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Trans-Atlantic Free Trade Agreement (Accord transatlantique de libre-échange)
(on le dénomme souvent en France « GMT » pour « Grand marché transatlantique »)

Quand…

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux
Je vous propose ci-dessous quelques lignes dans l’esprit de celles qu’avait écrites Martin Niemöller qui, elles, sont à lire au bas de ce document.
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Quand ils ont violenté et parqué les migrants dans des camps, je n’ai rien dit, je n’étais pas migrant…
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Quand ils ont condamné à de la prison ferme des syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste…

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Quand ils ont contraint les lanceurs d’alerte à vivre dans la peur d’être réveillés au petit matin par une armée de Robocops, je n’ai rien dit, je n’étais pas lanceur d’alerte…
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Quand ils ont imposé aux salarié-e-s un retour aux conditions du XIXe siècle, je n’ai rien dit, j’étais fonctionnaire…
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Quand ils ont supprimé le statut de la fonction publique, je n’ai rien dit, je travaillais dans le privé…
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Quand ils ont imposé aux chômeurs d’accepter n’importe quel emploi à n’importe quel salaire, je n’ai rien dit, j’avais un travail…
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Quand ils ont montré du doigt et harcelé les fraudeurs aux aides sociales, je n’ai rien dit car ces gens-là abusaient du système…
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Quand ils ont laissé tranquilles les fraudeurs fiscaux, les évadés fiscaux et les professionnels de l’optimisation fiscale, je n’ai rien dit, ces gens-là sont intouchables et puis moi je ne les connais pas alors que je connais quelques chômeurs parasites…
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Quand ils ont soumis la politique à l’économie, je n’ai rien dit, les économistes à la télé disaient que c’était cela qui nous sauverait…
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Quand ils ont transformé le régime d’économie mixte appliqué en France depuis la Libération en économie financière et de casino, je n’ai rien dit, le capitalisme était le seul système viable puisque l’alternative communiste avait échoué…
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Quand ils ont assimilé tous les “Arabes” aux terroristes islamistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas “Arabe” ou musulman…
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Quand ils ont transformé l’état d’urgence provisoire en état permanent, je n’ai rien dit, j’avais peur des terroristes…
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Quand ils ont imposé des restrictions massives des droits et libertés, je n’ai rien dit, j’ai toujours pensé que la sécurité était la première des libertés et que pour la garantir, il fallait accepter des restrictions…
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Quand ils ont effacé les frontières pour imposer la mondialisation, je n’ai rien dit, je n’étais pas nationaliste…
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Quand ils ont vassalisé la France, je n’ai rien dit, je me foutais de “l’Hexagone”…
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Quand ils ont vendu à la découpe l’industrie de défense, je n’ai rien dit, j’étais antimilitariste…
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Quand ils ont transféré le contrôle de la force de dissuasion française au commandant en chef de l’OTAN, je n’ai rien dit, j’étais hostile à cette arme de destruction massive…
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Quand ils ont remplacé le franc par l’euro, je n’ai rien dit et je me suis même réjoui car ça allait simplifier mes achats lorsque j’irais à l’étranger…
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Lorsqu’ils ont fondé l’Union européenne, je n‘ai rien dit, j’étais pour la paix en Europe…
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Lorsqu’ils ont réintégré la France dans l’OTAN, je n’ai rien dit car à la télé, à la radio et dans la presse, ils disaient que les Russes nous menaçaient…
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Lorsqu’ils ont fait revenir les forces armées des États-Unis dans des bases militaires sur notre territoire, je n’ai rien dit, on a une trop grosse dette envers les Américains depuis 1944…
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Lorsqu’ils ont mis en application le TAFTA et le TISA, je n’ai rien dit, car il paraît que seuls des anti-Américains primaires et des fossiles gauchistes s’y opposaient…
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Quand ils ont transféré à Bruxelles les derniers pouvoirs régaliens de la France (Affaires étrangères, Défense et justice), je n’ai rien dit, la France est un trop petit pays pour survivre dans la mondialisation…
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Quand ils ont prorogé de dix ans le fonctionnement des centrales nucléaires françaises, je n’ai rien dit, je ne voulais pas revenir au temps de la bougie…
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Etc. etc.
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Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester

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Éléments de biographie issus du Huffington Post

Martin Niemöller (14 janvier 1892 – 6 mars 1984) est un pasteur et théologien allemand. Il combat lors de la Première Guerre mondiale.
Après celle-ci, bouleversé par les horreurs qu’il a vécu, il s’oriente vers la théologie et devient pasteur.
Il admire le régime hitlérien à ses débuts, mais quand celui-ci veut soumettre l’église allemande, Martin Niemöller demande à tous les pasteurs qui ne veulent pas accepter l’idéologie nazie de se rassembler afin de créer le Pfarrernotbund (Ligue d’urgence des pasteurs).
Cette organisation respecte et défend la profession de foi de l’Église Réformée et les principes de tolérance de la Bible.
À la fin de 1933, six mille pasteurs (plus d’un tiers des pasteurs protestants) ont rejoint l’organisation. Le Pfarrernotbund reçoit également le soutien de protestants de l’étranger.
L’organisation adresse alors au synode une lettre dénonçant les persécutions dont sont victimes les juifs et les pasteurs qui ne veulent pas se plier aux ordres des nazis.
En représailles, Martin Niemöller est déchu de ses fonctions de pasteur. La plupart de ses paroissiens lui restant fidèles, il continue d’assurer son ministère.
Arrêté en 1937, il est interné au camp de concentration de Sachsenhausen. En 1941 il est transféré au camp de Dachau. Libéré en 1945, il devient militant pacifiste et consacre le reste de sa vie à la reconstruction de l’Église protestante d’Allemagne.

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Vous n’êtes pas de gauche ? Dîtes-vous tout simplement humains et pour une société globale éthique et équitable – Par Claire BOUTHILLON le 25/02/2016

Vous dites : « scandaleux, je ne suis pas de gauche, mais je suis contre le massacre des acquis sociaux ».

Vous dites : « Je ne suis pas de gauche du tout. Mais certaines choses sont importantes. »

POUR UN PACTE SOCIAL :

De gauche, surtout celle-là, ne veut plus rien dire, mais nous croyons au progrès. Nous avons avant tout un gros problème démocratique d’une emprise États-unienne (atlantiste) parasite sur nos vies, notre budget, nos normes de sécurité ; qui s’acharne dans la déconstruction de ce que le Conseil national de la Résistance avait édifié après-guerre dans un principe mutualiste.

