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Entre espoir et crainte, mon esprit et ma raison s’égarent, cher Jean-Luc !

Jean-Luc, depuis des années que je te suis, j’ai appris, grâce à toi, à ne plus baisser la tête, à parler parfois (souvent) « cru et dru ». Moi qui, enfant et adolescent voire jeune adulte, étais timide, réservé, « gentil et docile », j’ai évolué dans le sens opposé pour être en phase avec « le bruit et la fureur », « le tumulte et le fracas » du temps que nous vivons que tu avais si bien décrits.
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Et une large part de mon évolution « comportementale » ou de mon expression (écrite ou orale) résulte des heures passées en ta compagnie virtuelle. Oui, c’est en t’écoutant attentivement, en te lisant énormément (livres, blog, articles de presse), en retranscrivant parfois tes discours que, comme tant d’autres, j’ai fini, moi aussi, par adopter une certaine insolence dans laquelle certains croient déceler une arrogance qui n’en est pas une. Je l’avoue volontiers, je fais un peu le fier parfois, non pas eu égard à ce que je suis ou à ce que je dis mais plutôt à propos de ce que je défends ou des gens qui constituent ma vie ou mon « Panthéon ». Et sans doute ne suis-je pas toujours aussi « fin » que je le voudrais. J’y consens et j’ai toujours accepté les critiques aussi longtemps qu’elles ne dissimulaient pas une noirceur, ou qu’elles ne prenaient pas le masque de l’insulte ou de l’outrage.

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Vois-tu, je pense que j’ai été à bonne école même si tu n’as été mon professeur qu’à ton insu. Comme c’est le cas pour toi aussi, il y a un peu de « jeu » dans notre expression. C’est bien toi qui a appris à un nombre inimaginable d’entre-nous à être ces « fortes têtes » que tous, nous n’étions pas forcément, voire pas du tout, il y a quelques années.

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Et ce caractère bien trempé que nous avons aujourd’hui ne dit pas tout de nous qui, au fond, sommes des gens « sympas » rêvant d’un monde pacifié, paisible, où les peuples seraient heureux et entretiendraient entre eux des relations harmonieuses.
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Pour ma part, depuis près de huit ans maintenant, au PG d’abord (pendant près de six ans), puis avec la France Insoumise depuis plus d’un an, je t’ai suivi et accompagné. J’ai espéré, pendant toutes ces années te voir entreprendre l’évolution stratégique que tu as enfin amorcée au second semestre 2015 et que tu as confirmée avec ta déclaration de candidature au début de 2016. Comme tant d’autres, je t’y avais appelé plusieurs fois, notamment dans deux lettres ouvertes, celle-ci et celle-là et dans les billets dont les liens figurent en notes à la fin de celui-ci. Toujours avec toi et avec nos camarades et ami-e-s, et malgré parfois certains désaccords, j’ai cheminé dans ton sillage. Et j’ai espéré que tu puisses un peu pousser toi aussi la roue de l’Histoire pour qu’elle se remette à tourner dans le sens du progrès au lieu de faire des mouvements nous faisant sans cesse régresser davantage. Ainsi que tu le « soupires » souvent toi-même, « Histoire, que tu es longue et cruelle » me dis-je bien souvent !

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Ce soir, une nouvelle fois, après tant de fois précédentes déjà depuis des années, tu as donné le meilleur de toi-même dans ton discours-fleuve de près de deux heures à Strasbourg.

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Tu as enflammé nos coeurs et nos âmes citoyennes. Nous vibrons d’autant plus que nous saisissons l’urgence et la gravité du moment comme son caractère exceptionnel. Tous ensemble, nous sommes en train de faire l’Histoire.

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Je ne veux pas te paraître dithyrambique, mais il y a des choses que tu as dites ce soir qui résonnent comme jamais à nos oreilles. Des idées enthousiasmantes comme presque toujours, parce que innovantes, progressistes, humanistes, intelligentes, ambitieuses et tellement raisonnables en même temps. Mais surtout, cette capacité que tu as à nous donner la conviction que tu as la ferme résolution d’agir demain en conformité avec tes paroles et tes discours d’aujourd’hui.

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Ceci nous donne à tous du coeur à l’ouvrage, maintient voire augmente le feu qui couve en chacun de nous. Voilà que le magma incandescent remonte de quelques mètres voire dizaines de mètres de plus. Tiens ! C’est là encore une image que tu aimes utiliser parfois, toi qui dis que le peuple français est un volcan.

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Pourtant, ce soir, bien que je me sois laissé aller à jubiler en t’entendant, puis à m’amuser quelques minutes à écrire un nouveau billet d’humour un peu sarcastique, je me sens aussi affreusement balancé entre une joie intérieure profonde, une forme de confiance irrésistible dans l’avenir, et en même temps, ce qui est tout à fait antinomique, une inquiétude qui tend à devenir un effroi quand je vois la course du monde vers l’abîme.

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Cet abîme, c’est celui que la folie de nos gouvernants et de nos semblables donnent l’impression de vouloir atteindre avant l’heure dite. Cette folie nous fait tous participer, parfois certes malgré nous, à la destruction de l’écosystème. Mais pas seulement !

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Cet abîme, c’est aussi celui qui se rapproche de nous du fait de nos choix géopolitiques. On assiste à une forme nouvelle de montée des tensions et des périls comme on l’a déjà vu dans le passé, pour le plus grand désastre et le plus grand malheur de l’Europe.

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Et comme si ça ne suffisait pas à noircir suffisamment le tableau, tu as relevé ces derniers jours, et encore ce soir, le pressentiment que nous commençons à avoir tous que notre propre pays, poussé par des forces occultes qui semblent bien s’être donné le mot pour souffler sur les mauvaises braises, n’entre non pas en « révolution citoyenne », mais en guerre civile.

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Et au-delà de tout cela, une autre peur commence vraiment à m’assaillir : que les tenants du système ne se laissent pas chasser par une simple séquence électorale.

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On est quelques-uns à percevoir des signaux qui se rapprochent de plus en plus depuis quelques années, depuis quelques mois et depuis quelques semaines. Je pourrais aussi dire depuis quelques jours.

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Et ces signaux ne sont vraiment pas encourageants. Pour ne pas dire qu’ils me terrifient !

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Certes nous t’avons toi, et nous avons aussi les valeureux combattant-te-s qui sont autour de toi, dans le premier cercle, dans le second, le troisième et les suivants… Et comme tu l’as si magnifiquement exprimé ce soir, nous avons aussi et surtout ce peuple français si ardent, si prêt à se retrousser les manches pour participer à l’oeuvre historique qui nous attend si on le prend par la main au lieu de le mépriser, de le négliger, de l’ignorer, voire de le contraindre à faire ce qu’il refuse.

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Mais contre nous, nous avons aussi des ennemis résolus à ne jamais perdre le pouvoir. Je ne parle pas spécialement de tel ou tel pantin du « circus politicus » prenant la suite de ceux qui les ont précédés dans ce rôle. Je parle plutôt des forces plus discrètes mais ô combien plus puissantes qui tiennent le monde.

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Je connais un peu l’Histoire et je sais combien elle est cruelle.

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Deux dates disent beaucoup pour qui a étudié tout ce qui tourne autour d’elles : le 22 novembre 1963 et le 11 septembre 2001. J’aurais pu en citer bien d’autres mais ces deux-là sont pour moi les plus fondamentales pour dire que le mal existe !

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Voilà pourquoi j’ai peur Jean-Luc.

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Je ne pense pas que cette peur soit irrationnelle. Et elle ne m’empêche ni de penser, ni d’agir. Je ne me terrerai pas plus demain qu’hier pour éviter tout risque potentiel. Mais je voulais exprimer ce soir cette angoisse sourde que beaucoup de mes camarades et ami-e-s partagent.

