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Manuel Valls : le coup de force permanent

Valls tricheur

Manuel Valls est un multirécidiviste du coup de force et du viol de la démocratie.

Sa nomination comme Premier ministre était déjà, en elle-même, un cas flagrant de ce mépris de la démocratie qui l’anime. En effet, si, en droit, il pouvait tout à fait être nommé à cette fonction puisque pour cela il suffit que le Président de la République en décide et que la liberté de ce dernier est totale selon la lettre et l’esprit de la constitution, en revanche, sur un plan politique, le Président de la République est sensé tenir compte de la volonté populaire exprimée lors du scrutin législatif ou d’un autre scrutin récent.

Lorsque Hollande a nommé Valls à Matignon, rien ne permettait d’affirmer que le peuple français souhaitait son avènement. Valls avait été largement distancé lors de la primaire organisée par le PS en 2012. Son score avait été réduit à 5%. Plusieurs autres Socialistes avaient fait mieux que lui. Il n’était donc dépositaire d’aucune légitimité au sein même de son parti. Et cette absence de soutien dans son propre camp ne pouvait évidemment être compensée alors par un soutien qui aurait existé ailleurs. Hollande a donc fait, ce jour-là, un gigantesque bras d’honneur au peuple français. Si Valls avait été quelqu’un attaché à la démocratie, c’est lui-même qui aurait décliné l’offre. Il ne l’a pas fait.

Par la suite, en tant que chef du gouvernement, il voulait faire adopter un projet de loi scélérate, la loi Travail ou loi El Khomri que l’on pourrait tout aussi bien appeler Loi Macron puisque c’est bien sous son inspiration qu’elle a été élaborée, mais avait conscience que même sa propre majorité ne la voterait pas et qu’il ne pouvait compter sur le soutien d’une partie de l’opposition pour compenser ce qui lui faisait défaut. Alors il usa du mécanisme de l’article 49-3 de notre constitution qui permet l’adoption d’un texte sans vote du Parlement. Ce procédé est légal et tout à fait constitutionnel puisque c’est la constitution qui le prévoit. Il n’y a donc aucune irrégularité au regard de la loi entendue au sens large (loi et constitution). Le problème se pose au plan politique et philosophique. Ce texte était d’une telle importance qu’il aurait dû être discuté au Parlement comme tout projet de loi et que son adoption n’aurait dû être le résultat que d’un vote selon la procédure législative ordinaire. Étant donné qu’aucune majorité n’était susceptible de l’adopter, à chaque passage de ce texte scélérat devant les assemblées, il fut fait usage du dispositif de l’article 49-3 : trois fois devant l’Assemblée Nationale, trois fois devant le Sénat. Le refus des parlementaires était donc on ne peut plus clair et le jusqu’au-boutisme buté du Premier ministre l’était tout autant.

Manuel Valls s’est fait à cette occasion une belle réputation de dirigeant se moquant ouvertement non seulement des parlementaires et donc de la « représentation nationale », mais aussi plus largement des principes élémentaires de la démocratie.

Cette fois, il se montre sous un jour encore plus hideux, celui d’un vulgaire putschiste de République bananière.

Manuel Valls a en effet extorqué – il n’y a pas d’autre mot plus approprié – son élection au moyen notamment de tricheries dans les bureaux de vote où aucun oeil extérieur n’était présent pour pouvoir constater des irrégularités ou des trucages massifs.

Il a imposé à tous un coup de force. Je dis « à tous » car il l’a imposé de fait à l’État puisque ce dernier, via le ministère de l’Intérieur, a reconnu – entériné en quelque sorte – son élection alors même que les procédures légales n’ont pas été respectées. D’une part, les procès-verbaux n’ont pas été contresignés par les « perdants » ou leurs représentants. D’autre part, c’est Manuel Valls lui-même et non un officiel de a mairie d’Évry qui a annoncé son élection. Pour couronner le tout, l’accès à l’hôtel de ville a été rendu impossible à ses concurrents d’abord, à la presse ensuite, cas a priori jamais vu auparavant. En somme, Manuel Valls s’est comporté comme un despote de pays exotique dans lequel les principes d’une élection démocratiquement acquise ne sont pas encore connus… Et quand on connaît le soutien qu’il a reçu de Serge Dassault, et qu’on se souvient des « indélicatesses » dont ce dernier a été coupable dans un passé récent lors d’élections dans lesquelles il était candidat, les doutes que l’on peut avoir sur la validité du scrutin sont renforcés. Dassault est comme un parrain. Et là je ne parle pas du lien de parenté mais du caractère quasi-mafieux.

