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Union Européenne

Monsieur le Premier ministre de Grèce, prenez au mot Jean-Claude Juncker…

Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne et membre de la fameuse Troïka a exprimé ce lundi la supplique suivante : « Je demande au peuple grec de voter oui, quelle que soit la question. »

C’est ce que rapporte l’agence de presse Reuters (voir ici : http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0ZF2I020150629).

Moi ça m’inspire et je pense que l’on devrait prendre au mot cet €uromonarque… Du coup, voici un appel que nous pourrions adresser, à notre tour, à Alexis Tsipras…

* * *

Monsieur le Premier ministre de Grèce, camarade Alexis Tsipras,

Puisque M. JUNCKER appelle votre peuple à voter OUI « quelle que soit la question », je pense que vous devriez profiter de cet appel solennel de sa part pour interroger votre peuple, par exemple, sur une ou plusieurs des 10 questions ci-dessous. Bien sûr, ce ne sont que des suggestions… 😉 😀

1/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras ignore totalement les diktats de la troïka ?

2/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras considère comme nulle et non avenue la partie illégitime de la dette qu’on nous réclame, sur la base du rapport d’audit de la dette qui a été publié récemment ?

3/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras taxe massivement les plus hauts revenus ?

4/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras impose fiscalement tous les capitaux qui bénéficient d’exemptions fiscales (par exemple les armateurs et l’Église) selon le principe énoncé à l’article 13 de la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789, à savoir une contribution également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés contributives ?

5/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras sorte totalement notre pays de l’OTAN ?

6/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras prépare activement, notamment avec ses partenaires les plus proches, la sortie de la Grèce de l’Union européenne ?

7/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras prépare activement, notamment avec ses partenaires les plus proches, la sortie de la Grèce de l’OMC ?

8/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras entame des pourparlers avec ses partenaires les plus proches, notamment sud-européens (Espagne, Portugal, Italie et France) en vue d’élaborer de nouvelles solidarités entre les peuples qui se substitueront à l’Union européenne et aux liens de dépendance et de vassalisation en résultant, dans le périmètre des pays dont les peuples auront approuvé le principe ?

9/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras entame les pourparlers diplomatiques nécessaires en vue de faire se lever un puissant mouvement international des peuples libres en faveur de la paix et du désarmement global ?

10/ Voulez-vous que le gouvernement de la Grèce dirigé par Alexis Tsipras entame un processus constituant de nature à sauvegarder et à perfectionner notre démocratie ?

Il y a toutes les raisons de penser que le pyromane Jean-Claude Juncker sera brûlé dans les flammes qu’il a lui-même allumées…

Du rôle de Jean-Luc Mélenchon dans le débat sur la sortie de l’Union européenne

1/ Jean-Luc Mélenchon et la question européenne…

Au regard de ce qu’il incarne aujourd’hui, et de ce qu’il peut incarner demain, Jean-Luc Mélenchon peut-il et doit-il, défendre l’idée et la proposition programmatique de sortir la République française de l’Union européenne ? Peut-il et doit-il au contraire le refuser ?

On me dit, à juste titre, que Jean-Luc Mélenchon n’a jamais défendu l’idée de la sortie, qu’une telle proposition n’a jamais été inscrite nulle part dans des écrits qu’il aurait rédigés ou dans des textes qu’il aurait signés. Oui, en effet ! C’est tout à fait exact. Je le concède bien volontiers. À ce jour, Jean-Luc Mélenchon s’est toujours refusé à évoquer de telles options politiques. Il a parfois été interrogé sur ces sujets et a toujours expliqué son opposition à un tel projet.

Début avril 2015, alors que j’assistais au Conseil national du Parti de Gauche, j’ai encore pu l’entendre expliquer pourquoi il ne pensait pas que nous devions sortir de l’euro. Il n’évoquait alors que l’aspect sortie de l’euro, évidemment pas la question, de portée bien plus grande, de la sortie de l’UE.

On me dit que par conséquent, nous avons tort de lui reprocher de ne pas défendre cette sortie de l’UE. Là, je ne suis plus d’accord. Ce qui est vrai un jour ne l’est plus forcément le jour suivant. Et chacun peut évoluer dans sa pensée, sans que cela soit une trahison ou un renoncement. La vie et ses circonstances poussent chacun à évoluer, à s’adapter aux nouvelles circonstances. Nous sommes quelques-un-e-s à avoir mis du temps à considérer que l’on devait défendre l’idée de la sortie de l’euro et/ou de l’Union européenne. D’ailleurs, il n’y a pas assimilation des deux car il y a des défenseurs de la sortie de l’euro qui n’envisagent pas, et même qui refusent très fermement, l’idée de la sortie de l’UE. Par contre, les partisans (dont je suis) de la sortie de l’UE ont évidemment déjà intégré l’idée de la sortie de l’euro mais estiment que cette sortie-là serait très insuffisante car le réquisitoire que nous adressons à l’UE dépasse largement la seule question de l’euro et du modèle économique, politique, social et sociétal que cette monnaie incarne. C’est tout le système politique et juridique de l’UE, mais aussi la géopolitique que l’UE dessine, que nous dénonçons. Et comme nous ne sommes pas de ceux qui voulons « détruire » un système que d’autres peuples ont bien le droit d’accepter et de juger conforme à leurs volontés, nous estimons que nous-mêmes devons nous en libérer sans chercher à le détruire. Bon, en réalité, il se détruit lui-même mais nous nous refusons d’attendre le constat unanime de sa destruction pour recommencer à vivre…

Nous sommes donc quelques-un-e-s, dont le nombre va croissant chaque jour, à considérer que quoi qu’ait dit Jean-Luc Mélenchon lors de sa campagne pour les élections présidentielles de 2012, et quoi qu’il ait dit depuis, il peut encore évoluer. Pour nous, non seulement il le peut, mais il le doit ! Au regard des circonstances, au regard de ce que nous voyons de l’évolution de l’Union européenne, nous pensons que Jean-Luc Mélenchon ne peut plus continuer à défendre seulement l’idée de la désobéissance aux traités et les solutions économiques et institutionnelles de la refonte de la Banque centrale européenne ainsi que de ses missions et de ses pouvoirs d’intervention. Nous sommes dans un autre temps. Cela aurait peut-être suffi hier, quand l’Union européenne mettait en oeuvre parfois des politiques défendables au regard de nos principes. Mais le système européen s’est renforcé, dans le sens d’un capitalisme exacerbé, d’un atlantisme de plus en plus assumé et d’une dictature oligarchique qui ne se dissimule même plus. L’Union européenne, par certains aspects, ressemble, de plus en plus, à l’Union soviétique. Moins une politique marche, plus on l’accentue. Si la politique économique libérale ne donne pas ses résultats escomptés, ce n’est que pour une seule raison : elle n’est pas assez libérale ! Voilà ce qu’on entend… Il ne s’agit pas de folie collective mais d’un plan résolu de destruction des systèmes sociaux. Il s’agit bien d’une guerre des classes que l’Union européenne nous mène depuis des décennies. Quand on a compris cela, et quand on sait d’où vient l’Union européenne, qui l’a mise sur pieds et pourquoi, on n’a plus envie de la sauvegarder. Pourtant, ainsi que je le disais plus haut, il ne nous incombe pas de décider pour tous. Alors décidons pour nous-mêmes, le peuple français. Les autres feront bien ce qu’ils veulent, soit en suivant notre exemple, soit en faisant d’autres choix.

En 2012, nous étions presque tous dans la logique de la désobéissance aux traités et de la subversion de l’Union européenne depuis l’intérieur de celle-ci. Nous estimions que nous pouvions réformer profondément l’UE et l’euro, une fois que nous serions au pouvoir, pour faire de cette Union et de cette monnaie des outils au service des peuples.

Et puis, nous avons fini par comprendre que cela était une chimère. Rien de ce que à quoi nous aspirons ne sera jamais possible dans ce système-là, même si nous accédions au pouvoir. Il faut donc quitter l’Union européenne, nous libérer de ce système d’asservissement, et créer tout autre chose. Contrairement ce que disent certain-e-s, nous ne serons pas longtemps seuls…

En outre, nous estimons que si Jean-Luc Mélenchon relevait enfin cet étendard de la sortie de la République française de l’Union européenne (ou en tout cas s’il faisait la promesse solennelle de demander au peuple français ce qu’il souhaite), avec le talent pédagogique immense qui est le sien, il saurait convaincre des millions de gens de la pertinence de ce choix de libération.

Jean-Luc Mélenchon couperait aussi, de facto, l’herbe sous les pieds de la néofasciste Marine Le Pen qui est la seule (hormis quelques groupuscules plus respectables que le FN, tels que le PRCF, le M’PEP ou l’UPR) à oser défendre cette sortie. Il contribuerait à réduire l’audience électorale de ce parti anti-républicain qu’est le FN. Nous diagnostiquons, en effet, que nous perdons beaucoup plus de crédibilité et de bonnes opinions en restant dans le système qu’en le contestant radicalement car nous laissons alors ce combat au FN qui progresse pour cette raison principale-là !

Certes, Jean-Luc Mélenchon prendrait des coups violents s’il le faisait, et perdrait même un peu d’audience chez quelques révolutionnaires de salon, mais il gagnerait beaucoup plus qu’il ne perdrait. Il redonnerait espoir à une grande partie du peuple de gauche qui ne croit plus en rien quand il voit que nous restons ancrés au système qui nous martyrise. Jean-Luc Mélenchon relèverait le flambeau porté si haut en 2005 et que personne n’a encore repris en main…

Ne nous préoccupons-pas de ce que pourront dire la presse et nos ennemis sur Jean-Luc Mélenchon s’il faisait sien ce combat politique stratégique de portée historique. Il a déjà pris tant de coups qui ne l’ont pas mis à terre ! Il en prendra d’autres. Nous aussi à ses côtés. Mais nous resterons debout. Nous endurerons comme nous avons déjà enduré depuis des années, et nous rendrons coup pour coup, comme nous avons déjà rendu les coups. Nous lutterions, comme nous le faisons déjà depuis des années, avec nos armes : notre dévouement à l’intérêt général et à la cause du peuple, des peuples, notre intelligence, notre capacité à expliquer et à faire comprendre, notre détermination à résister et à reconquérir, sans plier, sans baisser la tête, les yeux ou la voix, n’oubliant jamais qu’un peuple libre doit avoir diverses propositions d’alternative et des débats entre solutions vraiment différentes voire opposées.

La démocratie ne résulte pas d’un choix entre, d’une part, gris clair et, d’autre part, gris foncé…

La démocratie, ce n’est pas le choix entre d’une part, la peste et, d’autre part, le choléra.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, la droite capitaliste réactionnaire et provocatrice et le camp solférinien qui est passé à l’ennemi avec armes et bagages, il y a plusieurs années déjà !

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, les « Républicains » qui dissimulent des crapules et des exploiteurs ainsi que toute une cour des miracles composée de godillots arrivistes et intéressés, incapables de penser la France, l’Europe et le monde, et qui ne font que répéter, souvent maladroitement, ce qu’ils ont entendu de leurs chefs, et d’autre part, les acteurs du Parti Socialiste dont on peut dire exactement les mêmes choses que celles décrivant les « Républicains ».

