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Nicole*, elle s’en fout de « l’union de la gauche »… – Par Laure ZUDAS le 25/02/2017

Je reviens d’un tour de village (le village à côté du mien, en fait, parce que dans mon village, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de commerces, plus d’échanges, plus de lieux pour vivre ensemble), et bien vous savez quoi ?
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Je n’y ai pas croisé une seule personne qui m’ait parlé d’un accord indispensable entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Pas une seule…

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J’y ai croisé une boulangère qui n’a « jamais vu la neige », parce que la neige « c’est pas pour nous » et qu’ici quand tu as la chance de ne pas plier boutique, tu ne fermes pas pour aller à la neige, « ni à la mer d’ailleurs ». Alors pour voir la neige, « on attend la retraite »

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J’y ai croisé un paysagiste, amoureux des arbres, qui voudrait bien monter un projet de formation, mais qui ne le fera pas, parce que « ça demande de l’argent pour démarrer » et de l’argent, ben justement « y’en a pas ». Et puis les arbres, la forêt, la nature « tout le monde s’en fout ».

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Et surtout, surtout, j’y ai croisé Nicole*, au bord du gouffre, qui tente de maintenir son petit salon à flot.

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Son petit salon rose et blanc, fleuri et lumineux, dans lequel elle a mis « tous les sous » de la vente de son ancienne maison, après son divorce. Son petit salon chaleureux et gai, dont elle a dessiné amoureusement les plans et qu’elle va devoir fermer parce que « des journées à 15 euros, ça paye pas le loyer, les factures, la tva et le rsi ».

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Parce que « la petite mamie qui venait deux fois par mois faire sa mise en plis, son aide ménagère a changé son jour, elle ne peut plus l’amener », donc elle ne vient plus. Ni « la petite coquette qui venait faire sa couleur, elle a plus de sous pour se faire belle » et « la petite dame si gentille, qui ne voit pas bien, qui ne peut plus sortir seule », elle ne viendra plus non plus…

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Elle est comme ça Nicole… toute petite dans son petit salon, elle offre un « petit café » pour faire patienter sa « petite Laure », le temps qu’elle finisse « la petite coupe ». Pomponnée, souriante, le verbe haut et le rire contagieux, elle coupe, coiffe, sèche, s’affaire et me lance un clin d’oeil entre deux coups de ciseaux.

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Et quand le salon se vide, elle ouvre la porte pour laisser entrer le soleil, elle s’assied et son regard se perd un instant dans le vague, au-delà de la vitrine…

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Elle ne rêve pas de « l’union de la gauche » Nicole. Les négociations, les accords d’appareil, savoir qui va laisser la place à l’autre, elle s’en fout Nicole… elle ne sait même pas que ça occupe des gens.

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Les jours passent et elle attend… Elle attend le courrier recommandé qui lui dira que son affaire est pliée, parce qu’à force de ne plus avoir de clients, « tu finis par avoir des dettes » et dans un petit commerce, « quand t’as des dettes, c’est le début de la fin ».

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Parce qu’après 22 ans de coiffure, elle a beau tourner et retourner les chiffres dans tous les sens, se serrer la ceinture (les bons mois elle se paye royalement 7 ou 800 euros), au bout du compte, « y’a pas assez de sous pour payer les factures, pas de banque pour te faire un crédit et plus assez de clients pour vivre ».

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Elle me demande si ça intéresse quelqu’un les commerces qui ferment, les gens qui n’ont plus un rond pour aller chez le coiffeur, les vieux qui galèrent et les jeunes qui glandent ?

Elle me demande si quelqu’un va s’occuper de faire le ménage de ceux qui se gavent avec nos sous, de ceux qui trichent, qui piquent dans la caisse et ne sont jamais inquiétés ?