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Peut-être qu’un jour prochain, à l’occasion d’un nouveau discours que tu prononceras ou d’un nouveau billet de blog que tu publieras, tu auras des mots pour nous rassurer. Car si je parle en mon seul nom vu que je ne suis rien d’autre qu’un militant ordinaire, je sais que je pourrais parler au nom de beaucoup.

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Je t’adresse, Jean-Luc, un salut très fraternel et je t’abjure de prendre garde à toi.
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Quelques liens vers des billets que j’ai écrits à ton sujet ou à ton attention

Frédéric Lordon nous parle du film “Merci patron !” de François Ruffin

Retranscription faite par Vincent Christophe Le Roux de l’intervention de Frédéric Lordon lundi 8 février, salle Olympe de Gouges à Paris, pour la diffusion du film “Merci patron !” de François Ruffin.

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Et maintenant, on fait quoi en Grèce ?

Puisque les Grecs, de manière frontale et directe, et nous, Français et européens, par ricochet et par anticipation, sommes violemment agressés par le collège de dictateurs de l’Union européenne, il nous revient de ne pas nous laisser faire et de ne pas accepter d’être traités ainsi.

Ils ont eu vraiment très peur cette fois ! Mais au final, et pour l’instant, il semble qu’ils sortent gagnants de ce match.

Oui « Nous avons perdu une bataille mais nous n’avons pas perdu la guerre » comme le disait le général de Gaulle dans son appel du 18 juin 1940. Mais comme il le disait aussi le même jour, « Rien n’est perdu parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné ».

Ces forces sont celles du peuple !

Certes nous avons déjà beaucoup souffert (ce « nous » est un « nous » d’empathie avec les Grecs, les Espagnols, les Portugais, les Italiens, les Français et tous ceux qui souffrent du fait de la mise en oeuvre par les gouvernements en fonction de politiques contraires à l’humanisme). Et nous risquons de souffrir encore davantage dans les semaines, les mois et peut-être les années qui viennent si nous acceptons notre sort comme un troupeau de moutons sur le point d’être tondus. Nous savons bien que lorsqu’on met un doigt dans l’engrenage, on y laisse le bras ! C’est ce que Tsipras vient d’apprendre à ses dépens !

Sauf que nous sommes les 99% comme le disaient les indigné-e-s. Alors le nombre ne suffit pas s’il n’est qu’une masse informe, hébétée et hallucinée, guidée comme un troupeau par les meRdias. Mais des évènements de l’ordre de celui qui vient de se produire sont de nature à provoquer des réactions. C’est sur elle qu’il faut compter. C’est elles qu’il faut encourager. C’est elles qu’il faut affermir. C’est elles qu’il faut développer et multiplier.

Comme en démocratie, le peuple est l’arme la plus puissante, un des premiers remèdes au mal actuel est le recours au peuple. Le Parti de Gauche français, lors de son congrès des 4 et 5 juillet derniers, avait même fait de cette idée-là son slogan, sa marque de fabrique pour le congrès en claironnant : « La solution, c’est le peuple ! »

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Au regard de la situation politique nouvelle découlant de l’accord conclu entre Alexis Tsipras et les criminels €uropéens, le premier étant la victime expiatoire des seconds, je pense que diverses options d’appel au peuple peuvent être envisagées :

1/ Alexis Tsipras démissionne et la majorité au Parlement se reforme avec un nouveau premier ministre. Pourquoi pas Yanis Varoufakis qui semble avoir l’étoffe de la fonction et peut-être davantage de détermination à aller au choc frontal… Sinon, pourquoi pas Zoé Constantopoulou, la présidente du Parlement ? Elle a, depuis cinq mois, montré sa fermeté et sa constance et elle a eu la cohérence intacte ces derniers jours. Certes présider un Parlement et diriger un pays sont deux choses assez différentes mais elle semble avoir, comme Varoufakis, la stature pour ce faire…

2/ Non seulement Alexis Tsipras démissionne mais de nouvelles élections législatives anticipées sont organisées. Syriza fait campagne cette fois sur un projet plus radical et assume l’inéluctable sortie de l’UE. Mieux vaut prendre les coups en étant debout, libres et indépendants, qu’en étant sous tutelle.

3/ le gouvernement actuel organise une nouvelle session référendaire d’ici quelques semaines et interroge le peuple grec sur diverses questions (et pas sur une seule), ceci avant qu’interviennent des élections législatives anticipées, clôturant le processus référendaire. Les questions à poser pourraient être piochées parmi celles-ci :

a/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour ignorer désormais l’ensemble des exigences de la troïka, aussi bien celles déjà émises que celles qui pourraient advenir ?

b/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour refuser l’accord intervenu le 12 juillet 2015 ?

c/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour considérer comme nulle et non avenue la partie illégitime de la dette dont le paiement est réclamé à la Grèce, sur la base du rapport d’audit de la dette qui a été publié récemment par la CADTM ?

d/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour taxer massivement (tranches de 70, 80 et 90%) les plus hauts revenus ?

e/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour imposer fiscalement tous les revenus et capitaux qui bénéficient d’exemptions fiscales (par exemple les armateurs et l’Église) par exemple selon le principe énoncé à l’article 13 de la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789, à savoir une contribution également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés contributives (ce qui signifie un nombre de tranches important et des taux à due proportion des ressources) ?

f/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour retirer notre pays de l’OTAN ?

g/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour préparer activement, notamment avec ceux de nos partenaires européens qui le voudraient, une sortie collective de l’Union européenne et l’instauration de nouvelles solidarités entre nous destinées à se substituer aux institutions de l’Union européenne ?

h/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour entamer les pourparlers diplomatiques nécessaires en vue de faire se lever un puissant mouvement international des peuples libres en faveur de la paix et du désarmement global ?

i/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour entamer un processus constituant de nature à restaurer, à perfectionner et à sécuriser pour l’avenir, notre démocratie ?

Pour s’émanciper de la tutelle que les salauds €uropéens lui imposent depuis cinq ans, et pour briser les chaînes que les criminels €uropéens lui ont mises autour du cou et des pieds avec cet accord scélérat, le peuple grec n’hésiterait pas à voter OUI » à ces questions et le prochain gouvernement serait, cette fois, très bien armé pour entamer le choc frontal.

Tant que dans les pays européens, aucun autre gouvernement ne peut soutenir le peuple grec, c’est à nous, citoyen-ne-s européen-ne-s qu’il incombe de faire tout ce que nous pouvons pour aider nos frères et soeurs en humanité subissant le joug €uropéen en Grèce. Je ne sais pas encore, hélas, comment ce soutien pourrait se manifester mais je pense qu’il est urgent que nous, militant-e-s des partis ou hors des partis, organisions rapidement non seulement la résistance, mais  aussi et surtout la reconquête !

Comme on est plus intelligents à plusieurs que tous seuls, le mot d’ordre me semble-t-il pour les semaines à venir, c’est de nous organiser.

Affaire à suivre…

Du rôle de Jean-Luc Mélenchon dans le débat sur la sortie de l’Union européenne

1/ Jean-Luc Mélenchon et la question européenne…

Au regard de ce qu’il incarne aujourd’hui, et de ce qu’il peut incarner demain, Jean-Luc Mélenchon peut-il et doit-il, défendre l’idée et la proposition programmatique de sortir la République française de l’Union européenne ? Peut-il et doit-il au contraire le refuser ?

On me dit, à juste titre, que Jean-Luc Mélenchon n’a jamais défendu l’idée de la sortie, qu’une telle proposition n’a jamais été inscrite nulle part dans des écrits qu’il aurait rédigés ou dans des textes qu’il aurait signés. Oui, en effet ! C’est tout à fait exact. Je le concède bien volontiers. À ce jour, Jean-Luc Mélenchon s’est toujours refusé à évoquer de telles options politiques. Il a parfois été interrogé sur ces sujets et a toujours expliqué son opposition à un tel projet.