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui nous tue et, d’autre part, une Union européenne qui nous saigne.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui prend ses ordres à Washington et, d’autre part, une Union européenne qui s’aligne sur la vision économique, sociale, sociétale, géopolitique, sécuritaire, culturelle, civilisationnelle, de l’Empire états-unien (que ce soit par conviction sincère ou par volonté de servitude).

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui considère toujours comme un allié et un ami, l’État d’Israël, quels que soient ses gouvernements et quelle que soit leur politique, et, d’autre part, une Union européenne qui considère toujours comme ferments du terrorisme le peuple palestinien et ses représentants.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui détruit, dans les pays d’Afrique, l’économie, les institutions et la capacité de vivre des peuples africains, par le biais de ses politiques économiques et de sa diplomatie, et, d’autre part, une Union européenne qui détruit l’économie, les institutions et la capacité de vivre des peuples africains en participant, directement ou indirectement, à des guerres africaines de l’Empire ou de certain-e-s de ses vassaux.

Je pourrais poursuivre longtemps cette présentation.

2/ Sortir de l’Union européenne : un caprice d’irresponsables imposé au peuple français ?

2.1/ Un caprice « imposé » au peuple français ?

La sortie de la République française de l’Union européenne est-elle un caprice d’irresponsables, un choix forcément mal maitrisé, qui ne serait concrétisé que par décision prétorienne prise seulement au sommet de l’État, sans l’aval des Français ?

Bien sûr que non ! Nous ne prêchons pas du tout pour une décision prétorienne d’en haut à laquelle les Français n’auraient pris aucune part. Tout au contraire !

Nous nous sommes assez élevés contre le coup d’État de 2005, cette forfaiture, cet acte de haute trahison, pour que l’on ne fasse pas de même, fut-ce en sens inverse ! C’est bien le peuple souverain français qui aura à en décider. Et avant que ne lui soi(en)t posée(s) la ou les question(s) afférente(s), il devra y avoir eu en France un large débat, comme ce fut le cas en 2005. Et on devra se plier à la volonté du peuple exprimée lors de ce référendum, quelle qu’elle soit…

2.2/ Un caprice d’irresponsables ?

Par ailleurs, il y a bien des personnalités réfléchies, instruites, intelligentes, raisonnables, qui défendent des scénarii de sortie, avec des plans en diverses étapes. Il ne s’agit pas de sortir puis de se demander ensuite ce que nous allons faire. Depuis des années, certain-e-s étudient la question et sont aujourd’hui capables de conseiller les gouvernements des peuples qui auraient validé l’idée de la sortie. Il ne s’agit pas non plus de demander seulement au peuple français s’il veut ou non sortir de l’Union européenne. Il faudra, selon moi, le même jour, lui poser d’autres questions, après la question préalable, pour que ce soit lui, le peuple souverain, qui tranche le scénario et le plan stratégique qui devra gouverner la sortie.

3/ De l’utilité du débat et de la manière de le mener…

Le débat est légitime. Moi qui suis partisan de la sortie, j’admets qu’on puisse y être hostile. Je souhaiterais que les contradicteurs de la sortie avancent des arguments plutôt que des anathèmes et s’efforcent de convaincre plutôt que de diaboliser ou de discréditer leurs contradicteurs.

Accuser l’autre d’être irresponsable parce qu’il ou elle défend une idée différente de la vôtre n’est pas un argument admissible pour un-e démocrate conséquent-e. Parce que ce n’est pas digne que de salir ainsi celui ou celle qui ne pense pas comme vous.

Je rejette également, d’entrée de jeu, celui ou celle qui m’opposerait comme argument que Jean-Luc Mélenchon, LUI, sait ce qu’il faut faire. Sous-entendu lui, il est quelqu’un alors que toi tu n’es rien. Même si ce propos n’est pas inexact, je ne le trouve pas convaincant. Parce que les « grands » qui nous représentent ne sont pas toujours bien inspirés et que les « petits », les « ordinaires » ou les « anonymes » ne sont pas toujours dans l’erreur. Et si les seconds se trompent, c’est aux premiers, et à leur partisans, de les convaincre de leur erreur, en avançant des arguments, pas en mettant en jeu des propos ne reposant que sur le mépris.

J’ajouterai que pour des militant-e-s de gauche, pour des militant-e-s prônant la révolution citoyenne, pour des militant-e-s partisans des slogans « Place au peuple » et « Prenons le pouvoir », pour des militant-e-s conséquent-e-s en termes de démocratie, il n’est jamais très futé de se justifier en avançant des propos dévoilant que vous pourriez finalement être un peu trop docile, un peu trop discipliné, un peu trop soumis… La révolution citoyenne n’a besoin ni de caniches, ni de perroquets, mais de citoyen-ne-s libres, instruits, éveillé-e-s, contestataires, osant déplaire…

4/ Adresse directe à Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, si tu aspires, comme je le crois, à devenir, une nouvelle fois, le candidat du peuple de gauche, et si, cette fois, tu as saisi que ça ne suffira pas, qu’il te faut t’élever au-dessus de la mêlée et de la médiocrité traditionnelle de certain-e-s de celles et ceux qui pullulent autour de toi, si tu veux avoir une chance d’être présent au second tour de la prochaine élection présidentielle, puis de l’emporter, tu devras convaincre le peuple tout entier, pas seulement les medias, pas seulement Pierre Laurent ou Clémentine Autain, pas seulement les frondeurs du PS ou les électeurs et électrices d’EELV… Et un nombre croissant de gens pensent que pour réussir ce défi, tu dois assumer la rupture avec l’Union européenne.

Quand je te lis et que j’entends tes propos depuis quelques mois, j’ai le sentiment diffus que, dans ta tête, la mue est déjà faite depuis quelques temps, mais que tu procèdes comme un escargot pour rendre publique ta mutation… Tu y vas avec une prudence de sioux et parfois ça me donne la rage tellement je suis convaincu que cela te dessert.

Jean-Luc, tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être le candidat de l’establishment. Tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être  le candidat des medias. Tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être le candidat de la gauche amalgamant gauchistes enragés et gauchistes modérés. Tu as vocation, par ta personnalité, ton expérience, ta fougue, l’essentiel de ta vision politique, et ton apparente détermination à aller au combat frontal, à être le candidat du peuple qui se libère. Tu ne dois donc pas chercher à amadouer celles et ceux qui incarnent le système ou qui lui permettent de se maintenir, qui te dénonceront toujours comme un danger. C’est NOUS que tu dois convaincre. C’est le peuple français, adepte des révoltes et des révolutions que tu dois réveiller. Et tu ne le feras pas en restant favorable à l’Union européenne, fut-ce avec tes propres mots critiques.

Tu as été bien inspiré de commencer à porter le drapeau de la 6e République et d’une démocratie profondément revivifiée. Mais ça ne suffit pas si tu restes hostile à l’idée de chercher à convaincre le peuple français de briser les chaînes qui le soumettent aux capitalistes, aux atlantistes et à l’Empire au moyen de l’Union européenne. Je sais que tu n’es pas déterminé à te laisser faire par les institutions de l’Union européenne et par celles et ceux qui l’incarnent, si tu accèdes à la Présidence de la République française. Mais ton idée de subvertir l’UE de l’intérieur ne sera pas plus efficiente que la subversion du PS de l’intérieur. Et l’idée que tu défends de désobéir aux traités est très insuffisante au regard de ce qu’il faut faire pour que nous reprenions notre pleine souveraineté et que nous puissions cheminer de nouveau sur la voie du progrès vécu par tous.

En outre, selon moi, tu ne seras jamais élu Président de la République française tant que tu n’auras pas décidé de passer de l’autre côté du miroir. Parce que ce ne sont pas les Européistes et eurolâtres qui feront ton élection. Ce ne seront pas les medias ni les socialistes convaincus par l’action de Hollande et Valls. Dans un pays où le peuple français à dit NON à l’Union européenne avec le score que l’on sait il y a dix ans, et dans un pays qui a vu ce que l’Union européenne a fait depuis, un candidat ne peut être élu à la présidence de la République que s’il a convaincu la majorité du peuple qu’il allait tenir tête à l’Union européenne. C’est ce qu’ont fait Sarkozy et Hollande dans leurs discours de campagne en 2007 et en 2012 alors même qu’ils étaient des partisans de l’UE. Le peuple y a cru. Sauf que nous les avons vu à l’oeuvre depuis. Et je ne pense pas que ça fonctionnera une troisième fois.

Et puis, en ce qui te concerne, la base de ton audience est la Gauche, et pas n’importe quelle gauche !  C’est la gauche de combat, la « Sociale », la gauche du NON de 2005. Tu ne la convaincras pas, tu ne la convaincras plus, à mon avis, en ne disant que ton engagement de désobéir aux traités. Il va falloir que tu fasses bien plus, que tu « fendes l’armure » comme on dit parfois.

Si « l’Europe est illégitime depuis dix ans en France », ce que tu as très récemment affirmé, alors tires-en les conséquences, toutes les conséquences. Annonce que tu considères, pour ta part pour ne pas engager les autres, et explique pourquoi, la République française devrait se libérer de l’Union européenne, faire la peau à ses mâtons (au sens figuré bien sûr), briser ses chaînes, et rendre possible une autre histoire, pour nous, le peuple de France, et pour tous les autres, en Europe et dans le monde. Et engage-toi à organiser un référendum sur la question dans les 100 jours de ton élection à la présidence de la République. Bien des Français-e-s, alors, tendront l’oreille et si tu es aussi bon sur ce sujet que tu l’es sur les autres, alors tu sauras convaincre une majorité. Et tu auras joué un rôle majeur dans l’Histoire, dans notre Histoire. Tu auras été un grand homme et pas « un petit homme dans un rond » pour reprendre les mots d’Edmond Rostand dans la pièce de théâtre Cyrano de Bergerac… D’ailleurs, tu es bien plus crédible en Cyrano de Bergerac qu’en une espèce de Don Quichotte se battant contre les moulins ou de Sisyphe devant sans cesse remonter son rocher (ici le Front de Gauche)…

Changer de constitution et de régime ou sortir de l’Union européenne ? Il faut faire les deux camarades !

Il y a quelques mois, quand je faisais ardemment campagne pour la 6e République, à la fois sur Facebook et via un blog dédié, et que j’appelais, à ce titre, à ce que nous commencions à réfléchir à l’écriture COLLECTIVE d’une nouvelle constitution rendant le pouvoir souverain au peuple français et prévoyant toute une série de mécanismes juridiques (constitutionnels et administratifs), mais aussi politiques, pour le rendre possible, et pour qu’il ne puisse plus être contesté, je recevais pas mal de messages de gens (notamment de l’UPR, de DLR devenu DLF, du M’PEP ou du PRCF) me disant que c’était inutile de se battre pour une nouvelle constitution aussi longtemps que nous restions dans l’Union européenne.

Je répondais que, pour moi, le combat pour la 6e République était le plus important de tous car en rédigeant collectivement une constitution nouvelle, axée sur la démocratie et la souveraineté populaire, nous dirions inéluctablement que l’Union européenne est contraire à nos principes, à nos valeurs, à nos désirs, à nos exigences. Nous renverserions alors inévitablement la hiérarchie des normes. Et dès lors que le peuple français aurait adopté une nouvelle constitution ayant ces caractéristiques-là, nous ne pouvions manquer de remettre en cause l’appartenance de la République française refondée à l’Union Européenne. Vous me suivez jusqu’ici ?