Le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) impose à l’Union Européenne comme aux autres blocs géopolitiques du monde, de mettre fin aux protections diverses liées à l’hygiène, l’écologie, l’indépendance des entreprises, conteste notre autodétermination à décider de notre existence dans le quotidien, à nous nourrir et à cultiver nos sols comme nous le voulons qui hypothèque nos terres remembrées et de plus en plus impossible à entretenir en les polluant, gérées de plus en plus par des autorités financières étrangères. L’OTAN s’installe sur notre sol avec ses bases militaires. Nous sommes pris en otage.

Les USA, par leur puissance militaire devenue le secteur d’économie le plus vital pour eux, par la puissance d’un dollar dématérialisé dans les transactions, mettent en danger l’équilibre du monde en s’érigeant en monnaie virtuelle commune de référence, désorganisent les démocraties des pays du Sud en créant artificiellement des instabilités sociales, des régimes autocrates (Amérique latine, Moyen-Orient) à leur solde. Ils terrorisent les zones de l’hémisphère Sud en imposant leurs produits, en s’appropriant les ressources, qui provoquent les grandes migrations de la misère et des guerres que nous connaissons actuellement et qui mettront en danger notre propre équilibre. Ils soutiennent les régimes néo fascistes théocratiques et sectaires qui ont été à l’origine de l’État Islamique comme l’Arabie Saoudite et le Qatar. Défont la laïcité pour créer des divisions dangereuses en encourageant un prosélytisme communautariste dans l’espace public, pour nous « occuper » et empêcher de nous unir contre leur dictat économique. Ils entretiennent la déstabilisation des pays du Sud avec des trafics en tous genres dont et surtout les armes par-dessus le transfert abusif des ressources énergétiques et minières qui empêche leur développement. Ils se nourrissent et s’enrichissent sur l’horreur des génocides et des guerres civiles en finançant l’État Islamique. Notre diplomatie française et européenne sont complices et salissent ici en France notre réputation de « patrie des droits de l’Homme ».

Ils nous imposent une diplomatie aux ordres qui porte en elle une inconséquence belliqueuse et humiliante, dans des risques de guerres terribles contre l’URSS par le biais de l’Ukraine et du Moyen-Orient. Heureusement, la Fédération russe résiste en demandant un renforcement altermondialiste d’une réforme des Nations-Unies que nous soutenons et qui doit donner à son Conseil de Sécurité, toute latitude pour permettre à l’hémisphère Sud de prendre part aux décisions internationales.

COMMENT NOUS INVESTIR ?

Il s’agit d’une part dans notre « insoumission » de recouvrer notre propre indépendance étatique aux uns et aux autres, en finir avec la dette publique odieuse créée par les banques d’affaires internationales, en pesant de tout le poids de notre seconde puissance sur l’Union Européenne actuelle, qui ne sert qu’à les maintenir en vie. Nous priorisons notre souveraineté à notre appartenance européenne. Nos gouvernances sont par trop soumises, sans plus de liberté de manœuvres. Rendons les commandes aux populations associées aux grandes décisions en nous tournant vers des compétences de terrain par métiers, secteurs de production ré industrialisés, recherche, conditions sociales etc.., et rendons à l’État sa force d’intervention quand, avec une démographie aussi dynamique, nous avons ici des besoins structurels et d’équipements importants pour nos jeunes d’avenir.

Nous sommes des « insoumis » lucides, concrets, qui portons des solutions auxquelles nous contribuons librement individuellement ou en tant que collectifs divers, qui associons les entreprises qui nous emploient et qui souffrent d’une assistance financière et fiscale éhontée en faveur de très grandes entreprises transnationales, la plupart des jeunes étant formé(e)s par des PME PMI qu’elles engagent ensuite à leur dépend pour leur propre profit ; entreprises petites et moyennes tenues à la gorge par les charges, la rigidité des banques devant leurs besoins de trésorerie, mais aussi par les exigences terribles de ces clients qui pour être de grandes puissances financières honteusement défiscalisées sans contrepartie d’engagements, les prennent en otage au travers de leurs carnets de commandes : car ces entreprises petites et moyennes sont leurs principaux sous-traitants. A elles tous les risques liés aux Ressources Humaines, aux engagements sociaux, à la qualité-produit. Les entreprises transnationales qui sont leurs mandants, engrangent les profits liés à la qualité de production des plus petites qui abondent leurs bénéfices, lesquels, au lieu d’être réinvestis dans les outils de travail, la recherche, la formation des salariés pour plus de qualification etc… dans une redistribution harmonieuse en faveur de la société, sont donnés très majoritairement aux actionnaires, notamment à des fonds de pension internationaux, le plus souvent Nord-américains, qui régissent entre autres les retraites des électeurs d’Angela Merkel qui a une population très vieillissante. Ces actionnaires provoquent des délocalisations d’entreprises bénéficiaires et s’approprient nos brevets, qui sont notre patrimoine commun à côté de notre patrimoine historique vendu aussi à la découpe… pour rembourser cette dette publique artificielle.

Il y a en outre un problème parasite de tentatives d’appropriation des populations de l’Est et du Sud de l’Europe pour pourvoir aux besoins de production en Allemagne qui se retrouvent en servage à bas coût, employables dans des modalités de « souplesse extrême » à l’avantage de ces entreprises esclavagistes, qui créent une précarité générale, une paupérisation, une régression de l’espérance de vie pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. La France est entrée dans ce schéma lugubre qui touchera tout le monde.

D’autres qualifiés s’exilent aux États-Unis pour subir les mêmes critères de servage dont nous voyons en Grande Bretagne une déstructuration totale des conditions de travail. Macron nous y amène, ainsi que la mise à plat du Code du Travail. Ce sont des jeunes hautement qualifiés que notre Éducation a formés.

ON NE PEUT PLUS CONTINUER COMME AVANT

Si vous voulez vous en sortir et ménager l’avenir de vos enfants, même si actuellement vous vous sentez privilégiés et sécurisés, faites abstraction de la question corruptible des politiques actuelles. Nous avons décidé de nous affranchir de leurs appareils qui se sont rendus complices directement ou indirectement des logiques de pouvoirs d’une politique des places. Nous ne sommes pas pour le nivellement par le bas, mais pour nous tirer ensemble vers le haut dans des limites décentes de répartition de la richesse.

Un très proche de ma famille, qui ne s’est jamais considéré de gauche, ni de droite, vient de sauter le pas en lisant les différents projets sur jlm17.fr. Il n’a aucun idéal à défendre. Il n’aime pas particulièrement Jean-Luc Mélenchon mais il pense qu’il résistera aux pressions nécessaires. Ce proche est un pragmatique. C’est un électeur et un citoyen responsable, profondément républicain.