Début avril 2015, alors que j’assistais au Conseil national du Parti de Gauche, j’ai encore pu l’entendre expliquer pourquoi il ne pensait pas que nous devions sortir de l’euro. Il n’évoquait alors que l’aspect sortie de l’euro, évidemment pas la question, de portée bien plus grande, de la sortie de l’UE.

On me dit que par conséquent, nous avons tort de lui reprocher de ne pas défendre cette sortie de l’UE. Là, je ne suis plus d’accord. Ce qui est vrai un jour ne l’est plus forcément le jour suivant. Et chacun peut évoluer dans sa pensée, sans que cela soit une trahison ou un renoncement. La vie et ses circonstances poussent chacun à évoluer, à s’adapter aux nouvelles circonstances. Nous sommes quelques-un-e-s à avoir mis du temps à considérer que l’on devait défendre l’idée de la sortie de l’euro et/ou de l’Union européenne. D’ailleurs, il n’y a pas assimilation des deux car il y a des défenseurs de la sortie de l’euro qui n’envisagent pas, et même qui refusent très fermement, l’idée de la sortie de l’UE. Par contre, les partisans (dont je suis) de la sortie de l’UE ont évidemment déjà intégré l’idée de la sortie de l’euro mais estiment que cette sortie-là serait très insuffisante car le réquisitoire que nous adressons à l’UE dépasse largement la seule question de l’euro et du modèle économique, politique, social et sociétal que cette monnaie incarne. C’est tout le système politique et juridique de l’UE, mais aussi la géopolitique que l’UE dessine, que nous dénonçons. Et comme nous ne sommes pas de ceux qui voulons « détruire » un système que d’autres peuples ont bien le droit d’accepter et de juger conforme à leurs volontés, nous estimons que nous-mêmes devons nous en libérer sans chercher à le détruire. Bon, en réalité, il se détruit lui-même mais nous nous refusons d’attendre le constat unanime de sa destruction pour recommencer à vivre…

Nous sommes donc quelques-un-e-s, dont le nombre va croissant chaque jour, à considérer que quoi qu’ait dit Jean-Luc Mélenchon lors de sa campagne pour les élections présidentielles de 2012, et quoi qu’il ait dit depuis, il peut encore évoluer. Pour nous, non seulement il le peut, mais il le doit ! Au regard des circonstances, au regard de ce que nous voyons de l’évolution de l’Union européenne, nous pensons que Jean-Luc Mélenchon ne peut plus continuer à défendre seulement l’idée de la désobéissance aux traités et les solutions économiques et institutionnelles de la refonte de la Banque centrale européenne ainsi que de ses missions et de ses pouvoirs d’intervention. Nous sommes dans un autre temps. Cela aurait peut-être suffi hier, quand l’Union européenne mettait en oeuvre parfois des politiques défendables au regard de nos principes. Mais le système européen s’est renforcé, dans le sens d’un capitalisme exacerbé, d’un atlantisme de plus en plus assumé et d’une dictature oligarchique qui ne se dissimule même plus. L’Union européenne, par certains aspects, ressemble, de plus en plus, à l’Union soviétique. Moins une politique marche, plus on l’accentue. Si la politique économique libérale ne donne pas ses résultats escomptés, ce n’est que pour une seule raison : elle n’est pas assez libérale ! Voilà ce qu’on entend… Il ne s’agit pas de folie collective mais d’un plan résolu de destruction des systèmes sociaux. Il s’agit bien d’une guerre des classes que l’Union européenne nous mène depuis des décennies. Quand on a compris cela, et quand on sait d’où vient l’Union européenne, qui l’a mise sur pieds et pourquoi, on n’a plus envie de la sauvegarder. Pourtant, ainsi que je le disais plus haut, il ne nous incombe pas de décider pour tous. Alors décidons pour nous-mêmes, le peuple français. Les autres feront bien ce qu’ils veulent, soit en suivant notre exemple, soit en faisant d’autres choix.

En 2012, nous étions presque tous dans la logique de la désobéissance aux traités et de la subversion de l’Union européenne depuis l’intérieur de celle-ci. Nous estimions que nous pouvions réformer profondément l’UE et l’euro, une fois que nous serions au pouvoir, pour faire de cette Union et de cette monnaie des outils au service des peuples.

Et puis, nous avons fini par comprendre que cela était une chimère. Rien de ce que à quoi nous aspirons ne sera jamais possible dans ce système-là, même si nous accédions au pouvoir. Il faut donc quitter l’Union européenne, nous libérer de ce système d’asservissement, et créer tout autre chose. Contrairement ce que disent certain-e-s, nous ne serons pas longtemps seuls…

En outre, nous estimons que si Jean-Luc Mélenchon relevait enfin cet étendard de la sortie de la République française de l’Union européenne (ou en tout cas s’il faisait la promesse solennelle de demander au peuple français ce qu’il souhaite), avec le talent pédagogique immense qui est le sien, il saurait convaincre des millions de gens de la pertinence de ce choix de libération.

Jean-Luc Mélenchon couperait aussi, de facto, l’herbe sous les pieds de la néofasciste Marine Le Pen qui est la seule (hormis quelques groupuscules plus respectables que le FN, tels que le PRCF, le M’PEP ou l’UPR) à oser défendre cette sortie. Il contribuerait à réduire l’audience électorale de ce parti anti-républicain qu’est le FN. Nous diagnostiquons, en effet, que nous perdons beaucoup plus de crédibilité et de bonnes opinions en restant dans le système qu’en le contestant radicalement car nous laissons alors ce combat au FN qui progresse pour cette raison principale-là !

Certes, Jean-Luc Mélenchon prendrait des coups violents s’il le faisait, et perdrait même un peu d’audience chez quelques révolutionnaires de salon, mais il gagnerait beaucoup plus qu’il ne perdrait. Il redonnerait espoir à une grande partie du peuple de gauche qui ne croit plus en rien quand il voit que nous restons ancrés au système qui nous martyrise. Jean-Luc Mélenchon relèverait le flambeau porté si haut en 2005 et que personne n’a encore repris en main…

Ne nous préoccupons-pas de ce que pourront dire la presse et nos ennemis sur Jean-Luc Mélenchon s’il faisait sien ce combat politique stratégique de portée historique. Il a déjà pris tant de coups qui ne l’ont pas mis à terre ! Il en prendra d’autres. Nous aussi à ses côtés. Mais nous resterons debout. Nous endurerons comme nous avons déjà enduré depuis des années, et nous rendrons coup pour coup, comme nous avons déjà rendu les coups. Nous lutterions, comme nous le faisons déjà depuis des années, avec nos armes : notre dévouement à l’intérêt général et à la cause du peuple, des peuples, notre intelligence, notre capacité à expliquer et à faire comprendre, notre détermination à résister et à reconquérir, sans plier, sans baisser la tête, les yeux ou la voix, n’oubliant jamais qu’un peuple libre doit avoir diverses propositions d’alternative et des débats entre solutions vraiment différentes voire opposées.

La démocratie ne résulte pas d’un choix entre, d’une part, gris clair et, d’autre part, gris foncé…

La démocratie, ce n’est pas le choix entre d’une part, la peste et, d’autre part, le choléra.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, la droite capitaliste réactionnaire et provocatrice et le camp solférinien qui est passé à l’ennemi avec armes et bagages, il y a plusieurs années déjà !

