Archives du mot-clé Syrie

Le Grand jeu : dégénérescence – Vu sur le blog « Chroniques du grand jeu » – Le 16/03/2017

Vu sur le blog de mon camarade Pierrick Tillet qui relaie lui-même cet article du blog « Chroniques du Grand jeu« .

Lien vers cet article sur le blog de Pierrick Tillet.

Lien vers cet article sur le blog « Chroniques du Grand jeu ».

image illustrant le billet de blog le grand jeu, la dégénrescence

Si le détricotage du système impérial suit son cours, l’implosion de son bras médiatique passe la vitesse exponentielle. Un vrai pur-sang au galop dans la dernière ligne droite de Longchamp… mais en moins élégant.

Désinformation, mensonge par omission, délires paranoïaques, transformation de la réalité ou des textes, erreurs conscientes de traduction, tout y passe. Les élections de cette année en Europe pousse la journaloperie dans ses derniers retranchements : le “danger populiste” est partout. Rappelons en passant que l’oligarchie sénatoriale romaine qualifiait de même le courant populaire il y a 22 siècles. Plus ça change…

Les “gamineries” du Fig à rot

Il faut absolument sauver le soldat Ryan Euro et tout est bon, y compris les manipulations les plus infantiles. Le Fig à rot ne dira pas le contraire, qui s’est vautré dans le grotesque il y a quelques jours. Il avait en effet proposé un sondage à ses lecteurs : « Êtes-vous favorable à la sortie de l’euro ? » Il faut certes toujours prendre ce genre de sondage en ligne avec des pincettes mais là n’est pas la question. Sans doute déçu par le fait que 59% des gens aient répondu par l’affirmative, le journal a tout simplement retourné la question tout en gardant les résultats ! « Craignez-vous les conséquences de l’euro ? » Oui : 59%. Gaminerie hallucinante. Les lecteurs sont évidemment furieux comme on peut le voir dans les commentaires sur la page dont l’adresse, comble d’amateurisme, a gardé l’intitulé de la question précédente.

Figaro_euro.jpg

Typique d’une presstituée qui ne sait plus où donner de la tête, appartenant à une oligarchie déboussolée. Rappelons que ce sont les mêmes qui, ayant perdu tout soupçon de scrupule, s’érigent en gardien moral de la vérité et vilipendent les fake news. Ce n’est plus l’hôpital qui se fout de la charité, c’est le ministère de la santé tout entier !

la-propagande-en-couleurs.jpg

Moqueries de l’un, sadomasochisme des autres

Les théories du complot de ceux qui, il y a encore quelques années s’élevaient avec force coups de menton contre le conspirationnisme, font en tout cas bien rire le président tchèque, le toujours excellent Milos Zeman. Moquant ouvertement les médias, sa saillie est délicieuse :

« Oui, je suis un agent de la Russie, en particulier de Vladimir Vladimirovitch Poutine. Je dois ajouter que je suis également un agent du président chinois. Et dernièrement, du président américain aussi. Ainsi bien sûr que d’Israël. »

Une qui doit moins rire est l’inénarrable Mogherini. La cheffesse de la diplomatique euronouillique a eu tout le mal du monde à mener son discours à terme au parlement serbe début mars, accueillie par des chants pro-russes et anti-européens (vidéo en bas de page). Si elle voulait convaincre Belgrade des bienfaits de l’OTAN, ses arguments n’ont pas dû être tout à fait entendus…

Le système impérial ayant perdu la partie en Ukraine ou en Syrie, la MSN préfère regarder ailleurs et ne plus s’y frotter. Ici, le mensonge se fait désormais surtout par omission. Ne vous attendez pas à lire une ligne à propos du soutien des rebelles “modérés” de l’Armée syrienne libre — ces grands démocrates devant l’éternel — aux délires rhétoriques d’Erdogan contre les Pays-Bas. Indécrottables eurocrates masochistes qui supportent tout ce et tous ceux qui finissent invariablement par se retourner contre eux…

hollande-maso.jpg
« Je suis un masochiste normal »

 

MH17 : le gouvernement australien refuse d’indemniser les victimes car il n’y a pas suffisamment de preuves pour accuser la Russie !