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Elle me demande tout ça à moi qui « fait de la politique », mais au fond, je sais bien qu’elle me le demande pour la forme, parce qu’elle n’y croit plus Nicole. Trop de promesses, trop de blabla, jamais d’actes…

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Et l’union de la gauche,le ralliement, le rassemblement ou n’importe quel nom qu’on lui donne, elle n’en parle pas, elle s’en fout Nicole*…

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* Prénom d’emprunt

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Démission d’EELV – Par Enzo POULTRENIEZ – Le 23/02/2017

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : Je relaie ici ce billet d’un désormais ex-acteur d’EELV. Ce militant et responsable du parti écologiste claque la porte et explique pourquoi en un billet court mais bien ciselé. On perçoit la déception, ‘amertume, la colère, la tristesse et en même temps la grandeur d’âme de ce citoyen engagé.
VOus pouvez trouver son billet sur sa page Facebook. C’est ici.
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« On est aisément dupé par ce qu’on aime » (Molière, Tartuffe)

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En novembre 2010, j’avais franchi le pas après de long mois de réflexion. Une nouvelle force politique émergeait, novatrice, ouverte, foisonnante d’idées. Pleine de défauts certes, mais aussi bourrée de sincérités, de bonnes volontés, d’envies de construire un chemin.

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Ce parti, c’était l’héritier d’un mouvement politique mondial, d’une histoire, d’innombrables luttes environnementales, sociales, culturelles, démocratiques.

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J’avais 20 ans quand j’ai commencé à écrire ce chapitre de ma vie. Cet engagement n’était ni cynique, ni vaniteux. Il me prenait aux tripes. J’y consacrais mes soirées, mes week-ends. Plus que de raison. Parce que pour changer la vie, on ne peut pas être raisonnable.

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En un peu plus de six ans, j’ai rencontré à EELV des personnes formidables. Des petites mains qui agissent avec humilité et patience. Des grandes gueules qui savent trouver l’énergie de faire bouger les lignes. Des esprits vifs qui vous bluffent par la finesse et la fulgurance de leurs idées. J’y ai noué des amitiés fidèles et durables. J’y ai aussi trouvé l’amour. Pour tout cela, je ne dirai jamais assez merci.

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Bien sûr j’ai aussi croisé le chemin de quelques cyniques. Ces tartufes de l’écologie qui pérorent dans les gazettes aux cris de « responsabilité », « écologie positive », « pragmatisme ». Des opportunistes, il y en a dans toute organisation. Le tout c’est de savoir contrôler la gangrène, et agir à temps.

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Pendant cinq ans, j’ai exploré tous les recoins de cet engagement. J’ai endossé des responsabilités internes qui m’ont amenées à toucher du doigt l’élaboration d’une doctrine politique et la construction de rapports de force. J’ai accompagné des élus-es dans la construction de politiques publiques innovantes, dans des batailles épuisantes face aux inerties et aux conservatismes. J’ai dirigé des campagnes pour tenter de convaincre les citoyennes et citoyens de l’importance de ce en quoi je croyais. Ce en quoi je crois toujours. Même si tout n’a pas toujours été à la hauteur de mes espérances, je suis fier d’avoir essayé et d’avoir mis du sens dans ce que je faisais.

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Si je me sens obligé d’écrire tout ça ce soir, c’est que cet engagement a été trahi. Ces heures sacrifiées, ces pompes usées, ces montagnes russes de sentiments, on vient de leur cracher au visage.

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Depuis quelques mois, je m’étais éloigné, sans trop rien dire. J’avais ressenti un besoin de prendre le temps de respirer, après cinq années d’engagement total. Totalitaire parfois aussi.
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J’avais de gros doutes sur certaines orientations prises, et une méfiance solide vis-à-vis du candidat désigné. Mais je restais convaincu que l’organisation respecterait l’héritage de l’écologie politique, et nos engagements. Les temps étaient durs, mais il serait temps de reconstruire sur l’intelligence collective plus tard. Après tout l’écologie, c’est le temps long.

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Ce soir, ce candidat a décidé de se saborder lui-même, en direct, sans attendre le vote de celles et ceux qui l’avaient désigné. Sans même leur accorder la primeur de son annonce.

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Ce soir, je pense à celles et ceux qui se sont se engagés-es dans une campagne compliquée, qui y ont cru avec sincérité. Celles et ceux qui ont voté Jadot pour affirmer l’autonomie de l’écologie politique. Celles et ceux qui ont cru qu’en votant pour l’ouverture de discussions avec Hamon et Mélenchon, il y aurait des discussions avec Hamon ET Mélenchon. On est aisément dupé par ce qu’on aime.

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Je pense aussi à mes amis-es qui se sont battus-es de l’intérieur pour garder la tête haute, et qui connaisse pour la deuxième fois, quelques mois après Cosse, une nouvelle forfaiture. J’ai du respect pour leur tristesse et leur désarroi sincère, autant que j’ai du mépris pour les tartufes qui viennent d’immoler l’écologie politique, sans cérémonial.