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, les « Républicains » qui dissimulent des crapules et des exploiteurs ainsi que toute une cour des miracles composée de godillots arrivistes et intéressés, incapables de penser la France, l’Europe et le monde, et qui ne font que répéter, souvent maladroitement, ce qu’ils ont entendu de leurs chefs, et d’autre part, les acteurs du Parti Socialiste dont on peut dire exactement les mêmes choses que celles décrivant les « Républicains ».

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui nous tue et, d’autre part, une Union européenne qui nous saigne.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui prend ses ordres à Washington et, d’autre part, une Union européenne qui s’aligne sur la vision économique, sociale, sociétale, géopolitique, sécuritaire, culturelle, civilisationnelle, de l’Empire états-unien (que ce soit par conviction sincère ou par volonté de servitude).

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui considère toujours comme un allié et un ami, l’État d’Israël, quels que soient ses gouvernements et quelle que soit leur politique, et, d’autre part, une Union européenne qui considère toujours comme ferments du terrorisme le peuple palestinien et ses représentants.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui détruit, dans les pays d’Afrique, l’économie, les institutions et la capacité de vivre des peuples africains, par le biais de ses politiques économiques et de sa diplomatie, et, d’autre part, une Union européenne qui détruit l’économie, les institutions et la capacité de vivre des peuples africains en participant, directement ou indirectement, à des guerres africaines de l’Empire ou de certain-e-s de ses vassaux.

Je pourrais poursuivre longtemps cette présentation.

2/ Sortir de l’Union européenne : un caprice d’irresponsables imposé au peuple français ?

2.1/ Un caprice « imposé » au peuple français ?

La sortie de la République française de l’Union européenne est-elle un caprice d’irresponsables, un choix forcément mal maitrisé, qui ne serait concrétisé que par décision prétorienne prise seulement au sommet de l’État, sans l’aval des Français ?

Bien sûr que non ! Nous ne prêchons pas du tout pour une décision prétorienne d’en haut à laquelle les Français n’auraient pris aucune part. Tout au contraire !

Nous nous sommes assez élevés contre le coup d’État de 2005, cette forfaiture, cet acte de haute trahison, pour que l’on ne fasse pas de même, fut-ce en sens inverse ! C’est bien le peuple souverain français qui aura à en décider. Et avant que ne lui soi(en)t posée(s) la ou les question(s) afférente(s), il devra y avoir eu en France un large débat, comme ce fut le cas en 2005. Et on devra se plier à la volonté du peuple exprimée lors de ce référendum, quelle qu’elle soit…

2.2/ Un caprice d’irresponsables ?

Par ailleurs, il y a bien des personnalités réfléchies, instruites, intelligentes, raisonnables, qui défendent des scénarii de sortie, avec des plans en diverses étapes. Il ne s’agit pas de sortir puis de se demander ensuite ce que nous allons faire. Depuis des années, certain-e-s étudient la question et sont aujourd’hui capables de conseiller les gouvernements des peuples qui auraient validé l’idée de la sortie. Il ne s’agit pas non plus de demander seulement au peuple français s’il veut ou non sortir de l’Union européenne. Il faudra, selon moi, le même jour, lui poser d’autres questions, après la question préalable, pour que ce soit lui, le peuple souverain, qui tranche le scénario et le plan stratégique qui devra gouverner la sortie.

3/ De l’utilité du débat et de la manière de le mener…

Le débat est légitime. Moi qui suis partisan de la sortie, j’admets qu’on puisse y être hostile. Je souhaiterais que les contradicteurs de la sortie avancent des arguments plutôt que des anathèmes et s’efforcent de convaincre plutôt que de diaboliser ou de discréditer leurs contradicteurs.

Accuser l’autre d’être irresponsable parce qu’il ou elle défend une idée différente de la vôtre n’est pas un argument admissible pour un-e démocrate conséquent-e. Parce que ce n’est pas digne que de salir ainsi celui ou celle qui ne pense pas comme vous.

Je rejette également, d’entrée de jeu, celui ou celle qui m’opposerait comme argument que Jean-Luc Mélenchon, LUI, sait ce qu’il faut faire. Sous-entendu lui, il est quelqu’un alors que toi tu n’es rien. Même si ce propos n’est pas inexact, je ne le trouve pas convaincant. Parce que les « grands » qui nous représentent ne sont pas toujours bien inspirés et que les « petits », les « ordinaires » ou les « anonymes » ne sont pas toujours dans l’erreur. Et si les seconds se trompent, c’est aux premiers, et à leur partisans, de les convaincre de leur erreur, en avançant des arguments, pas en mettant en jeu des propos ne reposant que sur le mépris.

J’ajouterai que pour des militant-e-s de gauche, pour des militant-e-s prônant la révolution citoyenne, pour des militant-e-s partisans des slogans « Place au peuple » et « Prenons le pouvoir », pour des militant-e-s conséquent-e-s en termes de démocratie, il n’est jamais très futé de se justifier en avançant des propos dévoilant que vous pourriez finalement être un peu trop docile, un peu trop discipliné, un peu trop soumis… La révolution citoyenne n’a besoin ni de caniches, ni de perroquets, mais de citoyen-ne-s libres, instruits, éveillé-e-s, contestataires, osant déplaire…

4/ Adresse directe à Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, si tu aspires, comme je le crois, à devenir, une nouvelle fois, le candidat du peuple de gauche, et si, cette fois, tu as saisi que ça ne suffira pas, qu’il te faut t’élever au-dessus de la mêlée et de la médiocrité traditionnelle de certain-e-s de celles et ceux qui pullulent autour de toi, si tu veux avoir une chance d’être présent au second tour de la prochaine élection présidentielle, puis de l’emporter, tu devras convaincre le peuple tout entier, pas seulement les medias, pas seulement Pierre Laurent ou Clémentine Autain, pas seulement les frondeurs du PS ou les électeurs et électrices d’EELV… Et un nombre croissant de gens pensent que pour réussir ce défi, tu dois assumer la rupture avec l’Union européenne.

Quand je te lis et que j’entends tes propos depuis quelques mois, j’ai le sentiment diffus que, dans ta tête, la mue est déjà faite depuis quelques temps, mais que tu procèdes comme un escargot pour rendre publique ta mutation… Tu y vas avec une prudence de sioux et parfois ça me donne la rage tellement je suis convaincu que cela te dessert.

Jean-Luc, tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être le candidat de l’establishment. Tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être  le candidat des medias. Tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être le candidat de la gauche amalgamant gauchistes enragés et gauchistes modérés. Tu as vocation, par ta personnalité, ton expérience, ta fougue, l’essentiel de ta vision politique, et ton apparente détermination à aller au combat frontal, à être le candidat du peuple qui se libère. Tu ne dois donc pas chercher à amadouer celles et ceux qui incarnent le système ou qui lui permettent de se maintenir, qui te dénonceront toujours comme un danger. C’est NOUS que tu dois convaincre. C’est le peuple français, adepte des révoltes et des révolutions que tu dois réveiller. Et tu ne le feras pas en restant favorable à l’Union européenne, fut-ce avec tes propres mots critiques.

Tu as été bien inspiré de commencer à porter le drapeau de la 6e République et d’une démocratie profondément revivifiée. Mais ça ne suffit pas si tu restes hostile à l’idée de chercher à convaincre le peuple français de briser les chaînes qui le soumettent aux capitalistes, aux atlantistes et à l’Empire au moyen de l’Union européenne. Je sais que tu n’es pas déterminé à te laisser faire par les institutions de l’Union européenne et par celles et ceux qui l’incarnent, si tu accèdes à la Présidence de la République française. Mais ton idée de subvertir l’UE de l’intérieur ne sera pas plus efficiente que la subversion du PS de l’intérieur. Et l’idée que tu défends de désobéir aux traités est très insuffisante au regard de ce qu’il faut faire pour que nous reprenions notre pleine souveraineté et que nous puissions cheminer de nouveau sur la voie du progrès vécu par tous.

