide et dont les paroles et les actes n’influent plus sur rien…

On ne pourra pas nous reprocher de les avoir pris par surprise. On les aura amplement mis en garde, et prévenus à de multiples reprises. PLUS JAMAIS PS, leur avions-nous dit pourtant depuis un certain temps. Ils ne nous croyaient pas déterminés à mettre notre menace à exécution ? Eh bien, ils vont nous voir à l’oeuvre.

Pour eux aussi, la fête est presque finie !

Nous savons ce que nous avons à faire et nous allons le faire…

JLM - La force du peuple - Affiche officielle

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Pourquoi Mélenchon a toutes ses chances de gagner l’élection présidentielle ? Par Filip Mediapart le 21/03/2017

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On entend régulièrement des voix, peu importe leur camp politique, s’exclamer de l’impossibilité du candidat de la France Insoumise de remporter l’élection présidentielle. La tendance est au défaitisme, au déclinisme. Pourtant, bon nombre de camarades, citoyens et moi-même sommes dans une logique victorieuse car nous croyons cette campagne unique en son genre, oui, victorieuse.

La « sondocratie » a prouvé qu’elle perdait de son influence sur le choix de vote des électeurs, en témoigne le vote américain aussi bien pour Trump que pour Bernie Sanders, ou encore la primaire de la droite ou du PS dans notre pays. Des résultats totalement contraires aux « prévisions » des instituts de sondages bienveillants montrent enfin les limites d’un système qui ne sait plus comment se préserver de la colère populaire qui semble se déchaîner crescendo contre lui.

Dans cette perspective, contrairement à l’idée communément admise par la plupart des médias ou voir même par certains intellectuels progressistes, il est possible d’admettre que le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon est tout à fait capable d’être en mesure de se qualifier pour le second tour et remporter l’élection présidentielle.

Alors avant de développer, je précise ici la prudence avec laquelle j’écris ces lignes puisque nous sommes dans une campagne électorale extrêmement changeante et instable. Je dirais même que comme prévu, rien ne s’est passé et rien ne se passera comme prévu. Qui aurait pu prédire la situation dans laquelle on est il y a de cela un an ? Personne.

Ou alors qu’on me montre celui qui avait fait un pronostic avec Fillon vainqueur de la primaire de la droite (empêtré dans des scandales jusqu’au cou), Macron candidat hors-parti (soutenu par des protagonistes de la droite comme du PS), Hamon vainqueur de la primaire du PS avec Jadot de EELV qui se désiste pour lui en échange de sièges, et Le Pen qui n’a pas une si grande dynamique que ça derrière elle (sauf dans les médias) puisque elle aussi a des problèmes avec la justice et fait une campagne assez molle. (Attention : je sais pertinemment que Le Pen a un potentiel électoral très fort et que son niveau électoral est légitimement inquiétant, je ne le nie pas, mais sa campagne ce n’est pas la folie attendue, je m’en explique plus loin)

I. L’imposture d’une alliance gagnante à gauche qui n’est en vérité qu’une alliance perdante

L’atmosphère qui règne majoritairement dans le paysage mediatico-politique aujourd’hui est celui d’une défaite quasiment certaine de « la gauche » le 23 avril prochain. C’est vrai, pourquoi faire campagne si l’on est assuré de notre défaite ? Je me le demande bien. Après tout, ce ne sont pas les 10 milliardaires possédant 90% des médias dans ce pays qui vont tout faire pour encourager le progressisme afin qu’il arrive au pouvoir.

Alors quelle est la raison de cette défaite selon eux ? La division. Mon dieu, la division ! Si Mélenchon et Hamon ne s’allient pas (même si leur programme ne sont pas compatibles sur la question fondamentale de la construction européenne, et d’autres aspects encore), la gauche va perdre à coup sûr. Et c’est malheureusement un discours que l’on retrouve également chez bon nombre de responsables politiques de gauche allant du PS au PCF. Pourquoi cette théorie de la « division destructrice » n’est-elle en réalité que son contraire, la « cohérence fédératrice »?

Ce que je nomme « cohérence fédératrice » est le moteur de la campagne de la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Ce qui fait de cette campagne, une campagne unique et porteuse d’espoir, c’est sa cohérence.