Et puisque la caricature évoque les sanctions et contre-sanctions européo-russes, rappelons que toute cette affaire a été déclenchée, sous l’intense et intéressée pression américaine, en surfant sur l’émotion causée par le crash du Boeing de la Malaysian Airlines au-dessus de l’Ukraine. Rappelons les faits :

17 juillet 2014 : l’avion de la Malaysian Airlines est abattu

Rarement la basse-cour médiatique occidentale sera tombée aussi bas. Un barrage d’articles délirants, d’accusations hystériques, allant toutes dans un sens et un seul. Le prévenu est condamné avant même l’enquête ! Qu’en 2014, l’Europe soit le théâtre d’un climat digne des pires époques de l’Inquisition laisse songeur… Mais après tout, quand on voit des dirigeants occidentaux soutenir un gouvernement composé pour un tiers de néo-nazis ou que ces mêmes dirigeants, pour ne pas indisposer leur allié ukrainien, s’opposent à l’ONU à un vote condamnant la glorification du nazisme, il faut s’attendre à tout.

Les journaux européens sont depuis longtemps noyautés par la CIA, comme l’a montré le scandale Udo Ulfkotte en Allemagne l’année dernière. L’un des plus grands éditorialistes allemands de l’un des plus “sérieux” journaux (Frankfurter Allegemeine Zeitung) bossait en fait depuis des années… pour la CIA ! Et c’est loin d’être un cas isolé en Europe.

Mais revenons à notre avion… Ainsi donc, pour la volaille journalistique noyautée, c’est un coup des séparatistes pro-russes, donc des Russes ! Et le grand méchant Poutine est montré d’un doigt accusateur par les journaux dans un déferlement de rage collective qui fait fortement penser aux deux minutes de la haine contre Emmanuel Goldstein dans 1984, le fameux roman d’anticipation de George Orwell. Nous y sommes, avec 30 ans de retard.

Sur quoi se basent nos féroces procureurs ? Sur… et là, ne rigolez pas, je suis sérieux… sur :

  1. les accusations verbales des Ètats-Unis [les mêmes que pour les bébés-couveuse de 1990 ou la fiole de Colin Powell à l’ONU ?], Washington se gardant bien d’apporter le moindre début de preuve alors que leurs satellites tournent 24h/24 au-dessus de l’Ukraine.
  2. la vidéo amateur d’un lanceur de missiles Buk, en réalité filmé dans une ville tenue par l’armée ukrainienne comme le montre un panneau publicitaire dans le fond.
  3. un commentaire Facebook effacé depuis [un énorme LOL. Est-il vraiment utile de préciser que n’importe qui peut pirater un compte sur un réseau social…]
  4. une conversation téléphonique enregistrée entre « deux chefs séparatistes », dont il a été prouvé depuis qu’elle a été trafiquée, Kiev l’ayant même retiré de sa liste de “preuves”.

Voilà, Mesdames et Messieurs, c’est tout… Et c’est sur ça que se base l’accusation.

Peu importe que le principal journal malaisien (la Malaisie est quand même concernée au premier chef dans cette affaire) titre, lui, sur la responsabilité de Kiev. Peu importe que le plus grand journaliste d’investigation américain — Robert Parry, celui qui a mis au jour le scandale des contraspointe Kiev du doigt. Peu importe que des spécialistes de la question s’interrogent ouvertement (iciici ou ici par exemple).

Peu importe que même les vétérans du renseignement américain doutent ouvertement des accusations de leur gouvernement. Peu importe que les services secrets ukrainiens (les mêmes qui ont annoncé 72 “invasions russes” de l’Ukraine depuis un an) aient étrangement confisqué les conversations entre les contrôleurs du ciel et l’équipage du Boeing.

Peu importe que les quatre pays qui enquêtent sur le crash — Hollande, Belgique, Australie et Ukraine (tous dans le même camp d’ailleurs) — aient curieusement signé un « accord de non-divulgation » qui interdit à ces pays de divulguer les résultats de l’enquête concernant le MH17 et leur donne un droit de veto les uns sur les autres.