Il a considéré que le projet géopolitique, Défense, économique, social, auquel les « insoumis » adhèrent derrière Jean-Luc Mélenchon, surtout dans la transition écologique, grande pourvoyeuse d’emplois : était réalisable. Et par-dessus tout, il a considéré que pour recouvrer une France éthique et équitable, qui fait monter tout le monde ensemble dans un développement raisonné, qui puisse retrouver sa force diplomatique reconnue et universelle ; il convient comme nous le pensons, de restituer de manière souveraine, un cercle vertueux du fonctionnement de l’État qui repose sur un contrôle référendaire allant jusqu’à la révocation des élu(e)s, mettant fin au cumul des mandats, qui associe toutes les forces vives en démocratie participative, avec un contrat social et économique donnant-donnant avec les forces de production et financières, actuellement les 1% qui exploitent les 99%. C’est là que s’est déplacée la Lutte des Classes. Nous devons compter et peser dans l’interdépendance des peuples du monde. Nous devons empêcher les finances toxiques incontrôlables qui menacent de faire éclater encore la bulle financière mondiale. Alors que nous n’avons pas résorbé celle de 2008, liée aux subprimes, que nous remboursons à la place des banques responsables.
D’abord et avant tout, ce proche qui pense comme vous qu’il n’est pas de gauche, ni de droite, qui est un homme debout, s’engage parce que la planète est à la limite de ce qu’elle peut supporter de nos saccages. Nous sommes au bord de l’effondrement. Vous pouvez avec nous stopper cela. Et contribuer avec vos idées, même si vous n’êtes pas d’accord sur www.jlm2017.fr.

VOTEZ VOTRE PROPRE GOUVERNANCE !

Il n’y a plus ni droite ni gauche : il y a des exploiteurs et des profiteurs en Républiques bananières généralisées dans le monde et qui se tiennent ensemble, avec lesquelles il faut en finir ! A bas les oligarques, élaborons ensemble une nouvelle constitution et remplissons nos institutions de nos métiers, de notre savoir-faire et de notre force citoyenne de propositions, en créant une véritable alternance. Nous ne voulons plus être dépendants de l’Économie. L’Économie est à notre service car l’Homme est au centre de nos préoccupations. Donnons sens à notre vie, dans le bonheur d’être solidaires.

La première expertise est celle de la vie. C’est notre pertinence pour décider de la façon de nous en sortir.

Nous, peuple français, n’avons pas peur ! À vous autres, adeptes et acteurs du choc des civilisations, d’avoir peur !

Manuel Valls, tel un sous-produit de George « W » BUSH, disait, au lendemain de la tuerie à laquelle nous avons assisté, pétrifiés, qu’ « il y aurait un avant et un après 7 janvier ». Facile ! Même pas un propos inédit ! Aucune création originale ! Notre médiocre Premier ministre, caudillo en devenir, n’a montré là qu’une capacité à reproduire, sans talent, ce qui a été initié par d’autres, bien avant lui. Le Premier ministre s’est montré tel qu’il est : incapable d’innover, d’inventer, de dépasser ses prédécesseurs ou ses homologues et congénères de France ou d’ailleurs, d’aujourd’hui ou d’hier. Il a montré ses limites, bien vite atteintes. Loin d’être un chef de gouvernement à la hauteur de sa responsabilité, il n’a pu que se parer des atours élimés du plus mauvais plagiaire, celui qui ne fait même pas illusion, nulle part.

Du moment que je considère que la tuerie n’est pas un acte de fondamentalisme religieux, ou, à tout le moins, qu’elle n’est pas que ça, je considère qu’elle avait, pour ceux qui l’ont commanditée, le même but que le 11 Septembre : saisir l’opinion, la prostrer dans la stupeur, l’effroi, l’abattement. Pour l’empêcher de penser, de réfléchir, d’analyser et d’avoir une chance de comprendre ce qui se passe, et faire en sorte que les autorités en place puissent :
1°/ imposer leur camelote liberticide sans contestation aucune,
2°/ « dans l’intérêt de la France », participer plus activement à la « guerre contre le terrorisme » et officialiser enfin un rattachement, bien plus net encore qu’il n’existe aujourd’hui, aux États-Unis d’Amérique, puissance qui donne le tempo au monde depuis des décennies mais qui a du mal à s’imposer pour de bon chez nous,
3°/ adopter puis ratifier sans opposition le TAFTA, avant le TISA qui suivra et sans doute d’autres « accords » du même genre.

Là où je suis satisfait, et un peu rassuré, c’est qu’il semble que le peuple français ne soit pas jumeau du peuple américain. Je veux dire par là qu’au lendemain du 11 Septembre, le peuple états-unien a marché, comme un seul homme, derrière son Président et son armée, totalement abruti qu’il a été par tous les medias et tous les pouvoirs, sans qu’aucun des célèbres contrepouvoirs n’assume aucune de ses responsabilités. Je dis ça parce que les manifestations de ces derniers jours semblent indiquer, au contraire des Etats-Uniens, que le peuple français n’est ni prostré, ni abattu. Choqué, écoeuré, fou de colère et de douleur, inquiet, il l’est sans aucun doute. Mais au moins, lui, est debout et pas couché devant son gouvernement.

Cela dit, les deux drames sont d’ampleur tellement incomparable que l’on ne peut tirer de leçon absolue et définitive sur ce point. Imaginez si la France subissait un attentat qui soit identique au 11 Septembre, proportionnellement à sa population. Il y avait près de 281 422 000 habitants aux États-Unis en 2001 et il y eut près de 3000 morts dans les attaques du 11 Septembre. Rapporté à la population actuelle de la France, 66 millions d’habitants, cela veut dire que nous assisterions à la mort violente de près de 700 personnes en une seule journée. Je crains fort qu’une telle horreur, si elle devait se produire un jour, aurait des effets de « choc et de stupeur » bien plus profonds que la disparition d’une vingtaine de personnes, fussent-elles déifiées aujourd’hui.

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit refuser les vérités officielles et médiatiques et être attentif à ce qui se dit autour de lui, sans jeter le discrédit et l’opprobre sur les sceptiques qui ne croient pas aux explications trop simples des autorités ou des medias qui, rappelez-vous, ne sont que l’outil de propagande du pouvoir, c’est-à-dire de ceux qui détiennent le pouvoir réel dans la société.

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit rester sur ses gardes vis-à-vis du gouvernement (autant par rapport à celui-ci que par rapport aux prochains qui lui succèderont).