En effet, en droit, la constitution actuelle prévoit que les traités régulièrement ratifiés prévalent sur la loi ; et la jurisprudence constitutionnelle française a, depuis longtemps, jugé que par « loi » il fallait aussi entendre « constitution ». Donc, c’est bien notre constitution actuelle qui permet que des traités prévalent sur elle, une fois qu’ils ont été RÉGULIÈREMENT ratifiés… Et là, la question se pose non ? Peut-on sérieusement soutenir que le Traité de Lisbonne a été RÉGULIÈREMENT ratifié ? Quand on sait comment les choses se sont passées, la réponse est clairement NON. N’importe quel esprit sensé et honnête, intellectuellement parlant, ne peut valablement considérer que le traité en question a été valablement ratifié. Certes, il a été considéré, par les instances compétentes, que ce traité a bien été valablement ratifié au plan juridique puisque le Parlement, réuni en Congrès, l’a adopté et que ce mode d’adoption est une des deux voies possibles de ratification prévues par notre constitution. Mais quand un traité est ratifié par le Congrès alors même qu’un texte quasi identique a été rejeté par le peuple souverain par référendum à peine deux ans plus tôt, même un juriste sait que cette situation ne saurait être jugée valable au plan juridique. C’est pourtant ce qui a été décidé par les institutions juridiques établies. Elles sont l’émanation du système et servies par des gens dont la mission est de maintenir ce système, voire de le renforcer encore davantage…

Donc, mon propos est de dire que déjà, sur ce seul point, le traité qui s’applique ne devrait pas s’appliquer car ce n’est que par un coup de force politique qu’il a été ratifié. Nous le savons et ce n’est pas mon sujet ce soir que d’insister sur ce point. Je considérais cependant que ce rappel était indispensable en préalable de ce que je voulais vous dire…

Je reviens donc à ce que je disais en introduction de ce billet. C’est notre constitution qui donne la primauté aux traités ratifiés. Mais notre constitution n’empêche pas le peuple souverain de la réformer, voire de l’abroger au profit d’une autre, qui serait partiellement ou totalement réécrite et repensée… Cela, aucun traité ne peut non plus l’interdire.

DONC, le peuple français, s’il décidait de changer sa constitution actuelle au profit d’une autre qui lui donne des armes puissantes pour reprendre son destin en mains, pourrait décider que, désormais, la République française ne fait plus partie de l’Union européenne. Rien n’empêche, s’il le décide, que cela soit expressément écrit dans la constitution nouvelle, auquel cas, l’exécution de cette décision s’appliquerait rapidement, dans les conditions et selon les modalités que définirait par exemple une loi organique intervenant peu après l’adoption et la mise en application de cette constitution nouvelle… Cela empêcherait aussi que de nouveaux gouvernants viennent un jour ramener la République française dans cette même Union européenne… La première constitution de la 5e République, celle adoptée en 1958, contenait par exemple un titre entier et plusieurs dispositions relatives à « l’Union française » qui englobait des « pays » que nous dominions et contrôlions par les liens de la colonisation.

Et, même si la constitution elle-même, ne prévoyait pas expressément, dans son texte, la sortie de la République française de l’Union européenne, elle pourrait, par différents moyens, la rendre inévitable à bref délai…ou, à tout le moins, envisager expressément qu’elle soit possible. Cette hypothèse se concrétiserait par l’organisation d’un référendum intervenant peu après le référendum d’adoption de la constitution, et après un débat sérieux et suffisamment long pour que le peuple se fasse une opinion éclairée sur la question. Ainsi, seraient dissociées les deux questions. Dans un premier temps, le peuple français déciderait d’approuver ou non le projet de nouvelle constitution, et, dans un second temps, il se prononcerait sur la sortie ou pas de la République française de l’Union européenne.

Quoi qu’il en soit, celles et ceux qui m’ont (presque toujours aimablement) opposé que débattre du nouveau régime constitutionnel et politique serait sans intérêt sur notre souveraineté populaire, parce que celle-ci est court-circuitée tant que nous restons dans l’Union européenne, ont tort. Ils ne saisissent pas les conséquences juridiques et politiques d’un changement de régime politique et de constitution… Si l’on écarte, comme je le fais encore pour l’instant, l’idée avancée par certain-e-s, que Jean-Luc Mélenchon serait en réalité un homme politique malhonnête, trompeur, cynique, dissimulateur, on peut penser que c’est précisément la raison qui le pousse à défendre la 6e République car il a sans doute compris qu’en réécrivant une nouvelle constitution, le peuple français se ressaisit de fait de tous les pouvoirs et que les interdictions résultant de l’Union européenne seraient alors, automatiquement, remises en cause.

Maintenant, depuis que je parle haut et fort pour une sortie de l’Union européenne, ce sont désormais certains de mes camarades du PG, du PCF, d’Ensemble et du Front de Gauche ou de la Gauche en général, qui me disent que la sortie de l’Union européenne ne sert à rien si l’on ne change pas aussi la constitution. Et beaucoup de ces camarades me rappellent l’existence du Mouvement pour la 6e République ou des actions sur ce sujet du Parti de Gauche, de certain-e-s responsables de ce parti, ou d’autres acteurs à gauche…

Sachez que je suis convaincu, depuis très longtemps, par la nécessité, que dis-je par le caractère indispensable que revêt le changement de régime et de constitution. J’avais cette conviction chevillée au corps bien avant que n’existe Facebook ou ce blog… Vous saisissez ?

Les partisans de la 6e République sont donc idéologiquement mes ami-e-s, pour autant que cette 6e République soit celle que nous défendons au Parti de Gauche, au Front de Gauche et parfois au-delà de ce parti et de ce Front…

Mais je trouve stupide et totalement anachronique d’opposer les deux thématiques : sortie de l’Union européenne et changement de régime. Les deux vont  ensemble. Les deux DOIVENT aller ensemble. Nous devons défendre les deux, et le faire simultanément.

Certain-e-s de mes ami-e-s et camarades politiques en sont convaincu-e-s comme moi, d’autres ne le sont pas. Parmi les seconds, il y en a qui veulent à tout prix changer de régime et passer à la 6e République mais qui n’envisagent pas ou qui refusent ou qui craignent (il y a bien des nuances entre les un-e-s et les autres) la sortie de l’Union européenne.

Mon avis est qu’ils se trompent et font une erreur stratégique majeure. Changer de régime et mettre en application une constitution nouvelle telle que nous la souhaitons sans sortir de l’Union européenne ne réglera pas les problèmes car il y aura toujours alors bien des contradictions entre les dispositions de cette constitution nouvelle et les dispositions des traités européens. Si notre constitution prévoit, comme certain-es le préconisent (j’en suis !) que les traités, fussent-ils « régulièrement ratifiés » (et, même si, cette fois, c’est au sens authentique et honnête du terme), il faudra continuellement se poser des questions juridiques et constitutionnelles et trancher des conflits et des controverses, car vous comprendrez tous et toutes très aisément qu’une telle constitution nouvelle, si elle est comme nous le voulons, s’opposera au régime juridique, politique, économique, géopolitique qu’incarne l’Union européenne. Et sauf à vouloir densifier à l’extrême la justice constitutionnelle française, et donner ainsi du travail, par millions d’heures, à des milliers de magistrats constitutionnels chargés de juger de tous ces conflits juridiques, une telle opposition est intenable. En droit, il est nécessaire qu’existe une certaine sécurité juridique. C’est même un principe général du droit. Il implique que les règles (prescriptives et prohibitives) soient assez claires pour régir les situations, et assez stables aussi !

Il faut donc trancher le dilemme sans s’en remettre uniquement à l’avis des juges. Et donc il faut décider entre deux alternatives  :
Soit on veut que le peuple français redevienne souverain – et on le prévoit avec une nouvelle constitution – alors, en cohérence avec ce choix, on doit prendre une décision très claire de sortie de la République française de l’Union européenne, sans finasser, sans tergiverser, sans nous limiter à prévoir une « désobéissance aux traités », hypothèse qui ne veut rien dire concrètement et souffre donc d’un déficit criant de crédibilité.
Soit on tient à l’Union européenne pour quelque raison que ce soit, et alors on ne saurait désirer que nous changions de régime et de constitution, surtout pas pour en mettre en place une autre qui serait démocratique, puisque le système de l’Union européenne, par essence, s’oppose à la démocratie voire à la logique même d’une constitution puisque au sens de l’article 16 de la déclaration française des droits de l’homme et du citoyen : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » Or, c’est une gageure que de soutenir que l’Union européenne « assure la garantie des droits » et « détermine la séparation des pouvoirs »…

Et oui, camarades ! Il faut réellement choisir entre deux alternatives radicalement différentes et mêmes opposées. Ce sont bien deux choix de société tout à fait antinomiques. On ne peut à la fois souhaiter – et appeler à – un changement de régime politique en France et défendre, dans cet esprit, un changement de constitution, et dans le même temps expliquer que sortir de l’Union européenne n’est pas souhaitable, ou n’est pas sérieux, ou n’est pas responsable, ou n’est pas conforme à nos aspirations et principes de gauche, ou je ne sais quoi encore… On ne peut avoir l’un et l’autre.

L’idée que je défends – et le raisonnement que je mets en avant pour lui donner force – est bien que nous devons À LA FOIS :
1/ changer de régime politique et donc substituer à la détestable et nuisible constitution de la 5e République, quasi monarchique et oligarchique,  une constitution nouvelle de la 6e République qui soit enfin celle de la PREMIÈRE VÉRITABLE DÉMOCRATIE,
2/ sortir de l’Union européenne et de quelques autres alliances et organisations d’essence atlantiste et capitaliste.

Et faire cela c’est tout autre chose que de nous renfermer sur nos frontières dans un esprit chauvin et nationaliste, raciste, xénophobe, quasi fasciste, contrairement à ce que disent certains crétins incultes ou bornés et à ce que répètent certains perroquets, larbins de nos ennemi-e-s et griots du capitalisme ou de l’atlantisme.

Si c’est un jour le FN, ou de vrais nationalistes, ou de vrais néofascistes, ou de vrais racistes, qui ont la main pour sortir la République française de l’Union européenne, alors oui, on peut craindre le pire, car ce qu’il en sortira ne sera vraiment pas bon. Leur dessein n’est pas de rendre le pouvoir au peuple, ni de faire son bonheur. Et il n’est pas de rendre le peuple français puissant pour que nous soyons de nouveau en mesure de parler au monde et d’aider le monde à aller mieux, en assistant les autres peuples ou en s’inspirant d’eux et en leur donnant une audience qu’ils n’ont pas forcément parce qu’ils sont moins puissants que nous.

Par contre, si c’est NOUS, la Gauche de combat, la Gauche qui se bat pour « la Sociale », la Gauche qui se bat pour la démocratie et la République, la Gauche qui se bat pour l’humanisme, la Gauche qui se bat pour la laïcité, la Gauche qui se bat pour la justice et la défense authentique des droits de l’être humain et de l’animal, la Gauche qui se bat pour que le monde opère la grande bifurcation écologique rendue indispensable à notre survie collective,  la Gauche qui se bat pour que soient universellement reconnues les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, la Gauche qui se bat pour la paix, non comme des pacifistes bêlants mais comme des responsables sérieux instruits de la géopolitique telle qu’elle est et telle qu’elle régit les relations internationales, si c’est NOUS, cette Gauche-là, qui avons les rênes du pouvoir constitutionnel dans l’État de la République française au moment où la question sera posée, alors il n’en sortira que du bien.