Peu importe tout cela… c’est Poutine, on vous dit !

Faire la lumière sur ce qui s’est vraiment passé est le cadet des soucis pour les accusateurs auto-proclamés. Nous sommes dans le rapport de force géopolitique, dont la guerre de l’information est une composante de plus en plus importante.

Quelques jours avant, Poutine était au Brésil où il signait l’accord sur la création de la Banque des BRICS qui risque de mettre à mal le système dollar permettant aux Ètats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens et de faire financer leurs guerres par les autres pays. Pour nombre de pays émergents, il représentait, et représente toujours d’ailleurs, une forme d’anti-système (…)

Après la tragédie du MH17, les pays européens, fortement pressés par Washington, décident de mettre en place des sanctions économiques contre la Russie. À défaut de preuves (et pour cause !) de l’implication russe dans le crash du Boeing, l’émotion suscitée par la campagne de diabolisation médiatique fera l’affaire… Le vice-président US, Joe Biden, l’avouera : l’Amérique a forcé la main des pays européens qui rechignaient à cette escalade suicidaire.

Depuis, Ô divine coïncidence, à chaque fois qu’arrive l’échéance des sanctions européennes et la question de savoir si elles doivent être prolongées de six mois, une poussée de violence éclate en Ukraine. Les forces de Kiev bombardent quelques quartiers de Donetsk, entraînant évidemment la réaction des pro-russes, le tout pour le plus grand bonheur de Washington.

L’Europe a été fortement frappée par le régime des sanctions et contre-sanctions russes et risque de perdre deux millions d’emplois.

On le voit, toujours le même masochisme européen… Or qu’apprend-on ? Le gouvernement australien refuse d’indemniser les familles des victimes car il ne sait toujours pas ce qui s’est passé : « L’enquête est en cours… Les preuves sont pour l’instant insuffisantes pour déterminer qui ou quoi a causé le crash… »

Ne vous attendez évidemment pas à en lire une seule ligne dans la presstituée qui, il y a 30 mois, avait déjà désigné le coupable avant le début de l’enquête.

Le soufflé retombé de “l’ingérence russe”

Une autre accusation est en train de tomber à l’eau : le piratage des élections par le grand méchant ours russe. Le ministre allemand des Affaires étrangères avait déjà mis une claque à Merkel il y a deux jours en réfutant, « au nom du gouvernement, les allégations des médias sur l’ingérence russe dans le processus électoral ». Pauvre Angela, une nouvelle fois prise dans la toile de ses mensonges…

Le même jour, l’homologue britannique de Sigmar Gabriel, l’amusant Boris Johnson admettait lui aussi qu’il n’y avait aucune preuve d’ingérence russe. Auparavant, James Clapper, le directeur du renseignement national nommé par Obama, avouait ne détenir aucune preuve d’une collusion entre Trump et la Russie, au grand dam du plumitif :

Après Poutine qui militarise des pieuvres géantes ou qui envoie ses hooligans à l’Euro 2016 pour déstabiliser l’Europe (!), l’accusation du piratage russe des élections et même carrément, soyons fous, de la démocratie occidentale tombe elle aussi à l’eau… On parie que l’imMonde ne rapporte pas l’info ?

Il semble d’ailleurs plus généralement que l’ambiance soit un peu moins à la russophobie primaire sur les bords du Potomac. Les révélations Wikileaks sur les false flags cybernétiques de la CIA y sont sans doute pour quelque chose. Ainsi The Hill, le journal du panier de crabes de Washington, a publié un étonnant article il y a quatre jours, intitulé Des diplomates mettent en garde contre l’hystérie anti-russe. Diantre, ce journal ayant lui-même plus souvent qu’à son tour succombé à cette paranoïa, faut-il y voir un début de retour à la raison ?