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S’engueuler ou se réconcilier, perdre ou gagner, être minoritaire ou être majoritaire, ce sont des choses que l’on peut attendre et accepter d’un engagement politique. Se faire humilier, mépriser, cracher au visage, non.

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C’est ce qui m’amène aujourd’hui à clore le chapitre commencé il y a six ans et demi. Avec de la peine et des regrets, parce que démissionner c’est aussi renoncer. Mais sans remords. Je ne peux supporter que l’on dévoie mon engagement. C’est une question de dignité. D’orgueil peut-être aussi.

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Je souhaite à toutes celles et tous ceux qui resteront pour se battre de l’intérieur de garder la tête haute et les yeux ouverts, et de ne jamais oublier le sens de leur engagement. C’est essentiel.

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J’espère que nos chemins se recroiseront, s’il reste un chemin.

Le rassemblement, « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » ! Par Laure ZUDAS, le 09/02/2017

Page de Laure Zudas.

Article publié sur son mur Facebook, à consulter ici.

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En préambule à ce qui suit, notez que cet article ne reflète que mon avis personnel, qu’il n’a pas prétention à être autre chose qu’une contribution portée au débat pour ceux qui le liront. A ce titre il n’engage donc que moi.
Ainsi le voilà revenu le temps du “dialogue” et du “grand rassemblement de la gauche”, cette Arlésienne qui refait surface à chaque élection, aussi ponctuelle qu’un coucou Suisse. Et l’on voit donc fleurir, très en avance sur le printemps, des pétitions et des tribunes qui en appellent à notre responsabilité, agitent l’épouvantail FN, prophétisent la mort de la gauche, s’effraient d’un risque majeur pour la France, etc…
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Entendez-vous, discutez entre-vous, rassemblez-vous”, nous dit-on sur tous les tons.

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Alors discutons… puisqu’on fait mine de nous le demander.

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J’espère que vous ne m’en voudrez pas de commencer cette discussion en pointant d’abord ce qui l’obère. Parce que discuter des sujets sur lesquels nous sommes d’accord, pardonnez-moi, je n’en vois pas l’utilité.

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Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné…

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Merci pour ce moment…

“ – Je suis totalement d’accord avec vous, mon cher.

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– Vous êtes bien aimable mon bon ami et je tiens à vous signaler que je ne le suis pas moins. D’ailleurs j’approuve totalement ce que vous dites.

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– Comme vous êtes obligeant ! Laissez moi vous dire, à mon tour, à quel point votre avis rejoint le mien.

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– Dites, dites, je vous en prie, mais permettez-moi, avant toute chose, de préciser que vous avez raison… etc, etc…”

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Sauf à mettre artificiellement en scène le mythe de “la gauche rassemblée”, en balayant sous le tapis les désaccords de fond et de forme (les deux vont toujours ensemble et ne sont pas anecdotiques), on sait où cela mène, on a déjà donné avec le Front de Gauche. Et là, ne comptez plus sur moi.

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Le “rassemblement de la gauche”, ceux qui me connaissent savent déjà ce que j’en pense : inutile, pas d’actualité, incapable de renverser la table, mais surtout, surtout, une mauvaise réponse à la question posée par un nombre croissant de personnes : comment fait-on pour sortir du merdier dans lequel “la gauche” et la droite, ont contribué à nous mettre ?

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Adonc, le grand rassemblement serait la solution à nos problèmes !

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Puisque la droite du PS nous a mis dans la mouise, avec la complicité -à minima- passive de la gauche du PS, que Macron -ni de groiche ni de drauche- y a participé activement, que le PCF balance et qu’EELV, complice actif, ne fanfaronne plus depuis que les parrainages tardent à tomber, agrégeons le tout. “Mélenchons-nous” avec La France Insoumise, agitons bien fort le bocal et nous en sortirons tous neufs !

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Que l’on ne compte pas non plus sur moi pour participer à cet enfumage qui nous ferait passer pour des inconsistants qui soutiennent un candidat qui se présente à la présidentielle, alors même qu’un autre proposerait les mêmes solutions, aurait les mêmes convictions et des chance de l’emporter. C’est faux !