Le programme de la France Insoumise est un programme qui ne s’adresse pas qu’aux gens « de gauche » mais à l’ensemble de la population de ce pays. Il en appelle à la raison de chacun, par-delà le clivage idéologique classique. Peut-on continuer avec le nucléaire ? avec la 5ème République ? le changement climatique ? etc. etc. Le programme pose des questions rationnelles et y répond de façon rationnelle, c’est ce qui donne cette cohérence à la campagne. Peut-on rester sur le modèle européen actuel pour répondre aux urgences écologiques, sociales et démocratiques ? Non. Que doit-on faire ? Renégocier les traités pour permettre de répondre à ces urgences.

Je ne prends pas cet exemple au hasard puisque justement la question européenne est le sujet FONDAMENTAL de la discorde entre Hamon et Mélenchon. L’un pense pouvoir faire quelque chose avec l’Europe actuelle (comme Hollande et on a vu ce que ça a donné), l’autre pense le contraire et souhaite en changer. Je respecte le point de vue de M. Hamon mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est juste un détail du programme, non ! L’Avenir en Commun n’est pas réalisable sans revenir sur la construction européenne. Point final.

Alors que doit-on faire ? 130 000 personnes étaient réunies pour la 6ème République samedi dernier, presque 300 000 personnes appuient la candidature de Jean-Luc Mélenchon, des millions d’autres sont prêts à voter pour celui-ci, et tous sont convaincus par cette cohérence. Le programme a fédéré et fédère encore énormément de monde autour de problématiques et de solutions rationnelles. Donc voici que M. Hamon a gagné la primaire du PS (dont les réels résultats sont encore attendus à ce jour) et que nous devons absolument nous allier avec lui sous peine…de mourir et de laisser champ libre à l’extrême-droite. S’allier avec M. Hamon fera peut-être plaisir aux quelques électeurs socialistes qui restent dans ce pays, mais enlèvera toute cette cohérence programmatique autour de laquelle des millions de personnes (dont des électeurs socialistes déçus) se sont retrouvés jusqu’à aujourd’hui. Mélenchon, l’insoumis qui veut réellement changer les choses se retrouve allié à Hamon, l’ancien ministre de Hollande qui veut abroger la loi El Kohmri avec…Myriam El Kohmri comme députée ! Non ce n’est pas sérieux. Les gens ne sont plus dupes, quiconque est, ne serait-ce qu’un peu sur le terrain, constatera que le mot d’ordre général c’est : « Plus jamais PS ! »

Enfin bon, tout ça se résume en une phrase. Aucun candidat n’est propriétaire de son électorat et une élection ne marche donc pas en additionnant deux pourcentages du genre « 15%+15%=30%, génial on a gagné les élections ! »

Tout ça n’est pas sérieux et on le sait. Je finis sur cette alliance miraculeuse sans parler de Jadot qui s’est désisté pour Hamon en échange de sièges par-ci par-là. Bizarre que personne ne leur demande quels ont été les accords effectués sur le programme…

II. Un ras-le-bol général de la caste représentée par Fillon et Macron (et Hamon, héritier de Hollande bien sûr)

Bien, maintenant que nous sommes débarrassés de cette question de « l’alliance de gauche » qui est pour moi tranchée catégoriquement, voyons dans quelle ambiance politique se trouvent nos concitoyens.

Nous sommes aujourd’hui dans une ère politique que beaucoup d’entre nous s’accordent à qualifier de « dégagiste », c’est-à-dire qu’il y a un mouvement populaire très fort qui ne se nomme pas lui-même et qui consiste à vouloir faire dégager tous ceux qui sont responsables de la situation actuelle et qui ont tous gouverné pendant des années sans rien changer et même en empirant les choses. De Sarkozy à Hollande, tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la mascarade du « changement » dans ces deux gouvernements respectifs sont disqualifiés aux yeux du plus grand nombre. Il ne faut pas avoir peur de les citer :

– Emmanuel Macron, ministre de l’économie sous Hollande, ex-banquier chez Rothschild qui a sous-évalué son patrimoine, auteur de la Loi Macron et défenseur de la loi El Kohmri

– Benoît Hamon, ministre de Hollande pendant plus d’un an, n’a pas voté contre les budgets d’austérité, a déclaré qu’il « assure à Hollande le flanc gauche [du PS] qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon »

– François Fillon, premier ministre sous l’ère Sarkozy, dont je passe les détails que vous connaissez déjà