Accessoirement, on apprend que Sberbank, la plus grande banque russe, a engagé en 2016 un groupe de lobbying américain, et pas n’importe lequel, afin de mettre fin aux sanctions touchant le secteur bancaire. Il s’agit de… Podesta Group, dirigé par Tony, le grand frère de John, directeur de campagne d’Hillary ! Vous savez, celui dont les mails avaient été piratés par… ah oui, par les méchants Russes. « La vida es un carnaval », comme dirait Celia Cruz.

**********

Vidéo des malheurs de Mogherini à Belgrade :

=> Source : Le Grand jeu

M. Hamon, le candidat qui prend les terroristes pour des démocrates – Par Bruno GUIGUE – Le 31/01/2017

Bruno GUIGUE (voir ici sa page Facebook) a publié cet article sur son mur Facebook, dans la section « Articles ». Voir ici.
*

En décembre 2016, Benoît Hamon voulait voler au secours des populations d’Alep bombardées par le méchant Poutine. Il a même déclaré que s’il était président de la République, il y serait allé, comme Mitterrand à Sarajevo. Lors des primaires qui l’ont désigné comme candidat du PS, il s’est opposé à toute aide financière destinée au peuple syrien. « Arroser les zones contrôlées par Bachar al-Assad, je ne vois pas bien en quoi cela doit être une priorité de l’Union européenne quand il existe tout une autre Syrie avec d’autres partenaires possibles, comme les villes quasi autonomes autogérées ».

*

Les zones tenues par les groupes takfiristes, pour M. Hamon, c’est un territoire indépendant, une commune libre où l’on applique gentiment les recettes de l’autogestion, comme dans le programme du PSU des années 70. C’est là, dans ces lieux idylliques où règne la démocratie, que se trouvent les « partenaires possibles » de la France. On les aime tant, chez les socialistes, ces bandes armées qui s’estiment dépositaires du destin de la Syrie ! Elles s’emploient à la détruire, elles ne vivent que de rapines, elles coupent les têtes et imposent la charia wahhabite. Mais peu importe. La bouche en cœur, M. Hamon veut y voir les amis de la France.

*

Assassinats de fonctionnaires et de leurs familles, attentats à la voiture piégée qui fauchent les passants, false-flags meurtriers à l’arme chimique, tirs de mortiers qui tuent les écoliers, exécutions de conscrits capturés lors des combats, pollution des sources d’eau potable, destruction des infrastructures et saccage du patrimoine historique, les partenaires de M. Hamon n’ont pas fait dans la dentelle. Le peuple syrien a payé cher son refus de prendre les armes contre le gouvernement. Mais quelle importance ! Rue de Solferino, on l’aime tant, cette bacchanale qui se prend pour une révolution.

*

Le candidat socialiste feint de l’ignorer, mais les takfiristes ne sont pas tombés du ciel. Ce sont des mercenaires rémunérés par des dynasties corrompues et des puissances occidentales qui ont juré la perte du seul Etat séculier de la région. S’ils se multiplient, c’est parce qu’il y a de puissantes organisations internationales pour les recruter, les encadrer et les armer jusqu’aux dents. Ces organisations, elles, ont de puissants alliés sans lesquels elles n’auraient jamais eu des milliards de dollars, des 4X4 et des missiles TOW. Parmi ces alliés, la France d’un certain Hollande, qui a livré des armes aux terroristes, est mouillée jusqu’au cou.

*

Al-Qaida, ses clones et ses avatars ne sont ni l’expression d’un élan mystique, ni la nouvelle version du romantisme révolutionnaire. Ce sont des entreprises nihilistes qui doivent leur nocivité exponentielle, depuis vingt ans, aux manœuvres impérialistes dont le Moyen-Orient est la victime. Elles ne sont pas nées par génération spontanée. Elles sont le fruit des accouplements entre les apprentis-sorciers de Washington et les monarchies réactionnaires du Golfe. C’est un secret de polichinelle. Mais M. Hamon préfère délirer sur l’autogestion à la sauce takfirie et enfumer l’opinion en accréditant la fable ridicule d’une révolution démocratique.