Car notre rêve n’est pas d’asservir mais de libérer et d’émanciper. Notre tâche n’est pas d’abrutir les citoyen-ne-s mais de les éduquer et de faire croître en eux l’esprit de citoyenneté. Notre aspiration n’est pas de défendre les intérêts particuliers, fussent-ils les nôtres, mais de servir l’intérêt général sans brimer l’individu et sans le contraindre au-delà de ce qui est acceptable aux yeux de tous. Notre souhait n’est pas de revenir au Moyen-Âge mais de rallumer les lumières. Il n’est pas de maintenir le système honni mais de le détruire au profit d’un autre acceptable par tous. Notre action ne sera pas d’imposer des lois scélérates et des régressions de civilisation permanentes contre la volonté générale mais de remettre le droit au bonheur de tous au sommet de la hiérarchie des obligations des pouvoirs publics.

Vous qui aspirez à succéder au Président de la République actuel, surtout si vous êtes de gauche…

Si vous voulez que le peuple vous fasse confiance de nouveau, il y a, me semble-t-il, quelques préalables absolus :

1/ Annoncer avec la plus grande fermeté et avec la solennité la plus éloquente, que le peuple français sera appelé à décider, lui-même, par référendum, s’il veut que la République française reste membre de l’Union européenne ou s’en retire, et que ce référendum sera organisé dans les 100 jours de l’arrivée au pouvoir de celui ou de celle qui serait élu-e à la Présidence de la République. En plus de la réponse « OUI » ou « NON » à cette première question, seraient proposés divers scénarii pour l’organisation concrète de la sortie entre lesquels le peuple aurait à trancher. Nous avons déjà des personnalités sérieuses du monde économique et politique qui ont réfléchi à la question de la sortie de la France de l’euro et/ou de l’UE et ont des propositions crédibles. On ne part pas de zéro. Il n’y a pas que ceux qui limitent leurs propositions à vouloir désobéir aux traités qui ont travaillé le sujet…

2/ Annoncer, avec la même fermeté et la même solennité, que le peuple français sera également appelé à décider, par référendum, s’il veut entamer un processus constituant de nature à transformer radicalement le régime politique de la République française pour améliorer fortement son caractère démocratique et républicain. En plus de la réponse « OUI » ou « NON » à cette première question, seraient proposés divers scénarii pour l’organisation concrète de ce processus constituant entre lesquels le peuple aurait à trancher. Par exemple, un premier choix serait d’élire une Assemblée Constituante unique au niveau national qui aurait alors une compétence exclusive ; un deuxième choix possible serait de décomposer territorialement le processus constituant, avec élection d’assemblées constituantes locales, qui auraient la mission d’élaborer, par étapes successives, les propositions de révolution constitutionnelle qui remonteraient ensuite à une Assemblée Constituante nationale chargée de finaliser le projet de nouvelle constitution ainsi que d’autres textes annexes éventuels (déclarations de droits, chartes…) ; on pourrait aussi envisager d’autres options que les deux ci-dessus.

3/ Annoncer, avec la même fermeté et la même solennité, que le peuple français sera également appelé à décider, par référendum, si la République française doit demeurer dans l’OTAN ainsi que dans diverses autres organisations internationales d’essence atlantiste. Je pense évidemment en premier lieu à l’O.M.C. et au F.M.I. mais il y en a d’autres. Pour chacune de ces organisations, le peuple choisirait « OUI » ou « NON » afin de ne pas faire un paquet imposant un choix unique pour toutes. Là encore, en plus de la réponse « OUI » ou « NON » à ces questions, seraient proposés divers scénarii pour que le peuple français se prononce, en répondant par exemple, aux questions suivantes :

– Souhaitez-vous que la République française se rapproche des BRICS en vue d’une prochaine adhésion à cette alliance alternative : OUI ou NON ?

– Souhaitez-vous que la République française agisse au plan international pour que soient mises en place d’autres alliances inédites : OUI ou NON ?

– Souhaitez-vous que la République française agisse au plan international en faveur d’une réorganisation profonde de l’ONU : OUI ou NON ? On pourrait aussi, sur ce sujet précis, proposer divers scénarii de réforme de l’ONU…

Si le peuple français donnait ainsi de la voix, pour dire sa volonté que des valeurs authentiquement humanistes, et que des principes reposant sur la démocratie, la loyauté des échanges, l’équité et l’harmonie des relations internationales, gouvernent le monde, nos dirigeants seraient dotés de puissantes armes politiques pour agir sur la scène internationale.

Voici trois domaines éminemment fondamentaux. Certes, ils ne peuvent résumer toute la politique d’une nation, d’un État, d’un gouvernement et d’un peuple. Bien d’autres questions sont importantes : l’économie, la culture, l’écologie et d’autres encore. Mais mon avis est que ces trois domaines conditionnent le succès de tous les autres d’une part. D’autre part, si déjà ces trois engagements géopolitiques étaient pris publiquement par une personnalité de la Gauche de combat aspirant à devenir demain candidat-e à l’élection présidentielle pour y être élu-e et non pas seulement pour y faire un tour de piste de figuration pour la gloire d’avoir combattu, et enfin appeler au gouvernement de notre pays une équipe de combat contre le capitalisme et l’impérialisme états-uniens, organisés et relayés par ses différents exécutants européens, eh bien sans doute que le peuple tendrait l’oreille dans un premier temps… et serait séduit dans un second !

La République en danger – À propos du choix de Nicolas Sarkozy, fossoyeur de la République, de renommer l’UMP en « Les Républicains »…

Il y a de vrais Républicains dans ce pays, pour qui la République, c’est la défense permanente de l’intérêt général.

Je ne parle pas des formes connues à ce jour de République :
– la « République » bourgeoise n’est pas l’essence de la République ;
– la « République » basée sur le principe représentatif, qui aboutit à ce que les élu-e-s, au lieu d’être des mandataires fidèles et loyaux du peuple, deviennent les larbins, les serviteurs, les exécuteurs des basses oeuvres de ses maîtres, n’est pas l’essence de la République ;
– la « République » qui permet la corruption des titulaires de charges dans l’État, ce n’est pas l’essence de la République ;
– la « République » qui se moque de la démocratie, ce n’est pas l’essence de la République ;
– la « République » qui méprise l’intérêt général et promeut sans cesse davantage les intérêts très particuliers, très égoïstes de la caste oligarchique, ce n’est pas l’essence de la République.

Pour moi, une République authentique est un régime où les citoyen-ne-s sont souverain-ne-s dans la cité ET où les travailleurs le sont dans leur entreprise.

Une République met donc au sommet de sa hiérarchie des normes à la fois l’exigence de démocratie authentique et jusqu’au bout, et l’exigence absolue de l’intérêt général qu’il revient au peuple de définir.

Alors oui, ça me dérange et je ne peux me réjouir que des salopards de l’UMP se désignent maintenant officiellement, dans le nom même de leur parti, comme des « Républicains », car cela, désormais, va rendre impossible que, NOUS, les authentiques Républicains, puissions continuer à nous désigner comme tels.

Ces salopards de l’UMP vont pourrir une de nos plus fondamentales valeurs, flanqués qu’ils sont de batteries de casseroles pour beaucoup d’entre eux, dont le passif est d’avoir largement détruit le système social français hérité du CNR, et d’avoir en outre détruit l’indépendance et la souveraineté de la France et vassalisé notre pays en le soumettant aussi bien à cette U€ devenue dictature capitaliste et impérialiste, qu’à l’Empire états-unien, fauteur de troubles et de guerres larvées ou ouvertes partout dans le monde depuis leur origine en général, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale en particulier.

Enfin, ça n’aura échappé à personne : ils ont choisi de s’assimiler totalement aux « Républicains » états-uniens. Le symbole n’a pas été choisi par hasard et il est très fort ! Ils ne pouvaient pas, pour diverses raisons, devenir le « Parti Républicain » alors ils ont trouvé autre chose mais désormais, en France, la filiation de la droite française, faussement dite « républicaine », est directement liée à ses maîtres états-uniens.

Le leader de l’UMP, ancien Président de la République, est bien le fossoyeur de la République française ! Cette mission qu’il a acceptée et qu’il s’emploie à mener à bien lui a été assignée, il y a fort longtemps, par des gens qui ne sont pas toujours de chez nous, et qui ne tolèrent pas que nous, Français-e-s, existions sur la scène internationale et portions un message différent de celui incarné par l’Empire états-unien, lequel trouve des relais, des messagers et des combattants, traîtres à notre peuple, déterminés à faire la sale besogne de nos ennemis jusque dans notre propre pays. On a déjà connu cela plusieurs fois dans notre Histoire, l’expérience pétainiste de la Seconde guerre mondiale n’étant que la plus récente…

Oui, certains diront que « Républicains », ce n’est qu’un mot et qu’après tout, vu que les membres de la caste oligarchique ont déjà sali et discrédité tant d’autres termes qui définissaient ce que nous étions, un de plus ou un de moins, cela n’a aucune importance.

Moi, je ne vois pas les choses ainsi Les mots sont les outils du dialogue, de l’échange, des discours et ils incarnent des idées. Lorsque les mots du langage commun sont travestis par nos adversaires et par nos ennemis politiques et de classe, avec l’appui massif des meRdias et des « experts », et ce dans l’indifférence générale du peuple et des militant-e-s politiques, et que ces mots sont utilisés pour exprimer le contraire du sens qu’ils incarnent ou du message qu’ils véhiculent en réalité, alors la bataille idéologique est perdue. Sauf à inventer de nouveaux mots qui rendront les anciens obsolètes.

En attendant que nous y parvenions, ça va nous poser à tous un énorme problème !

Je sais bien qu’à gauche, un certain nombre de citoyen-ne-s conchient l’idée républicaine et se réjouissent que nos ennemis la salissent définitivement car, selon eux, cela va permettre d’en finir pour de bon avec l’idée républicaine, mais ils sont inconscients du fait que nous allons tous en pâtir. Parce que, pour le moment, nous n’avons pas de solution de rechange.

Si la grande et la noble idée républicaine est définitivement abandonnée à la droite libérale, européiste et atlantiste française parce que cette dernière l’a kidnappée, ce sont les escrocs et les liquidateurs de la République qui composent cette droite-là qui auront eu le dernier mot.

Nous avons déjà abandonné au Front National la notion de « nation » qu’il s’est empressé de faire muter en un terme porteur non seulement de haine de l’étranger ou de l’autre mais aussi de guerre, et a totalement effacé ce que ce terme signifiait depuis la Révolution française.

Nous avons presque abandonné également à la droite catholique et raciste la notion de « laïcité » pourtant fondatrice de notre République et cette droite-là l’a transformée pour en faire une arme exclusivement destinée à mater les non catholiques !

Eh bien moi, je me refuse à ces abandons successifs ! J’espère ne pas être le seul !

