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Message de Sam Karmann (comédien, acteur) lors de la marche pour la 6e République, place de la République à Paris le 18/03/2017

Pour l’écouter, c’est ici
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Retranscription faite par Vincent Christophe Le Roux
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Et voilà, je monte et je regarde. Et je vous assure que c’est quelque chose de voir ces gens, tous ces visages, qui regardent vers cette 6e République, qui regardent vers ce programme que l’on croit possible, le seul possible, c’est-à-dire cette révolution à la fois institutionnelle et écologique. Et je voudrais dire, pour ceux qui doutent que l’on puisse toucher à cette constitution, l’article 28 de cette première constitution de la République, le 24 juin 1793, il est dit : « un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer la constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures. »
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De la même façon, le spectacle des politiques de droite qui nous mettent la honte, eux ils disent… Ils montent les gens les uns contre les autres, contre les institutions, contre la justice. Leur slogan, c’est : « et alors ? ». Vous vous rendez compte ? La justice, et alors ?

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[on entend dans la foule : dégagez – dégagez – dégagez…]

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Savez-vous que dans le programme de Monsieur Fillon la justice c’était la simplicité, indépendance, efficacité ? Il a repris les termes, il a enlevé « indépendance ». Ce n’est plus que la simplicité et l’efficacité. Je vous laisse à comprendre ce que ça signifie de retirer le mot « indépendance de la justice » !

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Assez des autres ! Je voudrais venir maintenant au point qui me tient le plus à cœur parce que avant toute cette campagne, avant le programme, moi je fais partie de ceux qui ont cru en 2012 au discours du Bourget et qui n’en peuvent plus ! Et quand on voit maintenant que la trahison se passe au PS, il faut accepter que le PS n’est plus un parti de gauche ! Je n’ai pas de leçon à donner à Monsieur Hamon mais Hamon, le PS te lâche, lâche le PS !

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Je demande au million 100 000 personnes qui ont voté Hamon [à la primaire] de bien réfléchir. Je ne mets pas en cause l’homme, je le respecte infiniment, je le crois sincère mais en tout cas le programme, on le retrouve dans la France insoumise. Réfléchissez bien ! Le PS ne veut pas de cette politique de gauche ! C’est du centre-droit au mieux ! Au mieux ! Et à force de berner les gens, on se retrouve comme le 18 mars 1871, premier jour de la Commune, et là je vous cite le texte de Victor Hugo, qui a écrit pendant cette Commune, un texte admirable, un poème, où il prévient les hommes politiques, ou plutôt il leur donne le constat de leurs actions, et il dit… Ah, attention, c’est Hugo qui parle ! :

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« Hélas ! Combien de temps faudra-t-il vous redire à vous tous, que c’était à vous de les conduire, qu’il fallait leur donner leur part de la cité, que votre aveuglement produit leur cécité. D’une tutelle avare, on recueille les suites, et le mal qu’ils vous font, c’est VOUS qui le leur fîtes ! Vous ne les avez pas guidés, pris par la main, et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin. Vous les avez laissés en proie au labyrinthe. Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte. »

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Voilà, merci Victor !

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Je ne peux pas partir sans cette phrase de Camus qui s’adresse à tous ceux d’en face qui méprisent le peuple, avec leurs arrangements, avec leurs mensonges, leurs parjures, leur déni, leurs reniements. C’est du mépris ! Et Camus disait : « Le fascisme, c’est le mépris ! Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. »

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Levons-nous contre ce fascisme !
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