*

Les exactions de ces bandes mafieuses sont des crimes répondant à la définition précise du terrorisme, c’est-à-dire l’exercice d’une violence aveugle contre des civils en vue d’obtenir un résultat politique. Ce terrorisme est perpétré par une soldatesque recrutée dans 110 pays pour accomplir les basses besognes exigées par ses donneurs d’ordres. Supplétifs de cette OTAN à laquelle les socialistes français tiennent comme à la prunelle de leurs yeux, ces petites frappes ont pour seule fonction de fournir sa piétaille au « regime change » fomenté par Washington, Paris et Londres.

*

Voir dans ces mercenaires des révolutionnaires épris de justice est une imposture colossale. S’acharnant sur le moindre vestige d’une culture qui la dépasse, cette lie de l’humanité accomplit le sale boulot pour lequel on la paie. Elle ressemble à la pègre utilisée lors du coup d’État bonapartiste de 1852 : « Rebuts et laissés-pour-compte de toutes les classes sociales, vagabonds, soldats renvoyés de l’armée, échappés des casernes et des bagnes, escrocs, voleurs à la roulotte, saltimbanques, escamoteurs et pickpockets, joueurs, maquereaux, patrons de bordels, soûlographes sordides... » (Karl Marx, « Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte »).

*
Chouchous de la Hollandie, les mercenaires qui dévastent la Syrie ressemblent à ces voyous à la solde du capital, à cette meute sans foi ni loi, à ces exécutants des basses besognes dont les puissants louent les services pour commettre des massacres analogues à ceux qu’un ministre socialiste, l’ignoble M. Fabius, osa qualifier de « bon boulot ». On aura beau tenter de nous en persuader ad nauseam, non, les pseudo-rebelles démocrates et coupeurs de tête ne sont pas des révolutionnaires. Ils sont la chair à canon de l’impérialisme dont M. Hamon est le laquais solférinien.

Quelques propos de Jean-Luc Mélenchon à « On n’est pas couchés » du 20 février 2016

Propos retranscrits par Vincent Christophe Le Roux

Jean-Luc Mélenchon : Tout ça, c’est un nid de serpents. On n’est pas de braves camarades qui nous tapons dans le dos. C’est pas vrai !

Cette histoire a commencé sans crier gare par le fait que « mes alliés », après qu’on se soit traînés et effondrés dans le ridicule pendant trois élections, avec nos stratégies à la noix auxquelles personne ne comprenait rien pour savoir avec qui on était alliés, vous vous souvenez de cet épisode, on ne savait même plus comment on s’appelait… On se vautre trois fois de suite et arrive à la présidentielle, par quoi on commence ? La carabistouille ! » [La primaire avec Hollande et Cohn-Bendit]

Jean-Luc Mélenchon : Faut que je me taise sur l’Europe, faut que je me taise sur la planification écologique, faut que je me taise sur la 5e République, bref, si je voulais bien cesser d’être Mélenchon, je serais un Mélenchon acceptable. Eh ben non !

Léa Salamé accuse Jean-Luc Mélenchon d’être « égoïste » pour « ne pas avoir fait monter de successeur. Y’a pas de successeur à Mélenchon affirme-t-elle !

Jean-Luc Mélenchon :  Vous avez tort ! Des successeurs, y’en a ! Mais vous m’obligez à dire quelque chose qui relève de l’intime. Autour de moi, il y a une équipe nombreuse (…) et il y avait, parmi eux, un être spécialement brillant (JLM s’étrangle) qui était mon complice dans l’action politique pendant dix ans. Il était plus jeune que moi et il est mort l’année dernière. Cet homme-là, à mes yeux, représentait la suite. C’était une espèce d’incarnation. Il y a toujours une difficulté à citer un nom parce que ça peut être blessant pour les autres camarades. Voilà, c’était ça mon idée Madame Salamé. J’ai eu cette illusion mégalomaniaque de croire qu’on peut tout maîtriser, y compris le temps ! Et je m’apprêtais à consacrer mon énergie, à écrire et à penser, sur un thème qui est celui de la révolution citoyenne, la rénovation du matérialise historique, c’est ça qui me passionnait. Et il a fallu tout d’un coup regarder autour de soi et… Ça va vous paraître prétentieux ce que je vais vous dire mais alors je me suis dit : Mais QUI va continuer ça ? Qui ne soit pas un combinard… Qui ne soit pas quelqu’un qui va tenter de s’arranger… Qui, à la fin, termine comme tous ces misérables, à se traîner pour un siège, à vendre père et mère pour ça !