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit se rassembler, pas dans une « unité nationale » politicienne et qui ne servirait que les intérêts des maîtres et des oligarques, mais dans un rassemblement du peuple de l’essence du « Conseil national de la résistance » qui fut une forme puissante de lutte des classes. Le CNR, en étant une résistance à l’occupant puis au « capitalisme du désastre » qui avait mené à la guerre, est la force politique et citoyenne qui renversa la table et fit bouger le curseur du rapport de force en redonnant la primauté au peuple à travers ses représentants tandis que les oligarques et les capitalistes étaient bien tenus en respect. Certes, on peut toujours considérer que son oeuvre fut inachevée, qu’il aurait dû faire plus et mieux. Mais ce qu’il fit fut déjà immense, surtout lorsqu’on le compare à ce que nous avons aujourd’hui. Beaucoup de cette oeuvre fut détruit depuis des années, méthodiquement. Il s’agit pour nous aujourd’hui de commencer par reconstruire ce qui a été abattu avant d’aller plus loin que ne l’avaient fait les acteurs du CNR. C’est toujours une forme de lutte des classes. Pas au sens où une moitié du pays imposerait sa loi à l’autre. Mais au sens où l’immense majorité du peuple de ce pays imposera sa loi à cette toute petite minorité qui se comporte comme une nuée de criquets, dévastant tout sur son passage puis, une fois que plus rien ne reste, s’en allant dévaster un autre lieu.

Je lis souvent une opposition entre tenants du « rassemblement » et tenants de la « lutte des classes », les deux étant incompatibles aux yeux des deux « factions… Quelle gigantesque connerie !

La « lutte des classes », c’est le « rassemblement » du peuple contre les voleurs et les escrocs des sommets du pouvoir économique, social et politique. Le peuple, c’est 99% de la population et les intérêts de ces 99% sont très proches. Et ces intérêts-là n’ont rien à voir avec ceux du 1% restant. Certes, toutes les minorités méritent de vivre et d’être respectées, ont des droits,  et ne sauraient, pour la seule raison qu’elles sont « minorités », être maintenues dans l’asservissement. Ce n’est pas l’humaniste et l’homme de gauche que je suis qui dira le contraire. Mais aucune minorité ne saurait imposer sa loi contre l’intérêt général. Or, c’est exactement à cela que nous assistons depuis les années 70. C’est exactement cela que nous subissons depuis les années 70. Cette minorité du 1% du peuple Français, la plus nantie, impose sa loi d’airain à tous, avec le consentement plus ou moins bien accepté des 99%.

Quand je disais, plus haut, que nous devons, collectivement, être « attentifs » et « rester sur nos gardes », j’ai ajouté immédiatement « vis-à-vis du gouvernement » car ça ne veut certainement pas dire que la population doit se méfier de tout et de tout le monde en général, de quelques-uns d’entre nous en particulier, si vous voyez ce que je veux dire… Il n’est pas question que soient ciblés et inquiétés ceux qui n’auraient pas la « bonne » couleur (la France n’est pas une population d’une couleur prédéterminée), pas le « bon » patronyme (la France n’est pas une population dont les noms de famille ou les prénoms ne devraient être qu’issus d’un almanach datant de plusieurs siècles), qui ne pratiqueraient pas la « bonne » religion (il n’y a aucune « bonne » religion en République laïque), qui ne vivraient pas à la « bonne » adresse (le lieu de vie ne fait pas partie des éléments discriminants que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen admet implicitement quand elle stipule que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune »), ou qui feraient des choix de vie différents de tel ou tel autre Français se croyant en droit d’imposer ses vues aux autres. Cet esprit de division et de discrimination -là nous est insufflé depuis trop longtemps et, hélas, je crains que nous le ressentions de plus en plus fortement maintenant. Mais nous le refusons.

Ce n’est pas en raison des actes criminels de quelques assassins que nous devons nous méfier et considérer comme suspecte, voire ennemie de l’intérieur, toute une population qui leur serait assimilée pour des motifs de proximité prétendue alors que seuls des racistes, des xénophobes, des ratatinés du bulbe ou des salopards intéressés à de noirs desseins contre notre contrat social et notre vivre-ensemble décrivent comme telle. Jamais la foule des chrétiens n’a été mise en cause pour les actes criminels de quelques-uns d’entre eux. Jamais la foule des blancs n’a été incriminée pour les actes criminels de quelques blancs. Jamais la foule des policiers n’a été incriminée pour les bavures de tel ou tel policier. Jamais une armée entière n’a été incriminée pour les actes criminels de tel ou tel soldat. On peut continuer ce genre de propos avec d’autres exemples. Ils abondent. Il va sans dire que la mise à l’index, ouvertement ou de manière détournée, que ce soit en l’assumant ou en faisant, malhonnêtement, semblant de dire le contraire du message subliminal que l’on diffuse, d’une certaine population s’inscrit clairement à la fois dans le racisme intemporel et dans le très contemporain choc des civilisations.

Nous, peuple français, refusons et l’un et l’autre !

Nous, peuple français, ne sommes pas racistes mais ouverts aux autres, tolérants devant la diversité et convaincus que l’altérité est une chance pour nous tous.

Nous, peuple français, refusons le choc des civilisations que quelques esprits tordus, sous l’influence spirituelle des néoconservateurs états-uniens, veulent importer en France.

Nous, peuple français, allons, collectivement, donner une suite à ces tragiques évènements du 7 janvier 2015. Mais loin de donner une suite antidémocratique, liberticide et belliqueuse à ces évènements, et loin de satisfaire aux rêves malfaisants des fascistes en herbe et de leurs nervis d’un côté, aux intérêts des gouvernants et de leurs mandants (oligarques, capitalistes et puissances impériales étrangères) de l’autre, nous allons reprendre notre destin en mains.

Nous allons remettre notre pays sur la voie du progrès pour tous et oeuvrer, avec d’autres, en Europe et dans le monde, pour que l’humanité chemine vers une harmonie des civilisations plutôt que vers la guerre des civilisations.

La peur ne passera pas par nous pour paraphraser un vieux slogan. Les pouvoirs publics, partout et en tout temps, jouent sur la peur ressentie par les peuples pour asseoir leur pouvoir et celui de ceux pour qui ils agissent, lesquels sont étrangers au peuple. La peur est destinée à nous empêcher de penser, à nous dissuader d’agir, et à nous défier les uns des autres. Nous n’entrerons pas dans cette folie civilisationnelle-là. Le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, lors de son 1er discours d’investiture en mars 1933, en une époque où son pays était au coeur de la « Grande Dépression » succédant au krach de 1929, adressait une supplique à son peuple :

« La seule chose que nous devions redouter, est la peur elle-même !« 

Eh bien nous, citoyens et citoyennes de la République française, nous n’avons pas peur. Ni des illuminés fanatiques, ni des terroristes authentiques ou maquillés, ni des gouvernants, ni de personne.