Valls, ce malotru doublé d’un escroc, a poursuivi son coup de force le lendemain, en se rendant à l’Assemblée Nationale comme si de rien n’était. Étant donné l’existence  – connue de tous – d’une contestation majeure de son élection, s’il avait été un démocrate de coeur, il se serait mis en retrait et aurait attendu que la question soit définitivement tranchée avant de s’afficher comme s’il était le député incontestable et incontesté. Mais ce n’est pas cette hauteur de vue et une telle conduite personnelle vertueuse qui caractérisent le personnage qui s’apparente bien davantage à un despote méridional qu’à un Républicain épris de démocratie. Le Bureau de l’Assemblée n’a pas compétence pour se prononcer sur la validité de l’élection de Manuel Valls. Ce dernier ayant été déclaré élu par le ministère de l’Intérieur, les représentants de l’administration de l’Assemblée ne pouvaient donc, à leur tour, que le traiter comme le député dûment élu et lui remettre les attributs traditionnels du député. Nul doute que le nouveau député Valls va siéger comme s’il était légitime puisque personne, au sein de l’organisation de l’État, ne s’élève contre cette élection de République bananière. On ne peut qu’attendre que le Conseil constitutionnel se prononce sur le recours intenté par Farida Amrani, la concurrente de ce putschiste.

Sans doute « El Blanco » se dit-il que le Conseil sera bienveillant à son sujet et que personne, au sein de l’État [qui est bien sous contrôle], n’osera le désavouer même s’il faut pour cela couvrir une élection truquée. Imaginez les conséquences si un organisme aussi « respectable » que le Conseil Constitutionnel refusait d’entériner à son tour le résultat et décidait d’annuler l’élection… Manuel Valls n’est pas n’importe quel candidat…

Pour ma part, je n’ai aucune confiance dans le Conseil Constitutionnel en l’état de sa composition et surtout de sa présidence (Laurent Fabius).

Je pense, hélas, que nous ne pouvons rien attendre de lui, ni d’ailleurs de notre système de justice. Et que nous devons donc nous préparer à voir Manuel Valls occuper durablement le siège qu’il a extorqué.

La question est donc pour moi de savoir ce que nous pouvons et ce que nous devons faire collectivement dans un tel contexte où les élections sont à ce point devenus des simulacres.

Après la violation caractérisée de la volonté populaire exprimée clairement en 2005 lors du référendum, après les très nombreuses irrégularités constatées lors du 1er tour de la présidentielle de cette année, dont le nombre (près de 500 000 cas) suffit à changer radicalement le sens des résultats, et maintenant le cas Manuel Valls, il va falloir que les naïfs ouvrent les yeux sur ce qu’est devenue notre « démocratie », et que les légalistes de notre camp affermissent leur discours ; il va falloir aussi et surtout qu’ils adoptent d’autres lignes de conduite et de résistance que les seules complaintes, pétitions et prises à témoins du peuple.

Quand l’État n’assume plus le devoir de justice, le risque est grand que le peuple en prenne l’initiative lui-même.

Et quand le système étatique fait tout pour couvrir les pires irrégularités, il ne faut pas penser que le peuple ainsi floué endure encore et encore sans réagir violemment…

L’article 35 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 (qui, juridiquement parlant, n’existe pas, c’est-à-dire n’est pas un texte applicable mais qui, pour nous les Insoumis-e-s et pour beaucoup d’autres que nous, demeure une référence politique fondamentale) dispose : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.»

Oui, je parle bien d’insurrection ! Pas de pétition…

 

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