En outre, selon moi, tu ne seras jamais élu Président de la République française tant que tu n’auras pas décidé de passer de l’autre côté du miroir. Parce que ce ne sont pas les Européistes et eurolâtres qui feront ton élection. Ce ne seront pas les medias ni les socialistes convaincus par l’action de Hollande et Valls. Dans un pays où le peuple français à dit NON à l’Union européenne avec le score que l’on sait il y a dix ans, et dans un pays qui a vu ce que l’Union européenne a fait depuis, un candidat ne peut être élu à la présidence de la République que s’il a convaincu la majorité du peuple qu’il allait tenir tête à l’Union européenne. C’est ce qu’ont fait Sarkozy et Hollande dans leurs discours de campagne en 2007 et en 2012 alors même qu’ils étaient des partisans de l’UE. Le peuple y a cru. Sauf que nous les avons vu à l’oeuvre depuis. Et je ne pense pas que ça fonctionnera une troisième fois.

Et puis, en ce qui te concerne, la base de ton audience est la Gauche, et pas n’importe quelle gauche !  C’est la gauche de combat, la « Sociale », la gauche du NON de 2005. Tu ne la convaincras pas, tu ne la convaincras plus, à mon avis, en ne disant que ton engagement de désobéir aux traités. Il va falloir que tu fasses bien plus, que tu « fendes l’armure » comme on dit parfois.

Si « l’Europe est illégitime depuis dix ans en France », ce que tu as très récemment affirmé, alors tires-en les conséquences, toutes les conséquences. Annonce que tu considères, pour ta part pour ne pas engager les autres, et explique pourquoi, la République française devrait se libérer de l’Union européenne, faire la peau à ses mâtons (au sens figuré bien sûr), briser ses chaînes, et rendre possible une autre histoire, pour nous, le peuple de France, et pour tous les autres, en Europe et dans le monde. Et engage-toi à organiser un référendum sur la question dans les 100 jours de ton élection à la présidence de la République. Bien des Français-e-s, alors, tendront l’oreille et si tu es aussi bon sur ce sujet que tu l’es sur les autres, alors tu sauras convaincre une majorité. Et tu auras joué un rôle majeur dans l’Histoire, dans notre Histoire. Tu auras été un grand homme et pas « un petit homme dans un rond » pour reprendre les mots d’Edmond Rostand dans la pièce de théâtre Cyrano de Bergerac… D’ailleurs, tu es bien plus crédible en Cyrano de Bergerac qu’en une espèce de Don Quichotte se battant contre les moulins ou de Sisyphe devant sans cesse remonter son rocher (ici le Front de Gauche)…

Changer de constitution et de régime ou sortir de l’Union européenne ? Il faut faire les deux camarades !

Il y a quelques mois, quand je faisais ardemment campagne pour la 6e République, à la fois sur Facebook et via un blog dédié, et que j’appelais, à ce titre, à ce que nous commencions à réfléchir à l’écriture COLLECTIVE d’une nouvelle constitution rendant le pouvoir souverain au peuple français et prévoyant toute une série de mécanismes juridiques (constitutionnels et administratifs), mais aussi politiques, pour le rendre possible, et pour qu’il ne puisse plus être contesté, je recevais pas mal de messages de gens (notamment de l’UPR, de DLR devenu DLF, du M’PEP ou du PRCF) me disant que c’était inutile de se battre pour une nouvelle constitution aussi longtemps que nous restions dans l’Union européenne.

Je répondais que, pour moi, le combat pour la 6e République était le plus important de tous car en rédigeant collectivement une constitution nouvelle, axée sur la démocratie et la souveraineté populaire, nous dirions inéluctablement que l’Union européenne est contraire à nos principes, à nos valeurs, à nos désirs, à nos exigences. Nous renverserions alors inévitablement la hiérarchie des normes. Et dès lors que le peuple français aurait adopté une nouvelle constitution ayant ces caractéristiques-là, nous ne pouvions manquer de remettre en cause l’appartenance de la République française refondée à l’Union Européenne. Vous me suivez jusqu’ici ?

En effet, en droit, la constitution actuelle prévoit que les traités régulièrement ratifiés prévalent sur la loi ; et la jurisprudence constitutionnelle française a, depuis longtemps, jugé que par « loi » il fallait aussi entendre « constitution ». Donc, c’est bien notre constitution actuelle qui permet que des traités prévalent sur elle, une fois qu’ils ont été RÉGULIÈREMENT ratifiés… Et là, la question se pose non ? Peut-on sérieusement soutenir que le Traité de Lisbonne a été RÉGULIÈREMENT ratifié ? Quand on sait comment les choses se sont passées, la réponse est clairement NON. N’importe quel esprit sensé et honnête, intellectuellement parlant, ne peut valablement considérer que le traité en question a été valablement ratifié. Certes, il a été considéré, par les instances compétentes, que ce traité a bien été valablement ratifié au plan juridique puisque le Parlement, réuni en Congrès, l’a adopté et que ce mode d’adoption est une des deux voies possibles de ratification prévues par notre constitution. Mais quand un traité est ratifié par le Congrès alors même qu’un texte quasi identique a été rejeté par le peuple souverain par référendum à peine deux ans plus tôt, même un juriste sait que cette situation ne saurait être jugée valable au plan juridique. C’est pourtant ce qui a été décidé par les institutions juridiques établies. Elles sont l’émanation du système et servies par des gens dont la mission est de maintenir ce système, voire de le renforcer encore davantage…

Donc, mon propos est de dire que déjà, sur ce seul point, le traité qui s’applique ne devrait pas s’appliquer car ce n’est que par un coup de force politique qu’il a été ratifié. Nous le savons et ce n’est pas mon sujet ce soir que d’insister sur ce point. Je considérais cependant que ce rappel était indispensable en préalable de ce que je voulais vous dire…

Je reviens donc à ce que je disais en introduction de ce billet. C’est notre constitution qui donne la primauté aux traités ratifiés. Mais notre constitution n’empêche pas le peuple souverain de la réformer, voire de l’abroger au profit d’une autre, qui serait partiellement ou totalement réécrite et repensée… Cela, aucun traité ne peut non plus l’interdire.

DONC, le peuple français, s’il décidait de changer sa constitution actuelle au profit d’une autre qui lui donne des armes puissantes pour reprendre son destin en mains, pourrait décider que, désormais, la République française ne fait plus partie de l’Union européenne. Rien n’empêche, s’il le décide, que cela soit expressément écrit dans la constitution nouvelle, auquel cas, l’exécution de cette décision s’appliquerait rapidement, dans les conditions et selon les modalités que définirait par exemple une loi organique intervenant peu après l’adoption et la mise en application de cette constitution nouvelle… Cela empêcherait aussi que de nouveaux gouvernants viennent un jour ramener la République française dans cette même Union européenne… La première constitution de la 5e République, celle adoptée en 1958, contenait par exemple un titre entier et plusieurs dispositions relatives à « l’Union française » qui englobait des « pays » que nous dominions et contrôlions par les liens de la colonisation.

Et, même si la constitution elle-même, ne prévoyait pas expressément, dans son texte, la sortie de la République française de l’Union européenne, elle pourrait, par différents moyens, la rendre inévitable à bref délai…ou, à tout le moins, envisager expressément qu’elle soit possible. Cette hypothèse se concrétiserait par l’organisation d’un référendum intervenant peu après le référendum d’adoption de la constitution, et après un débat sérieux et suffisamment long pour que le peuple se fasse une opinion éclairée sur la question. Ainsi, seraient dissociées les deux questions. Dans un premier temps, le peuple français déciderait d’approuver ou non le projet de nouvelle constitution, et, dans un second temps, il se prononcerait sur la sortie ou pas de la République française de l’Union européenne.