Vous qui décidez pour nous, depuis l’Élysée, Matignon, le Palais-Bourbon, ou l’hôtel Crillon, le dîner du siècle, Londres, Berlin,  Bruxelles, Washington ou ailleurs, entendez ce cri montant du peuple français, peuple des révoltes et des révolutions :

NOUS N’AVONS PAS PEUR !

Et plus encore, écoutez ce cri du coeur d’un peuple qui va reprendre son destin en mains : NOUS N’AVONS PLUS À VOUS TOLÉRER ET NOUS N’ALLONS PLUS VOUS TOLÉRER.

VOUS, Président de la République,
VOUS, Premier Ministre,
VOUS, Membres du Gouvernement,
VOUS, députés et sénateurs,
VOUS, élus locaux,
VOUS, commissaires européens,
VOUS, députés au Parlement européen,
VOUS, PDG, directeurs, adjoints, membres des conseils d’administration et actionnaires des grandes entreprises,
VOUS, qui que vous soyez, qui agissez contre l’intérêt général, pour vos seuls intérêts ou dans les seuls intérêts très particuliers de vos mandants,

Entendez ce cri : C’EST VOUS, TRÈS BIENTÔT, QUI AUREZ PEUR !

Le Grand Marché Transatlantique, un vieux complot mercantile – Extrait du billet de Jean-Luc MÉLENCHON du 24 mai 2013

Un vieux complot mercantile

Le gros plat de résistance de cette session c’était le vote d’une résolution à propos du mandat de la Commission européenne dans la négociation qui s’ouvre pour la mise en place d’un grand marché unique entre les USA et l’Union européenne. En 2009, j’avais édité une brochure de grande diffusion sur ce thème. J’ai alerté sur les dangers de ce Grand Marché Transatlantique qui se trame depuis dix ans dans le dos des peuples. Un silence médiatique total et une prudente omerta des partis qui participaient depuis le début à cette discussion ont bien protégé dix ans de pourparlers préliminaires. Ce vaste projet de libéralisation des échanges et de l’investissement connaît en ce moment une accélération spectaculaire sans qu’aucun peuple ne l’ait décidé en Europe. Et pour cause : aucun gouvernement ne l’a jamais inscrit à son programme électoral, à commencer par François Hollande. J’ai déjà pointé en ce début d’année la relance de ce projet par Obama immédiatement approuvé par Merkel. Les arcanes de l’Union européenne débattent désormais secrètement d’un mandat qui doit être donné par les 27 ministres du commerce à la Commission européenne le 14 juin. Les négociations commencent dès cet été ! L’existence de ce projet de mandat est bien attestée en date du 13 mars sur le site du conseil de l’Union européenne sous le numéro 7396/13. Mais le document est estampillé comme « non accessible ». Comme les traités confient à la Commission européenne une compétence exclusive en matière commerciale, le Parlement européen n’a aucun pouvoir contraignant sur ce mandat. D’ailleurs il n’en est même pas officiellement saisi. Et les députés européens n’y ont même pas accès. Le Parlement a juste la possibilité d’exprimer un avis général sur cette négociation via une « résolution » comme il en vote sur tant de sujets sur lesquels il n’a aucun pouvoir. C’est le sens des résolutions votées à Strasbourg ce jeudi 23 mai dont j’ai publié l’analyse sur mon blog européen.

Grâce au site du journal « L’Humanité », ce projet de mandat secret, qui n’existe qu’en anglais, a enfin pu être connu cette semaine. Aucun média dominant ne s’est pour l’instant penché sur l’ampleur de la négociation qui s’annonce. Tout juste un débat a-t-il été ouvert depuis 10 jours sur la place de l’audiovisuel et de l’exception culturelle dans cet accord. Pourtant le mandat secret atteste que c’est bien l’ensemble de l’économie et des services publics qui vont subir une nouvelle vague de libéralisation si cet accord est signé.

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Que fait François Hollande à ce sujet ? Rien ! Ou plutôt il entérine passivement ce qu’ont décidé Barack Obama et Angela Merkel. Le conseil européen des 7-8 février s’est ainsi prononcé, avec l’aval de Hollande et sans qu’il dise un mot, « pour un accord commercial global UE /USA ». Et dès le 13 février, toujours sans un mot de Hollande, c’est à Washington que le nom du nouvel accord a été scellé par Barack Obama avec Barroso et Van Rompuy. Du cousu main ! Le projet s’appellera « accord de partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement ». Il est ainsi déjà désigné sous le vocable globisch « TTIP » (« Transatlantic Trade and Investment Partnership« ).

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Obama et les deux dirigeants non élus de l’UE lui ont fixé pour objectif d’« accélérer la libéralisation du commerce et de l’investissement ». Désormais le mandat de négociation de la Commission européenne doit être adopté définitivement le 14 juin par le Conseil des ministres du commerce. Et à peine le mandat sera-t-il donné à la Commission que les négociations pourraient être lancées en marge du sommet du G8 du 17 juin comme l’a proposé le britannique David Cameron. Là non plus Hollande n’a pas dit un mot sur cette échéance alors qu’il représentera la France au G8.

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Tout cela va très vite. La mise en place aurait pu passer inaperçue comme d’habitude et les médias officiels continueraient leur besogne de dissimulation. Mais il y a eu la réaction des amis de la culture européenne. J’ai déjà raconté quel ravage cet accord impliquera dans le monde du cinéma. Le milieu a donc réagi avec fermeté. C’est le seul secteur qui l’ait fait pour l’instant. Effectivement la création culturelle et audiovisuelle sont menacées par cette libéralisation. Ces activités sont en effet protégées en Europe par des mécanismes d’aide publique mais aussi de réglementation de la diffusion, comme les quotas de chansons en français ou les obligations de diffusion d’un nombre minimal de films français. Du point de vue de la libéralisation du commerce visée par l’accord ce sont autant d’obstacles à éliminer. Mais en réalité tous les secteurs d’activité sont concernés. Du coup d’aucuns voudraient utiliser la bataille pour « l’exception culturelle » pour masquer le reste du texte et en faire l’arbre qui cache la forêt des libéralisations. Le mandat secret préparé par la Commission fixe comme objectif la constitution d’un « marché transatlantique intégré ». Il vise la « libéralisation du commerce des biens et services et de l’investissement« , « avec une attention particulière à supprimer les barrières réglementaires inutiles« . Il demande que l’accord soit « très ambitieux, allant au-delà des engagements de libéralisation de l’OMC« . Avez-vous bien compris ?