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Il y a bien, entre Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Yannick Jadot (et je ne parle même pas d’Emmanuel Macron) des divergences programmatiques, dont celles sur l’UE, la planification écologique, l’OTAN, la politique internationale, pour ne citer que celles-ci, qui sont déjà, à mon avis, fondamentales.

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Les faire passer à la trappe, ou dans “l’aplanisseuse” à divergences qu’impose tout “rassemblement”, ne reviendrait qu’à rendre invisibles les idées que nous défendons, nous conduirait dans le mur, encore une fois et il est déjà proche.

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Pour solder ces désaccords, il n’y a pas 36 solutions :

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– Batailler avec les uns et les autres pour démontrer que le programme de l’un est LA solution et que les autres s’y rallient (je suis au regret de dire que je n’y crois guère),

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– Piocher dans les programmes des uns et des autres -quand ils en ont- ce qui fait “consensus” et oublier le reste (“l’aplanisseuse” à divergences),

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– Engager, à grand renforts de bourrage de crâne médiatico-sondagier, un concours de « qui à la plus belle » dynamique, chance, voix, tête, cravate (rayez la mention inutile), ce qui est déjà commencé,

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– Ou laisser braire et s’adresser aux principaux concernés : le peuple.

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C’est cette option là que nous avons choisie, il y a presqu’un an, déjà et quiconque souhaite s’y coller avec nous est le bienvenu !

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Et je précise, n’en déplaise à ceux qui nous dépeignent en fantoches décérébrés, que nous ne participons pas à un casting d’”Incroyable talent”. Notre soutien ne se mesure pas à la faveur des sondages et nos convictions, elles, ne souffrent aucun “critère de redressement”.

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Nous militons pour nos idées, celles qui nous paraissent être indispensables pour notre pays, notre avenir, celui de la planète. Et donc pour faire en sorte que celui qui les porte et que nous avons choisi pour nous représenter, arrive à l’Elysée et les mette en oeuvre. Je parle ici de Jean-Luc Mélenchon.

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Petite incidente à l’attention des malotrus de tous poils et de toutes formes : Je profite de cette occasion pour vous dire combien c’est « agaçant » d’être systématiquement réduits à des « fans », des « groupies », des « adeptes » et de devoir endosser tous les costumes miteux dont on affuble les militant.e.s de la France Insoumise, nous déniant de fait notre intelligence, notre capacité de penser, tout en piétinant nos espoirs et nos idéaux. Inutile et vexatoire, c’est en outre une drôle de façon de procéder s’il s’agissait de nous convaincre de vous rejoindre.

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C’’est donc bien de nos désaccords dont il convient de parler et du chemin à parcourir pour arriver à ce dialogue (puisqu’il paraît qu’on nous le demande).

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A l’instar de Jean-Luc Mélenchon et de beaucoup d’autres, je pense que ce chemin passe d’abord par la case « clarté ».

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Celle que l’on doit à toutes celles et ceux qui se sont engagé.e.s dans la France Insoumise, mais plus encore et bien plus largement, à toutes celles et ceux qui n’ont pas renoncé à voir le monde changé par autre chose que le chambardement climatique qui s’annonce.

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Abstentionnistes, électeurs, militants, déçus, révoltés, idéalistes, rêveurs, désespérés, chômeurs indemnisés, précaires sans aide, salariés à découvert le 10 du mois, actifs, retraités, fonctionnaires, handicapés, malades, bien-portants, jeunes, vieux, enfants, adultes, femmes, hommes, amoureux de la nature, des animaux, à toutes et tous, dans notre diversité : bref, à nous, les gens.

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La clarté, ce n’est pas une posture, c’est une nécessité.

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Et c’est même un préalable au dialogue parce qu’à moins d’être amnésique, tout nous montre que chaque fois que l’on transige sur la clarté on (c’est à dire nous, les gens) se fait avoir dans les grandes largeurs.

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« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup« , disait Mme Aubry. On sait aujourd’hui à quel point.

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Ainsi, il n’est pas possible d’imaginer se retrouver côte à côte avec des Valls, El Khomry et consorts, pour faire campagne pour les présidentielles et les législatives. En découvrant, sur le site du PS, la liste des investitures déjà actées, il en est d’autres, comptables du bilan de ce quinquennat, avec lesquels ce n’est pas possible.