Pour ce qui est de Benoît Hamon et François Fillon, je n’ai pas à revenir dessus. En revanche j’y vais peut-être un peu fort en déclarant que Macron est disqualifié c’est vrai. Les sondages n’étant pas fiables, nul ne sait si les gens tomberont dans le panneau du candidat « en marche ». Beaucoup ne seront pas dupes j’en suis persuadé, espérons-le…

III. Une Le Pen qui fait une campagne molle et qui permet à certains de se tourner vers nous plutôt qu’elle

Le troisième et dernier point sur lequel je vais venir va peut-être en étonner certains mais je trouve que l’on n’attire pas assez l’attention sur celle qui est unanimement déclarée qualifiée d’office pour le second tour. Madame Le Pen.

Je le répète encore une fois, le FN n’a jamais été aussi haut électoralement, jamais aussi proche du pouvoir, je veux le préciser et qu’on ne vienne pas dire que je sous-estime la menace, j’en suis conscient. Pourtant je constate que la campagne électorale frontiste n’est pas très dynamique. On le constate d’abord dans les meetings, qui ne font pas très sensation, le dernier ayant réuni 3000 personnes. Mais je ne vais pas accentuer ce point puisque l’on sait que l’électorat frontiste est un électorat qui n’aime pas à se montrer et se cache, j’en suis d’accord. Mais on constate cette faible dynamique sur les réseaux sociaux avant tout, haut lieu de l’anonymat qui permet aux électeurs favorables à Le Pen de se montrer sans gêne.

La campagne de la France Insoumise a incontestablement surclassé celle du FN ce qui est nouveau dans le paysage numérique. Tandis que Philippot et Le Pen se ridiculisent eux-mêmes sur leur chaîne YouTube, Jean-Luc Mélenchon fait un carton incontestable sur Facebook, Twitter et YouTube avec des vidéos pouvant atteindre plusieurs millions de vues. Un bon nombre de jeunes ou moins jeunes considérant jusqu’ici le FN comme le seul parti soi-disant antisystème se rendent compte de la supercherie et découvrent une autre véritable force antisystème qu’est la France Insoumise avec Jean-Luc Mélenchon.

Je vois deux raisons à cette campagne que je qualifie de « molle » du Front National. La première étant le sentiment chez eux qu’ils ont gagné d’avance et que leur victoire est assurée, en témoignent les médias qui relaient leurs sujets et thématiques en quasi-permanence. La seconde étant évidemment le profil bas de certains alors que des affaires judiciaires éclaboussent également le Front National. Alors quoi que l’on puisse penser, force est de constater que le FN ne domine pas partout et cela aussi joue en notre faveur.

En résumé, la cohérence fédératrice, la vague « dégagiste » et la supercherie en partie démasquée du FN me semblent un climat politique plus que favorable à l’élection du dernier président de la Vème République. Quoi que l’on pense de cette analyse, le mot d’ordre de la fin de cet article est clair :

AUX URNES CITOYENS !

Le tournant de la marche du 18 mars avec Jean-Luc Mélenchon – Que faire après la marche de l’espoir ? – Par Bernard TEPER – le 23/03/2017

L’article est accessible ici (sur le blog d’El Diablo)

Bernard Teper est co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l’alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le « trou de la Sécu », repenser la protection sociale du 21e siècle.

*

Le 18 mars dernier constitua la plus grande mobilisation de rue de la campagne de l’élection présidentielle de 2017. Plus de 100.000 personnes.Ce fut une marche de l’espoir. De l’espoir, il nous en faut. Car avec la séquence que nous vivons, celle de la décomposition des gauches qui – du parti socialiste à l’extrême gauche – voit s’opérer une coupure quasi mollétiste entre les discours et les pratiques, on pouvait se demander ce qui allait rester de la gauche en général.

D’autant que les médias néolibéraux, dont les principaux journalistes, ne soutiennent que Fillon ou Macron et essaient d’avantager leurs chouchous (1).

Où en est la gauche de 2012 ?

Avec Macron en digne successeur de François Hollande, on est sûr que le théorème du mouvement réformateur néolibéral sera encore vrai demain : « depuis 1983, et tant que nous resterons dans le néolibéralisme, tous les gouvernements font et feront pire que le précédent » !