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Regardons de plus près. Cette opération de libéralisation générale comporte plusieurs volets. D’abord la « suppression totale des droits de douane » sur les produits industriels et agricoles. Rien que sur ce volet « tarifaire », l’accord est dangereux pour les européens. En effet selon les chiffres de la Commission européenne le taux moyen des droits de douane est de 5,2 % dans l’UE et de 3,5 % aux USA. Cela signifie que si les droits tombent à zéro, les USA retireront un avantage 40% supérieur à celui de l’Union européenne. Cet avantage pour les produits fabriqués aux Etats-Unis sera encore amplifié par la faiblesse du dollar par rapport à l’euro. Et ce déséquilibre sera démultiplié par la faiblesse écologique et sociale des coûts de production aux USA. Dans ces conditions, rien que par son volet quantitatif, cet accord deviendra une machine à délocalisations. Cela aggravera le chômage. La Commission reconnaît d’ailleurs pudiquement dans l’étude d’impact qu’elle a commandée que cela entraînera une « baisse importante » de l’activité et de l’emploi dans la métallurgie. Dans la métallurgie !

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Vient ensuite le volet non tarifaire de l’accord. Là ce ne sont pas seulement les productions qui vont être impactées mais le contenu des réglementations des pays. Le projet de mandat appelle à « réduire les coûts résultant des différences réglementaires » Il propose de « trouver de nouveaux moyens d’empêcher les barrières non tarifaires [c’est à dire les lois] de limiter la capacité des entreprises européennes et américaines d’innover et de participer à la compétition sur les marchés mondiaux. » Barroso a d’ailleurs expliqué que « 80 % des gains attendus de l’accord viendront de la réduction du fardeau réglementaire et de la bureaucratie ». Cela signifie que les androïdes de la Commission européenne voient dans cet accord l’occasion d’aller encore plus loin que ne le fait déjà l’Union européenne dans la dérèglementation. « Le fardeau »… il fallait le trouver.

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Pour libéraliser l’accès aux marchés, l’UE et les USA vont devoir faire converger leurs réglementations dans tous les secteurs car les normes plus contraignantes sont considérées comme des obstacles au libre commerce. Or contrairement à ce qu’affirment la Commission européenne et ses perroquets libéraux et sociaux-démocrates au Parlement, les Etats-Unis et l’Europe n’ont pas « des normes d’une rigueur analogue en matière d’emploi et de protection de l’environnement ». En effet les Etats-Unis sont aujourd’hui en dehors des principaux cadres du droit international en matière écologique, sociale et culturelle. Ils ne souscrivent pas à plusieurs conventions importantes de l’OIT sur le droit du travail. Ils n’appliquent pas le protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique. Ils refusent la convention pour la biodiversité. Ainsi que les conventions de l’Unesco sur la diversité culturelle. Autant d’engagements qui sont souscrits par les pays européens. Les standards réglementaires états-uniens sont donc dans la plupart des cas moins contraignants que ceux de l’Europe. Un marché commun libéralisé avec les Etats-Unis tirerait donc toute l’Europe vers le bas. S’il faut un exemple de ce qu’est l’état d’esprit des trusts nord-américains l’exemple vient du Bangladesh. Les trusts européens se sont accordés pour discuter des normes à appliquer, selon eux, à l’avenir pour ne pas connaître la réédition de l’horreur qui vient de se produire. Les trusts yankees ne veulent entendre parler ni de ces discussions ni de normes d’aucune sorte. Vous voilà prévenus !

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Voyons à présent d’encore plus près le tableau des dégâts en vue. Le premier impact négatif d’un tel accord sera écologique. On retrouve ici le couple infernal du productivisme et du libre échange. En effet le projet table sur les exportations comme solution de relance de l’activité. Il s’opposera donc à toute politique de relocalisation des activités qui peut permettre la réduction de l’empreinte humaine sur l’écosphère. A l’inverse, en augmentant le trafic aérien et maritime de marchandises à travers l’atlantique, la hausse attendue des exportations fera encore grimper les émissions de gaz à effet de serre. Ne croyez pas que je fasse ici un excès de zèle sans preuve. La Commission elle-même a pris conscience du fait que la question se posait. Elle estime cette hausse limitée entre 4 et 11 000 tonnes de CO2 par an. Il ne reste plus qu’à la croire ! Mais aussi petite soit la hausse envisagée, elle sera toujours trop importante. L’Union européenne ne s’est-elle pas au contraire engagée à réduire ces émissions en général ? Ce que signe ma main gauche, ma main droite n’a pas à le savoir ?

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En raison des différences de normes dont j’ai parlé, cet accord sera aussi une incitation au pire productivisme au détriment de la qualité sociale et écologique des produits. Par exemple dans la construction, les normes françaises HQE sont beaucoup plus contraignantes que les normes américaines LEED. Idem en matière de limitation de la pollution automobile ou en matière de production d’énergie. Les constructeurs automobiles français ont d’ailleurs exprimé des réserves sur l’accord. Car bien qu’insuffisants, leurs efforts pour investir dans des motorisations moins polluantes seraient ralentis et en partie ruinés par la libéralisation.

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Et l’agriculture ! Là c’est l’horreur. L’accord exposerait les Européens à laisser entrer les pires productions de l’agro business états-unien: bœuf aux hormones, volailles lavées au chlore, OGM, animaux nourris aux farines animales. Sans parler du fait que les USA ont des systèmes peu contraignants de traçabilité. Et qu’ils ne connaissent même pas les « indications géographiques protégées ». Ils considèrent les appellations « Bourgogne » ou « Champagne » comme des noms génériques dont l’usage commercial doit être libre. Ce qui pourrait leur permettre de commercialiser du « Champagne » produit en Californie. Et ainsi de suite. Adieu les AOC et tout l’immense et patient travail de valorisation des produits qui vont avec. Une qui va se réjouir c’est la ministre de l’université : non seulement parler anglais mais boire en même temps un Bordeaux du Tenessee !

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Ce n’est pas fini. Le projet de mandat comporte quelques autres dernières mauvaises nouvelles. On y apprend que la négociation portera aussi sur « la politique de concurrence, incluant des dispositions sur les concentrations, fusions et faillites ». Et à ceux qui espéraient que les services publics seraient exclus, il est bien précisé que « l’accord concernera les monopoles publics, les entreprises publiques et les entreprises à droits spécifiques ou exclusifs« . L’accord vise ainsi « l’ouverture des marchés publics à tous les niveaux administratifs, national, régional et local« . Vous êtes groggy déjà ? Eh bien le délire n’est pourtant pas fini. Car il est précisé qu’il devra lutter contre l’impact négatif de barrières comme les « critères de localisation« . Enorme ! Exemple : impossible de promouvoir par exemple les circuits courts dans la fourniture des collectivités locales.