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Ce n’est pas « demander leurs têtes » que de le dire. C’est être clair et c’est demander, en retour, la clarté. Celle qui revient à dire et à assumer que ce qu’ils ont imposé au pays n’est pas possible, pas acceptable et qu’à ce titre, il est exclu d’envisager de les remettre dans le circuit décisionnaire, où que ce soit.

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Et donc, si c’est exclu, il convient de ne pas cautionner qu’ils soient candidats sur les listes d’un parti avec le candidat duquel on nous demande de nous rassembler, fusse au prétexte des “statuts” dudit parti, dont je rappelle obligeamment que nous ne sommes pas membres.

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Cela revient aussi à pointer les contradictions du “rassemblement” que l’on nous veut nous vendre et refuser de s’y engluer.

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Yannick Jadot y voyait lui aussi un écueil, tant qu’il se sentait encore candidat. “(…) si l’enjeu de Benoît Hamon c’est de faire le compromis avec Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, Stéphane Le Foll, tous ceux qui malheureusement dans ce quinquennat ont organisé un énorme gâchis (…), il n’y aura pas de grande dynamique”.

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Pourtant à lui on ne dit pas qu’il “demande des têtes”…

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Tout le monde a bien ri (jaune) lorsque M. Valls, en campagne, à annoncé qu’il abrogerait le 49.3. Et bien vous savez quoi ? Cela me fait le même effet quand j’entends Benoît Hamon dire qu’il abrogerait la loi El Khomry sans remettre en question la candidature de l’ex-ministre qui l’a portée. Désavouer une loi, c’est aussi désavouer ceux qui l’ont élaborée, portée, défendue, imposée. C’est cela être clair !

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Qui comprendrait qu’après avoir lutté pied à pied contre les idées et les lois odieuses qu’on nous a fourguées à grand renfort de 49.3, on se retrouve demain, bras dessus, bras dessous, pour “construire une majorité gouvernementale cohérente et durable” avec celles et ceux qui les ont pondues et nous les ont faites avaler de force ? Pas moi en tout cas…

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Renoncule à feuille d’ophioglosse

En outre, je n’oublie aucun œil crevé, aucun coup de matraque (où qu’elle se retrouve placée, involontairement, à l’insu du plein gré de celui qui la tient) et encore moins la mort de Rémi Fraisse, comme vous j’en suis sûre.

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Ce n’est pas non plus possible d’accepter qu’au nom du “rassemblement” avec le courant droitier du PS (!), nous nous retrouvions à porter leurs idées, dont Benoît Hamon devra ingérer et régurgiter une partie comme “gage du rassemblement de sa famille”.

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Que l’on m’explique encore comment le programme de Benoît Hamon pourra être mis en oeuvre avec les ex-ministres dont il prétendait combattre les idées et positions quand ils étaient pilotes de l’avion. La discipline de parti ? La discipline du groupe parlementaire ? Les “frondeurs” d’hier demanderont aux députés de demain une discipline qu’ils se vantent de n’avoir pas respectée eux-même ?

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Sérieusement ? On voit bien que c’est intenable…

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Que reste-t-il alors ?

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Compter sur les député.e.s de la France Insoumise pour soutenir le programme du candidat Hamon, une fois qu’il aurait été élu ? Sérieusement…?

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Vous imaginez réellement, si Hamon était élu, que les candidat.e.s de la France Insoumise, qui auront fait campagne sur notre programme, seront les points d’appui de votre candidat et de votre programme ? Tss, tss, tss…

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« Du passé faisons table rase »… ?

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Oui, mais… non, justement.

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Je sais bien que certains socialistes sincères encore au PS (aussi surprenant que cela paraisse, il y en a), ne partagent pas mon point de vue sur le fait que Benoît Hamon et les “frondeurs” sont comptables du bilan de ce quinquennat. Et pourtant…

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Il y a eu des occasions de s’opposer réellement à ce gouvernement et même des occasions que certaines de ces lois odieuses ne passent pas. Elles n’ont jamais abouti.

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Que ce soit par « loyauté envers le parti » ou par « discipline de parti » (irrecevable pour moi), ou pire, par « stratégie interne », certaines abstentions sont des renoncements inacceptables.

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Tout comme le fait de n’avoir pas censuré ce gouvernement quand cela pouvait être fait. Les deux voix qui ont manqué pour une motion de censure de « gauche », me restent en travers de la gorge.