Camarades, ami-e-s, concitoyen-ne-s, nous devons RÉSISTER mais ne pas nous cantonner dans cette position passive. Nous ne devons pas nous limiter à faire la « tortue », au sens de cette formation de défense que pratiquaient les légions romaines assaillies par l’ennemi. Il est temps d’entamer la RECONQUÊTE ! Car nous ne nous défendons pas. Nous ne résistons pas. Nos ennemis, peu à peu, méthodiquement, gagnent du terrain. Constatez tout ce que nous avons perdu, depuis 1945, de ce que nous avions gagné après la Seconde guerre mondiale, grâce à l’oeuvre merveilleuse bien qu’inachevée du CNR.

La guerre qui est menée contre nous par la caste oligarchique n’est pas une guerre de la droite contre la gauche, mais une guerre de la caste oligarchique contre le peuple. Et il est vrai que la caste oligarchique a su faire de la droite française sa principale armée, et qu’elle a su non seulement dompter la Gauche, mais bien plus, la subvertir en quasi-totalité.

Et du fait de nos propres insuffisances, à nous cette « Autre Gauche », qui voulions incarner – et avions commencé à incarner de 2009 à 2012 avec le Front de Gauche – une véritable et enthousiasmante alternative, du fait de notre incapacité à être cohérents et crédibles, du fait de notre refus d’assumer les indispensables ruptures, notamment avec l’U€, mais aussi avec la cuisine politicienne habituelle des partis, si détestable aux yeux du peuple, eh bien ce peuple croit qu’il n’a plus, pour se défendre, que le Front National, cette illusion, cette escroquerie, ce vampire, ce messager de la haine et cet apprenti du fascisme, dont on sait à quel point son rôle est de maintenir le système en place aussi longtemps que possible et de préparer le pire si le système venait à s’effondrer.

Peuple de France, combien de temps encore vas-tu de désintéresser de ton sort ?

Peuple de France, que faut-il que l’on t’impose pour que tu dises « Stop! » et que tu reprennes en mains ton destin ?

Peuple de France, attends-tu de connaître le sort des martyres de l’austérité que sont les Grecs, les Espagnols et les Portugais ?

Peuple de France, penses-tu être à jamais à l’abri d’une guerre ouverte dans ton propre pays alors que l’exemple ukrainien devrait te saisir d’effroi et te pousser à une réaction ?

Partons du projet collectif et non des personnalités et nous aurons remis la lutte en ordre de « bataille » !

Texte de ma camarade Christine DUPLAISSY

* * * * *

Suite à un débat sur André Chassaigne et sur sa jalouse vindicte contre Jean-Luc Mélenchon…

Et si les PC ont continué leurs alliances contre nature partout en province et de plus belle pour les Départementales, ça doit être aussi « la faute à Simonnet » (Paris) ou « à Mélenchon » (moi je dirais plutôt la faute à Coquerel, mais moi je fustige aussi ces histoires de personnes !

Non, les gens ! Ça n’est pas un problème de personnes, mais de CONVICTIONS politiques et de PROGRAMME ! Je m’explique.

De toutes façons, tant que le PC, comme « Ensemble », comme le PG, n’auront pas rompu définitivement, localement comme nationalement, avec le « social-néo-libéralisme » et ne seront pas revenus au programme alternatif fondamental « L’Humain d’Abord » (à creuser et travailler encore, on est d’accord !) programme COLLECTIF, à l’origine, et qui est une vraie avancée vers la rupture anti-capitaliste, la population, soit se résignera, soit cherchera une « alternative » ailleurs et gare à tout le monde si c’est l’alternative de la Haine !!!

Mais personne ne va donc se poser la question de POURQUOI la droite et son extrême font le plein de leurs voix (qui plafonnent et n’augmentent guère si l’on y regarde de près !) & de POURQUOI, NOUS, feu le FDG, qui aurions dû représenter L’ALTERNATIVE, nous n’avons réussi à « convaincre » 50% d’électeurs/trices qu’à RESTER CHEZ eux et elles (ou voter blanc/nul dans le « meilleur » des cas !!!) ?

Cette abstention massive n’est PAS de droite et se refuse farouchement à l’extrême-droite ! Ces gens-là (dont je fais partie !) n’attendent qu’une chose : qu’on leur propose de construire une alternative clairement affranchie des vieilles « alliances » traditionnelles rances et mortifères ! Et surtout clairement affranchie des deux partis de « gouvernement » P$ et €€LV qui ne savent qu’acheter un semblant de paix sociale en organisant méthodiquement le turn-over de la misère afin de maintenir à flot le système capitaliste qui ne sait que se régénérer de crises en crises ! Deux partis également pro-système U€, dont il faut sortir au plus viiiiite !!!

Ça n’est pas un problème de « personnes », on n’en est plus là : y’a le feu au lac, là ! Et ça n’est même plus une image : c’est l’effrayante réalité « gaz de schiste » / et-ou nucléaire, et ZAD à « détruire » de leur point de vue, que P$ et €€LV soutiennent, tout comme UMP-FN/UDI-MODEM !

C’est un problème de choix de société !!! Décidons nous-mêmes de QUELLE SOCIÉTÉ nous voulons demain pour nos mômes (& pour ce qu’il nous reste de temps à vivre !), de QUELLE constitution nous voulons pour ne plus reproduire les aberrations d’un Monarque républicain et de son « staff » (qui ne peut même plus s’appeler un « État » vu qu’il est entièrement à la botte et au service de la finance et de l’impérialisme US !

Reprenons NOTRE SOUVERAINETÉ ET NOTRE INDÉPENDANCE ! Et ensuite, nous devrons décider, puisque la 5ème ripoux-blique nous y oblige une dernière fois, de quelle personne mérite notre confiance, suffisamment pour porter notre programme vers son succès. Et dès que celle-ci ou celui-ci aura accompli son mandat, nous lui demanderons de nous rendre les clés. Gentiment d’abord… Mais s’il faut montrer les dents et le/la révoquer, la nouvelle Constitution nous en donnera le droit et nous n’hésiterons pas !

Voilà, à mon sens, rien ne vaut la rupture franche, publique et totale d’avec P$, €€LV et toutes celles et ceux qui nous jouent les « grandes orgues » du « sentimentalisme de gôgôche » pour mieux nous museler, ce qui, perso, désormais, me laisse de marbre !!!

Partons du projet collectif et non des personnalités et nous aurons remis la lutte en ordre de « bataille » !

Affrontons la réalité avant qu’elle ne nous donne le coup fatal ! Sur le Front de Gauche, sur le FN, sur l’Union Européenne…

Je relaie ici un billet qui n’est pas de moi mais auquel je souscris. Il dresse le bilan le plus cruel mais aussi le plus juste de nos difficultés. Ne vous arrêtez pas au titre polémique. Le fond est méritoire.

* * * * *

Quand le PCF va-t-il sanctionner Pierre Laurent ? par Ariane Walter, le 31 mai 2014

L’UMP, par la bouche de François Fillon, aurait dit à Copé :  » Barre-toi ! », ce qui aurait usé la résistance de ce politicard acharné.

Certes, la faute de Copé n’est pas reluisante, il faut surtout voir s’il n’y a pas eu enrichissement personnel à la Balkany, mais l’on peut dire du moins, si l’on s’en tient à ses dires, qu’il a ainsi agi pour sauver son parti.

La faute de Pierre Laurent est autrement grave. Certes, lui aussi a voulu sauver son parti, consolider des bastions PC en s’alliant avec le PS, mais le PCF est aussi, depuis 2005, une des composantes du FDG.

En s’alliant au PS lors des municipales, en particulier à Paris, malgré toutes les fautes contre la démocratie que ce parti avait et allait commettre, Pierre Laurent a complètement décrédibilisé le FDG.

Je l’ai déjà écrit en septembre 2013, mais, chante beau merle, j’ai été taxée d’anti-communisme primaire.

Il faut croire, au vu du résultat des élections, qu’il y a beaucoup d’électeurs français qui sont anti-communistes primaires…

L’attitude de Mélenchon, dans cette affaire, n’en est pas moins critiquable. Après avoir, pendant plusieurs mois, traité Laurent de tous les noms d’oiseaux, après avoir parlé de coup de couteau dans le dos, après avoir maintenu une ligne ferme pour les municipales, le voilà, pour les européennes, à deux doigts de la rupture, avant d’en arriver à un accord : liste commune PC/PG ! Ainsi en Île de France où, lors des municipales, PC et PG avaient passé leur temps à déchirer leurs affiches respectives, désormais étaient placardés les sourires rabibochés de Le Hyaric et de Garrido !

On touche le summun de l’absurde ! Et il faudrait que les militants et les électeurs avalent ça ? « Oui, il y a eu baston, un peu, mais bon, on se retrouve, c’est merveilleux. »

Non.

On se demande pourquoi le FDG est en rade ?

 Où est le FDG que nous présentait Mélenchon lors des présidentielles ? La parole qui représentait enfin la vraie gauche, sans compromissions, le Mélenchon disant à la. Bastille  » Nous nous sommes enfin retrouvés ! » ?

Hé bien on peut dire, après les municipales et les Européennes, que la vraie gauche est complètement perdue ! Ce n’est plus le temps des cerises, c’est le temps des prunes. On s’est battu pour des prunes. Ah ! C’est bien beau de lever le poing en criant  » Résistance » pour se mettre à quatre pattes devant le pire gouvernement libéral que la France ait jamais connu !

 Et il faudrait ne plus en parler, passer ce petit écart dans la catégorie profits et pertes et repartir main dans la main !

Non.

Tout l’esprit des présidentielles, qui a fait passer le FDG de 4 à 11%, est définitivement sali. Voilà pourquoi la faute de Pierre Laurent, dénoncée par bien des communistes, les vrais , est fatale, inacceptable. On le revoit encore, souriant , serrant la main à Harlem Désir. Il venait de vendre les voix du FDG pour des postes. Il en réclamait plus, puisque Mélenchon avait obtenu plus de voix ! Mais quel cynisme !

Lorsque Mélenchon, récemment et à plusieurs reprises, parle de  » mon ami Pierre Laurent », il accepte la faute. Il l’absout. Lui . Mais beaucoup au FDG ne l’acceptent pas et il y en aura de moins en moins.

Mais si nous en sommes à parler de ce qui empêche le FDG de progresser, continuons.

Les dirigeants du FDG ont une conception du fascisme, complètement démodée. Pour eux, le fascisme, c’est Marine Le Pen, c’est le FN. Le FN n’est que l’épouvantail que tient à bout de bras , grâce à ses medias, le PS. Défiler contre le FN quand Rebsamen, en douce, entend démolir une nouvelle fois le code du travail, c’est vraiment se tromper d’adversaire. C’est travailler main dans la main avec le PS pour préparer cette confrontation PS/FN dont il rêve pour 2017.

A ce sujet, que les socialistes se méfient, car il y aura un moment, qui se rapproche très vite, où le FN paraîtra plus acceptable que le PS ! Car il faut tout de même être lucide et voir les raisons pour lesquelles certains Français, qui ne sont pas tous fachos, votent FN. – Pour une dénonciation de l’UMPS qui tombe on ne peut mieux vu les dernières affaires. – Pour une dénonciation du FDG, voiture balai du PS. Ben…Comment dire…Ça y ressemble un peu quand même grâce à notre ami Pierre Laurent. ! – Pour un grand  » Non » à l’Union Européenne. – Pour un grand  » Non » ( après un vote différent, certes, mais tout le monde peut changer d’avis) à TAFTA . – Pour une affirmation de la supériorité de la Nation et la nécessité de retrouver son indépendance.(Vu l’évolution de l’UE, ce n’est plus une si mauvaise idée que ça.) – Pour une immigration régulée, une sortie de Schengen et un protectionnisme économique aux frontières.