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Comme on le devine le volet financier est le principal dans l’esprit des promoteurs de l’accord. Il devrait porter sur l’investissement et la finance. En matière d’investissement, le mandat vise à parvenir « au plus haut niveau de libéralisation existant dans les accords de libre échange« . Des mesures spécifiques de « protection des investisseurs » devront être négociées, « incluant un « régime de règlement des différends entre les Etats et les investisseurs« . Derrière ces formules obscures, il s’agit de doter les investisseurs de droits spéciaux et de procédures préférentielles supranationales par rapport aux autres justiciables soumis aux droits des Etats. C’était la logique poursuivie par « l’accord multilatéral sur l’investissement », dit AMI, que les USA avaient tenté d’imposer en 1998 et qui avait été abandonné suite à des mobilisations citoyennes et le refus de la France de l’accepter. Retour par la fenêtre de ce que Jospin avait fait couler. Mais cette fois-ci François Hollande est d’accord ! Autre bonne nouvelle pour les financiers, le projet de mandat se prononce pour une « libéralisation totale des paiements courants et des mouvements de capitaux« . Voilà une aubaine pour les places financières anglo-saxonnes les moins réglementées et les plus spéculatives ! Les géants du crédit hypothécaire états-unien pourront ainsi vendre leurs crédits pourris en Europe aux mêmes conditions que dans leur pays d’origine. Que des bienfaits, on le voit !

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer un tel accord avec les Etats-Unis serait aussi une erreur géopolitique historique. Depuis 10 ans l’Empire a vu tous ses efforts de libéralisation commerciale mondiale bloqués à l’OMC par la résistance croissante des pays du sud. En arrimant l’Europe à ces projets de libéralisation dans un ensemble pesant 50% de la production mondiale, les Etats-Unis essaient de reconstituer leur domination aujourd’hui en voie d’effondrement face à la Chine. Il s’agit tout simplement pour eux de pouvoir continuer à imposer leur loi au monde entier. Le projet de mandat de la Commission ne s’en cache même pas en affirmant que les règles communes fixées par l’Europe et les Etats-Unis devront « contribuer au développement de règles mondiales« . Bref, cet accord a mûri en même temps que la théorie du « choc des civilisations » dont il est la traduction géopolitique.

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Lien vers l’article intégral et original: http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/05/24/vertige-du-moment-des-faits-et-des-mots/a

Accord «transatlantique» de libre-échange: les alertes de Mélenchon et Jadot – Par Ludovic LAMANT – Copyright Mediapart – le 25 avril 2013

La résolution est courte mais les quelque 200 amendements déposés pourraient rallonger le texte d’origine. Les eurodéputés de la commission « commerce international » se prononceront jeudi à Bruxelles sur un chantier colossal : l’ouverture des négociations pour un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis. À terme, il s’agit de créer la plus grande zone de libre-échange au monde.

Le vote de jeudi, qui n’est qu’une étape, ne sera accompagné d’aucun débat. Le parlement veut aller vite, et inscrire le sujet à l’ordre de la session plénière de mai, à Strasbourg. Il était loin d’être acquis, mercredi en fin de journée, que l’« exception culturelle » chère aux Français soit explicitement exclue du champ des négociations. Le conseil européen pourrait lancer formellement les négociations dès juin.

Pour la gauche française au pouvoir, ces discussions sont risquées. Dans un récent entretien à Mediapart, Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, a précisé la position du gouvernement : ce sera un « oui, mais ». Oui à l’accord global, qui permettra de relancer la croissance en Europe. Mais à condition de fixer des « lignes rouges », comme l’exception culturelle, qui seraient exclues du champ des négociations.

Afin de lancer le débat, nous avons donné la parole à deux eurodéputés critiques des positions françaises : Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche, et Yannick Jadot, des Verts. Tous deux exhortent Paris à bloquer l’ouverture en juin des négociations, et doutent de la capacité de l’Europe à négocier d’égal à égal avec les États-Unis. Mais leur argumentaire diverge sur le fond. Entretiens.

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Jean-Luc Mélenchon : « C’est la réalisation du “choc des civilisations” »

Nicole Bricq défend l’objectif de l’accord, tout en posant une série de « lignes rouges » pour la négociation. Qu’en pensez-vous ?

La résolution est courte mais les quelque 200 amendements déposés pourraient rallonger le texte d’origine. Les eurodéputés de la commission « commerce international » se prononceront jeudi à Bruxelles sur un chantier colossal : l’ouverture des négociations pour un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis. À terme, il s’agit de créer la plus grande zone de libre-échange au monde. Le vote de jeudi, qui n’est qu’une étape, ne sera accompagné d’aucun débat. Le parlement veut aller vite, et inscrire le sujet à l’ordre de la session plénière de mai, à Strasbourg. Il était loin d’être acquis, mercredi en fin de journée, que l’« exception culturelle » chère aux Français soit explicitement exclue du champ des négociations. Le conseil européen pourrait lancer formellement les négociations dès juin.

Le point de départ, ce n’est pas Nicole Bricq. Cela fait dix ans que cet accord se prépare. À l’origine, cela devait aboutir dès 2015. Et personne n’en parlait. Ce qui a changé, c’est que Barack Obama l’a évoqué, au début de son deuxième mandat. Et ce processus, jusqu’alors passé totalement inaperçu, est entré en lumière. Dans la foulée, Angela Merkel (chancelière allemande – ndlr) et José Manuel Barroso (président de la commission – ndlr) ont expliqué qu’ils trouvaient cela très bien. Ce grand marché transatlantique est l’aboutissement de la stratégie de dérégulation généralisée voulue par les Nord-Américains.

Que pensez-vous de la stratégie française ?

Il n’y aura pas de résistance côté français. Ils sont impliqués dans les négociations depuis dix ans, et les sociaux-démocrates ont toujours voté pour. Y compris des élus comme Benoît Hamon qui, lorsqu’il était eurodéputé, a voté pour une résolution sur le sujet. François Hollande n’en a cependant jamais parlé pendant la campagne présidentielle. Il avait parlé de réorientation de l’Europe, et il n’a rien fait. Mais là, il n’a même pas dit un mot sur ces négociations. Alors que cela change tout : s’ils font cela, il n’y aura plus d’espace européen.