Quoi qu’il en soit, celles et ceux qui m’ont (presque toujours aimablement) opposé que débattre du nouveau régime constitutionnel et politique serait sans intérêt sur notre souveraineté populaire, parce que celle-ci est court-circuitée tant que nous restons dans l’Union européenne, ont tort. Ils ne saisissent pas les conséquences juridiques et politiques d’un changement de régime politique et de constitution… Si l’on écarte, comme je le fais encore pour l’instant, l’idée avancée par certain-e-s, que Jean-Luc Mélenchon serait en réalité un homme politique malhonnête, trompeur, cynique, dissimulateur, on peut penser que c’est précisément la raison qui le pousse à défendre la 6e République car il a sans doute compris qu’en réécrivant une nouvelle constitution, le peuple français se ressaisit de fait de tous les pouvoirs et que les interdictions résultant de l’Union européenne seraient alors, automatiquement, remises en cause.

Maintenant, depuis que je parle haut et fort pour une sortie de l’Union européenne, ce sont désormais certains de mes camarades du PG, du PCF, d’Ensemble et du Front de Gauche ou de la Gauche en général, qui me disent que la sortie de l’Union européenne ne sert à rien si l’on ne change pas aussi la constitution. Et beaucoup de ces camarades me rappellent l’existence du Mouvement pour la 6e République ou des actions sur ce sujet du Parti de Gauche, de certain-e-s responsables de ce parti, ou d’autres acteurs à gauche…

Sachez que je suis convaincu, depuis très longtemps, par la nécessité, que dis-je par le caractère indispensable que revêt le changement de régime et de constitution. J’avais cette conviction chevillée au corps bien avant que n’existe Facebook ou ce blog… Vous saisissez ?

Les partisans de la 6e République sont donc idéologiquement mes ami-e-s, pour autant que cette 6e République soit celle que nous défendons au Parti de Gauche, au Front de Gauche et parfois au-delà de ce parti et de ce Front…

Mais je trouve stupide et totalement anachronique d’opposer les deux thématiques : sortie de l’Union européenne et changement de régime. Les deux vont  ensemble. Les deux DOIVENT aller ensemble. Nous devons défendre les deux, et le faire simultanément.

Certain-e-s de mes ami-e-s et camarades politiques en sont convaincu-e-s comme moi, d’autres ne le sont pas. Parmi les seconds, il y en a qui veulent à tout prix changer de régime et passer à la 6e République mais qui n’envisagent pas ou qui refusent ou qui craignent (il y a bien des nuances entre les un-e-s et les autres) la sortie de l’Union européenne.

Mon avis est qu’ils se trompent et font une erreur stratégique majeure. Changer de régime et mettre en application une constitution nouvelle telle que nous la souhaitons sans sortir de l’Union européenne ne réglera pas les problèmes car il y aura toujours alors bien des contradictions entre les dispositions de cette constitution nouvelle et les dispositions des traités européens. Si notre constitution prévoit, comme certain-es le préconisent (j’en suis !) que les traités, fussent-ils « régulièrement ratifiés » (et, même si, cette fois, c’est au sens authentique et honnête du terme), il faudra continuellement se poser des questions juridiques et constitutionnelles et trancher des conflits et des controverses, car vous comprendrez tous et toutes très aisément qu’une telle constitution nouvelle, si elle est comme nous le voulons, s’opposera au régime juridique, politique, économique, géopolitique qu’incarne l’Union européenne. Et sauf à vouloir densifier à l’extrême la justice constitutionnelle française, et donner ainsi du travail, par millions d’heures, à des milliers de magistrats constitutionnels chargés de juger de tous ces conflits juridiques, une telle opposition est intenable. En droit, il est nécessaire qu’existe une certaine sécurité juridique. C’est même un principe général du droit. Il implique que les règles (prescriptives et prohibitives) soient assez claires pour régir les situations, et assez stables aussi !

Il faut donc trancher le dilemme sans s’en remettre uniquement à l’avis des juges. Et donc il faut décider entre deux alternatives  :
Soit on veut que le peuple français redevienne souverain – et on le prévoit avec une nouvelle constitution – alors, en cohérence avec ce choix, on doit prendre une décision très claire de sortie de la République française de l’Union européenne, sans finasser, sans tergiverser, sans nous limiter à prévoir une « désobéissance aux traités », hypothèse qui ne veut rien dire concrètement et souffre donc d’un déficit criant de crédibilité.
Soit on tient à l’Union européenne pour quelque raison que ce soit, et alors on ne saurait désirer que nous changions de régime et de constitution, surtout pas pour en mettre en place une autre qui serait démocratique, puisque le système de l’Union européenne, par essence, s’oppose à la démocratie voire à la logique même d’une constitution puisque au sens de l’article 16 de la déclaration française des droits de l’homme et du citoyen : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » Or, c’est une gageure que de soutenir que l’Union européenne « assure la garantie des droits » et « détermine la séparation des pouvoirs »…

Et oui, camarades ! Il faut réellement choisir entre deux alternatives radicalement différentes et mêmes opposées. Ce sont bien deux choix de société tout à fait antinomiques. On ne peut à la fois souhaiter – et appeler à – un changement de régime politique en France et défendre, dans cet esprit, un changement de constitution, et dans le même temps expliquer que sortir de l’Union européenne n’est pas souhaitable, ou n’est pas sérieux, ou n’est pas responsable, ou n’est pas conforme à nos aspirations et principes de gauche, ou je ne sais quoi encore… On ne peut avoir l’un et l’autre.

L’idée que je défends – et le raisonnement que je mets en avant pour lui donner force – est bien que nous devons À LA FOIS :
1/ changer de régime politique et donc substituer à la détestable et nuisible constitution de la 5e République, quasi monarchique et oligarchique,  une constitution nouvelle de la 6e République qui soit enfin celle de la PREMIÈRE VÉRITABLE DÉMOCRATIE,
2/ sortir de l’Union européenne et de quelques autres alliances et organisations d’essence atlantiste et capitaliste.

Et faire cela c’est tout autre chose que de nous renfermer sur nos frontières dans un esprit chauvin et nationaliste, raciste, xénophobe, quasi fasciste, contrairement à ce que disent certains crétins incultes ou bornés et à ce que répètent certains perroquets, larbins de nos ennemi-e-s et griots du capitalisme ou de l’atlantisme.

Si c’est un jour le FN, ou de vrais nationalistes, ou de vrais néofascistes, ou de vrais racistes, qui ont la main pour sortir la République française de l’Union européenne, alors oui, on peut craindre le pire, car ce qu’il en sortira ne sera vraiment pas bon. Leur dessein n’est pas de rendre le pouvoir au peuple, ni de faire son bonheur. Et il n’est pas de rendre le peuple français puissant pour que nous soyons de nouveau en mesure de parler au monde et d’aider le monde à aller mieux, en assistant les autres peuples ou en s’inspirant d’eux et en leur donnant une audience qu’ils n’ont pas forcément parce qu’ils sont moins puissants que nous.

Par contre, si c’est NOUS, la Gauche de combat, la Gauche qui se bat pour « la Sociale », la Gauche qui se bat pour la démocratie et la République, la Gauche qui se bat pour l’humanisme, la Gauche qui se bat pour la laïcité, la Gauche qui se bat pour la justice et la défense authentique des droits de l’être humain et de l’animal, la Gauche qui se bat pour que le monde opère la grande bifurcation écologique rendue indispensable à notre survie collective,  la Gauche qui se bat pour que soient universellement reconnues les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, la Gauche qui se bat pour la paix, non comme des pacifistes bêlants mais comme des responsables sérieux instruits de la géopolitique telle qu’elle est et telle qu’elle régit les relations internationales, si c’est NOUS, cette Gauche-là, qui avons les rênes du pouvoir constitutionnel dans l’État de la République française au moment où la question sera posée, alors il n’en sortira que du bien.