On le sait Le Pen a volé beaucoup de ces idées à la gauche qui ne sait comment faire pour les reprendre, en particulier celle de Nation qui est de gauche par excellence. Souvenons-nous de Valmy.

Voilà le programme du FN. Que ce soit un programme politicien qui ne sera jamais appliqué, peut-être, mais c’est pour ce programme que les Français ont voté.

 Pourquoi plus pour Le FN que pour le FDG ? Parce que le FN ne s’est jamais allié à l’UMPS ! (Ils sont donc un peu gauchistes aussi ! ) En ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, j’ai fait partie de ceux qui ont admiré sa campagne des présidentielles. Certains disent qu’il a un langage trop alambiqué. Non. Il a le langage à la fois le plus direct et le plus noble. Il touche au coeur. En quelques mois, il a arraché à l’abstention des millions de votants. Il a redonné espoir en la politique.

Malheureusement, malgré le fameux serment où l’on ne devait signer sur aucun coin de table, alors que lui-même a cédé à ce travers, il a été noyé par les contradictions du FDG qui porte en lui une faute originelle. Comment se dresser contre le PS quand on dépend financièrement de son allié le PC ? La quadrature du cercle… Il n’y a pas eu plus attaqué que Mélenchon, le saint Sébastien de ce temps. Démoli par le FN, normal, par le PS, logique, mais plus encore, là est la tragédie, par un clan PC qui a voulu voler les bénéfices des présidentielles en le jetant par terre à un coin de rue.  » Mon ami, Pierre Laurent…. ». Sans compter Chassaigne qui, il y a une semaine encore, le dénonçait avec virulence ! Mais, plus encore, par des membres du PG qui, au moment des élections, voulaient des postes et critiquaient, voulant s’allier au PS, son parler cru et dru.

 Lui-même a donc cédé. Quand on voit le résultat et le nombre de ces fameux postes, on pleure…

 De tout ceci Mélenchon est conscient, écrivant sur son blog un résumé impitoyable de la situation.

 » Dès lors, les petits arrangements et alliances à géométrie variable, au-delà même de leur légitimité locale ou non, nous ont directement associés au spectacle des poisons et dentelles du système. Dès lors, nous nous sommes rendus illisibles ou, pour dire plus vrai, nous avons été rendus suspects dans un moment ou les suspects subissent, à juste titre, très vite un mauvais sort ! En une campagne électorale, tout le travail d’autonomisation a été détruit aux yeux du grand nombre. » 

Mais ce ne sont que des mots. JLM veut aller au combat avec ceux-là même qu’il dénonce. Impossible. Les électeurs ne suivent pas. Certains réclament des assises du FDG pour aborder tous ces problèmes. A mon avis, elles n’auront pas lieu car le PG, rabiboché avec le PC dont il a financièrement besoin, ne voit pas plus loin que le bout de sa survie.

 Mélenchon a raté le coche en septembre dernier quand Laurent a trahi. Il fallait rompre. Il fallait montrer qu’il était celui qui ne s’abaisse pas à négocier avec l’ennemi. Celui en qui on peut avoir confiance. Vu les résultats, il ne risquait pas grand chose. Ceci dit, si le FDG veut perdurer il faut qu’il se débarrasse de trois croyances nuisibles :

1- Sa phobie de l’unité de la gauche politicienne. Seul moyen, croit-il, de prendre le pouvoir. Les Filoche, Lienemann, (sans parler de la clique PS), la Duflot, la Cosse, qui se fiche de la France et qui est fédéraliste dans l’âme, qu’est-ce qu’on va faire avec ça ? Ce sont les millions d’abstentionnistes qu’il faut viser et qui suivront, comme lors des présidentielles, un programme sans compromissions.

2- Sa phobie du FN facho car Le Pen est plus habile qu’eux et bouge sans cesse ses lignes quand eux en restent toujours à la dernière guerre. Ce qui arrange le PS. L’éternel parrain de l’éternelle mafia.

Au sujet du PS , je vous propose cet extrait de Raoul-Marc Jennar :

Qu’a fait le PS français depuis 1983, si ce n’est d’être en France, en Europe et sur la scène internationale (OMC) à la pointe des attaques contre les acquis sociaux ? Faut-il refaire l’inventaire de toutes les lois françaises, de tous les traités européens, de toutes les directives européennes initiés par des personnalités issues du PS français qui ont renforcé la dictature des marchés, mis à mal les services publics et le droit du travail, consolidé des institutions européennes oligarchiques ? Le PS depuis 1983, c’est avant tout Delors, Fabius, Rocard, Strauss-Khann, Pascal Lamy, des gens qui ont initié et défendu les politiques néo-libérales de démantèlement des acquis démocratiques et sociaux. Des gens qui ont négocié les accords de l’OMC, instruments de la mondialisation néo-libérale qu’ils nous ont présentée par la suite comme le bouleversement auquel il fallait absolument s’adapter. Des gens qui, comme Delors et son Acte unique européen, ont érigé le primat de la concurrence en dogme incontournable. Qu’a fait Jospin, si ce n’est davantage privatiser que les gouvernements Balladur et Juppé réunis ? Qu’a fait la social-démocratie européenne lorsqu’elle était à la tête ou présente dans 13 gouvernements sur 15, si ce n’est de soutenir tous les projets qu’elle aurait du normalement combattre ? Que fait le PS depuis 2012 en adoptant le Pacte budgétaire Merckel-Sarkozy, en imposant l’ANI, en faisant délibérément le choix des politiques de droite, en soutenant un projet de partenariat transatlantique qui va aligner les normes sociales, sanitaires et environnementales sur celles des USA et va transférer à des structures privées le soin de trancher les conflits sur ces normes entre firmes privées et pouvoirs publics ?

 3- Sa phobie de « l’Europe des peuples ». Une majorité de Français de gauche et de droite veulent sauver la France, leur France. Rachel Garrido, répondant à Bernier, écrivait qu’il n’était pas question de coller aux idées du FN mais qu’il fallait  » réenchanter l’Europe ». Avec ça , on ira loin…. Il faut donc savoir si un nouveau parti, échappant aux erreurs ingérables du projet FDG , peut se créer affirmant : – Son rejet du PS. – Son rejet de l’UE et de Tafta. – Son désir de retrouver la souveraineté de la France. Mais ça me rappelle quelque chose…. Il faut faire vite. La gauche politicienne est un égout. Dans cet effondrement des anciens partis qui ont la morale aux semelles, un peuple citoyen veut reprendre la parole.

Alors ne pleurez pas si vos électeurs, que vous trompez allègrement, vous assènent le seul coup auquel ils ont droit : s’abstenir ou voter là où ça fait mal.

L’effondrement – par Denis COLLIN & Jacques COTTA

Après les élections municipales, Pour la deuxième fois en deux mois avec les européennes du 25 mai, le parti socialiste et la « gauche » dans son ensemble connaissent un véritable effondrement électoral, signe d’un désaveu profond du pays et singulièrement des électeurs de Hollande en 2012. Cet échec sans précédent pour le président de la république, le gouvernement Valls, le parti socialiste qui avec 14% des suffrages exprimés ne représentent que 6,5% du corps électoral, constitue un point d’aboutissement, une conséquence logique que nous avions prévue il y a maintenant plus de dix ans.

Tirant quelques mois avant l’élection présidentielle de 2002 le bilan du gouvernement de la « Gauche plurielle », nous écrivions :

Le plus probable est que les bases populaires du PS, mais plus généralement de toute la gauche, vont continuer à s’effriter, les électeurs, las de servir de masse de manœuvre pour décider des carrières de ces messieurs, se réfugiant dans l’abstentionnisme ou le “ vote protestataire ” – entre Arlette et Le Pen. Auquel cas, le PS devrait compenser à droite ce qu’il perd à gauche. Il l’a déjà fait partiellement, comme nous l’avons montré. Mais c’est une base extrêmement instable. Il n’est donc pas improbable qu’il finisse par perdre des deux côtés et que la réorientation du PS ne soit le prélude à la fin de la gauche comme force politique. L’exemple italien et les mésaventures du PCI-PDS-DS de Berlinguer à d’Alema pourraient servir ici d’exemple à méditer.On sait, depuis le XVIIe siècle, que le vieux principe aristotélicien, “ la nature a horreur du vide ”, est faux. Il est possible qu’il en soit de même de la nature politique. L’effondrement politique, moral et idéologique du socialisme, parachevant celui du “ communisme ” pourrait très bien ouvrir la voie au … rien ! Au rien, c’est-à-dire à une lente décomposition politique, à une vie publique privée de toute substance et à une déshérence des milieux populaires, classés par les grands de ce monde dans “ l’humanité surnuméraire ”, cette immense partie de l’humanité qui n’a pas sa place dans la nouvelle économie, ni dans le monde mondialisé et dont il faut seulement gérer les imprévisibles soubresauts. (Denis Collin & Jacques Cotta, L’illusion plurielle, JC Lattès 2001)

Ce pronostic a été largement validé au cours de la dernière décennie. L’élection européenne de dimanche 25 mai en est une nouvelle confirmation : une abstention massive, singulièrement chez les ouvriers et les jeunes, et une montée corrélative du FN qui finit la course largement en tête, laissant le PS à moins de 14%. « Choc », « séisme », « tremblement de terre », « heures les plus sombres », etc. : les dirigeants et les commentateurs ne sont pas avares de grands mots. La machine spectaculaire continue de tourner à plein régime pour culpabiliser les uns, exonérer les autres de leurs fautes, enfumer tout le monde et interdire un véritable débat. Les comparaisons avec les années 30 du siècle passé sont hors de propos. L’antifascisme de pacotille, si bien porté à gauche et à l’extrême gauche depuis qu’il n’y a plus aucun programme, aucune stratégie de transformation sociale et pour tout dire aucune idée un tant soit peu sensée de la situation réelle, a porté ses fruits ! En intronisant le FN de M. Le Pen père et Mme Le Pen fille comme seul opposant sérieux au « machin » qu’est l’UE, les « antifascistes » des beaux quartiers lui ont offert sur un plateau une « victoire » qu’il ne doit pas à ses propres forces mais à la bêtise, à la lâcheté et l’aveuglement volontaire de toute la « classe politique ». Cet « antifascisme » de circonstance exprime d’autre part une incompréhension profonde des relations politiques qui existent au sein de la société. Les électeurs du FN sont certes composés pour un petit noyau de militants d’extrême droite. Mais pour leur majorité, ils sont composés de salariés, d’ouvriers et de jeunes qui n’en peuvent plus de la politique menée et qui se sont servis du FN pour crier leur dégoût d’une politique et de partis qui les révulsent. Ce phénomène n’est pas français. Là où le boycott a été massif, comme aux pays bas par exemple, l’extrême droite perd des voix et des sièges. Là où le vote a été plus fort, il profite à ces partis comme le FN en France. Le FN électoralement est ainsi le produit de l’UE et de tous ceux qui à force d’un matraquage médiatique digne de la bataille pour le OUI en 2005 ont asséné la consigne « votez, votez pour n’importe qui, mais votez ! ».