Jean-Luc Mélenchon : J’ai toujours tout pris en ouvrant les portes à coup de pied !

Léa Salamé : Pourquoi il n’y en a pas un [parmi vos proches] que vous présentez à la présidentielle ? [au lieu d’y aller vous-même]

Jean-Luc Mélenchon : Parce qu’aucun ne s’est senti en état de le faire !

Je vous l’avais déjà dit dans je ne sais plus quelle émission et je vous le redis ce soir : je ne serai jamais un obstacle ! Moi ma personne ! Mais à une condition : il faut tenir bon ! Et tenir bon sur les choses sur lesquelles on s’est engagés ! »

Nos intérêts [à nous les Français] c’est que la guerre [en Syrie] s’arrête. Vite ! Vite ! Vite !

Léa Salamé : « Pourquoi vous dîtes pas qu’il faut laisser Poutine régler le problème [de DAECH], on se retire et on donne la Syrie à Poutine ? »

Jean-Luc Mélenchon : Mais non ! Non ! Non ! Il ne peut pas être question de laisser Poutine régler le problème ! Parce que je ne suis pas non plus d’accord pour que Poutine règle [seul] le problème ! Je suis pour que l’ONU règle le problème ! (…) Je ne soutiens qu’une seule chose : le retour rapide à la paix.

Sur la monnaie :

Jean-Luc Mélenchon : L’euro est une monnaie unique, la monnaie qu’ont proposé les Chinois – mais pas qu’eux d’ailleurs car il y a aussi bien des économistes français – serait une monnaie commune de référence. Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui, la monnaie commune de référence, c’est le dollar. Et les États-Unis d’Amérique impriment des dollars tant qu’ils veulent et personne n’a rien à dire. Et ils ont inondé la planète d’une masse de papelards qui crée des bulles financières qui explosent à intervalles réguliers sur des incidents comme les subprimes. Demain, ça peut être sur la dette étudiante ou je ne sais quoi. Donc les Chinois disent : vous êtes bien gentils mais on a déjà rempli nos coffres avec des titres de dette américains, on a des dollars partout, on voudrait quand même, pas tous les jours, que ça nous explose sous les fesses. Donc ils proposent une monnaie commune* et à nous, les Français, c’est notre intérêt que ce ne soit plus le dollar la monnaie de réserve !

Alors là, vous m’avez dit : Les Américains ne sont pas d’accord. Eh bien justement, c’est un problème qu’on ne puisse faire dans ce monde que ce avec quoi les Américains sont d’accord ! Surtout qu’ils s’attribuent le privilège de battre monnaie pour la terre entière et de ficher la pagaille partout ! Et de défendre leur position qui est intenable économiquement par le fait que c’est la première puissance militaire du monde.

Si vous voulez que cet ordre absurde du monde cesse, il faut y aller doucement. Il y a une méthode qui est violente : vous faîtes sauter le système de l’intérieur ! Nous avons tous les moyens de faire sauter le système. Vous savez ? Il y a cinq banques systémiques en France. Ça veut dire que si une saute, c’est tout le système qui saute ! On a les moyens de faire sauter le système, ça c’est la méthode brutale.

Vous avez la méthode sauvage : la bulle éclate et tout le monde court partout comme des poulets effarouchés pour essayer de rattraper le truc !

Et puis, vous avez la méthode civilisée : on y va mollo, on crée une monnaie commune, on change chaque monnaie dans la valeur de la monnaie commune et petit à petit on a un étalon commun raisonnable. Moi, je préfère les solutions raisonnables à la destruction généralisée. Je n’aime pas le chaos ! Je crois que je ne suis pas le seul sur terre à pas aimer le chaos !

* une nouvelle monnaie commune mondiale qui servirait de référence en lieu et place du dollar qui ne vaut rien en-dehors de la fiction monétaire

Place au peuple !