Car notre rêve n’est pas d’asservir mais de libérer et d’émanciper. Notre tâche n’est pas d’abrutir les citoyen-ne-s mais de les éduquer et de faire croître en eux l’esprit de citoyenneté. Notre aspiration n’est pas de défendre les intérêts particuliers, fussent-ils les nôtres, mais de servir l’intérêt général sans brimer l’individu et sans le contraindre au-delà de ce qui est acceptable aux yeux de tous. Notre souhait n’est pas de revenir au Moyen-Âge mais de rallumer les lumières. Il n’est pas de maintenir le système honni mais de le détruire au profit d’un autre acceptable par tous. Notre action ne sera pas d’imposer des lois scélérates et des régressions de civilisation permanentes contre la volonté générale mais de remettre le droit au bonheur de tous au sommet de la hiérarchie des obligations des pouvoirs publics.

Une belle histoire s’achève pour moi. Rideau !

Image du Blog mots-pour-maux.centerblog.net

Je redoutais cette prise de conscience…

Je craignais de connaître ce jour empreint de tristesse…

Je me faisais violence depuis des mois pour accepter l’inacceptable…

Mais…

Quand un parti exclue à tour de bras des militant-e-s…

Quand un parti dissout des comités partout en France depuis des années…

Quand un parti adopte des décisions en toute illégalité…

Quand un parti foule aux pieds ses statuts…

Quand un parti prétend sans cesse vouloir instaurer une démocratie avancée et appelle le peuple à prendre le pouvoir mais prive de tout droit ses propres militant-e-s…

Quand un parti tolère que ses cadres dirigeants se comportent comme une bande de petits apparatchiks cooptés imposant leur loi à une soldatesque docile ou rendue impuissante…

Quand un parti exécute sommairement et sans jugement des militant-e-s qui dérangent, y compris des représentants élus à diverses fonctions importantes à la veille d’un congrès, en ne tenant aucun compte du principe constitutionnel des droits à la défense…

Quand la commission de résolution des conflits de ce parti, qui est présidée par une personne qui est magistrat de profession, laisse faire cela au point qu’on se demande si cette instance n’est pas dissoute de fait…

Quand un parti fait croire que l’on va rendre le pouvoir au peuple, notamment pour qu’il écrive une constitution, mais que c’est un petit groupe coopté qui décide seul de ce qui mérite d’être débattu et de ce qui doit être considéré à jamais comme tabou…

Quand un parti prétend vouloir permettre la révolution citoyenne mais dénie le droit à l’altérité et au débat dans ses propres instances…

Quand des membres en exercice du BN de ce parti réclament la dissolution pure et simple de l’organe dont ils sont membres, tandis que d’autres veulent le transformer radicalement, les uns comme les autres basant leurs critiques et leurs projets sur la démocratie bafouée…

Quand des milliers de militants se battent ardemment, depuis des années, pour que nous soyons réellement ce que nous prétendons être en termes de démocratie, mais que c’est toujours en vain…

Quand des milliers de militant-e-s nous ont quittés pour cette raison-là mais que nous ignorons cette réalité et que nous refusons d’en tirer les conséquences…

Quand nous n’assumons pas les nécessaires ruptures avec des partis moribonds qui nous entraînent dans le néant…

Quand nous ne savons rien faire d’autre que nous perdre d’une alliance nuisible à une autre ou pérorer entre nous dans des assises bidon ou des « chantiers » dits « de l’espoir » alors qu’il ne s’agit que de culs de sac…

Quand pour éduquer le peuple et le convaincre des indispensables changements radicaux de modes de vie que nous devons rendre possible à bref délai, nous ne savons que prêcher des concepts intellectualistes fumeux imaginés par des esprits souvent coupés des réalités de la vie quotidienne des gens ordinaires dont la priorité est de survivre…

Quand nous refusons de briser nos chaînes et d’écarter (j’ai failli dire « exécuter ») nos matons…

Quand nous en sommes là…

Alors il est plus que temps de tailler la zone !

Je ne serai qu’un anonyme de plus parmi tous ces innombrables militant-e-s anonymes du PG qui ont donné du temps, de l’énergie, du dévouement depuis six ans et qui ont fini par jeter l’éponge, trop écoeurés, trop désappointés, trop exaspérés, trop désabusés, trop découragés, trop révoltés.

Nous, les militant-e-s, ne sommes que des pantins à qui l’on fait croire que nous détenons une parcelle du pouvoir, alors même que nos principes sont foulés aux pieds, les dés pipés, les jeux biaisés, les règles détournées, nos droits méprisés, nos votes ignorés ou « réformés »…

Celles et ceux qui tiennent le parti se servent de nous mais ne tiennent aucun compte de nos attentes et de nos exigences. Ils imposent leurs vues parce que eux savent, parce que eux sont « responsables », parce que eux « ne sont pas des gauchistes, des immatures ou des enragés », parce que eux « veulent être crédibles et gouverner », parce que eux « ne sont pas dans des logiques de bunkerisation »…

Je me marre !

Et quand « eux » sont battus ou en situation de l’être, ils trouvent des moyens détournés de l’emporter malgré tout ou de reprendre le contrôle, et ce par divers procédés tout à fait contraires aux règles et aux principes. Des gens qui ont été démocratiquement mis en minorité reviennent par le truchement et les manigances de quelques responsables qu’ils ont su amadouer ou rallier à leur cause. Les fortes têtes sont salies et discréditées quand on ne les accuse pas des pires avanies pour justifier leur exclusion en urgence, sans leur accorder le droit de se défendre préalablement à l’effectivité de la décision d’exclusion.

De minables petits apparatchiks se comportent comme des sous-Fouquier-Tinville, forts de leurs liens avec les princes et les duchesses du parti s’ils n’ont pas déjà les faveurs du Roi ou du Régent.

Au final, c’est le peuple de la base du PG qui est méprisé, violenté, insulté, trahi et puis finalement exécuté par décision prétorienne de quelques hauts responsables sans que l’instance compétente n’ait à se prononcer.

En fait de débats, on assiste le plus souvent à des situations ubuesques ou l’on a le sentiment d’entendre des maîtres faire la leçon à leurs élèves ignares. Le mépris règne dans certains cercles ou dans certaines assemblées. Le PG reproduit en son sein ce qu’il y a de détestable ailleurs, à droite et à gauche…

Les leaders d’envergure nationale les plus talentueux se taisent, se font discrets et laissent faire ou bien laissent la base dans l’ignorance de leurs actions. Beaucoup se sont déjà éloignés des sphères influentes du PG si bien que celles et ceux qui y restent actifs sont loin d’être les plus estimables.

La coupe était pleine depuis des mois et menaçait à tout instant de déborder. Une seule goutte aurait suffi mais là, depuis quelques semaines, ce n’est pas une petite goutte qui s’est ajoutée au contenu du vase qui était plein à ras-bord, ce sont des centaines et elles pourraient remplir un tonneau tout entier.

Des mois de déception, de colère, d’écœurement face à ce que je vois et ce que j’entends de la part des représentants-e-s de mon parti ne pouvaient qu’aboutir à cette décision que je prends de baisser le rideau.

On me dit : « Et le congrès ? »

Foutaise. Mascarade. Piège à cons. Que peut-il en sortir ? Tout est verrouillé. Les dissidents dont j’étais ont certes failli battre la direction avec un texte de plateforme alternatif et ont conduit à ce que le PG se sépare en deux parts quasi égales.