De ces résultats se dégagent quelques leçons politiques :

A/ Commençons par le point le plus fondamental : dans toute l’UE et en France (bien dans la moyenne pour le coup), 6 électeurs sur 10 ou peu s’en faut ont ostensiblement boudé un scrutin sans enjeu, sinon celui de revêtir d’un voile démocratique un parlement bidon, une assemblée de bavards sans pouvoir (heureusement!) destinée à donner le change quand la réalité du pouvoir est assumée par les gouvernements (y compris, dans les coulisses le gouvernement des États-Unis), les grandes banques, les institutions financières de la mondialisation, tous ceux qui sont si bien représentés par les tueurs de la troïka qui officient en Grèce, mais aussi au Portugal et en Espagne. Certes, on peut dire, comme les méprisants des beaux salons qu’il s’agit d’une dépolitisation des peuples. Comme à son habitude l’élite ne manque pas une occasion de cracher son mépris. Il s’agit en vérité et pour une large fraction des abstentionnistes non d’une dépolitisation mais d’une prise de conscience dirigée contre la politique des classes dirigeantes, la prise de conscience que le vote n’a absolument aucune importance quant au sort des peuples. Entre le PPE et le PSE, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette, comme l’ont montré les débats entre Schultz et Junker et comme le montrent les politiques nationales suivies par les partis qu’on appelle encore par habitude « sociaux démocrates » et les partis de droite. La propagande mensongère des « socialistes » (sic) affirmant que nous allions pouvoir choisir enfin le président de la commission européenne n’a pas marché. On ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps ! Plus fondamentalement fait son chemin l’idée que la prétendue démocratie n’en est pas une mais qu’elle n’est que le faux nez de la domination totale de l’oligarchie capitaliste et que seul un « grand retour au commencement », comme l’aurait dit Machiavel, peut régénérer la démocratie.

B/ En second lieu, il faut ici mettre en garde contre les illusions ou les mensonges habilement distillés. La « menace fasciste » est un épouvantail à moineaux. Le fascisme est né entre les deux guerres d’un côté de la crise sociale et de l’autre de la volonté d’une fraction des classes dominantes de se lancer dans la guerre civile contre le danger bolchévik. Il n’y a rien de tel aujourd’hui. Les Krupp et autres Siemens finançaient Hitler ; aucune fraction significative du grand capital ne finance le FN. La classe capitaliste transnationale, celle qui détient les cordons de la bourse et contrôle les médias n’a aucune envie de mettre un coup d’arrêt à la mondialisation, de liquider l’euro et de retourner au protectionnisme. Le FN lui-même est un des partis de la « société du spectacle » politique. Il n’est nullement prêt à se lancer dans la guerre civile. À quelques groupuscules d’excités près – dont on parle beaucoup pour se faire peur – les troupes du FN ne se disposent pas à monter à l’assaut des syndicats, à faire avaler de l’huile de ricin aux délégués et à casser leurs journaux. Mais comme on a propulsé Mme Le Pen au rang de seule opposante sérieuse à l’UE, son parti a récolté les fruits de la politique et de la propagande de ses prétendus adversaires. Elle a d’ailleurs bénéficié des largesses des médias qui lui ont fait la courte échelle et versent ensuite des larmes de crocodile. Le FN, « premier parti de France », c’est une grosse blague – mais, après tout, au royaume des aveugles, le borgne est roi !

C/ La gauche radicale a été incapable de capitaliser le mécontentement anti-UE. Il y a, certes, le cas grec, un peu particulier où Syriza a récupéré une partie des restes d’un PASOK en voie de disparition pure et simple. Le Front de Gauche en France obtient un résultat identique à celui du PCF seul en 2004. Un mauvais résultat autour de 6,3 %. La raison première en est que le Front de Gauche est précisément marqué comme un appendice de la gauche et que sa participation à ces élections s’est faite sur des objectifs très flous. Pendant que Mélenchon menait une critique radicale de l’UE en puisant parfois dans le répertoire souverainiste, la direction du PCF réaffirmait son attachement à l’UE et à l’euro, en parfaite cohérence avec son soutien de 2e tour au PS lors des municipales de mars 2014. Les responsables du PCF sont allés à revendiquer « un euro social » et à affirmer leur « attachement indélébile à l’UE ». La campagne qu’ils ont menée les met d’ores et déjà sur orbite pour s’aligner dans la prochaine présidentielle sur le candidat socialiste en contrepartie d’un « sauvetage des meubles » qui est à la fois médiocre, désespéré et pathétique. Si Mélenchon sauve l’honneur en obtenant dans sa circonscription du Sud-Ouest le meilleur résultat du FdG (8,9%), il le doit à sa notoriété nationale, les sections locales du PCF lui ayant souvent savonné la planche… Il reste que lorsqu’un vrai mouvement social apparaît, comme celui des « bonnets rouges », Mélenchon lui fait la leçon au nom des énoncés politiquement corrects qu’il a sortis de son chapeau. Nous l’avons dit dès la constitution du parti de gauche, en 2008, la stratégie du front de gauche est une impasse, parce qu’elle ne permet pas d’offrir une alternative crédible à la décomposition du PS : les résultats de dimanche le confirment. On trouvera d’ailleurs sur notre site les lettres que nous avions alors envoyées à JLM et à Marc Dolez auxquelles ils n’avaient pas jugé bon répondre. (mettre le lien).

D/ Enfin, la dégringolade du PS continue. Ceux qui avaient mis leurs espoirs dans l’énergique M. Valls en sont pour leurs frais ! Le « parti du président » paye et ce n’est que justice le prix de sa politique hostile aux travailleurs et aux classes populaires, le prix de sa soumission à la « finance » et de l’austérité qu’il fait subir d’abord aux couches sociales qui lui avaient fait confiance en 2012. Le gouvernement de Manuel Valls qui a fait du « pacte de responsabilité » l’axe central de sa politique, qui multiplie tous les coups contre les services publics, les fonctionnaires, qui se prépare à défaire la république dans un nouvel acte de « décentralisation » s’affirme comme le bras armé de l’UE en France comme la Troïka l’est par exemple en Grèce. Même dans le grand Ouest jusqu’à présent bastion du PS et singulièrement rétif à Mme Le Pen, le FN devance le PS. Les premières réactions confirment ce qu’on pouvait deviner : Hollande, son gouvernement et son parti continueront la politique qui les a menés au bord du gouffre. Alors que les négociations du TAFTA restent secrètes, que les dirigeants font semblant de ne pas être courant, l’Assemblée de godillots socialistes a refusé de voter une motion qui demandait l’arrêt de ces négociations dont le but est d’intégrer complètement l’UE dans l’empire américain. Jadis la gauche rêvait des « États-Unis d’Europe » ; aujourd’hui elle s’active à construire l’Europe des États-Unis…

Comment sortir de ce véritable effondrement politique ? Dans le livre de 2001 déjà cité, nous écrivions :

Reste une dernière solution. Que les hommes condamnés à une existence insignifiante par le système n’acceptent pas ce sort, que ceux que la “ nouvelle économie ” condamne à mort refusent de mourir, bref que les choses ne se passent pas tranquillement comme les experts l’ont prévu et planifié. On peut imaginer que dans la confusion, dans la dispersion, dans les contradictions, soit en train de germer un nouveau mouvement digne successeur du mouvement ouvrier du XIXe siècle et que, dans ce mouvement, les courants ou fractions à l’intérieur du PS ou au sein de la gauche plurielle qui déplorent le cours pris par la gauche dans son ensemble décident de mettre leurs efforts en commun pour reconstruire une force politique qui soit l’expression authentique des aspirations du peuple, de cette masses immense des “ petites gens ” qui ne bénéficient pas des “ stock options ”, qui attendent des fins de mois qui se font toujours trop attendre, qui n’appartiendront jamais au cercle distingué des “ élites mondialisées ”, comme dirait Chevènement. Bref, une force politique qui pourrait reprendre et prolonger l’effort émancipateur du mouvement ouvrier traditionnel. Un tel mouvement pourrait entraîner avec lui ceux des intellectuels qui refusent l’écrasement de la culture sous le poids de la marchandisation, ceux qui veulent défendre la souveraineté nationale sans tomber dans le nationalisme, une large part des classes moyennes laborieuses qui aujourd’hui servent de masse de manœuvre aux grandes firmes capitalistes. “ Populisme ” nous rétorquera-t-on. Mais la haine du “ populisme ” n’est plus aujourd’hui que l’expression de la révolte des élites autoproclamées contre le peuple.Un tel mouvement ne pourrait se construire qu’en rompant avec la mythologie du progrès à tout prix, avec l’idée absurde que, puisque c’est nouveau, c’est nécessairement mieux. Non pour retourner en arrière, mais pour restaurer sa valeur au seul progrès compte, le progrès moral, social et politique.Un large accord pourrait se faire pour limiter drastiquement la marchandisation du monde. (…) Si le marché est, sans doute, un bon moyen d’allocations des biens de consommation, un fort service public, non soumis aux critères marchands, peut être un moyen pour rétablir l’égalité des citoyens, l’égalité entre la ville et la campagne, entre ceux qui ont les moyens d’accéder au transport, aux télécommunications, à l’instruction et ceux qui ne les ont pas.Qui pourrait s’opposer à la défense et l’extension des droits sociaux qui sont garantis par la Constitution ? Qui pourrait défendre les monstrueuses inégalités qu’engendre la mécanique néolibérale ? Qui ne comprend pas que l’égalité politique suppose que la vie publique soit soustraite au contrôle des puissances financières ? Le renouveau de l’égalitarisme républicain pourrait ainsi être le ciment qui transforme des aspirations populaires en force politique.Une nouvelle République : voilà l’horizon qui pourrait s’ouvrir.

Sur la perspective, il n’y a rien à changer. Mais le temps passe. Les forces « saines » issues du « vieux mouvement ouvrier » sont en voie de disparition – ne serait-ce qu’en raison du vieillissement biologique ! Et personne ne sait trouver le chemin d’une jeunesse coincée entre l’intoxication de la société marchande et l’angoisse devant les lendemains qui ne chanteront pas. Encore une fois, ce qui s’impose, c’est une radicale remise à plat, sans concession, préalable indispensable pour reconstruire une perspective émancipatrice. Cela suppose à la fois un travail théorique – car « sans théorie révolutionnaire pas de mouvement révolutionnaire » comme le disait Lénine – et une résistance pied à pied contre l’agression brutale des classes dominantes. Cela suppose :

  • la défense des acquis sociaux, sécurité sociale, retraite, conventions collectives dont le gouvernement Hollande poursuit le démontage systématique ;
  • la défense de la démocratie locale contre le système corporatiste que veut instituer la réforme annoncée des régions, la suppression des conseils départementaux et la mise en coupe réglée des communes dissoutes dans des machins du type « métropole » ;
  • la défense et la reconstruction de l’école républicaine, de l’égalité de tous devant l’instruction publique laïque et gratuite ;
  • la remise en cause des traités européens qu’il faut dénoncer ;
  • la lutte pour une Europe des nations souveraines contre l’UE au service du capital financier.

Un Rassemblement unitaire sans exclusive sur cette base, voilà qui pourrait au lendemain des élections européennes offrir un cadre de regroupement pour organiser la résistance nécessaire et passer à l’offensive républicaine….