Avec Hamon, certains ont cru que la musique différente qu’il a développée lors de la primaire socialiste allait dans le bon sens. Le désenchantement fut rapide.
Très vite, il reprit sur l’UE et la zone euro la position de François Hollande. Très vite, on a vu que la majorité des candidats socialistes aux législatives étaient politiquement favorables aux lois Macron et El Khomri, au pacte de responsabilité, au CICE et aux attaques contre la Sécurité sociale, entre autres. Jusqu’au secrétaire général d’En marche qui a été adoubé par les instances du PS pour les législatives. Jusqu’à l’apothéose mystique du revenu universel, vieille idée néolibérale de Milton Friedman, qui développait la notion d’impôt négatif dans «Capitalisme et Liberté » en 1962. Pour terminer avec comme simple projet le développement du RSA et une allocation pour les jeunes. Le reste est renvoyé aux calendes grecques pour les rêveurs.
Le spectre de 1969 et le soutien in fine à Macron participeront de la prochaine étape solférinienne.

Au parti communiste, on a constaté les stratégies antagoniques existant en son sein entre ceux qui souhaitaient un candidat communiste à la présidentielle, ceux qui souhaitaient soutenir Hamon et ceux qui souhaitaient soutenir Mélenchon. Même le vote majoritaire pour Mélenchon n’a pas entraîné le soutien de l’ensemble du PC. On a vu une base communiste votant avec une courte majorité pour soutenir Mélenchon contre sa direction et enfin un PCF, à quelques semaines du vote, se préoccuper beaucoup plus des législatives que de la présidentielle elle-même. Pourtant ce parti a encore de nombreux militants mais qui n’auront pas brillé par leur militantisme dans la campagne présidentielle. Triste perspective.

Bien qu’elles aient réussi à avoir les 500 signatures, les autres organisations d’extrême gauche ne sont aujourd’hui que l’ombre de ce qu’elles ont été avec un peu plus de sectarisme pour l’un, de révisionnisme réactionnaire pour l’autre. Et ce n’est pas l’utilisation par certains autres de la stratégie du front unique à contre-emploi qui engagera une stratégie efficace. Leur avenir est la marginalité en attendant les jours meilleurs.

Quant aux autres candidats marginaux, ils pensent construire un courant politique de masse à partir de prééminences surplombantes qui seules sont à même, selon leurs thuriféraires, de frayer le chemin vers le paradis. Ce qui les conduit à ne pas critiquer le capitalisme lui-même et donc à vouloir y rester incarcéré.

Devant ce champ de ruines qui a de grandes chances de renforcer pour le court terme le pouvoir de l’oligarchie capitaliste sur la France, et donc de provoquer l’extrême droitisation du pays comme dans les années 30, le rassemblement initié par Jean-Luc Mélenchon permet d’éviter la parcellisation totale de la gauche tout en marquant la nécessité d’un rassemblement significatif de gauche non allié avec les solfériniens ouvertement néolibéraux. C’est une étape indispensable pour la suite d’abord parce qu’il est nécessaire de résister et aussi parce que la création du lien social et politique n’est pas la chose la plus aisée pour constituer ultérieurement le bloc historique gramscien indispensable à toute révolution citoyenne.

Sur l’ensemble des conditions indispensables de cette révolution citoyenne, il reste à y travailler en tenant compte d’abord du réel puis des lois tendancielles du capitalisme. Nous en avons déjà parlé dans Respublica. Nous y reviendrons dans la prochaine séquence politique.

Outre son caractère de masse, le rassemblement sur la place de la République a repris le caractère symbolique de la République sociale indispensable pour tenter de rassembler les couches populaires ouvrières et employées de la gauche objective, plutôt majoritairement tentées ces dernières années par l’abstention.

Disons-le encore, la seule réserve de voix pour Jean-Luc Mélenchon au-delà du niveau des sondages actuels se trouve principalement dans ces couches populaires ouvrières et employées. Ne pas comprendre cela, c’est ne pas comprendre qu’un processus révolutionnaire ne peut s’engager que si la classe populaire ouvrière et employée, objective en soi et majoritaire, devient petit à petit une classe subjective « pour soi ». Condition nécessaire pour construire le bloc historique gramscien avec des composantes des autres couches sociales.