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Il y avait urgence absolue à les sortir. Parce que ce qu’ils ont fait a plongé encore plus de gens dans la précarité et la misère. Cela n’a pas été fait !

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Il y avait urgence absolue à s’opposer à Valls, Hollande et ses affidés sur le sort abominable réservé aux réfugié.e.s. C’était inacceptable. Cela n’a pas été fait non plus !

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Urgence absolue à s’opposer à la loi El Khomry et au traitement indigne infligé aux manifestants. Cela n’a pas été fait !

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Place de la République, 15 septembre. Photo Samuel Boivin

A ceux qui me rétorquent que la censure n’était pas possible parce que cela revenait à voter une motion de la droite (oubliant au passage le nombre de mesures de droite qui ont été adoptées sous ce quinquennat de drauche), je dis d’aller dire cela aux éborgnés, aux mutilés, aux matraqués des manifestations contre la Loi travail !

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Je ne vote pas pour des gens qui s’abritent derrière une étiquette quand la maison brûle, et si leurs convictions les démangeaient à ce point, alors il fallait quitter “la majorité” et assumer la rupture !

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C’est précisément ce que j’appelle la clarté. Elle a certes un coût politique et humain, mais c’est à ce prix là que se juge la consistance des convictions que l’on porte.

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Cela n’a pas été fait. Dont acte !

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A ceux qui me disent qu’ils sont restés pour lutter de l’intérieur, je demande en retour qu’ils me disent en quoi le fait que “les frondeurs” soient restés dans la majorité a, ne serait-ce qu’une seule fois, permis que les mesures insanes qui ont été prises soient repoussées ? Quand cela est-il arrivé ?

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A quoi pourrions-nous nous accrocher, nous, les gens qui subissons de plein fouet la politique absurde de ce quinquennat à laquelle “les frondeurs” ont participé, pour soutenir aujourd’hui ces demandes de dialogue et de rassemblement ?

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Je sais que je vais faire grincer des dents en écrivant cela -au moins celles de ceux qui en on encore- mais à mon sens, la candidature de Benoît Hamon est le contraire de ce qui est annoncé. Elle n’a pas plus vocation à “faire gagner la gauche”, qu’à “rassembler”. Elle entend tordre, avec l’injonction du “rassemblement” sur fond d’épouvantail FN, encore et toujours, avec la complicité des médias et de leurs sondages bidons.

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Sinon, pourquoi être allé jusqu’aux primaires ? Pourquoi n’avoir pas saisi la main tendue, depuis le premier jour, pour participer, en partenaire, à la construction du projet l’Avenir en commun ? Pourquoi maintenant ?

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N’était-il pas plus simple et plus efficace, si nos programmes sont « si proches », si ce “rassemblement” était bien l’objectif final, d’entamer les discussions sur le fond, comme sur la forme, il y a un an, lorsque Jean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature au soutien populaire ?

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Avant le second tour de la primaire, Hamon déclarait : « Je ne pose pas comme préalable que ma candidature soit celle du rassemblement« . Pour annoncer ensuite, galvanisé par un sondage qui sort opportunément le “bon” jour (allez-donc voir de prés les « critères de redressement » utilisés pour ce sondage, vous allez rire -ou pleurer-), qu’il y aurait, quoi qu’il arrive, « un bulletin Hamon à la présidentielle ».

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Ce n’est donc pas de “rassemblement” qu’il est question ici, mais bien d’un ralliement, d’une reddition pure et simple !

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Non mais allo, quoi ? C’est BVA qui va choisir pour moi ? Et il suffit d’un sondage pour déterminer qui doit porter nos idées ?

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Alors chiche !

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Que dites-vous de celui-là, publié le 8/02/2017, qui donne 18% à Jean-Luc Mélenchon et 8% à Benoît Hamon ?

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Alors, les ami.e.s, on se rassemble toujours ?

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Pour finir dans un tout autre registre, mais que j’assume totalement, il y a la confiance que j’accorde à Jean-Luc Mélenchon et que je n’accorde pas à Benoît Hamon (pour les raisons évoquées plus haut notamment).

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Je milite aux côtés du premier, mais j’étais déjà, avant cela, l’une de ses observatrices attentives. Et la somme de mes accords, de ses positions publiques, de sa constance et le vécu militant partagé, fondent cette confiance.