Parlons d’Europe… Extrait savoureux du film « Le Président », d’Henri Verneuil avec Jean Gabin (1961)

Lien: http://www.youtube.com/watch?v=Dq8CyzMJNWY

« Ce projet, je peux d’ores et déjà vous en dénoncer le principe : la constitution de trusts horizontaux et verticaux et de groupes de pression qui maintiendront sous leur contrôle non seulement les produits du travail mais les travailleurs eux-mêmes. On ne vous demandera plus, Messieurs, de soutenir un ministère mais d’appuyer un gigantesque conseil d’administration. Si cette Assemblée avait conscience de son rôle, elle repousserait cette Europe des maîtres de forge et des compagnies pétrolières. Cette Europe qui a l’étrange particularité de vouloir se trouver au-delà des mers, c’est-à-dire partout sauf en Europe ! (…) Je comprends très bien que le passif de ces entreprises n’effraie pas une assemblée où les partis ne sont plus que des syndicats d’intérêt ! »

Rompons enfin vraiment avec le Parti Socialiste – Par Guillaume Étiévant*

Guillaume Étiévant

* C’est le Secrétaire national du Parti de Gauche chargé de l’économie

* * * * *

Une nouvelle période s’ouvre à nous. Beaucoup d’incertitudes pesaient sur le scrutin de dimanche soir. Après des années d’embourgeoisement de la population parisienne, qu’allait-il rester de l’électorat de gauche ? Dès qu’une famille s’agrandit, elle doit quitter Paris, incapable de survivre à un loyer plus élevé. Et ceux qui restent sont exclus de leur propre quartier. Les commerces où ils avaient leurs habitudes ferment au profit de boutiques et de brasseries hors de prix. Des rues entières sont dévorées par la grande distribution, défigurées par la société de consommation, et des masses de riches s’agglutinent dans nos rues, prêts à payer très chers ce à quoi les habitants n’ont plus droit, faute de moyens.

Dans cet enfer des pauvres, les riches s’épanouissent. L’urbanisme parisien propose des styles de vie, des communautés, des lieux de consommations « ethniques » et « éthiques » qui permettent la jouissance cosmopolite des plus riches. Chacun pense être libre de ses choix et, comme le note le marxiste David Harvey, « l’éthique néolibérale de l’individualisme possessif et son corrélat, la fin du soutien politique à toute forme d’action collective, devient le modèle de socialisation de la personnalité humaine ». L’horizon principal de la bourgeoisie parisienne qui se pense de gauche est son modèle de consommation ludique, désinvolte, et qui lui donne l’impression d’être transgressive. Elle vit son obéissance à l’ordre consumériste et néolibéral comme une modalité exemplaire de son engagement.

Une stratégie à la croisée de deux électorats

Dans le grand divertissement social-démocrate, l’activisme mondain empêche l’activisme politique. Pendant la campagne présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon a toutefois réussi à exister dans cette mondanité. Une partie du vote des Parisiens les plus aisés pour notre candidat était guidé par le besoin de se distinguer. Le personnage médiatique que constituait Jean-Luc Mélenchon a su attirer, comme Arlette Laguiller et Olivier Besancenot avant lui, le vote des pseudo-nantis qui voyaient en lui un moyen d’effectuer un acte subversif qu’ils croyaient sans conséquence. Oui, ça a été cool, pour eux, pendant cette période, de voter pour le Front de Gauche.

Mais cela ne pouvait pas être durable. Car les bourgeois, ou ceux qui se comportent comme tels, ne veulent pas changer le monde, ils veulent le ratifier. Ils souhaitent se donner une conscience justifiant leur condition. Le bourgeois parisien, qu’il se croie bohème ou pas, ne peut pour le moment s’engager dans un processus révolutionnaire de long terme. Une partie de nos sympathisants ont ainsi cessé de nous soutenir quand la situation s’est complexifiée après les présidentielles, quand ils ont compris que Jean-Luc Mélenchon n’était pas qu’un bon client des médias et un tribun lettré, mais aussi et surtout un dirigeant politique d’ampleur historique s’élevant à l’universalité du concept et construisant une force d’opposition au gouvernement. Un jour, une partie de cet électorat nous suivra. Si nous arrivons à construire un mouvement de grande ampleur, nous réussirons à les convaincre que l’intérêt général que nous défendons est aussi le leur.

L’une de nos erreurs dans cette élection parisienne a été à tout prix d’essayer de retrouver cet électorat et donc de ne pas aller au bout de notre stratégie. Les ambitions électorales du Parti de Gauche ont toujours été à la croisée de nos deux électorats : celui que nous visons principalement, c’est-à-dire les classes populaires et l’électorat du péri urbain, mais qui s’abstient considérablement et se tourne de plus en plus vers le FN, et celui qui vote déjà davantage pour nous, c’est-à-dire l’électorat issu principalement des grandes villes, du tertiaire et de la fonction publique.

La campagne parisienne s’est située en plein dans cette contradiction : une campagne résolument orientée dans l’opposition de gauche et assumant ouvertement le maintien au second tour aurait pu nous faire gagner des voix auprès de l’électorat populaire mais risquait de nous en faire perdre auprès notre principal électorat à Paris. Nous avons donc navigué difficilement en affirmant notre opposition, sans toutefois aller au bout de sa logique, c’est-à-dire l’annonce du maintien systématique au deuxième tour. Résultat : nous avons perdu beaucoup de voix chez les électeurs les plus aisés, pour qui nous sommes apparus en trop grande opposition à la mairie PS, et nous n’en avons pas gagné dans l’électorat populaire, qui nous voit encore trop comme des alliés naturels du PS. Contrairement à l’élection présidentielle, nos scores sont faibles dans les grandes villes alors que nous résistons dans le péri urbain, puisque notre moyenne nationale est de plus de 11%.

Logique, dans ces conditions, que le Front de Gauche ne fasse que 5% à Paris. Une bonne partie de la bourgeoisie parisienne de sensibilité de gauche a préféré voter pour EELV, c’est-à-dire pour l’écologisme mondain. Leur campagne dépolitisée uniquement orientée sur les questions de société et ne contestant pas le gouvernement a su rassurer beaucoup de Parisiens aisés, tandis que notre stratégie d’opposition n’a eu de l’écho que chez les classes populaires, qui se sont beaucoup abstenues. Le théâtre d’ombres médiatique a volontairement rendu invisible notre campagne et notre combat s’y est résumé à celui de Jean-Luc Mélenchon traîné dans la boue par le moralisme indigné des médias bourgeois. Impossible dès lors, malgré nos combats locaux, de prendre le dessus sur les deux entrées du néolibéralisme, celle de « gauche » et celle de droite. Nous aurions dû cliver encore plus fortement avec le PS et ne pas avoir peur de perdre ainsi une partie de notre électorat : nous l’avions de toute manière en partie déjà perdu, comme le prouvent désormais nos résultats à Paris.

Le mépris du PS face à la force de notre militantisme

Nous avons vaillamment fait campagne dans notre arrondissement, le 10ème, véritable laboratoire de la décomposition politique parisienne, en multipliant les ballades militantes et les portes à porte pour convaincre chaque personne une par une. Les camarades du 10ème ont fait preuve d’un sens du dévouement remarquable, en premier lieu Paul Vannier, co-secrétaire départemental, Nolwenn Neveu, co-secrétaire du Comité 10ème et co-présidente de la Commission économie du Parti de Gauche et Sarah Legrain, membre du bureau du Conseil national du Parti de Gauche. Notre score de 6,5%, dans les conditions sociologiques de notre arrondissement, est une prouesse due uniquement à la détermination et à l’intelligence collective des camarades. Il est largement supérieur à la moyenne parisienne et se situe dans la moyenne des résultats constatés dans les grandes villes (7% à Marseille, 5% à Toulouse, 5% à Nantes, 4,7% à Bordeaux, 6% à Lille, 7 % à Lyon, etc.). Ce que nous avons construit dans cette campagne dépasse le moment présent. Le Front de Gauche existe désormais pour les citoyens du 10ème arrondissement de Paris, il faut continuer à le structurer. Je garderai toujours en mémoire le courage de mes camarades, sacrifiant la majeure partie de leur temps libre pour l’idéal que nous défendons et n’ayant en tête que l’absolue nécessité d’une politique guidée vers l’intérêt général. Nous nous sommes battus pour quelque chose de plus grand que nous. Nous sommes maintenant sur un chemin qui va se poursuivre.

Après les résultats du premier tour, le PS a fait preuve d’un mépris hallucinant pour nos listes parisiennes. Ils nous ont proposé une réunion de négociation, pour laquelle ils ont reçu notre délégation dans un cagibi rempli de papiers toilettes (je vous renvoie sur ce sujet à la note de mon camarade Alexis Corbière : http://www.alexis-corbiere.com). Rémi Féraud, premier fédéral PS et triste maire du 10ème arrondissement, a refusé de discuter et a laissé le PCF faire ses basses besognes, c’est-à-dire poser des conditions inacceptables : l’engagement à voter tous les budgets, à participer aux exécutifs et à expier nos péchés. On comprend bien la manœuvre de ces professionnels de la politique : souhaitant préserver leur place et leur rémunération, alors que le Front de Gauche a fait 10% des voix de gauche à Paris, il était hors de question pour eux d’aboutir à un accord. Le PCF parisien avait auparavant démontré ses capacités de nuisance en menant une campagne active pour les listes gouvernementales, en arrachant systématiquement nos affiches Front de Gauche, en les dégradant, en y collant des autocollants faisant disparaitre notre logo et les adresses de nos réunions publiques, y compris sur les panneaux officiels électoraux. Dans le 10ème, la section PCF a tout fait pour tuer notre campagne, en utilisant massivement le logo Front de Gauche sur le matériel du PS. Certains militants du PCF ont participé activement à la démolition du Front de Gauche voulue par le gouvernement, créant ainsi une confusion considérable dans l’esprit de nos concitoyens, et que nous avons payée dans les urnes.

Il est temps de rompre

Pour des jeunes militants comme nous, qui faisons de la politique pour défendre des idées, qui n’attendons aucun honneur, qui ne sommes là que pour la grandeur du projet politique que nous portons, qui n’avons pas pour but de vivre de la politique, il a été très dur de subir ces semaines de campagnes face à ces renégats guidés quasi exclusivement par la volonté de maintenir la rente financière que constitue un mandat au Conseil de Paris.

Ce mépris, cette suffisance, de l’appareil socialiste et de ses alliés, témoignent de cette nouvelle phase politique qui s’ouvre devant nous. Notre résultat est la traduction de la séquence historique dans laquelle nous sommes. Il faut en tirer toutes les conclusions. Depuis dimanche soir, l’horizon s’est éclairci. Le comportement du PS-PCF qui méprise notre électorat contribue à clarifier la situation. Nous avons décidé collectivement de refuser d’appeler à voter pour le Parti Socialiste au deuxième tour. C’est une rupture considérable par rapport à la tradition de la gauche. Il faut en finir avec cette confrontation complice entre la droite et la gauche du néolibéralisme et concentrer tout notre engagement vers l’électorat populaire. Au Front de Gauche, nous défendrons jusqu’au bout le peuple, c’est-à-dire ceux qui peinent, qui produisent, qui paient, qui souffrent et qui meurent pour les actionnaires. Pour cela, il faut rompre enfin vraiment avec le Parti Socialiste, c’est-à-dire ne plus envisager le moindre accord avec eux.