Le rappel du 18 mars 1871, les drapeaux français en quantité, l’affirmation dès le début du discours de Jean-Luc Mélenchon du rôle nécessairement social d’une nouvelle constitution de la VIe République, le rappel appuyé des luttes importantes contre les lois antisociales de Macron et d’El Khomri, la réaffirmation du principe de laïcité, le rappel de la nécessité d’un projet global (incluant la rupture écologique, la recherche de la paix, etc.) et le couplage final des chants de la Marseillaise (2) et de l’Internationale, permettent de renouer avec la symbolique populaire et révolutionnaire française.

Pourvu que cela dure !

Que faire après ?

Ce n’est pas au milieu de la séquence de la campagne de la présidentielle et des législatives qu’il faut avoir des états d’âme ni changer la priorité politique. Faire en sorte que le score de JLM soit le plus haut possible, point de départ essentiel pour les législatives face à la déferlante promise par les médias néolibéraux. Ensuite, si par malheur, deux des trois candidats de la bourgeoisie, Macron, Fillon, Le Pen sont au deuxième tour, la lutte des classes mettra le mouvement syndical revendicatif en première ligne de l’affrontement. Nous serons alors dans une séquence ultérieure où il faudra mettre le turbo pour le développement d’une éducation populaire refondée toujours du côté de ceux qui luttent en première ligne.
Nous nous préparons pour ce moment à élaborer de nouvelles propositions.

Le 21 mars 2017

(1) Ainsi le CSA a calculé que du 1er février au 26 février, Fillon et ses soutiens ont eu droit à 15.944 minutes, Macron a eu droit à 9.808 minutes, Le Pen à 7.090 minutes, Hamon à 6.761 minutes, Jean-Luc Mélenchon à 3.163 minutes, Nicolas Dupont-Aignan 510 minutes, Philippe Poutou 249 minutes, Jean Lassalle 80 minutes, Nathalie Arthaud 67 minutes, Jacques Cheminade 50 minutes, François Asselineau 37 minutes. Instructif, non ?

(2) Nous rappelons aux gauchistes de tout bord que la grande manifestation ouvrière de février 1917, le jour de la création du Soviet de Petrograd, arrive du quartier populaire de Vyborg en chantant la Marseillaise en russe !

L’iceberg du 23 avril – Par Baloo

Benoit Hamon et son formidable meeting (de gauche) 🙂 du 19 mars à Bercy pendant lequel il aura quand même trouvé l’occasion de demander à son public militant et sympathisant de saluer l’action de François Hollande, de Bernard Cazeneuve et de Jean Luc Le Drian.

Il est beau Benoit le frondeur social démocrate, non ?

Il faudrait juste lui rappeler que Cazeneuve et Hollande seront à tout jamais responsables de la mort de Rémi Fraisse. Responsables aussi de toutes les violences policières commises sur les militants qui s’opposaient à loi El Khomri, et à l’aéroport de Notre Dame Des Landes.

Il faudrait juste lui rappeler également que Le Drian appelle à voter Macron. Mais bon, il a fait un beau meeting Benoit, il a bien lu son prompteur qui lui donnait l’apparence d’un bon tribun et les gens étaient heureux en imaginant ce « futur désirable ».

Ça leur rappelait sûrement le beau discours du Bourget de 2012 où Hollande le candidat normal leur promettait tant de belles choses de gauche évidemment puisqu’il se disait socialiste à ce moment là.

Eh oui, ce n’est que deux ans plus tard qu’il allait confesser qu’il était un social démocrate comme DSK et tant d’autres au PS.

Benoit Hamon, lui, se déclare sans aucun complexe comme un social-démocrate capable de mener malgré tout une politique de gauche et il y a encore des électeurs de gauche qui veulent y croire ou qui donnent du crédit à sa parole.

Cinq années ne leur auront donc pas suffi pour comprendre l’escroquerie socialiste, ils en redemandent.

Elle est pourtant tellement énorme cette arnaque Hamon, que normalement tout le monde devrait la voir venir à des kilomètres.

Apparemment non. Il doit faire plus socialiste que Hollande, il fait moins plouc que son chef, il a une bonne gueule, il fait jeune mais derrière l’apparence, il restera toujours la sociale démocratie comme pilier politique avec quelques variantes pour faire croire qu’avec lui, c’est la gauche qui est de retour.

Que dire, sinon que ça me désespère de constater que pour beaucoup, les belles paroles bien enrobées de politiciens professionnels auront toujours plus d’importance que leurs actes réels.