Mais chacun sait combien ces résultats de prime abord inattendus sont très ambigus tant les choix qui ont été faits par les uns et par les autres sont le résultat de phénomènes dépassant très largement le simple choix d’une ligne politique. Et les textes alternatifs ont tous été battus, à différents stades. Le dernier à être resté en lice, qui concurrençait le texte de l’état-major du PG, a été soumis au vote des adhérent-e-s, et a été battu avec 46% des suffrages contre 54% pour le texte de l’état-major du PG. Dès lors, les jeux sont faits.

Certain-e-s de mes camarades continuent à espérer peser au congrès, via des amendements aux différents textes (projet, statuts, 100 jours…) mais ils s’illusionnent. La messe est dite ! Les amendements ne pourront pas changer fondamentalement les textes en discussion, sauf à imaginer une jacquerie des délégués lors de ce congrès et je ne la vois pas venir.

Le texte principal ne saurait être rendu acceptable par quelques amendements. Ce texte est mauvais dans sa forme, dans son expression, dans sa structuration, dans son esprit, dans son contenu. Le seul amendement à produire est celui qui supprimerait de ce texte la totalité de son contenu, titre compris (lequel n’est qu’une reprise pure et simple du slogan de Sarkozy en 2007, ce qui, excusez-moi, me dérange profondément) pour en proposer un autre entièrement réécrit…

Quant aux statuts qui sont la loi commune qui régit notre fonctionnement, les actuels en vigueur aussi bien que ceux, réformés, qui seront peut-être adoptés au congrès ne sont pas de nature à restaurer la démocratie dans ce parti qui reste et restera verrouillé.

Pendant plus de 5 ans, j’ai souvent eu matière à faire des reproches à mon parti mais je trouvais plus de raisons d’y œuvrer que de le quitter. Il y a quelques mois, la situation s’est inversée. Je me suis fait violence pour patienter jusqu’au congrès, étape qui devait permettre peut-être de renverser la table, pensions-nous avec une naïveté confondante. J’ai donc avalé des couleuvres aux allures de boas. J’ai rongé mon frein. J’ai parfois exprimé mes sentiments, à l’unisson avec un nombre croissant de camarades. À celles et ceux qui nous disaient au-revoir pour les raisons que j’évoque ce soir ou pour d’autres, je tentais de trouver les arguments pour les convaincre de rester encore avec nous. J’ai réussi parfois. Pas toujours.

Ce soir, c’est moi qui, tel Serge Gainsbourg, viens vous dire que je m’en vais. Certains s’en réjouiront, d’autres le regretteront. Mais ma décision est irrévocable. Il y a un moment où je n’accepte plus de jouer le rôle de ces pantins que quelques minables apparatchiks croient pouvoir manipuler. En restant au PG pour soi-disant mener le combat jusqu’au bout et ne décider qu’au terme du congrès, je cautionnerais ce que je ne veux plus cautionner.

Ma démission du PG n’est pas une fuite. Je n’abandonne pas le combat, bien au contraire. Mais je vais le mener autrement. Avec d’autres combattant-e-s mieux inspiré-e-s, plus bienveillant-e-s, davantage fidèles à nos principes et valeurs, beaucoup plus loyaux…

Je quitte le PG mais je ne renie pas mes ami-e-s et camarades. Les liens tissés ne sont pas rompus par ma démission. Seule l’est ma dépendance à un parti devenu détestable.

Et je ne doute pas que la plupart de mes camarades prendront la même décision sous peu au regard de ce qui s’annonce. Je ne fais que suivre la route de celles et ceux qui m’ont précédé dans ce choix et anticiper sur la décision inéluctable de beaucoup d’autres qui suivront dans les jours et les semaines à venir.

Demain est un autre jour…

Partons du projet collectif et non des personnalités et nous aurons remis la lutte en ordre de « bataille » !

Texte de ma camarade Christine DUPLAISSY

* * * * *

Suite à un débat sur André Chassaigne et sur sa jalouse vindicte contre Jean-Luc Mélenchon…

Et si les PC ont continué leurs alliances contre nature partout en province et de plus belle pour les Départementales, ça doit être aussi « la faute à Simonnet » (Paris) ou « à Mélenchon » (moi je dirais plutôt la faute à Coquerel, mais moi je fustige aussi ces histoires de personnes !

Non, les gens ! Ça n’est pas un problème de personnes, mais de CONVICTIONS politiques et de PROGRAMME ! Je m’explique.

De toutes façons, tant que le PC, comme « Ensemble », comme le PG, n’auront pas rompu définitivement, localement comme nationalement, avec le « social-néo-libéralisme » et ne seront pas revenus au programme alternatif fondamental « L’Humain d’Abord » (à creuser et travailler encore, on est d’accord !) programme COLLECTIF, à l’origine, et qui est une vraie avancée vers la rupture anti-capitaliste, la population, soit se résignera, soit cherchera une « alternative » ailleurs et gare à tout le monde si c’est l’alternative de la Haine !!!

Mais personne ne va donc se poser la question de POURQUOI la droite et son extrême font le plein de leurs voix (qui plafonnent et n’augmentent guère si l’on y regarde de près !) & de POURQUOI, NOUS, feu le FDG, qui aurions dû représenter L’ALTERNATIVE, nous n’avons réussi à « convaincre » 50% d’électeurs/trices qu’à RESTER CHEZ eux et elles (ou voter blanc/nul dans le « meilleur » des cas !!!) ?

Cette abstention massive n’est PAS de droite et se refuse farouchement à l’extrême-droite ! Ces gens-là (dont je fais partie !) n’attendent qu’une chose : qu’on leur propose de construire une alternative clairement affranchie des vieilles « alliances » traditionnelles rances et mortifères ! Et surtout clairement affranchie des deux partis de « gouvernement » P$ et €€LV qui ne savent qu’acheter un semblant de paix sociale en organisant méthodiquement le turn-over de la misère afin de maintenir à flot le système capitaliste qui ne sait que se régénérer de crises en crises ! Deux partis également pro-système U€, dont il faut sortir au plus viiiiite !!!

Ça n’est pas un problème de « personnes », on n’en est plus là : y’a le feu au lac, là ! Et ça n’est même plus une image : c’est l’effrayante réalité « gaz de schiste » / et-ou nucléaire, et ZAD à « détruire » de leur point de vue, que P$ et €€LV soutiennent, tout comme UMP-FN/UDI-MODEM !

C’est un problème de choix de société !!! Décidons nous-mêmes de QUELLE SOCIÉTÉ nous voulons demain pour nos mômes (& pour ce qu’il nous reste de temps à vivre !), de QUELLE constitution nous voulons pour ne plus reproduire les aberrations d’un Monarque républicain et de son « staff » (qui ne peut même plus s’appeler un « État » vu qu’il est entièrement à la botte et au service de la finance et de l’impérialisme US !

Reprenons NOTRE SOUVERAINETÉ ET NOTRE INDÉPENDANCE ! Et ensuite, nous devrons décider, puisque la 5ème ripoux-blique nous y oblige une dernière fois, de quelle personne mérite notre confiance, suffisamment pour porter notre programme vers son succès. Et dès que celle-ci ou celui-ci aura accompli son mandat, nous lui demanderons de nous rendre les clés. Gentiment d’abord… Mais s’il faut montrer les dents et le/la révoquer, la nouvelle Constitution nous en donnera le droit et nous n’hésiterons pas !

Voilà, à mon sens, rien ne vaut la rupture franche, publique et totale d’avec P$, €€LV et toutes celles et ceux qui nous jouent les « grandes orgues » du « sentimentalisme de gôgôche » pour mieux nous museler, ce qui, perso, désormais, me laisse de marbre !!!

Partons du projet collectif et non des personnalités et nous aurons remis la lutte en ordre de « bataille » !