Plus d’espace européen ?

Si l’on ouvre l’Europe de tous les côtés, et si l’on crée ce marché transatlantique, l’Europe se dilue. On va former une grande zone économique où le dollar sera dominant. Petit à petit, le plan économique rejoint le dessein politique : c’est la réalisation du « choc des civilisations », avec la formation d’un grand bloc occidental. Les Anglais, les Américains, eux, sont cohérents. Ils ont des visions. Ils ne lâchent rien. Nous, Français, sommes frivoles, disneylandiens. Des Bisounours. Au final, on est perdants.

Des défenseurs du projet, côté européen, disent que l’accord, bien négocié, sera l’occasion de relever les standards mondiaux en matière de commerce – une forme de libéralisation par le haut.

Je n’y crois absolument pas. Ce sera conforme à tout ce que les Nord-Américains ont pratiqué depuis vingt ans. On nous fait espérer du merveilleux, mais cela n’a aucune chance d’avoir lieu. Regardez ce que les États-Unis ont fait avec le Canada et le Mexique, quand ils ont fait l’Alena (l’Accord de libre-échange nord-américain, entré en vigueur en 1994 – ndlr). Dans la discussion, il y avait une liste de 300 produits protégés : les leurs. Et tous les autres produits étaient dérégulés : ceux des autres.

Les Français ont obtenu de Karel de Gucht, le commissaire au commerce, qu’il précise que l’exception culturelle sera protégée dans les négociations.

Admettons ! Alors maintenant, il faudrait être content de ne pas se faire dépouiller de tout. Sous prétexte d’une exception préservée, on nous ferait avaler tout le reste. Madame Bricq peut se raconter des romans, mais elle ne va pas peser trois grammes face aux Nord-Américains. Ces solfériniens sont de petits gamins qui ne comprennent rien à la géopolitique. Ils font preuve d’un atlantisme pavlovien. Enfin, les Allemands nous lâcheront face aux Américains.

Si vous étiez au pouvoir, que feriez-vous ?

Je bloquerais l’ouverture des négociations. Mais je ferais cela poliment. J’expliquerais à l’Europe qu’il faut encore discuter longtemps, pendant deux ans, trois ans, de la définition du mandat des négociations. Et je soumettrais le sujet au vote : au parlement, et pourquoi pas en organisant un référendum populaire.

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Yannick Jadot : « Le gouvernement français n’a pas saisi les enjeux du texte »

La stratégie française vous convainc ?

Non. J’apprécie la volonté de Nicole Bricq de créer des coalitions au sein du conseil sur les sujets commerciaux. Mais la position française n’est pas la bonne. On dirait déjà la position frileuse d’un petit pays de l’Union. Nous avons déjà eu le cas d’une France qui, sur le budget européen, a réduit son ambition à la défense de la politique agricole commune. Et maintenant, dire : « Ne vous inquiétez pas, on se battra sur l’exception culturelle », ne me paraît pas à la hauteur des enjeux.

L’exception culturelle importe peu ?

Bien sûr que je soutiens l’exception culturelle, qui est extrêmement importante pour la culture. Mais c’est une partie marginale de cet accord. Le gouvernement n’a pas saisi les enjeux. Il ne dit rien sur la manière dont on modernise l’économie européenne, dont on définit une politique industrielle ambitieuse, dont on se dote d’outils commerciaux à la hauteur de la situation. On est donc très mal partis dans la négociation avec les Américains.

Concrètement, quels dossiers voulez-vous ajouter à la négociation ?

Mais je ne crois pas qu’il faille négocier avec les Américains pour l’instant. S’engager aujourd’hui dans une négociation avec les États-Unis, alors qu’eux ont clairement une politique commerciale, qui soutient leur politique industrielle, et qui sert aussi leur politique agricole, tandis qu’en face, l’Europe croit uniquement dans les vertus du libre-échange, ce n’est pas dans le bon ordre des choses.

Prenons la sidérurgie. Aux États-Unis, il y a le « Buy American Act ». En Europe et en France, c’est Mittal qui impose son agenda de restructuration de la sidérurgie. Prenez le photovoltaïque. Les États-Unis ont introduit depuis un an des droits de douane qui vont jusqu’à 250 % sur les panneaux venant de Chine. En Europe, on en est encore à réfléchir si on va le faire ou pas. Encore un exemple : Nicole Bricq a raison quand elle dit vouloir soutenir les PME. Mais l’Union européenne soutient la libéralisation tous azimuts des marchés publics, alors qu’aux États-Unis, 23 % de ces marchés sont réservés aux PME.

En clair, vous avez, du côté américain, un cadre réglementaire et une puissance de feu, pour essayer d’élargir leur modèle à l’Europe, pour mieux peser sur les Chinois. Vous avez une puissance qui connaît ses intérêts offensifs. De l’autre côté, vous avec une Europe qui croit encore aux vertus du libre-échange. Quand on nous explique que nos marchés publics européens sont libéralisés, et qu’il faut donc inciter les autres à faire de même, j’ai l’impression qu’on prend le sujet à l’envers. L’enjeu de ces marchés publics, ce n’est pas faire en sorte que Veolia trouve d’autres marchés aux États-Unis, c’est d’élaborer une politique industrielle en Europe.

Vous voulez que Paris bloque les négociations, même si les 26 autres États membres y sont favorables, ou vous réclamez davantage de temps pour préciser le mandat des négociations ?

La hiérarchie, c’est d’abord de construire une politique industrielle pour l’Europe, et ensuite seulement, on sera en capacité de négocier avec les Américains sur les normes.

Quand l’Europe négocie avec le Pérou (l’accord a été négocié en 2010 et commence à entrer en vigueur – ndlr), cela pose des problèmes. On défend nos éleveurs, aux dépens des éleveurs péruviens. Mais les normes de l’économie péruvienne ne sont pas une menace pour le modèle européen. En revanche, si la négociation avec les États-Unis arrive à son terme, ce sera l’extension du modèle américain de société. Ce sera clairement une défaite pour l’Europe.

Des défenseurs de l’accord y voient une manière d’harmoniser par le haut les standards internationaux, notamment en matière de normes sociales.

Je n’y crois pas une seconde. Je ne crois pas à une harmonisation par le haut, quand j’entends la commission aujourd’hui. Le commissaire Karel de Gucht nous dit qu’il va falloir être flexible. On poursuit la même logique de libre-échange et de déréglementation qui nous a conduits dans le mur. Pour sortir de la crise, qui est une crise du néolibéralisme, on nous propose davantage de néolibéralisme.