Allez, c’est pas bien grave, tous ces électeurs qui s’apprêtent encore à voter socialiste le 23 avril prochain, ont déjà anticipé le naufrage programmé en se rapprochant des canots de sauvetage Macron qui pourrait devenir socialiste pour quelques jours le temps de récupérer les voix des naufragés.

Mais pour ça, il faudrait que ce dernier soit au second tour.

Sincèrement, je n’aimerai pas être à leur place si en déjouant tous les sondages quotidiens, le mouvement de la France Insoumise se retrouvait au second tour face au FN.

Vous vous imaginez le tableau d’un Valls appelant à barrer la route à la Le Pen et à voter pour JLM alors qu’il ne veut pas soutenir Hamon comme il s’y était engagé au moment des primaires s’il perdait cette même primaire.

Vous vous imaginez cette soirée du 23 avril où ce gros con de Cohn-Bendit au côté de Hollande et de tant d’autres se verraient obligés d’appeler à voter Mélenchon comme ils l’avaient fait avec Chirac en 2002 quand le FN n’était pourtant à ce moment-là qu’une menace de façade.

Ah, si seulement les abstentionnistes et les indécis, pouvaient juste une fois venir balayer avec nous pour faire place nette à la France Insoumise.

Après le PS… In memoriam. Je ne fais qu’anticiper… Par Vincent Christophe LE ROUX

François Hollande, Bertrand Cazeneuve, Michel Sapin, Bruno Leroux, François Rebsamen, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Guen, Manuel Valls, Luc Cavournas, Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartolone, Gérard Collomb, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, leurs proches, leurs familles et leurs ami-e-s ont la joie…heu non pardon la douleur de vous faire part du décès du Parti Socialiste, survenu dans sa 47ème année le dimanche 23 avril 2014, peu après 20h00, à la suite d’une longue maladie contractée en 1983.

Le mal qui rongeait le Parti Socialiste s’était aggravé au début des années 90 à tel point que le Parti Socialiste était tombé dans le coma en mars 1993. Il en était sorti par miracle le 1er juin 1997 et avait donné le sentiment, au cours des cinq années suivantes, sinon d’avoir vaincu la maladie, du moins de l’avoir contenue.

Certains jours, pendant ces années-là, on se prenait même à croire que le malade était en train de guérir. Mais hélas, le mal le rongeait de l’intérieur, sous l’effet de la tumeur dont les métastases s’étaient propagés et avaient mortellement atteint toutes ses cellules. Seuls quelques traitements palliatifs allaient atténuer les souffrances du malade et lui offrir un répit de quelques années avant l’inéluctable et tragique échéance.

Une première alerte gravissime intervint le 21 avril 2002. Le malade tomba une seconde fois dans le coma mais ses proches ne voulurent pas l’admettre et ne parlèrent que de « synthèse » pour désigner ce mal qui détruisait, une à une, toutes les cellules du malade.

Dans les années suivant cette période d’état végétatif, chaque visiteur du malade réalisa à quel point la maladie avait gagné du terrain. Bien de ses proches ne reconnaissaient même plus le malade. Chacun s’attendait à une issue fatale rapide.

Pourtant, ce qui parut impossible se produisit au printemps 2012. Pour la seconde fois, le mal donna l’impression de céder du terrain et le malade sembla reprendre du poil de la bête jusqu’à redevenir presque aussi fort qu’à ses heures de gloire. Mais il s’obstina alors à mener une vie de débauche en s’adonnant à tous les plaisirs offerts par le système de cette « société de marché » qu’il avait jadis dénoncée mais dans laquelle il trouvait finalement bien des attraits.

Peut-être savait-il que ses jours étaient comptés et sans doute était-il donc déterminé à profiter des derniers instants, à jouir, pour une fois sans entrave, fut-ce au détriment de la population qui attendait de lui une conduite digne de ce qu’il avait incarné dans ses années de splendeur. Mais ce comportement ne pouvait que nuire au malade et ces cinq dernières années, le mal acheva son œuvre.

Les proches du défunt invitent chacun à se recueillir sur sa dépouille qui sera exposée au musée de Tulle avant d’être remise à sa famille. Il n’y aura ni cérémonie, ni fleurs, ni couronnes et l’inhumation sera strictement privée sur demande d’Emmanuel Macron, ancien ministre devenu il y a quelques jours, légataire universel et exécuteur testamentaire du défunt.